Consommation ou décroissance?

Civiliste à Connaissance 3 de janvier à juin 2019, Lucas Jemelin participe, dans le cadre de ses tâches d’information et d’accompagnement des seniors, aux conférences données à Lausanne notamment. Il en retire pour nous une chronique, parfois engagée, fruit de ses pensées et de ses réflexions autour des sujets traités.

4.03.2019 «Consommer, un vrai bonheur?»

Quelques t-shirts, une paire de couverts, un bureau. La mode «minimaliste» propose de réduire drastiquement le nombre d’objets du quotidien pour se concentrer sur l’essentiel, se satisfaire de ce que l’on a déjà. «Moulinex libère la femme» s’est transformé en «Se débarrasser des possessions superflues libère l’esprit». Une tendance qui ne surprend pas tant que ça à notre époque.

Partagée entre décisions individuelles et souhaits d’appartenance à un groupe, la consommation a atteint un degré impressionnant en Occident. Les obligations familiales et professionnelles, l’accès à un transport ou encore la situation géographique du logement sont autant d’éléments qui influencent nos achats. Dictés par notre train de vie, nos choix de consommation ne paraissent plus en être. Et la responsabilité de nos acquisitions, parfois futiles, tend à être repoussée sur la vitesse du monde qui nous entoure. Délesté du poids de nos actions, on aspire à ne jamais remettre en questions certains modèles de consommation.

«On continue de penser que la technologie va nous sauver.» évoquait Mme Lorenzini, lors de la conférence. Une technologie qui ferait disparaître tout le plastique que l’on jette et balaierait le surplus de CO2 d’un claquement de doigt. Mais la technologie se consomme également. Et cette dernière ne se prive pas de se nourrir de matières premières pour nous proposer ce qu’elle a à offrir. Bien qu’elle s’attèle à minimiser certains problèmes, elle semble se réduire parfois à une fuite en avant.

Peu présent dans les médias, le concept de «décroissance» se présente comme une alternative à notre modèle consumériste. Cette nouvelle vision de l’industrie nécessite une modification fondamentale d’un schéma de pensée qui plaçait la croissance comme idéal. Basé notamment sur le partage, il nous permettrait de combattre des modèles tels que l’obsolescence programmée et ralentirait la vitesse d’une économie dont on se sent parfois prisonnier.

Lucas Jemelin