Catégorie : Actualités

Les dernières informations en provenance de Connaissance 3

Recherche-action: « Seniors et citoyens » – 2

Fin des ateliers, le travail d’analyse commence

Les ateliers de la recherche-action «Seniors, acteurs de l’espace public et citoyens à part entière» se sont terminés le 8 mai par une rencontre entre les six groupes constitués pour les discussions. Ce troisième atelier en plénière a été l’occasion d’un bilan avec les participant-e-s.

Financée par la Fondation Leenaards et menée par Dr Kaj Noschis, chercheur associé du Laboratoire de sociologie urbaine (LASUR) de l’EPFL, la recherche-action «Seniors, acteurs de l’espace public et citoyens à part entière» s’est fixé comme objectif de comprendre et d’analyser comment les participant-e-s construisaient leur être citoyen, notamment en fonction de leur lieu de résidence.

30 retraités ont participé en petits groupes à des ateliers organisés entre octobre 2017 et avril 2018. Il s’agissait notamment de suivre, sur une durée de plusieurs mois, comment des groupes de seniors prenaient leur place dans l’espace public et s’estimaient reconnus par les autres. Il convenait également d’examiner si la «grande» ville (Lausanne), avec plus d’opportunités et d’accessibilités, générait un rapport différent à l’espace public que la «petite» ville (Payerne et autres localités vaudoise). Sur ce point, les données de la recherche indiquent que même les centres d’habitation de moindre envergure offrent nombre d’opportunités pour que les seniors puissent y exercer des engagements de groupe et de bénévolat.

Les données de l’étude portent sur la transcription des discussions menées lors des ateliers, les fiches remplies durant ces derniers et le «journal de bord» tenu entre les deux ateliers par chaque participant-e sur 1 à 3 de leurs activités ou engagements. Le Dr Noschis en a extrait trois thématiques:

  • Se sentir citoyen en tant que senior
  • Etre dans la société en tant que senior
  • Doléances et demandes de seniors

Se sentir citoyen

«Voter est une première façon de se sentir citoyen, relève le chercheur. Tous les seniors qui ont pris part à la recherche exercent leur droit de vote, se renseignent, suivent les débats et discutent des sujets de votations. Plusieurs participant-e-s ont souligné l’importance de manifester leur voix, de participer et de faire savoir que les seniors sont encore bien là.»

Toutes et tous étaient d’accord pour dire qu’il y avait d’autres façons de se sentir citoyen: dans l’espace public par le truchement d’activités de groupe, de l’engagement associatif ou bénévole ou encore par la participation à la vie culturelle; dans l’espace privé en se tenant au courant de ce qui se passe dans le monde, en restant connectés. De telles activités avec et dans la communauté sont constitutives du sentiment d’être citoyens à part entière.

Etre dans la société

«Tous les participants aux ateliers ont des activités par lesquelles ils participent à la société. Ils sont dans l’espace public», note Kaj Noschis. 85% d’entre eux ont des activités de groupe ou des activités associatives; 67% exercent une activité bénévole, parfois même plusieurs fois par semaine; 52% consacrent en tout cas un jour par semaine à la famille.

«Nos données sur les activités de groupe, associatives et le bénévolat viennent alimenter un débat très actuel sur l’entraide, souligne le chercheur: un point de vue défend l’idée que l’homme est naturellement égoïste, l’autre qu’il est naturellement altruiste. Nos données appuient clairement cette seconde vue: personne parmi les participant-e-s à l’étude ne présente ses choix de bénévolat, d’activité associative ou de soutien à la famille/amis comme un «devoir moral». Au contraire, c’est plutôt une évidence, qui donne aussi du sens à la vie.»

Doléances et demandes de seniors

Les principales doléances exprimées par les participant-e-s portent sur l’espace urbain (manque de propreté ou d’entretien), l’incivilité ou encore sur les difficultés rencontrées dans les transports publics ou pour accéder à certains lieux. Ils regrettent également le manque de possibilité de proposer des améliorations.

Kaj Noschis note enfin le souhait des participant-e-s de poursuivre des ateliers «seniors et citoyens», ainsi que leur intérêt à pouvoir disposer d’un forum où amener des propositions, les discuter et les relayer auprès des pouvoirs politiques. Le rapport aboutira à une proposition concrète pour un tel forum.

L’analyse complète des données collectées est désormais en cours et un rapport sera établi par le Dr Kaj Noschis durant les prochains mois.


Voir aussi:

Regards jeunes sur le vieillissement: une belle soirée!

Pour fêter le 20e anniversaire de sa constitution en fondation indépendante, Connaissance 3 a choisi un cadeau qui se partage: une collaboration avec le Département cinéma de l’ECAL pour la création de courts-métrages sur la thématique du vieillissement et de la transmission des savoirs. Ces films ont été diffusés en public le 26 avril 2018.

Quelque 450 personnes sont venues remplir la salle Paderewski du Casino de Montbenon à Lausanne pour découvrir les onze courts-métrages des étudiant-e-s de l’ECAL. La soirée fut un succès et les films ont reçus un très bon accueil. Grégoire Junod, syndic de Lausanne, et Lionel Baier, réalisateur et directeur du Département cinéma de l’ECAL, ont inauguré la soirée, en remerciant le public et en rappelant le pourquoi de ce projet intergénérationnel, fruit d’une collaboration entre Connaissance 3 et l’ECAL.

« Vous pouvez être fiers et heureux d’avoir osé et réussi ce pari: c’était un moment magnifique, riche et plein d’enseignements.
La diversité des films a bien sûr prouvé le talent et la créativité des jeunes cinéastes, mis en lumière leur bienveillance parfois étonnée à l’égard des seniors, mais toujours fraîche à l’image de leur jeunesse. Je suis rentrée avec quelques questions qui vont m’accompagner un bout de temps et remplie du plaisir d’avoir vécu un moment fort. » – Eliane F.

« Toutes mes félicitations. C’était rigolo, décalé, poétique et très imaginatif. J’ai beaucoup apprécié La Caricia avec ses images oniriques, Les indociles avec leur passion théâtrale et Sauvage avec son carnard à l’orange! J’ai apprécié aussi la douceur de A l’écart et le guide de La Visite. Comme quoi ces d’jeuns ont du talent! » – Marylou Rey, rédactrice en cheffe de Reiso

« Un immense bravo pour la fête des 20 ans! Un plein succès, de l’enthousiasme, beaucoup de cœur et de sensibilité. » – Jean-Marie B.

« Un grand merci et toutes mes félicitations pour la journée du jeudi 26 avril à Lausanne. Et quelle bonne idée d’encourager ces jeunes étudiants en cinéma. » – Jean-Marc L.

Pour nous donner votre avis sur les films, écrivez-nous à: info[a]connaissance3.ch

Communiqué de presse (PDF) | Dossier de presse (PDF)

Seniors et acteurs d’un jour…

A l’occasion de ses 20 ans en tant que fondation indépendante, Connaissance 3 a initié un projet avec l’ECAL, pour la création de courts-métrages traitant du vieillissement, de la transmission des savoirs et de la formation tout au long de la vie (projection le 26 avril). Elle a souhaité impliquer ses membres dans ce projet et quelques-uns d’entre eux ont été retenus pour jouer dans l’un ou l’autre film. Témoignages.

«Vous avez lancé un message magnifique en voulant faire se rencontrer deux générations!»

Dominique, adhérente à Connaissance 3 depuis la saison 2014-2015
Rôle féminin principal dans le film de Natasha De Grandi

Que du bonheur! Dominique est enchantée par cette belle expérience avec l’ECAL. Sa rencontre avec la jeune réalisatrice Natasha De Grandi s’est faite par hasard, après la conférence donnée par Lionel Baier. Entre les deux femmes, le courant a tout de suite bien passé. «J’ai eu un très bon contact avec Natasha De Grandi, souligne Dominique. Je me souviens de ces mots de Lionel Baier: il faut aimer vos acteurs. Et c’était vraiment ça! Natasha a été adorable avec tous! Au moment du tournage, en janvier, j’avais le coude cassé et j’ai voulu renoncer au rôle, car jouer avec un plâtre me semblait peu adéquat. Mais la jeune réalisatrice n’a pas souhaité changer d’actrice; elle voulait tourner avec moi. Elle a été tellement gentille avec tout le monde, c’est ce qui m’a motivé à tout donner! Et puis, c’est merveilleux d’être en contact avec des jeunes; c’est un beau cadeau. Le tournage était extrêmement long (il a débuté en soirée pour finir au petit matin); mais l’enthousiasme, la passion de la jeunesse, cela nous réanime! Vous avez lancé un message magnifique en voulant faire se rencontrer deux générations!»

Dominique n’a pas seulement joué dans le film de Natasha De Grandi, elle a aussi très volontiers prêté son appartement pour qu’on y tourne certaines des scènes. Il faut dire que cette Lausannoise se passionne pour le cinéma, le théâtre et le monde artistique en général; elle a d’ailleurs suivi des cours avec la Section cinéma de l’UNIL, en tant qu’auditrice libre. Jusque-là, Dominique n’avait pas eu l’occasion de découvrir cet univers de l’intérieur. «Vous m’avez offert cette possibilité et je suis reconnaissante d’avoir pu faire cela dans cette vie, conclut-elle. Je n’ai rien vu du film encore, mais le résultat n’est pas important; c’est l’expérience qui l’est. Et je le refais quand vous voulez!»

«Une belle découverte»

François, bénévole, comité Connaissance 3 – Riviera
Rôle principal dans le film de Nikita Merlini

Ce qui a motivé François à participer à ce projet, c’est «la curiosité et l’envie de montrer quelque chose qui mette en lumière le travail des retraités», raconte ce médecin à la retraite dont la seule expérience d’acteur fut celle du premier rôle dans la pièce de Shakespeare, Beaucoup de bruit pour rien, jouée au gymnase lorsqu’il avait 18 ans. Son rôle dans la fiction de Nikita Merlini est pratiquement du sur-mesure, puisque son activité de guide bénévole au château de Chillon jusqu’en septembre dernier, a inspiré le scénario du jeune réalisateur de l’ECAL. Un scénario que notre bénévole-acteur se réjouit de découvrir à l’écran. «Les scènes sont jouées de façon décousues et c’est difficile de s’imaginer ce que ça va donner, explique-t-il, notamment cette longue scène où je suis devant une fenêtre, et qu’il a fallu refaire plein de fois pour que le réalisateur saisisse la lumière comme il le voulait et parvienne au cadrage qu’il avait en tête…»

L’attente, les temps morts entre les différentes scènes à jouer et rejouer encore… Pour notre acteur en herbe, c’est le côté le plus difficile de ce tournage de presque deux jours, dans le prieuré de Romainmôtier. Le froid aussi. «Avec la neige, c’était très romantique, relève
François, mais on s’est pelé de froid!» Ce dernier n’a, par contre, eu aucun problème à jouer les scènes, même s’il reconnaît volontiers que son expérience de guide et la grande liberté de texte qui lui a été laissée lui ont facilité la tâche.

De l’appréhension à se voir à l’écran, notre bénévole n’en a pas. «Je sais depuis longtemps que je ne suis pas George Clooney. Et puis je suis allé chez le coiffeur (rires)!», s’exclame notre senior au crâne dégarni, car de l’humour, François en a beaucoup et c’est ce qui lui a sans doute le plus manqué dans cette expérience avec l’ECAL. «C’est vrai que j’aurais préféré que le film soit plus drôle, confie-t-il. Quand j’étais guide à Chillon, j’aimais bien faire un peu d’humour; là, le scénario est plus contemplatif, presque un peu torturé. Mais globalement, ça m’a beaucoup plu de découvrir de près comment on fait un film. C’est une belle découverte!»

«J’apprendrai jusqu’à mon dernier souffle!»

Brigitte, bénévole à l’accueil des conférences de Lausanne
Petit rôle dans le film de Lou-Théa Papaloïzos

«L’art, c’est dans mes gènes!», répond du tac au tac Brigitte, lorsqu’on l’interroge sur ses motivations à se mettre à disposition des étudiant-e-s de l’ECAL et à accepter un rôle secondaire dans le film de Lou-Théa Papaloïzos, tourné dans un EMS en région genevoise. Fille de photographe, diplômée entre autre en histoire de l’art, auteure, pédagogue retraitée et curieuse de tout, cette femme de 75 ans a travaillé avec des enfants dans une école de théâtre: elle y a fait de la mise en scène, des chorégraphies et de nombreuses vidéos. Cette fois, elle a passé devant la caméra: une grande première! «C’était le dernier moment d’essayer, confie-t-elle. Depuis mes 18 ans, j’ai toujours voulu tout faire et j’en ai essayé des choses, même piloter un avion! J’apprendrai jusqu’à mon dernier souffle; la culture, c’est ce qui m’a relevée, il y a deux ans, après deux opérations du dos.»

Brigitte confie volontiers son intérêt pour les aspects techniques du tournage auquel elle a participé; elle relève notamment l’implication des jeunes techniciens, preneurs de son, caméraman (ndlr: les étudiants de l’ECAL ne sont pas seulement en charge de la réalisation de leur propre film, mais ils sont également impliqués sur les tournages de leurs camarades) et leurs interactions avec la réalisatrice ou les acteurs. Elle se réjouit bien sûr de découvrir le film dont le scénario, selon ses dires, a passablement évolué au fil du temps, mais aussi de voir les scènes jouées par l’un des acteurs principaux dont elle a apprécié l’humour et les talents d’improvisateur. L’histoire se passe dans une maison de retraite; cela en aurait gêné certains, pas Brigitte. «C’était plutôt drôle de jouer en EMS; mais bien sûr je n’aimerais pas devoir y aller! Durant le tournage, j’ai été confrontée à la vision que les jeunes ont de la vieillesse: une personne du staff a notamment parlé de notre génération en utilisant le mot vieux; cela m’a choquée, je préfère qu’on dise senior. On ne se sent pas vieillir, conclut-elle, c’est notre corps qui nous le dit.»

[Extrait du dossier de presse présentant l’événement du 26 avril]

 

26 avril: les 20 ans de la fondation

Connaissance 3 fête le 20e anniversaire de sa constitution en fondation indépendante. A cette occasion, elle a choisi un cadeau qui se partage: une collaboration avec le Département cinéma de l’ECAL pour la création de courts métrages, diffusés en public le 26 avril, 18h30. Un apéritif festif suivra.

Regards jeunes sur le vieillissement

Projection des films, jeudi 26 avril, 18h30
Salle Paderewski, Casino de Montbenon, Lausanne
Entrée libre
Ouverture des portes à 17h30
Verrée et festivités à l’issue de la projection


L’Université des seniors vaudoise a choisi de faire confiance aux regards frais de jeunes réalisateurs, en leur donnant une liberté artistique la plus large possible, non pas pour documenter ses activités, mais pour illustrer sa vision, ses missions, ainsi que les thématiques qui lui sont chères: reconnaissance et intégration des seniors dans la société, formation tout au long de la vie, transmission des savoirs. Belle rencontre entre deux institutions s’adressant à des âges différents de la vie, qui pourtant se font écho lorsqu’il s’agit, pour les uns, de démarrer une vie professionnelle et, pour les autres, de réussir la transition vers une vie sans profession.
Patricia Dubois, Connaissance 3

«Osez le décalé, le poétique, l’inattendu!», telle fut en début de semestre l’injonction de Connaissance 3, à l’attention de la classe de 1re année du Département cinéma de l’ECAL qui prenait en charge le mandat de l’Université des seniors. Un tel encouragement a ouvert sur la comédie musicale, la science-fiction, l’absurde et le tragi-comique, autant de genres que les étudiants ont pris à bras-le-corps pour raconter leurs histoires générationnelles. Le portrait intimiste et le documentaire ne sont pas en reste non plus. A l’heure où ces lignes s’écrivent, ils sont tout de fébrilité, d’ardeur au travail, d’espoirs et d’angoisses: ils tournent! Souhaitons-leur ces «papillons dans l’estomac» tout au long de leur carrière, car il n’y a pas d’autre manière valable de faire des films.
Richard Szotyori, enseignant à l’ECAL

Télécharger le flyer (PDF)

Communiqué de presse (PDF)

Dossier de presse (PDF)

 

Connaissance 3 sur les réseaux sociaux

Pour augmenter la visibilité de ses activités et atteindre un nouveau public, Connaissance 3 se lance sur les réseaux sociaux, en particulier sur Facebook.

Une première enquête d’intérêt pour une présence de la fondation sur ce média social avait été réalisée en 2015, mais le projet n’était pas mûr. Conformément à son plan stratégique, Connaissance 3 a aujourd’hui décidé de le relancer. Grâce à la présence d’octobre à fin janvier et l’expertise d’un civiliste, Anthony Richard, actif sur les réseaux sociaux pour plusieurs mouvements associatifs dont il est membre, nous avons aujourd’hui mis en place de notre nouvelle page Facebook.

La présence de Connaissance 3 sur les réseaux sociaux ne remplace en rien le site internet, qui continuera à jouer le même rôle qu’aujourd’hui: présentation du programme, informations sur celui-ci, inscriptions en ligne, actualités de la fondation et de notre réseau. Mais avec Facebook, nous espérons rejoindre le public différemment, en proposant des contenus spécifiques et adaptés aux médias sociaux, en créant plus de lien, en relayant plus d’informations, notamment de nos partenaires, autour et sur les thématiques qui nous préoccupent, et en offrant une possibilité d’interaction.

Nous vous invitons dès lors à nous suivre sur Facebook, et bien sûr, si vous le souhaitez, à partager ou commenter nos publications!

Nous espérons que nos contenus éveilleront votre curiosité et susciteront votre intérêt. Nos publications s’enrichiront au fil des mois et notre stratégie s’affinera également durant le semestre. Merci de nous suivre!

Seniors 2.0

Les statistiques nous apprennent qu’en Suisse environ 35% des plus de 65 ans sont actifs sur les réseaux sociaux, en premier lieu sur Facebook, Twitter et Google+. Ces nouvelles habitudes de vie font des médias sociaux une clé pour améliorer l’engagement et la communication avec le public senior, et bien sûr également avec nos partenaires.

Par ce projet, Connaissance 3 – qui est la première Uni3 suisse à se lancer sur ce type de plateforme – souhaite également souligner son rôle de pôle de compétences sur les questions liées au vieillissement. Ainsi, notre page Facebook s’adresse à toutes les personnes intéressées par les activités et la vie de Connaissance 3, mais aussi par la formation continue tout au long de la vie ou encore par les questions relatives au vieillissement de la population.

Recherche-action: « Seniors et citoyens » – 1

Retour sur les premiers ateliers

Les premiers ateliers de discussion de la recherche-action «Seniors, acteurs de l’espace public et citoyens à part entière» viennent de se terminer. Le Dr Kaj Noschis chercheur associé du Laboratoire de sociologie urbaine (LASUR) de l’EPFL fait le bilan de ces rencontres.

L’hypothèse de la recherche était que le sentiment du senior d’être citoyen à part entière est directement corrélé avec l’exercice de ses propres compétences: plus on exerce ses compétences, plus on a sa place dans l’espace public et plus on se sent citoyen à part entière. Cette hypothèse de départ a été recadrée, car l’échantillon de population recruté pour la recherche via le réseau de Connaissance 3 ne comporte pratiquement que des personnes qui d’emblée se considèrent comme des citoyens à part entière. «La recherche ne peut donc pas strictement s’atteler à valider l’hypothèse de la recherche, note le Dr Noschis, mais elle explore comment les participant-e-s construisent leur être citoyen, notamment en fonction de leur lieu de résidence.» Pour cela, il s’agit de suivre, sur une durée de plusieurs mois, comment des groupes de seniors, à Lausanne et à Payerne, prennent leur place dans l’espace public et s’estiment reconnus par les autres. Dans ce contexte, il convient également d’examiner si la «grande» ville, avec plus d’opportunités et d’accessibilités, génère un rapport différent à l’espace public par rapport à la «petite» ville.

Début d’analyse

Chaque atelier a débuté par un «tour de table», où les participant-e-s (au total 36) répondaient à quelques questions permettant aussi de se présenter. La première question était: «Pourquoi avez-vous voulu participer à cet atelier? Trois raisons se dégagent des réponses:

  • Intérêt pour la collectivité – 40%
  • Curiosité pour le sujet – 35%
  • Désir de connaître de nouvelles personnes dans ce contexte – 25%

«Les seniors participant à l’atelier sont concernés par la collectivité, analyse Kaj Noschis. Ils veulent en savoir plus sur leur être citoyen et sont intéressés à en parler avec d’autres seniors.»

Les ateliers ont ensuite abordé le temps passé à l’extérieur du domicile, les activités principales effectuées hors de chez soi et les espaces publics les plus fréquentés. «Les participant-e-s à l’atelier estiment que se trouver dans les espaces publics de la ville et participer à des réunions, cours, etc. sont des occasions importantes de se sentir citoyens, relève le chercheur. L’analyse va préciser et approfondir ces considérations. Il s’agira également de décrire, définir et mesurer l’exercice de compétences des seniors, la place qu’ils pensent occuper en ville et la reconnaissance des seniors par les autres habitants des villes.»

La suite…

Les prochains ateliers se dérouleront entre janvier et mars 2018. L’analyses de toutes les données se fera entre avril et mai et un rapport final devrait être disponible en juin 2018.


Voir aussi:

Un bénévole de C3 reçoit le Prix Nobel

Jacques Dubochet, co-lauréat du Nobel de chimie

Le responsable du comité bénévoles de la région de Morges, Jacques Dubochet, est sous les feux de la rampe depuis le 4 octobre. Avec deux autres chercheurs, Joachim Frank (USA) et Richard Henderson (GB), le Morgien de 76 ans est récompensé pour ses travaux en cryo-microscopie électronique, une méthode révolutionnaire d’observation des molécules.

Connaissance 3 lui adresse ses félicitations:

Nous félicitons chaleureusement notre responsable du comité Connaissance 3 de Morges, Jacques Dubochet, qui vient d’être récompensé d’un Prix Nobel de chimie avec deux autres chercheurs pour ses travaux sur les biomolécules.

Nous sommes très heureux des honneurs qui commencent à pleuvoir sur toi, cher Jacques, et nous ne pouvions pas manquer de nous y associer! Nous connaissons cependant d’autres facettes de ta personnalité: plein d’humour et d’une modestie à toute épreuve, cette dernière saura te garder à l’abri de toute velléité d’attraper « la grosse tête ». Nous profitons de l’occasion pour faire savoir publiquement combien il te tient à cœur d’œuvrer avec Connaissance 3 pour transmettre le savoir et la connaissance: pour toi, chacune et chacun doit pouvoir accéder à la compréhension de thèmes complexes sans distinction d’âge ni considération de diplômes.
Depuis des années, bien loin des feux de la rampe et comme tes nombreux collègues bénévoles, tu mets généreusement au service de Connaissance 3 à la fois ton expertise, ton large carnet d’adresses et ta personnalité engagée: nous t’en remercions vivement.

Encore BRAVO et à bientôt!

Patricia Dubois, secrétaire générale


A lire notamment dans 24 Heures:

«Jacques Dubochet était notre homme-sandwich lors des élections communales»
Morges | Le nouveau Prix Nobel de chimie est très investi dans sa ville. Conseiller communal socialiste, il est aussi en charge de Connaissance 3, l’Université des seniors.

Dubochet: «La science a été ma raison de vivre»
Distinction | Colauréat du Prix Nobel de chimie, le Vaudois Jacques Dubochet est loué pour ses recherches mais aussi pour sa capacité à dialoguer avec le monde.

Connaissance 3 en partenariat avec l’ECAL

« Il faut s’être beaucoup ennuyé pour être réalisateur »

A l’occasion de ses 20 ans d’existence, la fondation Connaissance 3 s’est approchée de la section cinéma de l’ECAL pour la mise en place d’un projet intergénérationnel commun: la réalisation de courts-métrages sur la thématique du vieillissement et de la formation tout au long de la vie. La saison 2017-2018 s’est naturellement ouverte autour de ce projet avec l’intervention de Lionel Baier, responsable de la section cinéma de l’ECAL, lors de la conférence d’ouverture, le lundi 2 octobre.

«Il faut s’être beaucoup ennuyé pour être réalisateur, car c’est de l’ennui que naît la créativité. C’est là que vous commencez à voir le monde en faisant un pas de côté». Lionel Baier, responsable de la section cinéma de l’ECAL, ouvrait lundi dernier la saison de conférences 2017-2018 de Connaissance 3, l’Université des seniors. Une conférence où le réalisateur vaudois a expliqué ses méthodes pédagogiques pour former les réalisateurs de demain. A la question «Le cinéma s’enseigne-t-il?», Lionel Baier a d’emblée répondu «non». Son travail alors? Exercer la curiosité des étudiants et faire confiance à cette curiosité.

Le mandat de Connaissance 3 pour la création de courts-métrages réalisés par les étudiants de l’ECAL entre parfaitement dans cette vision pédagogique. Lionel Baier a également souligné l’intérêt de faire se rencontrer deux générations très éloignées. Du haut de leur «20 ans et des poussières», les jeunes réalisateurs de l’ECAL vont s’interroger sur les enjeux du vieillissement, une réalité aux antipodes de la leur. Cet été, ils ont travaillé à leur scenario respectif et pris contact avec des acteurs, dont certains ont été choisi parmi les bénévoles de Connaissance 3.

A l’issue de la conférence de Lionel Baier, prochainement disponible en podcasts, deux étudiantes, Fanny Reynaud et Coline Confort, ont pris la parole pour présenter les grandes lignes de leur futur film. La première a choisi de se lancer dans la comédie, avec l’histoire d’un homme âgé qui décide un jour de se transformer en canard. Son message au travers de ce scenario ambitieux et décalé: montrer que tout est possible (surtout au cinéma) et que l’on peut devenir ce que l’on veut, à tout âge. La seconde réalisera quant à elle un documentaire qui ouvrira des perspectives sur ce que peut être la vie après la retraite: où et comment vivre? Les autres films promettent également de belles surprises, tant dans le documentaire que la fiction et même la science-fiction.

Le public aura l’occasion de les découvrir dans le cadre d’un événement spécial organisé à Lausanne, au Capitole, au printemps 2018.

Recherche-action: fin du recrutement

En collaboration avec le Laboratoire de sociologie urbaine de l’EPFL (LaSUR), Connaissance 3 a lancé, ce printemps, une nouvelle-recherche action, soutenue par la Fondation Leenaards. Un peu plus d’une trentaine de retraités motivés à participer à ce projet se sont inscrits pour participer à des ateliers de discussion animés par Kaj Noschis, responsable de la recherche.

Six groupes homogènes de 5-6 participants viennent d’êtres constitués. Les ateliers (trois matinées pour chaque groupe) débuteront en fin septembre et se termineront au printemps 2018.

Thèmes de discussion du premier atelier:

  • activités et déplacements hebdomadaires entre le logement et le centre-ville;
  • espaces publics urbains fréquentés, ceux où l’on sent bien ou au contraire peu à l’aise;
  • les circonstances (activités et situations) où l’on se sent « senior et citoyen à part entière », celles où c’est moins le cas;
  • les démarches à envisager pour renforcer la condition de «senior et citoyen».

Voir aussi:

Projet de recherche: Seniors et citoyens

Connaissance 3 recherche des participant-e-s à une nouvelle recherche-action

Vous êtes à la retraite et souhaitez faire entendre votre voix dans le cadre d’une recherche-action? Connaissance 3 recherche des personnes intéressées à participer à son nouveau projet de recherche: «Seniors, acteurs de l’espace public et citoyens à part entière». Conditions de participation: être retraité-e et habiter la région de Lausanne ou de Payerne.

En collaboration avec le Laboratoire de sociologie urbaine de l’EPFL (LaSUR), Connaissance 3 lance une nouvelle-recherche action. Financée par la Fondation Leenaards, celle-ci sera conduite par le Pr Kaj Noschis, auteur en 2015 de la recherche-action «Habiter avec son âge», à laquelle ce nouveau projet fait suite.

Résumé du projet: «Seniors, acteurs de l’espace public et citoyens à part entière» (PDF).

Selon le principe de la recherche-action, la parole sera donnée aux personnes concernées dans le cadre d’ateliers de discussion, où les participant-e-s pourront partager leurs expériences et leurs idées sur leur participation (ou leurs difficultés à participer) à la vie de leur région.

Les ateliers se dérouleront en petits groupes, autour d’un café-croissants, sur trois matinées animées par le Pr Noschis à Payerne ou à Lausanne entre octobre 2017 et avril 2018.

Pour en savoir plus sur le déroulement et les objectifs de l’atelier (PDF)

Inscrivez-vous avant le 10 juin 2017.