Merveilles de la Suisse

Les Editions Jean Marguerat : Merveilles de la Suisse

Jean Marguerat naît le 19 août 1907 à Lausanne. Après un apprentissage de libraire, il part au Maroc rejoindre son frère aîné, ingénieur civil dans la nouvelle capitale du protectorat français. Marguerat séjourne à Rabat quelques années, travaillant dans une librairie ; rentré en Suisse vers 1934, il est libraire à Fribourg avant d’être engagé à Lausanne par la librairie Fritz Roth. A côté de ses activités chez ce dernier, il fait ses premiers pas dans l’édition et fonde, en 1940, la maison qui porte son nom.

Les Editions Jean Marguerat sont parmi ces entreprises éditoriales qui fleurissent en Suisse romande durant les années 1940 et doivent leur essor aux circonstances de la guerre. La situation politique de la France après l’été 1940 donne un nouvel élan au milieu de l’édition suisse. La censure et la pénurie de papier obligent les éditeurs et les auteurs français à imprimer et publier leurs œuvres ailleurs. La Suisse romande devient alors attractive : elle perd son statut de province, se faisant le relais de la pensée française. Jean Marguerat ouvre son édition aux auteurs français et européens, tout en s’intéressant aux écrivains suisses. Dans son catalogue, les noms de Colette, d’Albert Camus, de Simone de Beauvoir et de Jean Cocteau (dont il édite, de 1946 à 1951, les Œuvres complètes) côtoient ceux de Charles-François Landry et de Charles-Ferdinand Ramuz.

La maison débute en décembre 1940 avec la publication de contes brefs de Landry (De Pimperlin à Parpillon), suivie par une série de recueils de poésies d’auteurs suisses et français. Les années 1940 voient le lancement des collections qui ont fait sa renommée : Merveilles de la Suisse, consacrée aux villes et régions du pays ; La Caravelle, qui explore le domaine de la traduction; Le Beffroi, qui donne voix aux récits du drame contemporain, et L’Éventail, qui réédite les classiques de la littérature française. Enfin, des collections de livres d’art dédiés aux grands noms de l’art français voient le jour à la fin de la décennie.

  • 1. En 1975, le libraire et éditeur Michel Moret se montre quelque peu critique à l’égard de cette évolution : « Curieux destin que celui de M. J. Marguerat ! (...)
  • 2. En novembre 1951, Jean Marguerat ouvre la librairie-papeterie à l’angle de la place Saint-François et de la rue Pépinet. (...)

Contrairement à d’autres entreprises éditoriales qui naissent dans les mêmes circonstances, mais qui disparaissent aussitôt après la guerre, les Editions Marguerat survivent à la réouverture du marché du livre en France, où Paris reprend son rôle de capitale de l’édition francophone, ainsi qu’à la concurrence étrangère. Toutefois, au début des années 1950, Marguerat réoriente quelque peu sa carrière1 et cumule l’activité de libraire à celle d’éditeur2.

Les collections Le Beffroi et La Caravelle, ainsi que la série de livres d’art, cessent de paraître au cours des années 1950. Deux nouvelles collections voient le jour après la guerre (Panorama et Merveilles de la vie animale), mais elles auront une vie brève. Les années 1960 voient la publication de quelques ouvrages à succès (notamment le Livre d’or de l’Exposition nationale de Lausanne en 1964) et la réédition de plusieurs titres de la collection Merveilles de la Suisse. Dans les années 1970, bien qu’elle ne cesse pas son activité, la maison d’édition est en déclin. On peut affirmer aujourd’hui que ses années fastes se situent très certainement dans sa première décennie.

  • 3. René Zahnd, « Mort d'un passionné du livre », Gazette de Lausanne, 2 avril 1992, p. 26. En ligne, consulté le 6 mai 2013.
  • 4. On peut voir encore aujourd’hui une partie du mobilier de la Librairie Marguerat dans les espaces de la Librairie de l’Univers (...)

Jean Marguerat décède le 31 mars 1992 à l’âge de 85 ans3, après une carrière d’éditeur et de libraire menée sur près d’un demi-siècle. Avec la collaboration de Jean-James Vibert, son épouse Carmen Marguerat-Riva gère l’entreprise pendant quelques années encore. La librairie ferme ses portes en 1996, lorsque Carmen Marguerat décide de se retirer et cède le commerce à Naville, qui occupe depuis les locaux au numéro 2 de la place Saint-François4.

La collection Merveilles de la Suisse

  • 5. On a pu parler de « Heimatfotografie » ou de « défense photographique » pour désigner cette tendance. Voir Martin Gasser, (...)

Lancée en 1941, la collection Merveilles de la Suisse propose aux lecteurs des albums photographiques consacrés aux régions et villes du pays. Elle s’inscrit dans une tendance qui, émergée au milieu des années 1930, vise à « renouer avec une imagerie traditionnelle de la Suisse » et qui, répondant au principe de la « défense spirituelle », se renforce dans les années de la Seconde Guerre mondiale, lorsque la Suisse s’engage plus que jamais à propager l’image rassurante d’un pays intact et intègre5. Le titre est éloquent : les volumes étalent le répertoire du patrimoine architectural, artistique et paysager du pays. Dans les textes comme dans les images, ils mettent l’accent sur le côté rural et traditionnel, évitant presque toute concession à la modernité.

  • 6. Dans les années d’entre-deux-guerres, les efforts conjoints des professionnels du secteur et des pouvoirs publics (...)
  • 7. Jean Graven, « Bulletin bibliographique. Itinéraires : Le Valais, Sion et Sierre », Annales valaisannes, vol. 4, n°4, 1942, p. 568-569. En ligne, consulté le 10 avril 2013.

Si elle s’adresse en général aux amoureux de la Suisse, la collection vise principalement un public de touristes6. Toutefois, Marguerat ne reproduit pas le modèle de l’album touristique ou documentaire déjà largement diffusé, mais ambitionne de créer des livres de meilleure qualité, tant dans la forme que dans le contenu, s’éloignant des « guides passe-partout »7 habituellement servis aux touristes.

  • 8. C’est le cas, par exemple, des maisons d’édition Fretz & Wasmuth de Zurich et Urs Graf Verlag de Bâle. Cette dernière publie, (...)

En dépit du nom, qui promet des ouvrages traitant de l’ensemble du pays, la collection compte presque exclusivement des albums sur les régions et villes de Suisse romande. Quelques-uns d’entre eux seulement sont publiés simultanément en langue allemande (Le Valais, Genève, Pays de Vaud et Fribourg notamment), ce qui pourrait s’expliquer par la présence en Suisse alémanique de maisons d’édition qui exploitent elles aussi les sujets helvétiques en publiant des livres illustrés par la photographie8.

  • 9. L’entreprise Roto-Sadag naît en 1932 de la fusion de SADAG, imprimerie rattachée à la Société anonyme des arts graphiques (...)

De grand format, les volumes sont reliés en pleine toile avec le titre imprimé ; pourvus d’une jaquette illustrée d’une photographie en noir et blanc, ils sont signés par des photographes professionnels et des écrivains contemporains. Au prestige que les noms de Maurice Zermatten ou de Charles-Ferdinand Ramuz, de Benedikt Rast ou d’Emile Gos donnent à la collection, s’ajoute la qualité des reproductions en héliogravure (☞ Lexique technique), exécutées pour la plupart des volumes par l’entreprise Roto-Sadag à Genève9.

Pour réaliser sa collection, Jean Marguerat s’adresse uniquement à des personnalités suisses ; le choix des collaborateurs est dicté par la connaissance et l’attachement que l’écrivain et le photographe montrent envers la ville ou la région dont ils sont appelés à brosser le portrait. Ainsi, Zermatten rédige le texte pour Le Valais et Ramuz écrit Pays de Vaud, Gonzague de Reynold signe les pages de Fribourg et André Roch, ingénieur civil, alpiniste, guide de montagne et photographe, présente la plupart des albums consacrés à la montagne et à l’alpinisme. Et il en va de même pour les photographes : on doit par exemple à Gaston de Jongh, membre d’une dynastie de photographes lausannois, le volume consacré à la capitale vaudoise (☞ Lausanne en livre) et à Max-Francis Chiffelle les clichés publiés dans Neuchâtel, ville dont il est originaire ; Emile Gos, photographe vaudois spécialisé dans le genre du paysage et passionné de montagne, réalise les images des Alpes vaudoises, tandis que le lausannois Maurice Blanc, féru de monuments et de paysages, illustre Pays de Vaud. Le photographe Benedikt Rast, que Marguerat rencontre au milieu des années 1930 à Fribourg, où il travaille lors de son retour d’Afrique et où le photographe est installé depuis 1933, signe une grand part des albums de la collection (fig. 1 et 2).

Le Valais, photo Benedikt Rast, texte Maurice Zermatten, Lausanne, Jean Marguerat, 1941, p. 68 (« Pain »)-69 (« Christ, XIIe siècle, Saint-Léonard, Valère »).

Fig. 1, Le Valais, p. 68-69.

Fribourg, photo Benedikt Rast, texte Gonzague de Reynold, Lausanne, Jean Marguerat, 1946, p. 52-53 (« Cloître de l’abbaye d’Hauterive (XIIe à XIVe s.) »).

Fig. 2, Fribourg, p. 52-53.

  • 10. Nous trouvons une confirmation de cette démarche dans la correspondance échangée entre Jean Marguerat et Maurice Chappaz (...)
  • 11. C’est par exemple le cas lors de la réalisation du volume Fribourg. Jean Marguerat sollicite à deux reprises (...)
  • 12. En ligne, consulté le 10 avril 2013.

L’initiative d’une collaboration est vraisemblablement à attribuer à l’éditeur. Une fois établi le sujet du volume, il prend contact avec le photographe et l’écrivain, leur proposant de participer de façon collaborative à sa réalisation10. Dans la phase d’élaboration, l’ingérence de l’éditeur est apparemment minime. L’écrivain et le photographe ont une liberté presque totale, dans la mesure où ils respectent les accords pris préalablement. Lorsqu’il est nécessaire, l’éditeur intervient pour solliciter la remise du texte ou proposer des modifications, afin de respecter les délais fixés avec l’imprimeur et honorer ainsi l’engagement envers sa clientèle11. Alors que Marguerat se charge personnellement de promouvoir ses éditions auprès des libraires de toute la Suisse, la Gazette de Lausanne propose en souscription les volumes de la collection12.

Les albums se composent d’un texte de présentation, suivi d’une série de photographies, le plus souvent reproduites en pleine page et dont les légendes sont reportées à la table des matières en fin du volume (font exception Nos Quatre Mille Mètres, 1942 ; Basse-Engadine, 1952 ; Tessin, un livre d’images, 1955, où les légendes sont juxtaposées aux images et sont rédigées en plusieurs langues).

Dans son ensemble, la collection paraît homogène et demeure pratiquement inchangée au cours des années. Seul le volume consacré à La Suisse en 1963 se présente de manière assez différente, avec des photographies en noir et blanc et en couleurs, une mise en page plus dynamique, ainsi que des sujets plus variés : des paysages, des monuments et des scènes de vie quotidienne, mais également des clichés qui montrent la modernité du pays, que ce soient les usines Hoffmann-La Roche à Bâle ou le barrage de la Grande Dixence (☞ Grande Dixence) (fig. 3).

Les volumes consacrés à l’alpinisme, comme La Haute-Route : Chamonix-Zermatt-Saas-Fee (1944), Images d’escalades (1946) (fig. 4) et Belles ascensions alpines (1950), constituent un petit groupe à part, en raison d’une présentation différente des textes et des photographies, qui sert leur caractère didactique et descriptif. Ils s’adressent en effet à un public spécifique d’amateurs ou de professionnels de la haute montagne. Les légendes, toujours juxtaposées aux photographies, et les tables des matières fournissent des informations générales (le nom de la montagne, l’altitude, etc.), ainsi que des conseils pratiques sur les techniques d’escalade, le degré de difficulté ou la géologie des différents sommets. Lancée au XIXe siècle, la conquête de la haute montagne se poursuit au siècle suivant. Dans les années 1940, les souvenirs des grandes entreprises sont encore vifs : la face Nord des Alpes suisses a été gravie dans les années 1930 (notamment le Cervin en 1931 et l’Eiger en 1938) et l’assaut des sommets continue dans un esprit de compétition internationale.

La Suisse, photo Benedikt Rast, texte Charly Guyot, Lausanne, Marguerat, 1963, p. 162-163 (« Barrage de la Grande Dixence », photo Grande Dixence, Lausanne).

Fig. 3, La Suisse, p. 162-163.

Images d’escalades, photographes divers, texte André Roch, Lausanne, Marguerat, 1946, pl. 29-30. (« Les Aiguilles de Chamonix vues de l’arête est (Ryan-Lochmatter) de l’Aiguille du Plan. [...] »)-30 (« L’Aiguille du Fou (3501 m.) est certainement une fière cime. [...] »)

Fig. 4, Images d’escalades, pl. 29-30.

Pays de Vaud

  • 13. Voir Claude Pillet, « Le Haut-Pays : repli littéraire de Gide et Malraux en Suisse », in Une Suisse, des exils, dir. Emmanuel Cherrier et Karl Zieger, Valenciennes, Presses Universitaires de Valenciennes, 2008, p. 233-250.

Quatrième volume de la collection Merveilles de la Suisse, Pays de Vaud est signé par C.F. Ramuz et par le photographe lausannois Maurice Blanc. Personnage méconnu, ce dernier (1910-1989) s’approche de la photographie dès les années 1930. Durant la Seconde Guerre mondiale, il se lance dans une carrière d’éditeur et publie, à l’enseigne des Editions du Haut-Pays, des œuvres de Malraux et Gide, qui se refusent de publier dans la France occupée. Il devient ensuite journaliste et collabore avec plusieurs magazines romands, tout en continuant son activité de photographe professionnel13. Un certain nombre de ses clichés paraissent dans la presse régionale, beaucoup d’autres sont destinés à l’illustration de livres, tel que Pays de Vaud.

  • 14. Théophile Bringolf, Jacques Verdan, Bibliographie de l’œuvre de C.F. Ramuz, Budry-Neuchâtel, Editions de la Baconnière, 1975, p. 125.
  • 15. Charles Ferdinand Ramuz, Pays de Vaud, 81 photos, Lausanne, Marguerat, coll. (...)

Achevé d’imprimer le 30 septembre 1943 sur les presses de Roto-Sadag à Genève et sorti en novembre, l’ouvrage est tiré à 5'000 exemplaires, dont 800 en traduction allemande14. Il compte également une édition de luxe de 50 exemplaires et connaît au fil des années plusieurs rééditions15.

  • 16. Le 12 janvier 1942, il écrit : « Je retourne dans mon esprit divers projets, me promenant dans ma chambre et, allant de long en large, (...)
  • 17. La Bibliothèque cantonale et universitaire de Lausanne conserve l’un des trois exemplaires existants du manuscrit de Ramuz, (...)
  • 18. En témoigne une lettre adressée à Gonzague de Reynold au sujet du livre sur Fribourg, le 10 janvier 1946 : (...)

Sollicité par l’éditeur, Ramuz, qui ne fait que de brèves allusions au livre dans son journal16, écrit un texte de présentation d’une quinzaine de pages, ne manquant pas d’y évoquer le contexte sombre dans lequel il le rédige. Ce texte connaît une longue gestation : Ramuz y travaille au moins à partir de janvier 1942 (date de la première mention du livre dans son Journal) et une version définitive ne sera prête qu’en mars 1943. Une fois la rédaction du texte terminée, l’écrivain et l’imprimeur s’accordent sur la mise en page du manuscrit17. A la demande de Marguerat, qui avait prévu d’insérer dans chaque volume de sa collection un bref texte à côté de la première héliogravure18, Ramuz rédige également les paragraphes accompagnant les deux clichés de la première page illustrée du volume (fig. 5 et 6).

Feuillet accompagnant une lettre de Ramuz adressée à Jean Marguerat le 29 mars 1943 (Collection Bringolf, Bibliothèque cantonale et universitaire, BCU, Lausanne, Cote BTB 237).

Fig. 5, Feuillet accompagnant une lettre de Ramuz adressée à Jean Marguerat.

Pays de Vaud, photo Maurice Blanc, texte Charles Ferdinand Ramuz, Lausanne, Marguerat, 1943, p. 20-21 (« Laboureur et vigneron »).

Fig. 6, Pays de Vaud, p. 20-21.

  • 19. Jérôme Meizoz, « Le pays réinventé…ou comment échapper aux Merveilles de la Suisse », in Pays de Vaud, Lausanne, Editions Carmen Marguerat, 1994, préface, n. p.

Dépassant la dimension purement descriptive, Ramuz écrit dans sa présentation un « petit parcours vaudois dont la mise en scène le sauve de tous les discours qu’il abhorre : celui de la propagande touristique, celui des sites à voir absolument, celui enfin du patriotisme paysager, consensuel et vantard »19. L’écrivain ne suit pas les sentiers conduisant aux sites incontournables maintes fois piétinés ; saisissant le pays d’un regard circulaire du haut du Jura, il le met en scène dans sa diversité topographique, sa variété de climats, de productions et de gens. Les photographies de Maurice Blanc, elles, ne reprennent pas les grands axes de l’introduction : l’image n’a pas ici pour fonction d’illustrer le texte, pas moins que celui-ci ne lui sert de commentaire.

Blanc et Ramuz ont déjà collaboré pour l’édition de Lavaux (Porchet, 1937), album photographique dont Ramuz rédige de brefs paragraphes pour accompagner les clichés. A cette occasion déjà, l’approche de l’écrivain et du photographe se révèle similaire dans leur représentation du pays.

  • 20. Comme l’écrit Eric Desachy au sujet de Chartres, album photographique réalisé par Blanc à l’enseigne de La Guilde du Livre en 1941, (...)

Ne suivant pas un parcours préétabli dans ses clichés pour l’album de Marguerat, Blanc alterne paysages, architectures, portraits et scènes de vie quotidienne, enregistrant la même variété d’atmosphères, d’attitudes et de gestes que le texte de Ramuz. Le choix des sujets est personnel : le photographe, dont le travail a pu être associé au courant du « réalisme poétique »20, se laisse guider par l’émotion que lui procure une vue, saisie au cours de flâneries qui le mènent dans les bourgs et villes de la campagne vaudoise. Ici, la présence constante de l’homme, parfois seulement suggérée par un muret ou par les traces d’un char sur le chemin, témoigne du lien que les habitants entretiennent avec le territoire. Les monuments les plus connus sont rares et leur représentation n’est jamais imposante (Chillon n’est qu’une silhouette noire au fond du lac et la Cathédrale de Lausanne n’est décrite que par des détails de son architecture extérieure) ; plus volontiers, le regard de Blanc s’attarde sur les petites chapelles, les fermes et les maisons de campagne, les coins de rues ou les places de villages. Dans les scènes de vie quotidienne, il surprend ses personnages dans leurs activités et gestes habituels, dans un souci de spontanéité qui fait de ces photographies presque des instantanés (fig. 7). Dans certains clichés, l’image est composée de façon assez traditionnelle, structurée en plans successifs ; d’autres présentent des cadrages plus originaux et, avec une perspective accentuée, une vue en plongée ou un gros plan, trahissent parfois un langage visuel moderniste. S’ouvrant sur les deux clichés représentant un laboureur et un vigneron au travail, comme pour souligner l’identité d’un pays à vocation encore essentiellement paysanne, la partie illustrée du livre se termine avec l’image de panneaux signalant les chemins de randonnées pédestres : une invitation à poursuivre le voyage à la découverte du Pays de Vaud (fig. 8).

  • 21. De la correspondance entre Marguerat et Gonzague de Reynold au sujet du livre sur Fribourg (1946), (...)

Bien que sur la page de titre de l’album, le nom du photographe n’apparaisse qu’après celui de l’écrivain – c’est encore celui-ci qui fait autorité –, le sous-titre précise qu’il s’agit de « 81 photos inédites » : en même temps qu’elle souligne le prestige du livre, cette mention (présente dans presque tous les albums de la collection, où les photographies sont données comme « originales » ou « inédites ») met l’accent sur le travail du photographe, auquel on doit également l’organisation de la partie illustrée21. Le séquençage des images témoigne d’un travail soigné dans la mise en page et la combinaison des clichés, associés sur les doubles pages par analogie thématique ou formelle (fig. 9, 10). Les livres de la collection Merveilles de la Suisse sont ainsi l’aboutissement d’un travail de collaboration entre tous les acteurs qui participent au projet, la composition finale étant le résultat d’une entente recherchée entre l’éditeur, l’écrivain, le photographe et l’imprimeur.

Pays de Vaud, photo Maurice Blanc, texte Charles Ferdinand Ramuz, Lausanne, Marguerat, 1943, p. 48 (« Sur le banc ») - 49 (« Ferme et fontaine. Vucherens »)

Fig. 7, Pays de Vaud, p. 48-49.

Pays de Vaud, photo Maurice Blanc, texte Charles Ferdinand Ramuz, Lausanne, Marguerat, 1943, p. 100-101 (« Conclusion ! »).

Fig. 8, Pays de Vaud, p. 100-101.

Pays de Vaud, photo Maurice Blanc, texte Charles Ferdinand Ramuz, Lausanne, Marguerat, 1943, p. 74 (« Lac de Neuchâtel. Filets »)-75 (« Pêcheur du Léman »).

Fig. 9, Pays de Vaud, p. 74-75.

Pays de Vaud, photo Maurice Blanc, texte Charles Ferdinand Ramuz, Lausanne, Marguerat, 1943, p. 86 (« Vevey. La Grenette »)-87 (« Lausanne. Marché de la Palud »)

Fig. 10, Pays de Vaud, p. 86-87.

— Alessandra Panigada

Notes

  • 1. En 1975, le libraire et éditeur Michel Moret se montre quelque peu critique à l’égard de cette évolution : « Curieux destin que celui de M. J. Marguerat ! Après avoir été l’illustre éditeur, pendant la guerre, de Sartre, Camus, Montherlant, Cocteau, Th. Wolfe, il s’est converti en gentil éditeur de calendriers et de romans populaires » (Michel Moret, « Autres éditeurs », Eurêka, numéro spécial édité à l’occasion du Congrès International des Jeunes Libraires de Lausanne, 5-10 mai 1974, 1974, p. 23).
  • 2. En novembre 1951, Jean Marguerat ouvre la librairie-papeterie à l’angle de la place Saint-François et de la rue Pépinet. Pendant environ quarante ans, il peut compter sur « deux collaborateurs exceptionnels, Marcel Othenin-Girard, fondé de pouvoirs à son service depuis plusieurs années, et Jean-James Vibert, connaisseur érudit dans l’achat et la vente du livre d’occasion » (Albert Belperroud, « La librairie Marguerat », in Silvio Corsini (dir.), Le Livre à Lausanne : cinq siècles d’édition et d’imprimerie 1493-1993, Lausanne, Payot, 1993, p. 326).
  • 3. René Zahnd, « Mort d'un passionné du livre », Gazette de Lausanne, 2 avril 1992, p. 26. En ligne, consulté le 6 mai 2013.
  • 4. On peut voir encore aujourd’hui une partie du mobilier de la Librairie Marguerat dans les espaces de la Librairie de l’Univers à la rue Centrale, gérée par Michèle et Marc Aragon Ukaj. Anciens collaborateurs de Jean Marguerat, ils ont ouvert en 1996 leur propre commerce, rachetant à ce dernier une partie de son stock, ainsi que sa bibliographie (Nicolas Verdan, « A Lausanne, une nouvelle librairie comble le vide laissé par Marguerat », 24 Heures, 5 septembre 1996, p. 35).
  • 5. On a pu parler de « Heimatfotografie » ou de « défense photographique » pour désigner cette tendance. Voir Martin Gasser, « De l’album au livre de photographie », in Peter Pfrunder (dir.), Schweizer Fotobücher 1927 bis heute : eine andere Geschichte der Fotografie / Livres de photographie suisses de 1927 à nos jours : une autre histoire de la photographie / Swiss Photobooks from 1927 to the Present : a Different History of Photography, Winterthur, Fotostiftung Schweiz/Baden, Lars Müller Publishers, 2011, p. 582. Voir également, dans le même ouvrage, Peter Pfrunder, « Fenêtres sur le monde », p. 589.
  • 6. Dans les années d’entre-deux-guerres, les efforts conjoints des professionnels du secteur et des pouvoirs publics sortent l’industrie du tourisme de la crise causée par les bouleversements de la Première Guerre mondiale. Dans les années 1920-1930, la Suisse voit alors le retour des touristes en grand nombre. Bien que la Seconde Guerre mondiale n’interrompe pas complétement ce flux, durant ces années le tourisme suisse se caractérise principalement par la présence de voyageurs autochtones (« tourisme intérieur »), tandis qu’après la guerre il assume un caractère plus cosmopolite, surtout par la présence de touristes américains, assoiffés de paysages et de spectacles.
  • 7. Jean Graven, « Bulletin bibliographique. Itinéraires : Le Valais, Sion et Sierre », Annales valaisannes, vol. 4, n°4, 1942, p. 568-569. En ligne, consulté le 10 avril 2013.
  • 8. C’est le cas, par exemple, des maisons d’édition Fretz & Wasmuth de Zurich et Urs Graf Verlag de Bâle. Cette dernière publie, entre 1943 et 1946, la série Volkserbe der Schweiz, qui propose principalement des volumes consacrés aux régions de Suisse alémanique (Grisons, Uri, Appenzell, Oberland bernois). Cette série s’inscrit dans le même contexte historique et idéologique qui voit naître la collection Merveilles de la Suisse, elle s’en rapproche par son contenu, par la volonté de dépasser la description purement pittoresque du pays en explorant également « les modes de vie traditionnels et les cultures locales », ainsi que par la participation de photographes de renom. La série diffère toutefois de la collection de Marguerat sur le plan formel : elle mélange le texte aux images, toujours accompagnées de légendes, et la partie illustrée compte aussi bien des dessins que des photographies. (Voir Peter Pfrunder, « Fenêtres sur le monde », in Schweizer Fotobücher 1927 bis heute : eine andere Geschichte der Fotografie / Livres de photographie suisses de 1927 à nos jours : une autre histoire de la photographie / Swiss photobooks from 1927 to the present : a different history of photography, dir. Peter Pfrunder, Winterthur, Fotostiftung Schweiz/Baden, Lars Müller Publishers, 2011, p. 589).
  • 9. L’entreprise Roto-Sadag naît en 1932 de la fusion de SADAG, imprimerie rattachée à la Société anonyme des arts graphiques (fondée en 1888 par Frédéric Thévoz), avec Rotogravure. D’abord spécialisée dans la phototypie, elle acquiert dès les années 1930 une renommée dans le domaine de la reproduction photographique, en adoptant le procédé de l’héliogravure rotative (ou rotogravure), qui permet une haute qualité de reproduction pour les grands tirages.
  • 10. Nous trouvons une confirmation de cette démarche dans la correspondance échangée entre Jean Marguerat et Maurice Chappaz au sujet du volume Grand-Saint-Bernard (1953). Avant de s’adresser à l’écrivain, Marguerat a déjà pris contact avec le photographe Oscar Darbellay : « Monsieur, dans notre collection “Merveilles de la Suisse”, où sont déjà parus LEMAN d’André Guex – FRIBOURG de G. de Reynold – PAYS DE VAUD de C. F. Ramuz – CHATEAUX VAUDOIS de P. Grellet – LA HAUTE-ROUTE d’André Roch, etc, etc. nous préparons un “Grand-Saint-Bernard” avec photos d’Oscar Darbellay de Martigny. Nous feriez-vous l’honneur de nous écrire un texte de présentation pour ce volume ? 16 pages grand format. Dans l’affirmative, vous seriez tout à fait aimable de nous le faire savoir sans trop tarder, alors de rencontrer Monsieur Darbellay. Nous préciserions ensuite tous les autres points en suspens » (Lettre de Jean Marguerat à Maurice Chappaz, 20 juin 1953, Fonds Maurice Chappaz, Archives littéraires suisses, ALS, Berne, Cote B.2-MARJ).
  • 11. C’est par exemple le cas lors de la réalisation du volume Fribourg. Jean Marguerat sollicite à deux reprises la remise du texte par Gonzague de Reynold. Le 27 juillet 1945 il écrit: « Rast a bientôt terminé ses photographies et il est temps maintenant de remettre tout à l’éditeur ». Le 10 janvier 1946, il le sollicite à nouveau: « Nous vous informons que la Maison Roto-Sadag S.A., à Genève, grave en ce moment les cylindres de votre volume “Fribourg”. Cet ouvrage devant sortir pour Pâques, nous vous serions reconnaissants s’il vous était possible de nous remettre le texte le 15 février au plus tard ». De Reynold a bien rendu le texte répondant à cette dernière sollicitation, mais l’éditeur a été obligé d’en demander une modification car il dépassait la longueur prévue. En date du 9 mars 1946, il écrit : « Nous avons fait calibrer votre manuscrit, et sommes désolés de vous apprendre que nous arrivons à 24 pages, au lieu de 16 prévues. […] Croyez que nous le regrettons, mais il ne nous est malheureusement pas possible de dépasser les normes prévues pour cette collection ». (Lettres de Jean Marguerat à Gonzague de Reynold, Fonds Gonzague de Reynold, Archives littéraires suisses, ALS, Berne, Cote O 130).
  • 12. En ligne, consulté le 10 avril 2013.
  • 13. Voir Claude Pillet, « Le Haut-Pays : repli littéraire de Gide et Malraux en Suisse », in Emmanuel Cherrier et Karl Zieger (dir.), Une Suisse, des exils, Valenciennes, Presses Universitaires de Valenciennes, 2008, p. 233-250.
  • 14. Théophile Bringolf, Jacques Verdan, Bibliographie de l’œuvre de C. F. Ramuz, Budry-Neuchâtel, Editions de la Baconnière, 1975, p. 125.
  • 15. Charles Ferdinand Ramuz, Pays de Vaud, 81 photos, Lausanne, Marguerat, coll. Merveilles de la Suisse, 1962 ; Pays de Vaud, texte de C. F. Ramuz, photo de Walter Gyr, avant-propos de G.-A. Chevallaz, Marguerat, 1984 ; Pays de Vaud, Ramuz, 5 tableaux de Fabien Widmer, 9 vignettes de Joël Vuagniaux, avant-propos de Jérôme Meizoz, variations d’Agron Ukaj, Lausanne, Editions Carmen Marguerat, coll. Le Geste d’écrire, 1994.
  • 16. Le 12 janvier 1942, il écrit : « Je retourne dans mon esprit divers projets, me promenant dans ma chambre et, allant de long en large, l’un après l’autre, les aborde, m’y absorbe, les caresse, les nourris. Le roman. Une introduction à la Poésie. Quelque chose sur le Pays de Vaud. » ; les 20-23 juillet de la même année, il note simplement : « Pays de Vaud. Divers articles». (Daniel Maggetti et Laura Saggiorato (dir.), C. F. Ramuz. Œuvres complètes III : Journal, notes et brouillons 1921-1947, Genève, Slatkine, 2005, p. 441-442 et p. 457).
  • 17. La Bibliothèque cantonale et universitaire de Lausanne conserve l’un des trois exemplaires existants du manuscrit de Ramuz, daté d’août 1942, ainsi que les premières épreuves de l’imprimeur, envoyées à l’auteur en date 26 octobre 1942. En février 1943, Ramuz retourne à l’imprimeur ces épreuves et en demande des secondes après correction. Les secondes épreuves (non retrouvées) seront enfin envoyées par Ramuz à l’éditeur en date du 29 mars 1943. (Collection Bringolf, BCUL, Cote BTB 237 ; Alain Rochat (dir.), C. F. Ramuz. Œuvres complètes XVII : Essais, Tome 3, 1936-1943, Genève, Slatkine, 2010, p. 327).
  • 18. En témoigne une lettre adressée à Gonzague de Reynold au sujet du livre sur Fribourg, le 10 janvier 1946 : « vous avez certainement remarqué en feuilletant notre collection “Merveilles de la Suisse” que la première page d’héliogravure comporte toujours une photographie et un petit texte de 4 ou 5 lignes (une citation, ou quelques lignes de l’auteur de la préface) » (Lettre de Jean Marguerat à Gonzague de Reynold, Fonds Gonzague de Reynold, Archives littéraires suisses, ALS, Berne, Cote O 130).
  • 19. Jérôme Meizoz, « Le pays réinventé…ou comment échapper aux Merveilles de la Suisse », in Pays de Vaud, Lausanne, Editions Carmen Marguerat, 1994, préface, n. p.
  • 20. Comme l’écrit Eric Desachy au sujet de Chartres, album photographique réalisé par Blanc à l’enseigne de La Guilde du Livre en 1941, Maurice Blanc « appartient à la génération des photographes du “réalisme poétique” et reste attaché à l’émotion que procure une photographie plutôt qu’à la prouesse technique » (Eric Desachy (dir.), La Guilde du Livre : les albums photographiques, Lausanne, 1941-1977, Melun, Editions Les Yeux ouverts, 2012, p. 14). Dans la préface à Chartres, rédigée par le photographe lui-même, Blanc souligne cette approche émotionnelle de la photographie : « Tout n’est qu’enchantement et que recueillement. Voici donc ce que j’ai vu : la plaine de la Beauce, une vieille ville, une cathédrale. Placé devant un double problème, le problème technique et celui de l’émotion, j’ai préféré, à la réussite technique, la photo d’émotion. » (Maurice Blanc, Joris-Karl Huysmans, Chartres, Lausanne, La Guilde du Livre, 1941, préface, n. p.).
  • 21. De la correspondance entre Marguerat et Gonzague de Reynold au sujet du livre sur Fribourg (1946), nous savons par exemple qu’avant de commencer à écrire son texte, l’écrivain demande à l’éditeur de le mettre en contact avec le photographe, afin d’« avoir sous les yeux toute l’illustration » ; en réponse, Marguerat lui écrit : « Nous avons fait part à Monsieur B. Rast de votre désir d’avoir sous les yeux la maquette complète du volume “Fribourg” pour la rédaction du texte ». (Lettre de Gonzague de Reynold à Jean Marguerat, 30 avril 1945, et lettre de Marguerat à de Reynold, 3 mai 1945, Fond Gonzague de Reynold, Archives littéraires suisses, ALS, Cote O 130).

Bibliographie

  • Archives
  • Collection Bringolf, Bibliothèque cantonale et universitaire, BCUL, Lausanne, Cote BTB 237.
  • Fonds Gonzague de Reynold, Archives littéraires suisses, ALS, Berne, Cote O 130.
  • Fonds Maurice Chappaz, Archives littéraires suisses, ALS, Berne, Cote B.2-MARJ.
  • Sources
  • La collection Merveilles de la Suisse
  • ZERMATTEN, Maurice, Le Valais, 80 photographies originales de Benedikt Rast, Lausanne, Jean Marguerat, 1941 ; imprimeur : Roto-Sadag, Genève.
  • CHAPONNIERE, Paul, Genève, 77 photos inédites de Benedikt Rast, Jean Marguerat, 1942 ; imprimeur : Roto-Sadag, Genève.
  • HEINIGER, Ernst Albrecht, Nos Quatre Mille Mètres, avant-propos d’Emile Blanchet, Lausanne, Jean Marguerat, 1942 ; imprimeur : Roto-Sadag, Genève.
  • RAMUZ, Charles Ferdinand, Pays de Vaud, 81 photos inédites de Maurice Blanc, Lausanne, jean Marguerat, 1943 ; imprimeur : Rot-Sadag, Genève.
  • ROCH, André, La Haute-Route. Chamonix-Zermatten-Saas-Fee, 77 photographies originales présentées par André Roch, Lausanne, Jean Marguerat, 1944 ; imprimeur : Roto-Sadag, Genève.
  • PEITREQUIN, Jean, Lausanne, 76 photographies inédites de Gaston de Jongh, Lausanne, Jean Marguerat, 1945 ; imprimeur : Héliographia S.A., Lausanne.
  • REYNOLD, Gonzague de, Fribourg, 77 photos inédites de Benedikt Rast, Lausanne, Jean Marguerat, 1946 ; imprimeur : Roto-Sadag, Genève.
  • GRELLET, Pierre, Châteaux vaudois, 85 photographies inédites de Benedikt Rast, Lausanne, Jean Marguerat, 1946 ; imprimeur : Roto-Sadag, Genève.
  • ROCH, André, Images d’escalades, 80 photographies, publié sous les auspices de la Fondation suisse d’exploration alpine, Lausanne, Jean Marguerat, 1946 ; imprimeurs : Imprimerie Bücher, Lucerne, pour les illustrations et Imprimerie Centrale, Lausanne, pour les textes.
  • GUEX, André, Léman, quatre-vingt-une photographies inédites de Benedikt Rast, Lausanne, Jean Marguerat, 1947 ; imprimeur : Roto-Sadag, Genève.
  • GUYOT, Charly, Neuchâtel, quatre-vingt-une photographies inédites de Max-F. Chiffelle, Lausanne, Jean Marguerat, 1947 ; imprimeur : Roto-Sadag, Genève.
  • SEYLAZ, Louis, Alpes vaudoises, quatre-vingt-une photographies originales d’Emile Gos, Lausanne, Jean Marguerat, 1948 ; imprimeur : Roto-Sadag, Genève.
  • RAST, Benedikt, Pèlerinages valaisans, 81 photographies inédites de Benedikt Rast, texte de Marcel Michelet, Lausanne, Jean Marguerat, 1949 ; imprimeur : Roto-Sadag, Genève.
  • ROCH, André, Belles ascensions alpines. Ascensions classiques, 80 photographies originales d’André Roch, Lausanne, Jean Marguerat, 1950.
  • RAST, Benedikt, Jura, texte de Georges Duplain, Lausanne, Jean Marguerat, 1952 ; imprimeurs : Imprimerie Centrale, Lausanne, pour le texte et Roto-Sadag, Genève, pour les héliogravures.
  • TRÜB, Kay Yvonne, Basse-Engadine, texte de Gottlieb Heinrich Heer, Lausanne, Jean Marguerat, 1952 ; imprimeurs : Imprimerie Centrale, Lausanne, pour les textes et Maison Gebr. Fretz A.G., Zurich, pour les héliogravures.
  • CHAPPAZ, Maurice, Grand-Saint-Bernard, 80 photographies d’Oscar Darbellay, Lausanne, Jean Marguerat, 1953 ; imprimeur : Imprimerie Centrale, Lausanne, pour les textes et Roto-Sadag, Genève, pour les illustrations.
  • HEINIGER, Ernst Albrecht, Tessin, un livre d’images, préfacé par Edouard Korrodi, traduction française de Jacqueline Duplain, Lausanne, Marguerat, 1955.
  • La Suisse, texte de Charly Guyot, photo de Benedikt Rast, Lausanne, Librairie Marguerat, 1963 ; imprimeur : Héliographia, Lausanne.
  • Autres sources
  • GRAVEN, Jean, « Bulletin bibliographique. Itinéraires : Le Valais, Sion et Sierre », Annales valaisannes, vol. 4, n°4, 1942, p. 568-569.
  • Alpe Neige Roc, n° 2, 1951.
  • MORET, Michel, « Autres éditeurs », Eurêka, numéro spécial édité à l’occasion du Congrès des Jeunes Libraires de Lausanne, 5-10 mai 1974, 1974, p. 23.
  • VERDAN, Nicolas, « A Lausanne, une nouvelle librairie comble le vide laissé par Marguerat », 24 Heures, 5 septembre 1996, p. 35.
  • ZAHND, René, « Mort d'un passionné du livre », Gazette de Lausanne, 2 avril 1992, p. 26. En ligne, consulté le 6 mai 2013.
  • Littérature secondaire
  • CORSINI, Silvio (dir.), Le Livre à Lausanne : cinq siècles d’édition et d’imprimerie 1493-1993, Lausanne, Payot, 1993.
  • DESACHY, Eric (dir.), La Guilde du Livre : les albums photographiques, Lausanne 1941-1977, Melun, Editions Les Yeux ouverts, 2012.
  • FORNEROD, Françoise, Lausanne, le temps des audaces : les idées, les lettres et les arts 1945-1955, Lausanne, Payot, 1993.
  • MAGGETI, Daniel, SAGGIORATO, Laura (dir.), C. F. Ramuz. Œuvres complètes III : Journal, notes et brouillons 1921-1947, Genève, Slatkine, 2005, p. 441-457.
  • PAPILLOUD, Véronique, L’Edition romande pendant la Deuxième Guerre mondiale, mémoire de licence en histoire, Université de Fribourg, 1991.
  • ROCHAT, Alain (dir.), C. F. Ramuz. Œuvres complètes XVII : Essais, Tome 3, 1936-1943, Genève, Slatkine, 2010, p. 305-328.
  • ROTH, Simon, VALLOTTON, François, « L’édition en Suisse romande de 1920 à 1970 », in Roger Francillon (dir.), Histoire de la littérature en Suisse romande, Lausanne, Payot, 1998, p. 25-42.
  • PFRUNDER, Peter (dir.), Schweizer Fotobücher 1927 bis heute : eine andere Geschichte der Fotografie / Livres de photographie suisses de 1927 à nos jours : une autre histoire de la photographie / Swiss photobooks from 1927 to the present : a different history of photography, Winterthur, Fotostiftung Schweiz/Baden, Lars Müller Publishers, 2011, p. 582.