Les chroniques de Lucas

Les chroniques de Lucas

Civiliste à Connaissance 3 de janvier à juin 2019, Lucas Jemelin participe, dans le cadre de ses tâches d’information et d’accompagnement des seniors, aux conférences données à Lausanne notamment. Il en retire pour nous une chronique, fruit de ses pensées et de ses réflexions autour des sujets traités. Voici ses impressions.

 

Pour un meilleur futur

Une armée de moissonneuses-batteuses met fin à un champ de maïs, où chaque épi ressemble un peu plus à son voisin. La moisson est rapide, sauvage. Quel progrès prodigieux depuis les Trente Glorieuses. C’est plus ce que c’était. (…)

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Ecrire!

Ecrire sur des écrivains. Ecrire sur l’AJAR, 23 membres adeptes de la plume collective. Cette après-midi, quatre des leurs sont sur scène et performent la joie de la rédaction, mais aussi de la lecture à plusieurs. Processus bien huilé, cette interprétation me laisse sans voix. (…)

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Rêver…

Lucas vous emmène au pays des songes grâce à ses deux premières chroniques rédigées autour des conférences de notre série thématique sur le rêve: « La science des rêves » et « Le rêve comme dialogue intérieur ».

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Atelier de généalogie: Vogue la galère…

Atelier de généalogie: Vogue la galère…

L’atelier de généalogie a embarqué, mercredi 28 février 2018, sur les barques et galères du Léman malgré les conditions météo exécrables!

Notre beau Léman, notre «océan de poche» a aussi son histoire! Résultat de divers phénomènes géologiques, il est apparu il y a quelques millions d’années déjà.

Un texte de: Lucia Dorier-Chatton, responsable de l’atelier généalogie.

C’est dans les archives de la Savoie à Turin que l’on trouve la première trace d’une barque sur le Léman en 1261.

En 1300, fut lancé une splendide galère avec une longue coque effilée comme une épée à l’avant et un puissant éperon pour éventrer les bateaux ennemis. Il s’agissait de tenir en respect les pirates savoyards et genevois!

En 1678 un vaisseau amiral est lancé sur le lac «Le Soleil» une magnifique frégate brillamment décorée. A son bord une centaine de matelots, d’officiers, un chirurgien et un pasteur.

Depuis que les hommes ont vécu au bord de l’eau, le Léman les a nourrit et a facilité leurs déplacements. Il faut dire qu’il était très dangereux de se déplacer en pays de Vaud. Les forêts qui bordaient le lac étaient mal famées. S’y cachaient souvent quelques personnages malintentionnés qui profitaient de l’exode des huguenots vers notre région protestante, surtout des camisards poursuivis par Louis XIV.

Sous la domination bernoise, la marine se développe pour le commerce et aussi la sécurité. Les pirates savoyards et genevois devenant de plus en plus féroces, les Bernois ont fait construire deux vrais bateaux de guerre, le petit et le grand ours. Un certain Dantal, fils d’un d’un amiral savoyard «qui avait mal tourné», avait même été jusqu’à attaquer le château à la pointe d’Ivoire.

Les Bernois, alors alliés aux genevois, sont allés plusieurs fois à leur rescousse quand ils étaient attaqués par les savoyards avant que Genève ne se rallie à la Suisse en 1815.

C’est avec l’aide d’ingénieurs hollandais et génois que les barques et galères ont été construites. Les Hollandais étaient en effet doués pour construire des bateaux sur les fleuves. Ce qui explique l’origine fluviale des barques du Léman, soit un fond plat avec très peu de tirant d’eau, ce qui n’est pas l’idéal pour naviguer sur le Léman et dangereux en pleine eau, le pont du bateau étant très proche des vagues. Longues d’une trentaine de mètres et larges de 7 à 8 mètres. Ce n’est que plus tard qu’on y ajoutera des quilles.

Les Bernois ont imposé le cabotage sur le lac à l’usage de commerce. Les marins s’appellent alors «les bacounis».

Toute cette animation sur le lac a peuplé les rives d’un monde pittoresque d’artisans, de matelots et de «tsapoués» (charpentiers).

Avec ses hauts et ses bas, cette activité batelière va durer très longtemps, elle a disparu petit à petit, évincée par le train et les camions.

Plus d’infos sur l’Atelier de généalogie

L’agro-alimentaire, ça trompe énormément

La FRC met le doigt sur les zones d’ombre

Conférence de Barbara Pfenniger, Fédération romande des consommateurs
Jeudi 11 janvier 2018, 14h30-16h
Salle du Verger, Penthalaz

Nous entretenons un lien privilégié, même intime, avec l’alimentation, d’où l’ancien adage «On est ce que l’on mange», car nous entrons ainsi en contact direct avec notre environnement naturel ou cultivé. En mangeant nous introduisons les produits du terroir dans notre organisme: or le lien entre notre santé à long terme et l’état de l’environnement en résulte naturellement. Ces dernières décennies, l’extrême partage du travail dont l’homme moderne est tributaire a conféré à l’industrie agro-alimentaire une position de force dans notre société, de sorte que nous avons perdu la maîtrise individuelle de notre alimentation, et surtout la confiance en elle. La production et la transformation industrialisée des aliments suscitent des questions supplémentaires, touchant le consommateur individuel dans un contexte sociétal et global.

Voici trois questions emblématiques: Quelle est la relation entre santé publique et intérêt au bénéfice de l’industrie agro-alimentaire (l’habitant suisse consomme plus de 30 kg de sucre raffiné par an)? Quelle est l’intérêt de l’industrie agro-alimentaire à la protection et à la distribution équitable des ressources (pour produire 1 kg de viande de bœuf il faut 40 kg de céréales et 4000 l d’eau)? Quel rôle joue l’industrie dans l’application durable de pesticides et dans la qualité des sols (en Argentine l’incidence de certains cancers chez les adolescents et les malformations congénitales liées à l’usage du glyphosate est 15 fois plus élevée que la moyenne du pays)? La leçon à tirer est d’éduquer et sensibiliser le grand public pour qu’il achète ses denrées alimentaires en toute connaissance de cause, car c’est lui qui a le pouvoir de décider, de voter avec son porte-monnaie dans une action dite «bottom-up». Tout changement de politique des grands conglomérats agro-alimentaires ne peut venir que de l’initiative du consommateur, votant avec son porte-monnaie. Ce n’est qu’à partir du consommateur informé que la prise de conscience et la pression sur les acteurs remonteront le long de la chaîne alimentaire. Les étapes en sont, outre la consommation, l’acheminement, la transformation, et jusqu’à la production de notre nourriture.

C’est dans ce sens que Connaissance 3 vous invite à la conférence de Barbara Pfenniger, de la Fédération romande des consommateurs (FRC). Face aux choix pléthoriques et aux promesses multiples, les consommateurs s’interrogent. Chaque année, la FRC reçoit de nombreux exemples et questions envoyés par les consommateurs et surtout par ses membres, des consommateurs particulièrement attentifs et perspicaces. Basée sur ces exemples et interrogations, la conférence montrera comment le cadre légal doit empêcher les fraudes, mais manifeste également ses limites, permettant des messages frisant la tromperie. Elle donne des outils pour déceler l’information utile et trouver la qualité recherchée.

Barbara Pfenniger est responsable Alimentation à la FRC, association sans but lucratif et libre de toute influence depuis bientôt 60 ans. A ce titre, elle suit attentivement tous les développements dans ce domaine au sens large, de la fourche à la fourchette. Elle fait valoir les intérêts des consommateurs romands auprès des autorités, des fabricants alimentaires et des distributeurs. Son poste inclut également l’information des consommateurs, passant par le magazine Mieux choisir, son site web www.frc.ch et via la presse en général.

Dans ce contexte le soussigné vous recommande quelques sites d’information d’intérêt général ainsi que plus spécialisé sur la toile pour mettre toute la lumière sur la question:

Michel J. Rossi, comité régional Connaissance 3 Pied du Jura

Les peintures de Sébastien Mettraux

Impossible de restituer ici la générosité avec laquelle Sébastien Mettraux a su partager ses enthousiasmes, ni les nombreuses découvertes rencontrées aux détours de ses explications: je laisse aux historiens de l’art, et à Karine Tissot du CACY en particulier (voir PDF), le soin de commenter une œuvre en devenir. Je peux en revanche transmettre un témoignage et quelques émotions…

Je me parque devant la gare qui, à elle seule, mérite le déplacement. L’impressionnante horloge marque 13h45: chouette, il me reste le temps d’admirer le bâtiment, trésors «heimatstil» chargé d’histoire et de prendre un petit café au Buffet récemment ré-ouvert. Notre président et quelques participants à la visite sont déjà sur place et devisent sur la terrasse ombragée.

La visite démarre avec l’arrivée de notre hôte, Sébastien Mettraux qui vit et travaille à la gare: une chance et un honneur, mais aussi une source d’inspiration et la possibilité de bénéficier d’assez d’espace pour créer et pour stocker ses œuvres. Il nous emmène d’abord dans son atelier et nous découvrons à la fois les entrailles du bâtiment inauguré en 1915 et le lieu de création d’un artiste contemporain capable de travailler non-stop pendant des heures entières sans quitter son nid.

Il a sorti pour nous divers œuvres et se lance avec plaisir et volubilité dans des commentaires passionnants quant à leur contexte, leur thématique, leur technique: Seb Mettraux peint, grave, sculpte, photographie et nous apprendrons qu’il est même musicien à ses heures!

Il nous parle de sa vie entre travail à l’usine et art, de ses sources d’inspiration, de l’importance des couleurs, de sa fascination pour les machines industrielles et le graphisme d’objets du quotidien : il nous ouvre son monde en nous mettant en main le fil pour relier entre elles ses diverses réalisations. Celui avec lequel il tisse avec talent une œuvre aux multiples facettes.

Patricia Dubois
Secrétaire générale de Connaissance 3

La généalogie, une urgence humanitaire!

La définition est audacieuse mais si on se penche sur l’état du monde et sa déliquescence, osons le postulat que dans un esprit de paix et de solidarité pour les générations à venir nous pouvons apporter notre pierre à l’édifice en aidant ceux qui le désirent à connaître leurs racines.

Un texte de: Lucia Dorier-Chatton, responsable du groupe Généalogie

Retrouver ses origines

La principale raison qui pousse de très nombreuses personnes à élaborer leur arbre généalogique est une recherche identitaire. Nos parents, grands-parents, arrière-grands-parents, etc., ont contribué à faire de nous ce que nous sommes. Si on ne les a pas choisis, nous pouvons toujours mieux les connaître et ainsi apprendre sur nous-même. Dans un monde où le présent est tumultueux et l’avenir incertain, retrouver son passé peut apporter une certaine stabilité. Par exemple des enfants ayant été abandonnés par leurs parents et des enfants adoptés sont particulièrement susceptibles de vouloir faire des recherches généalogiques.
Rien de plus difficile, en effet, que de ne pas savoir d’où nous venons. Cela est contraire aux règles de la nature, et c’est pourquoi ces personnes sont parfois amenées à rechercher leurs origines. Les recherches peuvent pourtant s’avérer particulièrement difficiles dans ce cas de figure.

Certes la révision du droit de la famille en vigueur depuis 1970 a introduit beaucoup d’avancées en matière de droit de filiation et du droit de connaître ses origines, mais la vitesse à laquelle les exigences et les dérives sociétales évoluent, cela devient un marathon pour le législateur. C’est un débat éthique auquel nous n’échapperons pas !

La généalogie génétique

La « généalogie génétique » elle, donne aux généalogistes un moyen de contrôler et d’étendre leurs résultats pour la généalogie avec de l’information obtenue par les tests ADN. C’est une réalité mais il y a risque de dérives non négligeables alors que cela devrait rester juste un outil de recherche. Ce marché est très ouvert et très lucratif. Les ventes annuelles de tests par toutes les compagnies et laboratoires sont estimées de l’ordre de 60 millions de dollars (2006)

La psycho-généalogie

Celui qui ne connaît pas son passé est condamné à le revivre… (Goethe)
Une autre facette de la généalogie, la psycho-généalogie. Des recherches très récentes ont pu prouver par l’analyse du sang la transmission des conséquences de traumatismes vécus par des ancêtres par exemple lors d’une guerre et les souffrances ainsi héritées. Et par là même de les analyser, d’apprivoiser les non -dits et faire un travail de reconnaissance au niveau familial. On pourrait appeler ça un « nettoyage ». Enlever des branches mortes pour que l’arbre puisse mieux respirer et laisser un terrain propice au développement harmonieux de l’arbre pour la descendance. Ce travail n’est pas anodin et il convient de le faire avec respect et discrétion pour le bien de tous. Ce qui peut être fait aussi lors d’une thérapie accompagnée. On appelle ça alors un géno-sociogramme !

Un voyage à travers le temps

Mais avant tout la généalogie reste un voyage dans le temps et nécessite beaucoup de persévérance. Elle peut devenir un jeu. Plus on trouve plus on a envie de trouver ! Des outils techniques très performants et utiles sont à la disposition des généalogistes, mais une recherche peut aussi bien commencer avec un crayon, du papier, et un arbre dépliable. Cela peut même permettre de savoir ce que l’on cherche vraiment avant d’aborder le côté technique.

Au-delà de la satisfaction personnelle associée à la recherche, le généalogiste, par ses travaux de recherche sur la famille et la société, contribue à garder vivant le patrimoine de la société à laquelle il s’intéresse. Par le fruit de ses recherches, il apporte une dimension sociale approfondie, en élargissant sa vision de l’origine de sa propre existence qui finalement rejoint celle de ses contemporains, il réalise ainsi et fait réaliser la pluralité des origines de chacun. Les travaux du généalogiste profitent à d’autres disciplines, dont la démographie, la génétique, l’archéologie, l’histoire et l’ethnographie.

Plus d’infos sur l’Atelier de généalogie

Conférence | Impression en 3D

Entre mythe et réalité

L’impression 3D… un rêve devenu réalité. Un rêve vendu au grand public notamment ces dernières années. Cependant, entre mythe et réalité il y a un gouffre. C’est ce qu’est venu expliquer Olivier Olmo, directeur opérationnel de la Plateforme des ateliers techniques (PAT) de la Faculté des Sciences et techniques de l’ingénieur (STI) de l’EPFL, lors d’une conférence de Connaissance 3 le 5 février dernier à Aigle.

Le Point Chablais en propose un résumé, signé Z. Gallarotti. Lire l’article (Pdf).

Conférence | Migrations et épidémies

Riviera vaudoise – Patrick Bodenmann, médecin à la Polyclinique médicale universitaire (PMU, Lausanne), a abordé le sujet des migrations et des problèmes sanitaires qui leur sont liés, dans le cadre d’une conférence, « Migrations et épidémies, quels défis relever? », donnée à La Tour-de-Peilz, le 8 février.

Selon l’OMS, le risque de maladies infectieuses importées par les migrants est mineur. Mais il s’agit par contre d’être attentif au risque de soins inéquitables envers des populations vulnérables dans les pays de transit ou d’accueil, nous dit Patrick Bodemann, médecin à la Polyclinique médicale universitaire, de Lausanne.

Le médecin lausannois co-signe un article paru dans le Bulletin des médecins suisse et reproduit dans la revue d’information sociale Reiso: « Dispositif sanitaire pour les nouveaux migrants ».

PDF, 357 ko

 

Conférence | Ethique médicale

Le Dr Jean Martin, ancien médecin cantonal, donnera une conférence sur l’éthique médicale, mercredi 10 février à Cossonay.

Difficile éthique médicale: des principes à l’application
Des défis majeurs sont lancés à la médecine et à la société grâce aux avancées de la biologie et des techniques médicales toujours plus performantes. Les enjeux éthiques se jouent du début à la fin de la vie, notamment avec l’IVG, la possible «amélioration» de l’être humain, l’acharnement thérapeutique ou encore l’euthanasie.

Mercredi 10 février 2016, 14h30
Cossonay | Foyer communal, Pré-aux-Moines, route de Morges 8
Entrée: 15.- | Adhérent: 10.-

A cette occasion, nous vous invitons à consulter les articles que Jean Martin a écrit pour la revue en ligne REISO.

A lire en particulier: « Entre laisser mourir et faire mourir », Reiso, 11 février 2016

Voir également l’article paru le 10.02.2016 dans le Journal de Cossonay.

Voyage à Pompéi

En automne 2015, Connaissance 3 proposait à ses adhérents un séjour à Naples et Pompéi en compagnie de l’archéologue Michel Fuchs. Chantal de Schoulepnikoff, cheffe de pupitre à Connaissance 3, a participé à ce voyage coorganisé avec le magazine Générations en collaboration avec Histoire et Voyages. Elle nous en fait ici le récit.

POmpei-web-msToutes les conditions étaient réunies pour faire du voyage à Naples, Pompéi, Herculanum, Capri et autres lieux, une magnifique réussite: temps radieux pendant toute la semaine, accompagnement de choix par le professeur Michel Fuchs et par Serena notre guide locale, visites de lieux mythiques dont le nom seul frappe les esprits, qu’aurait-on pu rêver de mieux?

C’est à la suite d’une conférence du professeur Fuchs à Connaissance 3, en novembre 2012, que l’idée d’un voyage à Pompéi sous sa direction a surgi. Le magazine Générations s’est occupé de l’organisation, avec le concours d’Histoire et Voyages. Le succès a été tel qu’il a fallu organiser deux voyages successifs, avec une vingtaine de participants à chaque fois.

Après une première nuit à Fiumicino (dont certains d’entre nous ont découvert qu’il ne s’agit pas seulement d’un aéroport mais aussi d’une charmante petite ville de pêcheurs), c’est à Capoue, ou plutôt à Santa Maria Capua Vetere et à son amphithéâtre, que la première journée a été consacrée. Nous avons pu constater lors du déjeuner que les délices de Capoue ne sont pas un vain mot: la farandole raffinée d’antipasti concoctée par la Locanda Antichi Sapori de Capulla, a laissé de beaux souvenirs gustatifs!

Pompei-web-1Le lendemain, après l’installation dans un confortable hôtel de Naples face à la mer et au Castello Dell’Ovo, c’est la visite de Pompéi qui a occupé toute la journée. Le professeur Fuchs, aussi passionné que passionnant, nous a relaté sur les lieux l’éruption de 79 et ses conséquences: un émouvant parcours qui montre un instantané sans équivalent de la vie quotidienne à l’époque romaine, des temples aux boutiques d’artisans, des palais prestigieux aux thermes, des tanneries aux fresques de la Villa des Mystères, de la maison du chirurgien à celle des plaisirs …

Si nous avions pu appréhender l’architecture de la ville en la parcourant, parfois avec certaines difficultés tant les pavés sont disjoints et les trottoirs inégaux, c’est au musée national de Naples que nous avons pu prendre connaissance des merveilles que recelaient les habitations et les lieux publics: peintures murales, mosaïques, statues, sculptures, objets de culte ou d’usage quotidien, une passionnante découverte commentée par le professeur Fuchs avec son immense culture et son brio habituel.

Changement de décor l’après-midi: Serena, notre guide locale aux vastes connaissances et à l’enthousiasme contagieux, nous a entraînés à travers le dédale des ruelles de sa ville natale, étonnant contraste entre églises baroques, palais somptueux, maisons décrépites et boutiques regorgeant de productions locales, principalement les étonnantes figurines destinées aux célèbres crèches: s’il paraît naturel que le pape François y occupe une place de choix, il est plus surprenant d’y retrouver Angela Merkel, Silvio Berlusconi ou Georges Clooney (photo ci-contre)

Puis ce fut l’embarquement pour Capri, sur une mer d’huile et dans la brume matinale: le dévoilement progressif des rochers de Capri, un véritable enchantement! Après une montée vertigineuse en minibus sur la route étroite et sinueuse judicieusement surnommée « mamma mia », notre groupe s’est séparé en deux: les « marcheurs » sont partis avec le professeur Fuchs découvrir la villa de Tibère, tandis que les « romantiques » ont suivi Serena sur les traces du docteur Axel Munthe dans la superbe villa San Michele (photo ci-contre), dont le projet et l’histoire sont relatées dans le livre-culte de ce médecin et philanthrope suédois, Le Livre de San Michele, paru en 1929.

Serena nous avait ensuite réservé une surprise: un petit bateau nous a emmenés faire le tour de Capri et c’est ainsi que nous avons pu découvrir avec émerveillement certaines des fameuses grottes, les eaux turquoise, les « Faraglioni », ainsi que le « scugnizzo » (une sorte de Gavroche napolitain) juché sur un rocher.

Cette splendide journée a pris fin à Sorrente, où quelques-uns d’entre nous ont fait leurs emplettes de pâtes ou de risotto, de limoncello, de clochettes porte-bonheur de San Michele… ou de personnages de crèches.

Enfin, notre périple s’est terminé par la visite d’Herculanum, ville plus petite que Pompéi, mieux conservée et encore en partie enfouie puisque située sous la ville moderne. Ce qui laisse la porte ouverte à toutes les imaginations! Contrairement à Pompéi, les bâtiments gardent la trace de leurs étages et des structures en bois (qui ont été « lyophilisées » par les coulées successives). L’illusion de la vie y est donc encore plus marquée qu’à Pompéi, d’autant plus que des décors et des objets (par exemple un métier à tisser) ont été conservés.

En 79, après la première éruption, environ 300 habitants se sont enfuis pour trouver refuge sur la plage, où ils ont été rattrapés dans la nuit par la nuée ardente qui les a tués dans leur sommeil. Ils sont encore visibles dans la position où la mort les a saisis (« petrificati »).

L’après-midi a été consacrée à la visite de la Villa de Poppée à Oplontis. Ce magnifique édifice, tout orné de fresques remarquablement conservées (photo ci-contre) en lieu et place, est aussi impressionnant que son immense piscine (60 mètres de long!) et ses jardins. Il faisait sombre quand nous avons parcouru les nombreuses salles, et la lumière d’une lanterne allumée ponctuellement (il ne faut pas risquer d’abîmer les couleurs des peintures) ajoutait encore au mystère de cette Villa.

C’était une belle manière de conclure ce voyage fascinant à travers l’époque romaine, dont on constate qu’elle est en fait bien proche de la nôtre.

Chantal de Schoulepnikoff

Conférence | Economie sociale et solidaire

L’économie sociale et solidaire en Suisse romande

Par Sophie Swaton, chargée de recherche, Institut de géographie et de durabilité de l’Université de Lausanne

Les entreprises sociales et solidaires représentent désormais un emploi sur dix en Suisse romande. Dans quels secteurs travaillent-elles? Avec quelles ambitions? Quels principes de base doivent-elles respecter?

En Suisse romande, comme en Europe, l’économie sociale et solidaire (ESS) représente près de 10% des emplois dans presque tous les secteurs d’activité. Cette économie s’inscrit dans une filiation historique propre, héritée de certains théoriciens du XIXe siècle. L’accent est mis sur une gouvernance démocratique et sur le primat de l’épanouissement des personnes plutôt que sur la seule recherche de profit. C’est précisément ce qui fait de cette économie une passerelle de choix pour penser une production durable et solidaire aussi bien pour les employés qui y travaillent que pour l’impact sociétal induit.

Lire l’article complet dans la revue en ligne Reiso.

L’économie sociale et solidaire
Sophie Swaton, UNIL
Vendredi 4 décembre 2015, 14h30
Salle de la Chapelle des Charpentiers, rue des Charpentiers 11, Morges
Entrée: 15.- | adhérent: 10.-