Retour sur l’année internationale des sols (2015)

Les interactions entre les sols et le climat

Humilité, humanité, inhumation… Trois termes dont l’étymologie se trouve dans le mot latin humus (« sol, terre »). L’année 2015 aura été déclarée Année internationale des sols par l’ONU, afin de sensibiliser la société civile et les décideurs à cet espace d’une importance vitale pour le bon fonctionnement de la Biosphère.

Les sols fournissent de nombreux services écosystémiques tels que la filtration et la rétention de l’eau, mais aussi le stockage du carbone et contribuent à la régulation de nombreux gaz à effet de serre (GES). Les sols sont à l’intersection entre la géologie, la biologie et l’atmosphère, et à ce titre, les interactions multiples qui s’y produisent sont le support du vivant. Que ce soit pour l’agriculture, la foresterie (exploitée ou non), la régulation des flux d’énergie et des cycles de matière, les sols constituent une interface vivante et fragile du système Terre.

Eric Verrecchia (Professeur ordinaire de biogéosciences à l’IDYST et expert des cycles biogéochimiques des sols) est connu pour avoir découvert le potentiel de séquestration du carbone atmosphérique par des arbres dits oxalogènes. Il a été interviewé récemment à ce sujet dans trois émissions de radio et conférence.

Certains arbres, tels que l’Iroko, une essence présente en Afrique Centrale et de l’Ouest, sont considérés comme oxalogènes, c’est-à-dire qu’ils ont la faculté d’accumuler durant leur vie de l’oxalate de calcium, un sel organique qui se présente sous forme de cristaux. Après décomposition des tissus végétaux par les champignons, l’oxalate de l’iroko est libéré de sa matrice organique et est alors oxydé par des bactéries qui transforment l’oxalate de calcium en carbonate de calcium (le calcaire) dans les sols avoisinant l’arbre. En d’autres termes, lors de ce processus naturel, un arbre de cette espèce peut séquestrer du carbone dans le sol sous forme minérale, et ce pour des centaines d’années, sinon davantage… Des arbres ayant cette propriété sont plantés aujourd’hui en Inde, en Amérique latine et à Haïti, sur des sols dépourvus de calcaire.

On comprend donc que le climat et les sols sont intimement liés. Si l’on considère le sol comme un réservoir de dioxyde de carbone, l’érosion et la déforestation transforment des puits de carbone en émetteur de CO2. Tout compris, on estime qu’une diminution annuelle de 0.4% des stocks de matière organique dans les sols pourrait doubler les émissions de GES. Il y donc un intérêt crucial, dans une optique de stockage de carbone, à conserver ce flux de l’atmosphère vers la biomasse et l’humus.

Pour plus de détails

Les interventions du Prof. Eric Verrecchia dans les médias

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