Isaac Pante : le glitch, cet autre monstre

podcast et vidéo : retour sur le premier Labo 6×15′

Le 1er décembre 2017 à 20h, le premier Labo 6×15′ déployait sa table de dissection dans l’espace du Foyer de La Grange : 5 artistes des arts vivants et un chercheur se succédaient pour 15 minutes de performance (ni plus ni moins) autour de la notion de glitch, cette défaillance électronique qui entraîne le dysfonctionnement de nos ordinateurs et de nos écrans.

L’idée du Labo reposait sur une envie simple : créer un objet artistique non identifié qui soit aussi passionnant artistiquement que scientifiquement, à l’instar du projet anniversaire Grange25 = Art+Unil de 2017. Une soirée de performances donc, voulue comme un dialogue en acte entre art et science, où chaque participant·e fait le pas de côté, l’un en direction du monde artistique, les autres vers le savoir universitaire. Résultat : 6 performances comme 6 visions singulières et non concertées d’un même objet (ici le glitch) entrant en résonance kaléidoscopique pour un spectacle d’une heure et demie, perçu, in fine, comme global.

Le public, sympathique mélange d’universitaires, d’habitué·e·s du théâtre et de passionné·e·s de musique et de performances contemporaines, eut le plaisir de voir se succéder, toutes les 15 minutes, les propositions solos de Patricia Bosshard, arrachant à son violon un drone aigu entrecoupé aléatoirement de glitchs harmonieux, de Dragos Tara ressuscitant la voix de Florence Foster Jenkis au travers de postes de radio « télécommandés » par la contrebasse, de Gaël Bandelier jouant de la latence entre un texte écouté au casque et sa répétition dans le poème sonore Kadilabouche, de Claire Dessimoz mêlant, dans Ano, langage du corps et paroles dans un développement par à-coups et ruptures successives et de ParsecWaves au synthétiseur modulaire, donnant naissance à des glitches en mouvement saccadé sur l’écran.

Isaac Pante, quant à lui, déjouait l’attente du public en troquant la classique conférence académique contre un jouissif documentaire en screencast brillamment monté, surplombé par une voix off, blanche et posée, rappelant les films de Guy Debord. Par un élégant tour de force, le chercheur à la section des sciences du langage et de l’information, réussit à confectionner une vidéo à la croisée des chemins entre art et science avec un propos à la fois pointu, pédagogique, engagé et drôle.

Dans la vidéo (Glitch – L’autre monstre à voir ci-dessous), Isaac Pante thématise et cartographie le glitch, l’érige en concept et le fait dialoguer avec la pensée foucaldienne :

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Lien youtube de la vidéo pour les références et les sources utilisées