1000 postures pour 1000 riffs

5 postures critiques pour un show psychotique

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Le 27 septembre 2017, le collectif "1000 postures de danse avant de se pendre" offrait un spectacle expérimental à l'efficacité punk mêlant danse, théâtre et musique : Fonk (guitare), Lukas Knoepfel (batterie), Jamasp Jhabvala (électronique), Annika Dind (danse)

Posture n°1 : Pas d’imposture. Pourtant. La scène s’ouvre sur une procession au mélange syncrétique. New Age. Le défilé serpente entre les sièges des spectateurs interloqués. Les adeptes du culte rejoignent leur place et/ou leur instrument.

Posture n°2 : Affublé d’accessoires et de costumes tout droit sortis d’une production horrifique de la Hammer, le combo guitare-batterie-électronique balance la pulse à l’arrachée dans un genre rock plus garage que math. La performeuse-danseuse Annika Dind s’échauffe.

Posture n°3 : De petites scènes jalonnent le spectacle 1000 postures de danse avant de se pendre. Du théâtre live. Jeux de miroir entre guitariste et danseuse. Une poupée vaudoue en chiffon est déposée sur la chaise d’une spectatrice. Le kitch est une arme. Et pourtant l’émotion perce. C’est ce décalage, je crois, entre un kitch, peut-être inconscient, qui oriente le regard vers le comique voire le burlesque et l’extrême sincérité de la proposition initiée par Fonk, qui fait l’étrange force de ce spectacle.

Posture n°4 : Le corps d’Annika Dind imprime. Le corps calligraphie par touches expressionnistes des sinogrammes (kanji) sans cesse en mouvement. Sur cette musique emportée par l’énergie du trio, la danseuse semble vouloir nous parler d’un autre âge, hantée du butō initié par Tatsumi Hijikata. Figure tantôt extatique, tantôt rassérénée par la maîtrise de la respiration et du souffle.

Posture n°5 : 1er degré. La proposition est on ne peut plus sérieuse : « Corde serrée autour de mon cou, je saute », « Je contemple la vie des autres dans un cinéma où résonne un film muet », « Retour de ma propre mort », tels ont pu être les titres joués aux allures de rock disruptif et de pop au groove jamais définitif. Au moment de l’écriture, Fonk n’était pas au mieux de sa forme. Fin du concert, le voilà hissé sur une chaise, la corde au cou. Il se lâche dans son habit blanc immaculé (momifié?) et la corde craque. Heureusement, ça n’était pas si sérieux. Enfin, je crois.

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