Images commentées

Dessin à la mine de plomb d’Émile Javelle, 23 juin 1872

La montagne aura été la grande passion d’Émile Javelle (1847-1883). Né en France, formé au métier de photographe, il s’installe en 1868 à Vevey où il devient enseignant, tout en consacrant ses loisirs à l’alpinisme. De ses nombreuses courses dans les Alpes, il rapporte des récits, rassemblés après sa mort sous le titre de Souvenirs d’un alpiniste (1886), mais également des photographies documentant ses explorations, et de talentueux croquis qui ne sont pas sans rappeler ceux qui évoquent les ascensions légendaires d’Horace-Bénédict de Saussure ou d’Edward Whymper.

Catherine Colomb

Catherine Colomb
fonds Catherine Colomb, CLSR

C’est en premier lieu aux paysages de La Côte vaudoise, au lac et au vignoble que l’on associe la personne et l’œuvre de Catherine Colomb. Comme toute jeune fille suisse de son temps, elle connaît pourtant bien la montagne, qu’il s’agisse du Jura surplombant Begnins, où elle a passé tous les étés de son enfance, ou des Alpes, dont Le Temps des anges donne, en 1962, une image transfigurée. On découvre ici le futur écrivain pratiquant le ski de fond, vraisemblablement dans le Jura vaudois – peut-être pendant ses premières années de mariage, au début des années 1920, alors qu’elle est installée à Yverdon-les-Bains.

Dans les Préalpes, photographie de Samuel Roud
Les Alpes

Dans les Préalpes, photographie de Samuel Roud
fonds Gustave Roud, CLSR

Dans son âge mûr, Gustave Roud se voudra pourfendeur de la marche en montagne, ainsi que l’atteste la célèbre controverse qui l’opposera en 1930 à Ramuz après la publication du Petit traité de la marche en plaine dans les pages de la revue Aujourd’hui. Mais le poète a passé ses premières années au-dessus de Montreux, et les Préalpes vaudoises et fribourgeoises ont été une des destinations favorites des promenades familiales en été. En témoigne cette photographie d’une course dont la date et les protagonistes ne sont pas identifiés, mais qui a probablement été prise par le père de Gustave Roud, photographe amateur à ses heures.

Photographie d’Amadou alpiniste, par Suzi Pilet, 1955
Photographie d'Amadou alpiniste, par Suzi Pilet, 1955 (fonds Amadou, © CRLR)

Photographie d’Amadou alpiniste, par Suzi Pilet, 1955
fonds Amadou, CLSR / © Association des Amis de Suzi Pilet

Dans la série des « Histoires d’Amadou », dont le premier, L’Opinel, paraît en 1951, l’écrivain Alexis Peiry et la photographe Suzi Pilet choisissent de mettre en scène le héros sous la forme d’une poupée, d’une part à cause de l’atemporalité de cette représentation, et d’autre part en songeant à la relation exclusive et particulière que les enfants entretiennent avec le jouet. Dans le cinquième album paru, Amadou alpiniste (1955), les auteurs s’inscrivent implicitement dans le sillage d’un courant qui a fait florès en Suisse romande depuis le XIXe siècle, à savoir le récit d’excursion d’alpiniste, qu’ils abordent en privilégiant une tonalité dramatique: si Amadou part à la conquête des sommets, c’est pour comprendre la tragédie d’un accident qui a coûté la vie à un de ses amis, tombé en pleine escalade. La poupée est placée dans un décor réaliste apte à susciter l’illusion de l’ascension, du fait aussi du choix de l’angle de la prise de vue.

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