Enseignements

Introduction à l’analyse de la BD franco-belge  – (Chaque semestre d’automne, BA, R. Baroni)

Cours-séminaire de narratologie appliquée à l’analyse de la bande dessinée franco-belge. Le cours vise à introduire à la culture de la bande dessinée franco-belge et à développer des outils conceptuels adaptés à l’analyse des planches, notamment à travers l’acquisition de compétences narratologiques et la compréhension des spécificités formelles du média. Le cours vise également à développer des compétences transverses dans le domaine de la théorie du récit et une sensibilité critique aux enjeux liés à son application à différents genres et médias, notamment graphiques.

 

Récit et style dans la bande dessinée(Printemps 2018, BA, EPFL, R. Baroni et R. Oesterlé)

Ce cours a pour objectif de livrer des outils d’analyse de la bande dessinée, envisagée sous diverses formes (comic strips, BD franco-belge, graphic novel, mangas) à travers son histoire. L’étude d’un grand nombre d’œuvres et de planches permettra de discuter les apports de la narratologie, et de concevoir sur un plan théorique et critique le rôle que jouent, dans l’élaboration d’un récit en bande dessinée, le découpage de l’action en vignettes, la composition de la planche ou la gestion du point de vue. Un accent sera en outre mis sur la question de l’appartenance à des genres, décisive dans le cas d’un tel médium populaire dont les productions sont le plus souvent sérielles. On s’intéressera en particulier aux composantes matérielles (case, strip, planche, page, périodiques ou albums) et aux divers contextes de la culture de masse dans lesquels s’inscrivent les exemples abordés ; on soulignera en particulier l’importance du contexte éditorial sur le développement et l’exploitation de diverses formes de narration. Un accent sera également mis sur les nouveaux enjeux de l’ère numérique au niveau de l’étude et de la consommation de la BD, et sur une approche intermédiale (photographie, séries TV, cinéma, etc.). L’enseignement reposera pour partie sur une exploitation des fonds d’archives du Centre BD de la Ville de Lausanne.

 

Sérialités narratives: littérature, BD, radio, cinéma, télévision – (Printemps 2018, MA, UNIL, R. Baroni, M. Berton, A. Goudmand)

Ce cours vise à aborder la sérialité narrative en tant que phénomène transversal s’inscrivant dans l’histoire culturelle de différents médias, notamment avec l’émergence de modes de production industrielle impliquant une reproductibilité des formats, ainsi qu’une diffusion périodique destinée à fidéliser le public. Ce cours envisagera notamment le lien entre ce type de récit et ses contextes de production et de réception, mais aussi ses enjeux esthétiques et les défis qu’il pose à la théorie du récit. Du point de vue narratif, on réfléchira notamment sur le caractère improvisé de la planification narrative, sur les effets de la discontinuité du récit, sur son inscription dans le temps social, sur ses modes spécifiques de réception, sur les interactions entre producteurs et récepteurs, et sur les transferts de versions sérialisées vers des œuvres reconfigurées pour produire une unification du contenu (p. ex. reconfiguration de l’épisode en chapitre). En s’appuyant sur la comparaison entre différents médias, nous pourrons enfin aborder la question délicate de savoir sur le récit sérialisé est un genre en soi, c’est-à-dire s’il possède des caractéristiques communes à tous ses avatars médiatiques, et si l’on peut en retracer l’archéologie (p. ex. dans les romans-fleuves, les cycles médiévaux, les mythes, les récits conversationnels, etc.). Peut-être découvrira-t-on que cette forme narrative segmentée est aussi essentielle que les récits unifiés (contes, romans, nouvelles, albums, films) qui ont longtemps occupé le centre de l’attention dans différents domaines (poétique, narratologie, histoire, histoire du cinéma). Peut-être même le récit sérialisé, par sa durée et son ouverture sur un avenir incertain, est-il plus proche qu’aucune autre forme narrative de l’expérience que l’on peut faire des histoires qui nous arrivent.

Invités: Nelly Valsangiacomo

 

Récit et style dans la bande dessinée – (Automne 2016, BA, EPFL, A. Boillat et R. Oesterlé)

Ce cours a pour objectif de livrer des outils d’analyse de la bande dessinée, envisagée sous diverses formes (comic strips, BD franco-belge, graphic novel, mangas) à travers son histoire. L’étude d’un grand nombre d’œuvres et de planches permettra de discuter les apports de la narratologie, et de concevoir sur un plan théorique et critique le rôle que jouent, dans l’élaboration d’un récit en bande dessinée, le découpage de l’action en vignettes, la composition de la planche ou la gestion du point de vue. Un accent sera en outre mis sur la question de l’appartenance à des genres, décisive dans le cas d’un tel médium populaire dont les productions sont le plus souvent sérielles. On s’intéressera en particulier aux composantes matérielles (case, strip, planche, page, périodiques ou albums) et aux divers contextes de la culture de masse dans lesquels s’inscrivent les exemples abordés ; on soulignera en particulier l’importance du contexte éditorial sur le développement et l’exploitation de diverses formes de narration. Un accent sera également mis sur les nouveaux enjeux de l’ère numérique au niveau de l’étude et de la consommation de la BD, et sur une approche intermédiale (photographie, séries TV, cinéma, etc.). L’enseignement reposera pour partie sur une exploitation des fonds d’archives du Centre BD de la Ville de Lausanne.

Invités: Prof. Danielle Chaperon et Prof. Raphaël Baroni

 

Se représenter dans la bande dessinée : autoportrait, autobiographie, autofiction (Printemps 2016, MA, A. Boillat, R. Baroni, D. Chaperon, P. Kaenel, A. Corbellari)

Les auteurs de récits graphiques puis de bandes dessinées ont introduit dans leurs oeuvres des données autobiographiques dès les débuts du genre, qu’il s’agisse des albums de Rodolphe Töpffer, de Gustave Doré ou de Nadar. Toutefois, c’est seulement depuis une quarantaine d’années que l’autobiographie ou l’autofiction est devenue un thème en soi, d’abord aux USA dans les publications d’Art Spiegelman (Maus en 1972), Robert Crumb ou Harvey Pekar. Il faut toutefois attendre les années 1990 pour le genre prenne son essor dans le domaine francophone, avec des personnalités comme Fabrice Neaud (Journal), Jean-Christophe Menu et Lewis Trondheim (L’Association), Manu Larcenet (L’artiste de la famille), Frederik Peeters, (Pilules bleues, Lupus, Aâma) ou encore Majane Satrapi (Persepolis). Que nous dit ce phénomène sur l’histoire et la réception de la BD ? Quels sont ses rapports avec le roman graphiques ? Quels sont les modèles mis en jeu ou détournés, autobiographie littéraire ou autoportraits en histoire de l’art ? Y a-t-il une spécificité du genre autobiographique quand il s’incarne dans le média de la bande dessinée ? Voici quelques questions traitées dans le cadre du séminaire qui sera enrichi par les contributions et les points de vue disciplinaires des profs. Alain Boillat, Danielle Chaperon et Alain Corbellari, tous actifs dans le nouveau Groupe d’étude sur la bande dessinée (GrEBD).

 

Récit et image – (Automne 2014, BA, R. Baroni)

L’objectif du cours est de développer des compétences transverses dans les domaines de l’analyse des récits en images, de l’histoire des formes narratives sous forme iconique et de la théorie du récit. Ces compétences peuvent servir aussi bien à des étudiants de BA, 2ème partie, en FLE, en histoire, en histoire et esthétique du cinéma, en histoire de l’art ou en littérature (française ou étrangère). Le sujet principal du cours sera l’étude de la narrativité de l’image fixe, à travers sa mise en relation avec un récit implicite (narrativisation par le spectateur) ou explicite (séquence d’autres images, texte illustré, etc.).

L’interdisciplinarité sera au coeur de ce projet réunissant des conférenciers travaillant dans des domaines disciplinaires variés (histoire culturelle, histoire de l’art, histoire et esthétique du cinéma, narratologie).

Programme des conférences:

8.10 – Klaus Speidel: Lessing face à la peinture narrative
15.10 – Philippe Kaenel: Comment illustrer les Fables de La Fontaine ? De J.-B Oudry à J.-J. Grandville et G. Doré
22.10 – Marc Marti: Goya, l’art de la gravure, l’art de la narration. Pour une narrativité socio-historique
29.10 – Jan Baetens: La photographie narrative
12.11 – Alain Boillat: Usages de l’image fixe au cinéma
19.11 – Philippe Marion: La planche en BD, entre tableau et séquence

 

La science-fiction francophone à la page et à l’écran: étude historique, culturelle et narratologique (bande dessinée, cinéma) (Printemps 2014, MA, R. Baroni, A. Boillat)

Ce cours a pour objectif de discuter, dans une perspective historique, les différents enjeux culturels et narratologiques liés au genre de la science-fiction, en particulier dans la bande dessinée franco-belge, de Saint-Ogan ou Jacobs à Bilal et Mézière, en passant par Gillon, Greg, Forest, Moebius, Druillet, Weinberg ou Leloup. Ce corpus sera envisagé avec une ouverture à l’influence des productions états-uniennes et à des genres connexes comme le fantastique, le surnaturel, l’heroic fantasy ou le steam punk. Les œuvres de  bande dessinée seront analysées dans leurs spécificités médiatiques et dans les relations qu’elles entretiennent avec les imaginaires popularisés par le cinéma (Metropolis, 2001, Star Wars, Avatar), ou dans des cas d’adaptations et d’emprunts (Barbarella, Flash Gordon, Le Cinquième élément, Immortel). Ce cours comprend le suivi des conférences du colloque « BD–US / La bande dessinée américaine vue par l’Europe. Réception et réappropriations » (27-28 mars 2013) ainsi que le montage d’une exposition dans les murs de l’UNIL, en partenariat avec la Maison d’Ailleurs.

 

Analyse et production de récit – (Automne 2013, BA, R. Baroni)

L’objectif de ce cours est d’acquérir des connaissances dans le domaine de la narratologie de manière à enrichir l’analyse des récits en bande dessinée. Les étudiants se familiarisent avec les différents outils conceptuels de la théorie du récit (narrativité, voix, point de vue, ordre, durée, fréquence, intrigue, etc.). L’étude de récits en bande dessinée appartenant à la culture franco-belge permet de mieux saisir à la fois la spécificité des récits verbaux et iconiques et la diversité de leurs manifestations.

 

Etude de la bande dessinée : Master-class avec Pierre Christin et André Juillard – (Printemps 2012, MA, R. Baroni, A. Boillat, D. Chaperon, P. Kaenel)

Ce cours semestriel pluridisciplinaire, dispensé par plusieurs professeurs de différentes sections de la Faculté des lettres, est organisé en lien avec l’invitation, le 27 avril 2012, du dessinateur André Juillard pour une Master-class centrée sur l’étude de deux albums qu’ils ont réalisés conjointement, Le Long Voyage de Léna (2006) et Léna et les trois femmes (2009). Les enseignements sont consacrés à l’étude de ces deux albums, envisagés par rapport aux autres œuvres des auteurs, mais aussi à l’histoire sociale des pratiques de la bande dessinée et dans sa dimension tant narrative (mise en intrigue, construction des personnages, point de vue) que graphique (analyse de la composition des cases et des planches, relations à d’autres cultures visuelles, etc.). Cette étude de cas est l’occasion de discuter l’apport de la narratologie, de la théorie du cinéma, de l’histoire des arts visuels, de l’histoire culturelle, etc. pour aborder le médium de la BD. La contextualisation historique et théorique associée à l’analyse systématique des albums débouchent sur un versant pratique à travers la mise sur pied, par les étudiants, d’une exposition qui se tiendra à la Bibliothèque municipale de la ville de Lausanne.

 

Le gratte-ciel au cinéma: les facettes d’un imaginaire architectural et technologique – (Automne 2012, MA, A. Boillat)

Ce cours porte sur les façons dans les gratte-ciels des métropoles états-uniennes ont été figurés à l’écran. En corrélant des discours issus des champs de l’architecture, des beaux-arts et de l’urbanistique et certaines réflexions sur la construction de l’espace diégétique au cinéma, il s’agira d’examiner d’une part les différentes implications, en termes d’analyse des représentations, du regard posé par le cinéma (et incidemment par les comic books, en particulier en tout début du XXe siècle chez un auteur comme Winsor McCay) sur ce type d’édifice, d’autre part les modalités d’exploitation narrative de tels lieux qui déterminent en grande partie les actions et caractéristiques des personnages qui l’habitent. S’il sera question de façon périphérique des films d’avant-garde documentaires dus à des photographes comme Paul Strand, l’accent sera mis sur la fiction : du projet Glass House d’Eisenstein à Piège de Cristal (Die Hard) de John McTiernan ou à Matrix, de The Big Clock (1948) à The Hudsucker Proxy (1994), nous envisagerons quelles connotations sont associées à certaines caractéristiques du gratte-ciel. L’immeuble sera par ailleurs abordé en lien avec d’autres composantes technologiques définies par l’usage de l’électricité (ascenseurs, éclairage,…), en particulier les moyens de télésurveillance et de télécommunication. Le cours s’articulera autour de l’analyse de films-clés (King Kong, The Apartment,…) et en fonction de deux périodes : le début des années 1970 et l’affaire du Watergate, et l’attentat terroriste du 11 septembre 2001, frontalement abordé dans World Trade Center d’Oliver Stone (2006) ou dans A l’ombre des tours mortes du dessinateur de bande dessinées Art Spiegelman (2002-2003), et « diffracté » dans de nombreux films et œuvres dessinées. Une attention particulière sera portée à l’interaction entre les modes de représentation des gratte-ciels et les détermination génériques, notamment en ce qui concerne le paradigme technophobe qui sera envisagé à travers les genres du film catastrophe (The Towering Inferno, 1974, The Day after Tomorrow, 2004), du film fantastique (Ghostbusters, 1984, Devil, 2010) et de la science-fiction (Blade Runner, 1982). A l’époque contemporaine, les comic books (et leurs adaptations cinématographiques) seront spécifiquement examinés dans les rapports proposés entre les super-héros (Superman, Batman et Spiderman) et leur environnement urbain.

 

Aux origines de la bande dessinée – (Printemps 2012, MA, Ph. Kaenel)

Études récits graphiques aux origines du genre et des auteurs qui sont considérés comme les pères de la bande dessinées : Rodolphe Töpffer, Gustave Doré, Cham, Nadar, Petit, Steinlen, Caran d’Ache… Autour de thèmes (le voyage, vision de la ville et de la campagne, parodie de l’histoire, mouvement etc)

 

Le cinéma des premiers temps et les images dessinées séquentialisées (imagerie d’Epinal, presse illustrée, etc..) : suggestion et restitution du mouvement au croisement de diverses séries culturelles (Printemps 2011, A. Boillat)

Cours séminaire proposant sur le plan de la théorie (principalement d’obédience narratologique) et de la méthodologie historique une approche destinée à examiner l’émergence conjointe du « cinéma » et de la « bande dessinée » avant l’institutionnalisation de ces deux moyens d’expression en tant que médias autonomes (des années 1890 à 1910 environ). Divers types d’images dessinées sont prises en compte et comparées au cinéma (ou à des films singuliers dans le cas d’adaptations), tant au niveau des motifs représentés que des modes de représentation. L’accent sera mis sur la question de la suggestion du mouvement dans les séries d’images fixes : on discutera l’influence du modèle chronophotographique de la décomposition du mouvement (en quelque sorte concurrent de l’élection d’instants prégnants), celui de sa restitution par le cinématographe ainsi que les modalités d’inscription du mouvement au sein d’une unité narrative – la « saynète » – qu’il s’agira également d’appréhender en termes d’espace et de point de vue. Le cinéma dit « des premiers temps » sera ainsi réinscrit au sein de l’écheveau de séries culturelles qui a caractérisé cette période, et qu’il nous semble intéressant d’envisager aujourd’hui dans le contexte plus général d’une réflexion sur l’intermédialité