Publications

de Roten, Y., Zimmermann, G., Ortega, D., & Despland, J.-N. (sous presse). Meta-analysis of the effects of MI training on clinicians’ behavior. Journal of Substance Abuse Treatment. doi: 10.1016/j.jsat.2013.02.006.

Zimmermann, G., & Pomini, V. (sous presse). Méta-analyse et efficacité des psychothérapies: faits et fiction. Psychologie Française. doi: 10.1016/j.psfr.2012.12.002.

Dans un contexte économique toujours plus tendu, la question de l’efficacité des traitements psychologiques fait partie des préoccupations importantes en matière de santé mentale. Pour pouvoir faire le point à ce sujet, il s’avère nécessaire de synthétiser la somme des connaissances accumulées. La méta-analyse joue ici un rôle central car cette méthode permet d’aboutir à une synthèse quantifiée et reproductible des données empiriques disponibles dans la littérature. Les deux contributions évoquées ici, fruits de la collaboration entre Grégoire Zimmermann, Yves de Roten et Valentino Pomini du LabDCI (Laboratoire de psychologie du développement, du conseil et de l’intervention : www.unil.ch/labdci) abordent par une réflexion critique et un exemple concret d’étude méta-analytique les intérêts et limites de cette méthode.

La première contribution aborde l’utilisation de cette méthode dans l’évaluation de l’efficacité des psychothérapies. La méta-analyse permet de résumer par des indices statistiques les résultats des essais cliniques contrôlés dans lesquels l’efficacité des traitements psychologiques a été évaluée. Cette méthodologie a ainsi permis de mettre en évidence l’efficacité comparable des principales approches psychothérapeutiques, mais elle a aussi suscité des débats où ont été soulignés les principaux biais dont la recherche dans ce domaine peut être victime (qualité des protocoles, qualité des mesures, allégeance des chercheurs/euses, etc.). C’est pourquoi d’autres formes de recherche que les études cliniques contrôlées méritent aussi de l’attention, notamment les études de cas ou celles se penchant sur les processus de changement.

La seconde contribution porte sur une application concrète de cette méthode : elle se focalise sur l’étude de la formation à l’entretien motivationnel (EM), un style d’entretien thérapeutique centré sur le client qui vise à augmenter la motivation au changement. La question de l’efficacité de la formation pour conduire ce type d’intervention auprès de diverses populations cliniques n’a jamais fait l’objet d’une attention très poussée. Notre méta-analyse fournit des informations intéressantes sur les effets de différentes modalités de formation à l’EM, et nous permet d’initier une réflexion sur le rôle de la formation dans le transfert de connaissances acquises dans un contexte de recherche clinique. Dès lors, parallèlement à l’étude de l’efficacité des traitements psychologiques, il faudrait également se pencher sérieusement sur la façon dont ils sont enseignés aux cliniciens, un domaine de recherche encore trop peu exploré.