2015

Jean de Montenach, Anna Eynard-Lullin, Journaux du Congrès. Vienne 1814-1815. « J’ai choisi la fête », Benoît Challand, Alexandre Dafflon, Jim Walker (éds.), avec la collaboration de Bernard Lescaze, Fribourg : Archives de la Société d’histoire du canton de Fribourg, 2015, 364 p.

18f64531f81de2178d5b22de67c94affPrésentation de l’éditeur :

Dans les palais viennois où les vainqueurs de Napoléon redessinent la carte de l’Europe, les envoyés des petits Etats font les couloirs en notant leurs souvenirs pour la postérité. Voici les journaux tenus par Jean de Montenach et Anna Eynard-Lullin.

Le Fribourgeois, qui frise la cinquantaine, est rompu aux subtilités de la diplomatie (on l’appelle « le Turc » en souvenir d’une mission à Constantinople) comme aux virages de la politique. Insubmersible, ce patricien éclairé a traversé tous les bouleversements politiques du pays, collectionnant les charges sous l’Ancien Régime, l’Helvétique et la Médiation. Sous la Restauration, il va finir avoyer de Fribourg. A Vienne, il est un des trois délégués de la Diète confédérée.

La Genevoise a juste vingt ans, elle est belle, riche, éblouie par la valse qui l’emporte: « J’ai choisi la fête… » En famille à Vienne, où son mari Jean-Gabriel seconde son oncle Charles Pictet de Rochemont, Anna prend le thé chez les princesses, évalue d’un oeil sûr leurs parures de diamants et s’étonne un peu – quoique ravie d’en profiter – de l’abord simple des souverains qu’elle croise, à commencer par le tsar. C’est Point de vue-Images du Monde au Congrès.

Géopolitiques et mondanités: les journaux Montenach et Eynard-Lullin offrent un aperçu stéréoscopique sur la refondation de l’Europe, en 1814-1815, par un Congrès qui s’amusa beaucoup.

Démocratisation et diversification. Les littératures d’éducation au siècle des Lumières, sous la direction de Rotraud von Kulessa, Paris : Classiques Garnier, coll. « Rencontres « , 2015, 307 p.

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Présentation de l’éditeur :

Ce volume est en partie issu du colloque « Littératures d’éducation au XVIIIe siècle », organisé en mars 2012 à l’université d’Augsburg en Allemagne. La littérature d’éducation, en plain essor au XVIIIe siècle, témoigne alors de la diversification du savoir, qu’il s’agisse de savoirs particuliers ou de réflexions sur des concepts pédagogiques. De même, nous assistons à la démocratisation de l’éducation qui s’étendra, dans la deuxième moitié du siècle, vers toutes les couches sociales comme le montrent Le Magasin des pauvres de Marie Leprince de Beaumont (1767) ou les ouvrages d’Arnaud Berquin, notamment Bibliothèques des villages (1790).

Sylvie Moret Petrini, « Littérature d’éducation et pratiques pédagogiques familiales à l’aune des écrits du for privé (Suisse romande), 1750-1820) », p. 99-111. Cette contribution questionne l’influence de la littérature d’éducation sur les pratiques éducatives familiales. Les injonctions des pédagogues en faveur de l’observation promeuvent l’usage de journaux d’éducation à l’instar de celui rédigé par René-Guillaume-Jean Prevost-Dassier entre 1789 et 1807. Ce journal permet d’analyser la réception des écrits de J. Locke et J.J. Rousseau et la façon dont ils conditionnent l’éducation que ce notaire genevois dispense à ses deux enfants.

Marc Höchner, Selbstzeugnisse von Schweizer Söldneroffizieren im 18. Jahrhundert, Göttingen : V & R Unipress, 2015, 284 p. (Herrschaft und soziale Systeme in der Frühen Neuzeit – Bd 018)

9783847103219Présentation de l’éditeur :

In seinem Buch stellt Marc Höchner die Geschichte des Schweizer Söldnerwesens im 18. Jahrhundert aus dem Blickwinkel der Offiziere dar. Zu dieser Zeit war der Dienst im Ausland eine wichtige Station für viele Männer aus der Schweizer Oberschicht. Von ihnen sind heute noch Briefe, Tagebücher und andere Schriften erhalten, in denen sie über ihren außergewöhnlichen Beruf, über den Schrecken des Krieges, aber auch über Alltägliches und Banales schreiben. Dieses Buch deckt auf, wer die Männer waren, die für fremdes Geld kämpften, wovor sie Angst hatten und was sie auf dem Schlachtfeld oder im Ausland zusammenhielt.

Military service for foreign sovereigns is an integral part of the history of the Swiss Confederation in the early modern period. The services were an important source of income, not only for the Cantons, but also for the soldiers involved. Mercenary service was a key element for the self-understanding of the patrician upper class, which supplied the officers. My thesis explains how the officers viewed their activity, especially during wartime, using diaries, autobiographies and letters as my source material. The swiss officers, serving mainly in France, adopted an officer mentality influenced by the values of nobility. The concept of honour was one the main elements of this mentality. The officer mentality influenced the way the Swiss thought and wrote about their war experiences. On the other hand the Swiss mercenary officers possessed their own kind of ethics which was distinguished, among other things, by a republican patriotism. Mercenary service continued to be popular among the upper class despite growing criticism in Switzerland from the second half of the 18th century onward.

Oscar Jané et Patrice Poujade, Memòria Personal. Construcciò i projecciò en primera personal à l’época moderna, Casa de Velázquez, n° 146, 2015, 184 p.

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Présentation de l’éditeur :

Ce livre, résultat d’une collaboration entre universités des deux versants des Pyrénées, voudrait être un lieu de dialogue entre chercheurs venus d’horizons géographiques et disciplinaires différents qu’ils soient historiens, philologues ou encore historiens du droit. C’est là une caractéristique principale de ce travail dont les perspectives sont importantes. De prestigieux spécialistes y participent, apportant, chacun, sa manière d’aborder ces textes. Au-delà des coïncidences ou des divergences dans la définition terminologique, même dans les aspects les plus conceptuels qui sont débattus, il y a par dessus tout une volonté de créer un cadre commun de recherche. Écrit dans plusieurs langues, ce livre offre, d’une part, un regard, nouveau et pluriel, sur une source écrite à la première personne, subjective et complémentaire de « l’histoire officielle », et d’autre part la mise en avant de problématiques transversales comme le sont, par exemple, l’étude de la langue ou l’approche anthropologique.

Danièle Tosato-Rigo, Au commencement était (parfois) l’écriture. Pratiques sociales de l’écrit du for privé. (Suisse, XVIIe-XIXe siècle), p. 69-84.

Claudia Ulbrich, Kaspar von Greyerz and Lorenz Heiligensetzer, Mapping the ‘I’. Research on Self-Narratives in Germany and Switzerland, Brill, 2015.

Présentation de l’éditeur :

69705In Mapping the ‘I’, Research on Self Narratives in Germany and Switzerland, the contributors, working with egodocuments (autobiographies, diaries, family chronicles and related texts), discuss various approaches to early modern concepts of the person and of personhood, the place of individuality within this context, genre and practices of writing. The volume documents the cooperation between the Berlin and Basel self-narrative research groups during its first phase (2000-2007). Next to addressing crucial methodological issues, it also demonstrates the richness of egodocuments as historical sources in contributions concentrating, for example, on the body and illness, on food, as well as on the early modern economy, group cultures and autobiographical considerations of one’s own suicide.