2018

Jeanne Huc-Mazelet, Je suis moi, ils sont eux. Lettres et journal d’une gouvernante à la Cour de Russie, 1790-1804, texte édité, présenté et annoté par Danièle Tosato-Rigo, Denise Francillon, Geneviève Heller, en collaboration avec Amandine Eimann, Albertine Grisoni, Sylvie Moret Petrini, Anne-Laure Sabatier, Valentina Smekalina, Éditions d’en bas, collection Ethno-Doc, 2018, 256 p.

Présentation de l’éditeur :

Rien ne prédestinait Jeanne Huc-Mazelet (1765-1852) à fréquenter un jour la cour des tsars comme gouvernante de la grande-duchesse Marie Pavlovna, l’une des petites-filles de Catherine II. Elle est présentée par Frédéric-César de La Harpe, précepteur des grands-ducs Alexandre et Constantin. Elle y restera quatorze ans, de 1790 à 1804. Tout en poursuivant son propre rêve – l’émancipation économique –, Jeanne s’investira dans l’éducation de son impériale élève, tâche exigeante s’il en est.

« Auprès de mon écritoire ». Le Copie-lettres (1732-1754) de François Pierre de Reynold, texte édité, présenté et annoté par Rita Binz-Wohlhauser, Simone de Reyff, Alexandre Dafflon, Walter Haas, Neuchâtel, Alphil, 2018, 944 p.

Présentation de l’éditeur : Le Fribourgeois François Pierre de Reynold (1709-1759) a laissé un document majeur pour l’étude d’un microcosme social sous l’Ancien Régime : quatre cahiers, dans lesquels il consigne l’essentiel de sa correspondance active entre 1732 et 1754. La variété de ces lettres, tant par les sujets qu’elles abordent que par la gamme contrastée de leurs destinataires, propose un témoignage exceptionnel de la vie quotidienne, mais aussi de l’organisation politique, des rapports sociaux et des conditions économiques qui régissent Fribourg au mitan du xvıııe siècle, avec, en toile de fond, les échos de l’histoire européenne.
Rédigées en majorité en français, mais aussi en allemand (64 lettres), avec quelques incursions vers l’italien, voire le latin, ces lettres sont également un reflet précieux des mécanismes subtils associés à une culture bilingue. Elles témoignent de la prééminence du français comme langue de la « bonne société », mais soulignent de plus l’importance de l’allemand, langue officielle du régime patricien. L’attirance manifeste de l’épistolier pour la culture française ne contredit en rien son sentiment d’appartenance à un univers distinct : en enregistrant la modeste production des heures passées « auprès de son écritoire », il annonce la prise de conscience identitaire qui se généralisera à la fin du siècle.