Images commentées

Guy de Pourtalès et Hélène Marcuard jeunes fiancés

« Je me fiance à Londres (dans l’appartement de Gustave Dunant) le 26 avril 1911 – Hélène Marcuard. Jacques Chenevière m’accompagne dans ce voyage sentimental », note Guy de Pourtalès dans son Journal. Deux jours plus tard, dans une lettre à Blanche Chenevière, la mère de l’ami qui l’a escorté en Angleterre, l’écrivain se dit « ravi, enchanté, serein, nerveux, troublé et joyeux ! » C’est au cours de cette escapade anglaise chargée d’émotions fortes que l’objectif a fixé l’image des deux fiancés : ils forment un couple jeune et fortuné, dont l’habillement et le maintien respirent la Belle Epoque finissante. Deux mois plus tard, le 28 juin, le mariage sera célébré à Paris.

Alice Rivaz
Alice Rivaz

Alice Rivaz
fonds Alice Rivaz, Archives littéraires suisses, Berne

« C’est ainsi à chaque changement de saison, mais surtout quand revient le printemps. Au bureau nous ne parlons que robes, chapeaux, chaussures, petits modèles. […] Ce sont chaque année quelques semaines fébriles, ardentes, où tout semble devenir ou redevenir possible, grâce à une jaquette blanche, une robe à pois. Nous nous sentons toutes amoureuses, mais de nous… » À la voir dans cette tenue de cocktail, chapeau cloche sur la tête et renard sur les épaules, nul doute qu’Alice Rivaz devait souscrire aux propos qu’elle fait tenir à Jeanne Bornand, la protagoniste de La Paix des ruches (1947). On ignore à quelle occasion l’écrivain pose ainsi : sans doute une invitation liée à ses activités professionnelles au Bureau international du travail à Genève, à la fin des années 1920 ou au début des années 1930.

C. F. Ramuz, 1941

C. F. Ramuz, 1941, photographie de Kurt Businger
fonds C. F. Ramuz, BCUL

Peu d’écrivains ont poussé aussi loin que C. F. Ramuz le souci de la mise en scène de soi. Dès ses débuts, l’auteur d’Aline a adopté une posture caractéristique, et fait preuve d’une recherche vestimentaire conjuguant l’élégance bourgeoise et une part d’anticonformisme affiché. D’où d’innombrables photographies qui fixent son image de dandy rustique, ou soulignent, comme celle-ci, les traits de sa « grande belle gueule » (l’expression est de Jean Cocteau) – la cigarette étant souvent un accessoire essentiel.

Catherine Colomb à la Chenalettaz, Cully, 1914

Catherine Colomb à la Chenalettaz, Cully, 1914
fonds Catherine Colomb, CLSR

Elle s’appelle encore Marie Colomb, ses proches l’appellent Marion ; née en 1892, elle est étudiante à la faculté des Lettres de l’université de Lausanne, où elle s’est inscrite en 1912. Mais la promeneuse qui arpente en 1914, à la morte-saison, les chemins du vignoble de Lavaux n’a rien d’un bas-bleu de province. L’année précédente, elle a séjourné plusieurs mois à Londres, chez Lady Ottoline Morrell, qui tenait salon à Bloomsbury et possédait une gentilhommière près d’Oxford. Comme cette image l’atteste, la future Catherine Colomb n’a pas seulement donné des cours de français, en Angleterre : elle y a aussi pris des leçons d’élégance, dans un cercle qui réunissait des figures marquantes du monde politique et culturel britannique.

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