Pour un meilleur futur

Civiliste à Connaissance 3 de janvier à juin 2019, Lucas Jemelin participe, dans le cadre de ses tâches d’information et d’accompagnement des seniors, aux conférences données à Lausanne notamment. Il en retire pour nous une chronique, parfois engagée, fruit de ses pensées et de ses réflexions autour des sujets traités.

«Semences et agriculture: les enjeux du futur»

Lausanne – 11.02.2019 – Conférence de Maximilien Stauber, Dr en droit spécialisé dans les politiques agricoles et alimentaires

Une armée de moissonneuses-batteuses met fin à un champ de maïs, où chaque épi ressemble un peu plus à son voisin. La moisson est rapide, sauvage. Quel progrès prodigieux depuis les Trente Glorieuses. C’est plus ce que c’était.

Progrès aveugle, cependant, qui ne veut pas voir que l’homogénéité et l’uniformité des semences sont une faiblesse, une faille que de nouvelles maladies peuvent exploiter à tout moment. Qui souhaite se rappeler d’une Irlande décimée par la famine à cause d’une seule variété de pomme de terre infectée?

Alors on se console en réservant des graines de chaque espèce dans le Grand Nord, à Svalbard. Un nom qui en impose, qui nous rassure face à notre déni du reste du problème. Une fuite en avant au travers de laquelle le rendement agricole prime sur la stabilité financière des paysans.

Cependant, tous les appels à se libérer de ce schéma ne sont pas vains ou étouffés. Associons notre voix à celle de Greta Thunberg et affranchissons-nous d’une main-mise économique sur notre futur. Ce dernier ne doit pas être soumis à un monopole de quelques industriels de la vie organique, mais porté par des idéaux à l’avenir radieux.

Mendel n’a pas travaillé des années à discerner la complexité de la génétique pour qu’on se limite à une poignée de variétés de riz, maïs ou blé. La biodiversité est un critère fondamental de résilience, aptitude que la société se doit de placer au centre de ses préoccupations actuelles.

Alors conservons Svalbard et la ressource scientifique et biologique qu’il représente. Mais n’en faisons pas une carte de la dernière chance ou même un héritage décati pour une potentielle civilisation post-apocalyptique, mais bien un symbole de la diversité dont nous jouissons aujourd’hui et que l’on se doit de préserver.

C’est pourquoi, je questionne mes habitudes et j’adapte mon quotidien pour mettre en œuvre les solutions existantes et prouver aux institutions décisionnelles que je suis prêt à modifier mes pratiques. Afin qu’en Europe et dans le monde, on continue d’innover et de légiférer pour un avenir différent.

Car au moment où nous cesserons de dire que la coque du bateau coule à cause d’un problème de voile, nous pourrons à nouveau voguer en toute sérénité sur les eaux de notre Terre-Mer.

Lucas Jemelin