Mouna Bakouri

Facing structural disadvantage : The role of ingroup connectedness

Mouna Bakouri a obtenu un Master en psychologie, orientations sociale et cognitive, à l’Université de Genève en 2010. Après une expérience de six mois de recherche dans le cadre d’un projet FNS à la même université, elle a été engagée en qualité d’assistante de recherche au sein du PRN LIVES à l’Université de Lausanne, où elle a préparé son Doctorat sous la direction du professeur Christian Staerklé.

Cette thèse se focalise sur les facteurs sociaux-psychologiques qui aident à mieux faire face aux désavantages structuraux. Plus particulièrement, elle s’intéresse au rôle des groupes d’appartenance, et au sentiment de connectivité et d’efficacité qu’ils procurent dans ce processus. Elle vise à compléter les modèles de coping basés sur les groupes existants, qui se sont intéressés exclusivement aux catégories sociales étendues, rendues saillantes dans des contextes de comparaisons intergroupes.

Ce but est atteint grâce à une reconsidération de l’interdépendance relationnelle entre personnes comme condition suffisante pour générer un sens de groupalité, et les bénéfices qu’un sentiment de connectivité au sein d’un groupe peut avoir dans les luttes quotidiennes des membres des groupes désavantagés. Les trois études empiriques visent à valider cette approche en testant des hypothèses dérivées. Elles sont basées sur des données collectées auprès de jeunes (15-30 ans) affiliés à trois institutions localisées en Suisse romande.

L’argument clé du premier article est que les membres des catégories socialement défavorisées rencontrent des barrières plus élevées à la réalisation de leurs projets de vie, et qu’un sens général de connectivité atténue le sentiment d’impuissance associé à cette expérience. Le deuxième article développe un modèle qui définit la satisfaction de besoins individuels comme la source de liens aux groupes, et le sentiment d’efficacité dérivé de ces liens comme le mécanisme expliquant le rôle des groupes d’appartenance dans le processus de coping. Le troisième article souligne les complexités associées à la construction d’un sens de groupalité directement à partir de la saillance du désavantage catégoriel et discute le rôle des processus interactifs.

Globalement, les résultats confirment le rôle central des groupes d’appartenance pour faire face aux désavantages structuraux et l’importance d’une compréhension des sources de la groupalité et du rôle des groupes, qui va au delà de l’accent dominant donné aux contextes intergroupes.