Rêver…

Civiliste à Connaissance 3 de janvier à juin 2019, Lucas Jemelin participe, dans le cadre de ses tâches d’information et d’accompagnement des seniors, aux conférences données à Lausanne notamment. Il en retire pour nous une chronique, fruit de ses pensées et de ses réflexions autour des sujets traités. Voici ses impressions.

14.01.19 – «La science des rêves»

Les slides de son Power Point défilent et me laissent rêveurs. Pas trop certain de savoir si c’est la folle complexité de notre cerveau, son éloquence ou l’image dans ma tête de sa belle chevelure couverte d’électrodes qui nourrissent sans se tarir mon attention. La Doctoresse Siclari m’entraîne avec toute la salle pour un voyage dans le monde des rêves. Qu’ils soient agités ou lucides, ils nous sont nécessaires et bercent nos nuits. Ces nuits durant lesquelles nous retombons dans un état presque primaire, celui de l’Homme-Songe.

Serait-il temps de me lancer dans l’écriture d’un carnet de rêves? Une alarme toutes les heures à partir du milieu de la nuit et je suis pratiquement sûr de me rappeler des péripéties de mon inconscient. Je tiens d’ici quelques mois, dans les mains, le récit de mes songes les plus fous. De quoi faire rêver.

Les questions fusent à l’approche du départ de l’intervenante. Quel est le lien des recherches de votre «dream team» avec l’hypnose? Comment favoriser un rêve lucide?

Le sujet est aussi interrogé qu’il est présent dans nos vies. En effet, si le jeune enfant ne peut se soustraire à l’addition de multiples sommes, un adulte quant à lui, passe pas loin d’un tiers de sa journée à dormir. Je n’y avais jamais songé. Et pendant que je tente de revenir au monde réel à la sortie de cette conférence hypnotisante, la salle s’évapore doucement comme un souvenir embrumé au réveil.

Mais heureusement, le quotidien éveillé offre lui aussi de nombreuses autres occasions de rêver!

Lucas Jemelin

 

28.01.2019 – «Le rêve comme dialogue intérieur»

Eclairé est son pupitre. Pas moins ne l’est son raisonnement. L’expérience dans le domaine de la psychanalyse de M. Noschis se ressent. A travers des exemples riches ou des réflexions nourries par les lectures. Des réflexions qui s’articulent autour de nos réalités diurnes et nocturnes. Une dualité présente tout au long de la présentation, principalement dans l’opposition conscient – inconscient.

Car si le rapport entre le jour et la nuit semble clair, le rapport entre conscient et inconscient l’est moins. A quel point suis-je influencé, même éveillé, par cette intuition sous-jacente, cette obscure clarté? Faut-il tenter de la refréner constamment, de lui tenir tête comme le suggère Freud? En somme, je suis dépourvu de certains de mes outils d’analyse durant la nuit et mon cerveau en profite pour me créer une seconde réalité dénuée de règles et de lois. La société, ses normes et ses interdits en sont-ils le fondement? En dehors du repos biologique que nous offre le sommeil, saurions-nous vivre sans moments de transgression de tout ce à quoi nous nous rattachons la journée?

Le sommeil, ce grand carnaval, où les puissantes instances n’ont plus lieu d’être. Est-ce également pour cette raison que nous nous réveillons parfois confus, tentant de nous débarrasser d’une culpabilité relative à nos rêves? D’avoir cessé de correspondre à la bienséance du jour conscient pour avoir cédé à l’inconvenance de la nuit inconsciente.

Si le rêve est ainsi parfois dialogue intérieur, l’éveil, par moment, ne peut être autre que questionnement extérieur.

Lucas Jemelin