Trois de nos bénévoles participent à un projet de «Mentorat inversé» mené à l’EPFL

Convertir les connaissances des experts dans la pratique quotidienne

A la rentrée de septembre 2019, sur l’initiative de digitalswitzerland, l’EPFL et Connaissance 3 ont lancé un programme de mentorat inversé.

Intéressés par l’éducation et le talent, les membres de digitalswitzerland ont suggéré que l’écart de générations au travail et dans la vie, où les plus de 50 ans sont souvent laissés pour compte, pourrait être comblé par le mentorat inversé, un concept qui offre des avantages tant aux employés âgés et aux seniors qu’aux jeunes employés.

Mais de quoi s’agit-il?

Ce projet de semestre de niveau Master/Bachelor de l’EPFL, consiste à réaliser concrètement un mentorat inversé sous forme d’une expérience au cours de laquelle un étudiant de l’EPFL est associé à un professionnel senior à la retraite, afin de lui fournir une formation personnalisée sur un ensemble de compétences technologiques liées à la transformation numérique en cours dans notre société.

Les compétences typiques prises en considération sont la capacité à utiliser efficacement, dans différents types de situations, des technologies numériques répandues, telles que les réseaux sociaux ou d’autres type de services basés sur Internet, ainsi que leurs connexions avec des concepts importants, tels que la sécurité des données, la préservation de la confidentialité ou la gestion des mots de passe.

Le rôle de Connaissance 3 dans tout ça?

Pour cet essai pilote, l’Université des seniors vaudoise, pour qui la formation continue tout au long de la vie et l’empowerment des seniors sont essentiels, a choisi de sélectionner les mentorés parmi ses bénévoles. Trois binômes mentors-mentorés ont ainsi été créés durant la phase préparatoire qui s’est déroulée fin septembre.

Il existe de nombreuses plateformes de mentorat, pour des publics ciblés et au sein des entreprises. L’expérience a montré que pour qu’un programme de mentorat inversé fonctionne au mieux, plusieurs critères doivent être mis en place. Par exemple, permettre aux personnes âgées d’acquérir des compétences numériques et aux jeunes d’établir un réseau, de comprendre d’autres professions ou de contribuer socialement.

Durant une phase d’analyse, le mentor synthétisera les principaux enseignements tirés du «terrain» pour compléter le « catalogue de service » établi au cours de la phase préparatoire; il formulera un ensemble de lignes directrices pratiques pour réussir à mettre en place des expériences de mentorat inversé à plus large échelle. Les étudiants présenteront leurs conclusions lors d’une défense en janvier 2020.

Connaissance 3 participe à un nouveau projet de recherche

L’engagement des seniors dans le monde associatif passé à la loupe

«Bien vivre sa retraite avec les autres. Engagements, compétences et qualité de la vie à l’ère du lifelong learning». C’est le titre d’un projet de recherche conduit par la Pr Farinaz Fassa Recrosio de l’Institut des Sciences sociales (ISS) de l’UNIL. Connaissance 3 est l’une des sept associations romandes qui collaborent à ce projet.

Dans le cadre d’un projet de recherche d’une durée de trois ans, plusieurs chercheurs des universités de Lausanne et Neuchâtel ainsi que de la HES-SO Valais, exploreront les rôles que l’engagement des seniors (+65 ans) dans la vie associative peut jouer dans l’acquisition et la mobilisation de compétences, sur l’échange et le transfert de ces compétences au niveau intergénérationnel, ainsi que sur la perception que ces personnes ont de leur propre qualité de vie.

Le projet en quelques lignes

L’entrée dans la retraite constitue un temps de transition, qui marque le début d’une étape du parcours de vie parfois plus vulnérable que les autres du point de vue économique, social, psychosocial et de la santé. Mais elle peut aussi être l’occasion du développement de nouveaux engagements et compétences. Ce projet de recherche vise précisément à étudier une modalité particulière d’engagement des seniors retraité-e-s (les 65+), celle de l’engagement bénévole dans des associations, et ses effets éventuels sur la perception de leur propre qualité de la vie.

Aujourd’hui en Suisse, la question de la «participation sociale» des seniors comme lieu potentiel pour favoriser la cohésion sociale et contribuer au nouveau «pacte intergénérationnel» se situe au cœur d’enjeux majeurs, politiques, économiques et existentiels. Pour autant, peu de connaissances scientifiques sont produites concernant les modes actuels d’engagement des seniors, les compétences qu’elles et ils mobilisent, construisent et transmettent dans le milieu associatif, et l’impact de leurs engagements sur la qualité de leur vie. Le point de vue des seniors sur ces questions a été peu sollicité,
et leurs apports à l’ensemble de la société à ce sujet restent peu visibles.

Ce projet de recherche a pour objectif de combler ces lacunes en examinant la façon dont, du point de vue des personnes elles-mêmes, l’engagement dans la vie associative a des répercussions sur différents plans: sur l’acquisition de nouvelles compétences et la mobilisation des compétences antérieures; sur l’échange et le transfert de ces compétences dans d’autres sphères de leur vie et auprès d’autres personnes et générations; et sur leur propre qualité de vie.

Le rôle de Connaissance 3?

Le dispositif de recherche prévoit la collaboration avec sept associations qui vivent et se développent grâce au travail des bénévoles seniors et qui sont insérées dans le tissu économique, politique, culturel, social et sportif des cantons de Vaud et du Valais, dont Connaissance 3. En tant qu’Université des seniors, nous nous investissons particulièrement dans cette recherche qui permettra de mieux connaître quelles formes de lifelong learning (d’apprentissage tout au long de la vie) vivent concrètement les seniors dans leurs engagements quotidiens, ce que cela leur apporte d’un point de vue psychologique et social et en termes de qualité de vie, ainsi que ce que cela apporte à la collectivité. In fine, ce travail fera la lumière sur les contributions des seniors, aujourd’hui souvent peu visibles et peu reconnues, et alimentera le débat de société sur les formes et les effets de ces contributions.

Cette recherche fait écho à la recherche-action « Senior et citoyen à part entière », initiée par Connaissance 3 en collaboration avec l’EPFL et conduite par le Dr Kaj Noschis (2018).

Sciences humaines – Faire société aujourd’hui

Sciences humaines – Faire société aujourd’hui

Une série de rencontres sociologiques à l’occasion des 10 ans de l’Institut des sciences sociales de l’UNIL.

Santé, travail, parcours de vie ou rapports entre les hommes et les femmes: partez à la découverte des enjeux actuels de notre société, en compagnie de plusieurs chercheurs et de leurs étudiant-e-s.

Les rencontres peuvent se suivre indépendamment les unes des autres.


Dates
mardis 5, 12, 19 et 26 novembre 2019
Heures
de 14h à 16h
Prix
Entrée libre. Sans inscription.

Programme des rencontres

Mardi 5 novembre 2019, 14h -16h

Le projet «Cause commune»: une plateforme d’action et de recherche entre l’UNIL et Chavannes-près-Renens

Alain Plattet, chef de la cohésion sociale, Chavannes-près-Renens
Pr Dario Spini, psychologue social, directeur du Pôle de recherche national LIVES

La plateforme d’action et de recherche Cause Commune vise à développer une démarche participative dans les quartiers de Chavannes-près-Renens. Réunissant des acteurs sur le terrain et des chercheurs, cette plateforme participative entend améliorer, à travers des activités décidées par les habitants, la qualité sociale de la commune. Un dispositif de recherche évaluera d’une part si ces actions ont un effet durable sur les quartiers, ainsi que sur la santé des habitants qui participent ou non à ces activités.


Mardi 12 novembre, 14h-16h

Quoi de neuf chez les hommes? Masculinités et égalité des sexes

Isabel Boni Le Goff, sociologue, ISS-UNIL
Sébastien Chauvin, sociologue, ISS-UNIL

A l’ère de #MeToo et d’une remise en cause de la domination masculine dans ses différentes formes, comment se configurent les manières d’être un homme, les manières pour les hommes d’interagir entre eux et avec les femmes? Cette conférence fera un tour d’horizon de ces questions en prêtant une attention particulière aux inégalités de classe et de race entre les hommes et les masculinités, et à ses implications pour l’analyse féministe du sexisme.


Mardi 19 novembre 2019, 14h-16h

La santé aujourd’hui: entre médecine, biologie et société

Pr Umberto Simeoni, médecin pédiatre, chef du Service de pédiatrie CHUV
Dr Luca Chiapperino, philosophe et sociologue de la médecine, ISS-UNIL
Pr Francesco Panese, sociologue de la médecine et de la santé, ISS-UNIL

Le nouveau paradigme de l’origine développementale de la santé et des maladies (DOHaD) et les récentes recherches en épigénétique, terme traduisant sur le plan moléculaire les influences de l’environnement sur le fonctionnement des gènes, ravivent la très ancienne question des relations entre santé, environnement et vie sociale. Les études épidémiologiques, mais aussi expérimentales, et l’épigénétique montrent aujourd’hui que l’origine des maladies chroniques qui sont la principale cause de mortalité prématurée des adultes et celle de nombreux facteurs altérant le bien-être psychologique et social se situent en fait dans les premiers temps de la vie, et le développement: la grossesse, la première enfance et même la période pré-conceptionnelle. S’ouvre dès lors des perspectives inédites de recherche qui associent sciences humaines et sociales et biomédecine pour repenser le développement durable de l’humain grâce à des formes de prévention visant l’amélioration de la vie biologique et sociale des gens.


Mardi 26 novembre 2019, 14h-16h

Le vieillissement au travail: enjeux sociaux

Pr Nicky Le Feuvre, sociologue du travail, ISS-UNIL

A travers les pays occidentaux, il existe un très large consensus politique quant à la nécessité de « prolonger » la durée de la vie active des hommes et des femmes, notamment en raison de l’augmentation prévisible de l’espérance de vie et du coût des systèmes actuels de retraite. Sans entrer dans les fondements économiques et philosophiques d’un tel consensus, la conférence donnera un aperçu de quelques-uns des enjeux sociaux de ce prolongement recherché de la vie active.

Après une mise en perspective comparative du rapport des seniors (50+ ans) au marché du travail en Suisse et dans d’autres pays européens, nous insisterons sur quelques lignes de tensions qui caractérisent le maintien en emploi des personnes vieillissantes. Nous aborderons tour à tour la « gestion des âges » (ou de son absence) au sein des entreprises et administrations, le rôle des membres de la « génération sandwich » dans la prise en charge des personnes âgées dépendantes et des jeunes enfants, le gender gap dans le montant des retraites, et les enjeux de santé (physique et mentale) au travail.
Nous verrons que les conditions de prolongation de la vie active ne sont pas identiques pour les femmes et des hommes, pour les Suisses et les étrangers, pour les cadres et les personnes employées, pour les personnes mariées ou les célibataires. Enfin, nous nous attarderons sur les aspirations des ‘seniors’ en matière de transition à la retraite ou de maintien en emploi, en fonction du parcours de vie antérieur et des conditions de vie actuelles.

Journée des bénévoles 2019

Le 29 mai dernier, c’est à l’UNIL que s’est déroulée notre traditionnelle Journée des bénévoles. Près de la moitié de la centaine de seniors qui font vivre Connaissance 3 était présente. Groupes de travail le matin et ateliers ludiques l’après-midi ont jalonné cette journée qui a connu un franc succès.

Suite à un café-croissant de bienvenue, chacun-e a pu s’intéresser à la présentation du Dr Kaj Noschis, chercheur en psychologie. Traitant de la recherche-action «Seniors, acteurs de l’espace public et citoyens à part entière» (PDF), son exposé a nourri des discussions de groupes passionnantes sur des sujets variés, tels que l’affirmation comme senior dans la société ou encore le rôle citoyen du bénévolat.

Recevoir hier, donner aujourd’hui

En partie orientés sur un axe donner-recevoir, les échanges ont souligné de nombreux souhaits de communication intergénérationnelle. Mais également un don de soi, de son temps et de ses compétences à la société: un don de son parcours de vie, comme l’a relevé Roger Darioli, président de Connaissance 3. Si de l’estime, de la vitalité et de la motivation ont été offertes aux seniors durant leur vie, ces derniers considèrent légitime qu’une forme de responsabilité à travers un sens moral du devoir leur incombe désormais.

Certains bénévoles ont également abordé différentes manières de donner du sens à la vie, par l’intégration sociale et la formation tout au long de la vie, mais aussi par l’altruisme, la reconnaissance ou l’écoute. Pleins de sagesse, ces débats ont donné lieu à de jolies réflexions en conclusion : « On est privilégiés en tant que seniors : on a beaucoup reçu durant notre vie ; désormais on donne ».

Laborantin-e-s d’un jour

A l’issue d’un repas aux conversations joyeusement animées, la grande troupe s’est dirigée vers L’éprouvette, le laboratoire public de l’UNIL. Deux ateliers sur la mémoire et le goût s’y sont déroulés, entre démonstrations scientifiques et activités ludiques. En parallèle, les bénévoles de Connaissance 3 ont ainsi appris où se situait l’hypophyse, et comment duper son sens du goût ; expérimenté des techniques pour stimuler une activité cérébrale…ou une activité des papilles !

Un grand merci

Connaissance 3 tient à remercier vivement l’UNIL, tout particulièrement sa représentante au Conseil de fondation, Nathalie Pichard, pour l’organisation parfaite de cette journée, ainsi que toute l’équipe de L’éprouvette. Sous la houlette de Delphine Ducoulombier, Harmonie Dehaene, Cécile Ben Jenia et Marie-Laure Notter ont animé ces ateliers avec enthousiasme et savoir-faire. Nous les en remercions ici chaleureusement.

Enfin, Connaissance 3 adresse également ses cordiaux remerciements à l’ensemble de ses bénévoles qui ont rendu cette journée si intéressante et vivante.

 

Rapport annuel 2017-2018

Quelques extraits de ce rapport qui vient de paraître.

Le rapport complet est disponible en PDF.

2017-2018 en quelques chiffres

  • 116 conférences
  • 22 visites culturelles
  • 44 cours ou séminaires proposés à Lausanne ou Yverdon-les-Bains
  • 18 435 visites sur le site internet entre septembre 2017 et août 2018
  • 1200 adhérents et 8812 participants aux activités (conférences, cours et visites)
  • 107 bénévoles et un secrétariat léger (2.7 EPT salariés dès mai 2018) pour organiser et animer l’ensemble des activités

Vers une loi vaudoise sur la formation continue

La Loi fédérale sur la formation continue (LFCo du 20 juin 2014) omet de mentionner un droit à la formation au-delà des nécessités liées à la vie professionnelle. C’est donc pour pallier ce manque au niveau national que Connaissance 3 s’est engagée, comme d’autres UNI3 dans leurs cantons respectifs, à appeler de ses vœux une base légale cantonale concernant une formation continue plus large et inclusive. Ceci permettrait à la fois de combler un coupable «oubli» dans la loi fédérale et de placer le canton de Vaud à l’avant-garde d’une formation tout au long de la vie qui dépasse le seul slogan et qui prenne réellement en compte la possibilité de se former après la période de vie professionnelle. Il n’est plus imaginable désormais de laisser un cinquième de la population vaudoise (1) en-dehors d’un cadre public de formation continue.

L’an dernier (voir: rapport 2016-2017), nous avions relayé la campagne de sensibilisation On est toujours le vieux de quelqu’un, qui accompagnait le dépôt antérieur (2015) d’une motion des députés Filip Uffer et consorts, demandant une politique de formation continue en faveur des adultes aînés. Le travail parlementaire à ce propos est allé de l’avant pendant la période couverte par le présent rapport et Connaissance 3 a élaboré divers argumentaires et les a tenus à disposition des député-e-s.

La réflexion autour d’une loi cantonale sur la formation continue est désormais d’actualité et Connaissance 3 sera présente parmi les partenaires invités aux débats par le département de Madame Amarelle, la nouvelle Conseillère d’Etat en charge de la formation.

(1) Portrait des seniors, Numerus, courrier statistique, octobre 2014.

Mieux servir nos bénévoles

Développer les activités, augmenter le nombre de participant-e-s, améliorer notre visibilité, s’investir dans la recherche-action et intervenir dans le débat public autour du vieillissement sont autant de «missions» que Connaissance 3 s’est données dans son programme stratégique 2016- 2021: nous avançons dans ce sens avec un dynamisme passionnant!

Cependant, maintenir la qualité de nos prestations et surtout offrir à celles et ceux qui les conçoivent – nos seniors bénévoles – les meilleures conditions possibles pour leur engagement créatif demandait une ressource complémentaire au secrétariat. Depuis le 1er mai 2018, nous avons donc le grand plaisir d’accueillir Maxime Gindroz en qualité d’adjoint à la secrétaire générale pour la programmation des activités et la coordination des bénévoles à 60%.

La parole à… Françoise Thévenaz, bénévole

« Proposer des découvertes à des adultes m’a longtemps intéressée, en complément à mon travail d’enseignante. Je suis donc «tombée dans la marmite» de Connaissance 3 une année avant de prendre ma retraite. Roland Campiche, le président de l’époque, que je connaissais, m’avait demandé de reprendre le groupe du Chablais (…). Comme celle d’Obélix, cette «marmite» s’est révélée contenir une potion magique, qui nous a stimulés à ouvrir nos yeux et nos oreilles, à être attentifs au monde pour proposer au public chablaisan des saisons de conférences attractives et en phase avec notre époque. (…)

Pour compléter mon engagement à Connaissance 3, j’ai eu envie, suite à des conférences qui en fournissaient l’occasion, de préparer et de
conduire des visites culturelles (…). J’ai également eu la chance d’entrer au Conseil de fondation, ce qui m’a permis de voir d’en haut l’ampleur et la richesse de cette institution qui n’arrête pas de se renouveler et d’innover.

Dans chacune de ces activités, j’ai rencontré des seniors dynamiques, passionnés et curieux. Aussi, je ne me suis pas sentie vieillir durant les bientôt quatorze années que j’ai vécu avec Connaissance 3! »

Le rapport complet est disponible en PDF.

Recherche-action: «Seniors et citoyens» – 3

Le rapport final de notre recherche-action est désormais disponible ici (PDF). Kaj Noschis, notre chef de projet, l’a présenté le 27 novembre lors du colloque de la Fondation Leenaards qui traitait de l’engagement et du rôle social des seniors: une thématique qui nous tient tout particulièrement à coeur. Notre président, Roger Darioli, était quant à lui parmi les invités du panel de la table ronde autour de la question : L’engagement social des seniors est-il la principale clé du bien vieillir?


Voir aussi:

Journée des bénévoles 2018

Chaque année, Connaissance 3 convie ses bénévoles à une journée qui leur est consacrée. Une occasion de rencontres et de partages, mais aussi de formation continue!

La journée des bénévoles, organisée le 7 juin dernier, a démarré en beauté dans le très moderne Bâtiment des communications de l’EPFL. Les personnes présentes, une quarantaine de nos bénévoles issus de toutes les régions du canton de Vaud, se sont réjouis de cette occasion de passer un moment ensemble, mais aussi de bénéficier de formation et d’information, d’une part au travers de l’atelier du matin organisé en interne, d’autre part grâce à la présentation des recherches en robotique et intelligence artificielle des professeurs Hannes Bleuler et Aude Billard (EPFL).

Facebook, réseau social et formidable outil de communication

L’atelier du matin a été consacré aux réseaux sociaux et plus spécifiquement à Facebook. Muriel Sudano, chargée d’information à Connaissance 3, et Antony Richard, en charge avec elle de la mise en place de la présence de l’Uni3 vaudoise sur les réseaux sociaux, ont expliqué les tenants et les aboutissants d’une communication sur ce type de médias.

Les bénévoles de Connaissance 3, dont une partie est déjà présente sur Facebook, ont participé avec enthousiasme à cette matinée en posant des questions, en rebondissant sur certains aspects ou en faisant des propositions. Ces seniors, qui ont l’habitude de se tenir au fait de l’actualité, n’ont pas manqué de suivre les développements récents de «l’affaire Zuckerberg» et des scandales liés à la vente des données personnelles des utilisateurs, ce qui a également alimenté la discussion; il a été rappelé l’importance d’être prudent avec ce que l’on partage sur les réseaux et avec qui.

Visites des laboratoires spécialisés en robotique

Après un dîner apprécié au restaurant «Le Parmentier», la troupe s’est dirigée vers un auditoire pour profiter d’une présentation de la Professeure Aude Billard, cheffe des Laboratoires d’algorithmes et systèmes d’apprentissage (LASA) qui travaillent sur l’intelligence artificielle. Son intervention a été suivie de celle du Professeur Hannes Bleuler, chef du Laboratoire des systèmes robotiques (LSRO) et représentant de l’EPFL au sein du conseil de fondation de Connaissance 3. Ce spécialiste en robotique a présenté les nombreux projets sur lesquels travaille son laboratoire, en mettant une certaine emphase sur les applications dans la médecine et la chirurgie actuelle. La journée s’est conclue par une visite des laboratoires, où les assistants et doctorants ont expliqué et présenté plus concrètement le fruit de leurs travaux aux bénévoles bouche bée par les merveilles et la minutie de ces machines.

Un grand merci!

La fondation Connaissance 3 remercie chaleureusement l’EPFL qui nous a reçus dans ses murs, en particulier le Pr Bleuler, la Pr Billard et leurs assistants et doctorants pour leur enthousiasme à transmettre leurs connaissances.

Nos remerciements vont aussi à notre équipe de bénévoles grâce à qui Connaissance 3? peut proposer un riche programme d’activités.

 

Recherche-action: «Seniors et citoyens» – 2

Fin des ateliers, le travail d’analyse commence

Les ateliers de la recherche-action «Seniors, acteurs de l’espace public et citoyens à part entière» se sont terminés le 8 mai par une rencontre entre les six groupes constitués pour les discussions. Ce troisième atelier en plénière a été l’occasion d’un bilan avec les participant-e-s.

Financée par la Fondation Leenaards et menée par Dr Kaj Noschis, chercheur associé du Laboratoire de sociologie urbaine (LASUR) de l’EPFL, la recherche-action «Seniors, acteurs de l’espace public et citoyens à part entière» s’est fixé comme objectif de comprendre et d’analyser comment les participant-e-s construisaient leur être citoyen, notamment en fonction de leur lieu de résidence.

30 retraités ont participé en petits groupes à des ateliers organisés entre octobre 2017 et avril 2018. Il s’agissait notamment de suivre, sur une durée de plusieurs mois, comment des groupes de seniors prenaient leur place dans l’espace public et s’estimaient reconnus par les autres. Il convenait également d’examiner si la «grande» ville (Lausanne), avec plus d’opportunités et d’accessibilités, générait un rapport différent à l’espace public que la «petite» ville (Payerne et autres localités vaudoise). Sur ce point, les données de la recherche indiquent que même les centres d’habitation de moindre envergure offrent nombre d’opportunités pour que les seniors puissent y exercer des engagements de groupe et de bénévolat.

Les données de l’étude portent sur la transcription des discussions menées lors des ateliers, les fiches remplies durant ces derniers et le «journal de bord» tenu entre les deux ateliers par chaque participant-e sur 1 à 3 de leurs activités ou engagements. Le Dr Noschis en a extrait trois thématiques:

  • Se sentir citoyen en tant que senior
  • Etre dans la société en tant que senior
  • Doléances et demandes de seniors

Se sentir citoyen

«Voter est une première façon de se sentir citoyen, relève le chercheur. Tous les seniors qui ont pris part à la recherche exercent leur droit de vote, se renseignent, suivent les débats et discutent des sujets de votations. Plusieurs participant-e-s ont souligné l’importance de manifester leur voix, de participer et de faire savoir que les seniors sont encore bien là.»

Toutes et tous étaient d’accord pour dire qu’il y avait d’autres façons de se sentir citoyen: dans l’espace public par le truchement d’activités de groupe, de l’engagement associatif ou bénévole ou encore par la participation à la vie culturelle; dans l’espace privé en se tenant au courant de ce qui se passe dans le monde, en restant connectés. De telles activités avec et dans la communauté sont constitutives du sentiment d’être citoyens à part entière.

Etre dans la société

«Tous les participants aux ateliers ont des activités par lesquelles ils participent à la société. Ils sont dans l’espace public», note Kaj Noschis. 85% d’entre eux ont des activités de groupe ou des activités associatives; 67% exercent une activité bénévole, parfois même plusieurs fois par semaine; 52% consacrent en tout cas un jour par semaine à la famille.

«Nos données sur les activités de groupe, associatives et le bénévolat viennent alimenter un débat très actuel sur l’entraide, souligne le chercheur: un point de vue défend l’idée que l’homme est naturellement égoïste, l’autre qu’il est naturellement altruiste. Nos données appuient clairement cette seconde vue: personne parmi les participant-e-s à l’étude ne présente ses choix de bénévolat, d’activité associative ou de soutien à la famille/amis comme un «devoir moral». Au contraire, c’est plutôt une évidence, qui donne aussi du sens à la vie.»

Doléances et demandes de seniors

Les principales doléances exprimées par les participant-e-s portent sur l’espace urbain (manque de propreté ou d’entretien), l’incivilité ou encore sur les difficultés rencontrées dans les transports publics ou pour accéder à certains lieux. Ils regrettent également le manque de possibilité de proposer des améliorations.

Kaj Noschis note enfin le souhait des participant-e-s de poursuivre des ateliers «seniors et citoyens», ainsi que leur intérêt à pouvoir disposer d’un forum où amener des propositions, les discuter et les relayer auprès des pouvoirs politiques. Le rapport aboutira à une proposition concrète pour un tel forum.

L’analyse complète des données collectées est désormais en cours et un rapport sera établi par le Dr Kaj Noschis durant les prochains mois.

Voir aussi:

Regards jeunes sur le vieillissement: une belle soirée!

Pour fêter le 20e anniversaire de sa constitution en fondation indépendante, Connaissance 3 a choisi un cadeau qui se partage: une collaboration avec le Département cinéma de l’ECAL pour la création de courts-métrages sur la thématique du vieillissement et de la transmission des savoirs. Ces films ont été diffusés en public le 26 avril 2018.

Quelque 450 personnes sont venues remplir la salle Paderewski du Casino de Montbenon à Lausanne pour découvrir les onze courts-métrages des étudiant-e-s de l’ECAL. La soirée fut un succès et les films ont reçus un très bon accueil. Grégoire Junod, syndic de Lausanne, et Lionel Baier, réalisateur et directeur du Département cinéma de l’ECAL, ont inauguré la soirée, en remerciant le public et en rappelant le pourquoi de ce projet intergénérationnel, fruit d’une collaboration entre Connaissance 3 et l’ECAL.

Témoignages de spectateurs

« Vous pouvez être fiers et heureux d’avoir osé et réussi ce pari: c’était un moment magnifique, riche et plein d’enseignements.
La diversité des films a bien sûr prouvé le talent et la créativité des jeunes cinéastes, mis en lumière leur bienveillance parfois étonnée à l’égard des seniors, mais toujours fraîche à l’image de leur jeunesse. Je suis rentrée avec quelques questions qui vont m’accompagner un bout de temps et remplie du plaisir d’avoir vécu un moment fort. » – Eliane F.

« Toutes mes félicitations. C’était rigolo, décalé, poétique et très imaginatif. J’ai beaucoup apprécié La Caricia avec ses images oniriques, Les indociles avec leur passion théâtrale et Sauvage avec son carnard à l’orange! J’ai apprécié aussi la douceur de A l’écart et le guide de La Visite. Comme quoi ces d’jeuns ont du talent! » – Marylou Rey, rédactrice en cheffe de Reiso

« Un immense bravo pour la fête des 20 ans! Un plein succès, de l’enthousiasme, beaucoup de cœur et de sensibilité. » – Jean-Marie B.

« Un grand merci et toutes mes félicitations pour la journée du jeudi 26 avril à Lausanne. Et quelle bonne idée d’encourager ces jeunes étudiants en cinéma. » – Jean-Marc L.

Galerie d’images

Communiqué de presse (PDF) | Dossier de presse (PDF)

Discours de Danièle Küng, vice-présidente (PDF) | Historique de Connaissance 3 (flyer PDF)

Emission « Diversité », La Télé Vaud-Fribourg, 25 mai 2018

Les onze films réalisés peuvent être visionnés sur notre chaîne YouTube, dans la playlist « Regards jeunes sur le vieillissement ».

Seniors et acteurs d’un jour…

A l’occasion de ses 20 ans en tant que fondation indépendante, Connaissance 3 a initié un projet avec l’ECAL, pour la création de courts-métrages traitant du vieillissement, de la transmission des savoirs et de la formation tout au long de la vie (projection le 26 avril). Elle a souhaité impliquer ses membres dans ce projet et quelques-uns d’entre eux ont été retenus pour jouer dans l’un ou l’autre film. Témoignages.

«Vous avez lancé un message magnifique en voulant faire se rencontrer deux générations!»

Dominique, adhérente à Connaissance 3 depuis la saison 2014-2015
Rôle féminin principal dans le film de Natasha De Grandi

Que du bonheur! Dominique est enchantée par cette belle expérience avec l’ECAL. Sa rencontre avec la jeune réalisatrice Natasha De Grandi s’est faite par hasard, après la conférence donnée par Lionel Baier. Entre les deux femmes, le courant a tout de suite bien passé. «J’ai eu un très bon contact avec Natasha De Grandi, souligne Dominique. Je me souviens de ces mots de Lionel Baier: il faut aimer vos acteurs. Et c’était vraiment ça! Natasha a été adorable avec tous! Au moment du tournage, en janvier, j’avais le coude cassé et j’ai voulu renoncer au rôle, car jouer avec un plâtre me semblait peu adéquat. Mais la jeune réalisatrice n’a pas souhaité changer d’actrice; elle voulait tourner avec moi. Elle a été tellement gentille avec tout le monde, c’est ce qui m’a motivé à tout donner! Et puis, c’est merveilleux d’être en contact avec des jeunes; c’est un beau cadeau. Le tournage était extrêmement long (il a débuté en soirée pour finir au petit matin); mais l’enthousiasme, la passion de la jeunesse, cela nous réanime! Vous avez lancé un message magnifique en voulant faire se rencontrer deux générations!»

Dominique n’a pas seulement joué dans le film de Natasha De Grandi, elle a aussi très volontiers prêté son appartement pour qu’on y tourne certaines des scènes. Il faut dire que cette Lausannoise se passionne pour le cinéma, le théâtre et le monde artistique en général; elle a d’ailleurs suivi des cours avec la Section cinéma de l’UNIL, en tant qu’auditrice libre. Jusque-là, Dominique n’avait pas eu l’occasion de découvrir cet univers de l’intérieur. «Vous m’avez offert cette possibilité et je suis reconnaissante d’avoir pu faire cela dans cette vie, conclut-elle. Je n’ai rien vu du film encore, mais le résultat n’est pas important; c’est l’expérience qui l’est. Et je le refais quand vous voulez!»

«Une belle découverte»

François, bénévole, comité Connaissance 3 – Riviera
Rôle principal dans le film de Nikita Merlini

Ce qui a motivé François à participer à ce projet, c’est «la curiosité et l’envie de montrer quelque chose qui mette en lumière le travail des retraités», raconte ce médecin à la retraite dont la seule expérience d’acteur fut celle du premier rôle dans la pièce de Shakespeare, Beaucoup de bruit pour rien, jouée au gymnase lorsqu’il avait 18 ans. Son rôle dans la fiction de Nikita Merlini est pratiquement du sur-mesure, puisque son activité de guide bénévole au château de Chillon jusqu’en septembre dernier, a inspiré le scénario du jeune réalisateur de l’ECAL. Un scénario que notre bénévole-acteur se réjouit de découvrir à l’écran. «Les scènes sont jouées de façon décousues et c’est difficile de s’imaginer ce que ça va donner, explique-t-il, notamment cette longue scène où je suis devant une fenêtre, et qu’il a fallu refaire plein de fois pour que le réalisateur saisisse la lumière comme il le voulait et parvienne au cadrage qu’il avait en tête…»

L’attente, les temps morts entre les différentes scènes à jouer et rejouer encore… Pour notre acteur en herbe, c’est le côté le plus difficile de ce tournage de presque deux jours, dans le prieuré de Romainmôtier. Le froid aussi. «Avec la neige, c’était très romantique, relève
François, mais on s’est pelé de froid!» Ce dernier n’a, par contre, eu aucun problème à jouer les scènes, même s’il reconnaît volontiers que son expérience de guide et la grande liberté de texte qui lui a été laissée lui ont facilité la tâche.

De l’appréhension à se voir à l’écran, notre bénévole n’en a pas. «Je sais depuis longtemps que je ne suis pas George Clooney. Et puis je suis allé chez le coiffeur (rires)!», s’exclame notre senior au crâne dégarni, car de l’humour, François en a beaucoup et c’est ce qui lui a sans doute le plus manqué dans cette expérience avec l’ECAL. «C’est vrai que j’aurais préféré que le film soit plus drôle, confie-t-il. Quand j’étais guide à Chillon, j’aimais bien faire un peu d’humour; là, le scénario est plus contemplatif, presque un peu torturé. Mais globalement, ça m’a beaucoup plu de découvrir de près comment on fait un film. C’est une belle découverte!»

«J’apprendrai jusqu’à mon dernier souffle!»

Brigitte, bénévole à l’accueil des conférences de Lausanne
Petit rôle dans le film de Lou-Théa Papaloïzos

«L’art, c’est dans mes gènes!», répond du tac au tac Brigitte, lorsqu’on l’interroge sur ses motivations à se mettre à disposition des étudiant-e-s de l’ECAL et à accepter un rôle secondaire dans le film de Lou-Théa Papaloïzos, tourné dans un EMS en région genevoise. Fille de photographe, diplômée entre autre en histoire de l’art, auteure, pédagogue retraitée et curieuse de tout, cette femme de 75 ans a travaillé avec des enfants dans une école de théâtre: elle y a fait de la mise en scène, des chorégraphies et de nombreuses vidéos. Cette fois, elle a passé devant la caméra: une grande première! «C’était le dernier moment d’essayer, confie-t-elle. Depuis mes 18 ans, j’ai toujours voulu tout faire et j’en ai essayé des choses, même piloter un avion! J’apprendrai jusqu’à mon dernier souffle; la culture, c’est ce qui m’a relevée, il y a deux ans, après deux opérations du dos.»

Brigitte confie volontiers son intérêt pour les aspects techniques du tournage auquel elle a participé; elle relève notamment l’implication des jeunes techniciens, preneurs de son, caméraman (ndlr: les étudiants de l’ECAL ne sont pas seulement en charge de la réalisation de leur propre film, mais ils sont également impliqués sur les tournages de leurs camarades) et leurs interactions avec la réalisatrice ou les acteurs. Elle se réjouit bien sûr de découvrir le film dont le scénario, selon ses dires, a passablement évolué au fil du temps, mais aussi de voir les scènes jouées par l’un des acteurs principaux dont elle a apprécié l’humour et les talents d’improvisateur. L’histoire se passe dans une maison de retraite; cela en aurait gêné certains, pas Brigitte. «C’était plutôt drôle de jouer en EMS; mais bien sûr je n’aimerais pas devoir y aller! Durant le tournage, j’ai été confrontée à la vision que les jeunes ont de la vieillesse: une personne du staff a notamment parlé de notre génération en utilisant le mot vieux; cela m’a choquée, je préfère qu’on dise senior. On ne se sent pas vieillir, conclut-elle, c’est notre corps qui nous le dit.»

[Extrait du dossier de presse présentant l’événement du 26 avril]