Résultats V

Question 4

Pensez-vous qu’il est du devoir de la société (et donc en partie de l’Etat) de fournir des opportunités favorisant l’apprentissage tout au long de la vie? Et pourquoi?

Partie quantitative

Fig. 4.1: Pourcentage des réponses oui /non à la partie fermée de la question

Fig 4.2: Nombre et «qualité» des réponses données par les différents partis – (rouge : non | vert : oui)

Le très fort pourcentage de «oui» à cette réponse montre que la responsabilité de la société est engagée quant à la nécessité de poser un cadre pour permettre de se former à tous les âges de la vie. Il convient cependant de nuancer cette forte majorité en précisant que les commentaires de la partie ouverte de cette question sous-entendent très souvent une formation continue utile pour l’emploi et pour le maintien à niveau des compétences (en particulier celles des actifs plus âgés, dans le domaine de l’informatique par exemple), et de fait, elle est comprise dans le sens d’une attention à porter aux travailleurs âgés plus qu’aux retraités (voir Fig. 4.3 et Fig. 4.4). C’est assez révélateur du manque de considération témoigné aux aînés ayant atteint l’âge de la retraite et du fait que ces derniers n’existent pas vraiment dans l’espace politique »[1], sauf s’ils restent insérés sur le marché du travail comme l’exprime le candidat socialiste Pierre Yves Delcourt: «Si on conçoit demain que les personnes âgées de plus de 65 ans peuvent encore contribuer à l’économie, alors oui, il faut envisager de subventionner les formations continues pour cette catégorie sociale.» (sa réponse à la question 4: Oui)

Commentaire/position Connaissance 3

Cette dernière remarque du candidat Delcourt pose toute l’ambiguïté de la question du rôle de l’Etat dans la formation tout au long de la vie. La contribution à l’économie est-elle réellement l’apanage du travail rémunéré? La participation citoyenne et le bénévolat ne sont-ils pas également des contributions à l’économie? Quelle valeur (économique et sociologique) les fonctions des seniors au sein de la famille (garde d’enfants, proches aidants, etc.) représentent-elles? Comment convaincre de l’importance de la formation tout au long de la vie pour un vieillissement qui soit perçu autrement que dans la perte progressive de son autonomie? Autant de questions que Connaissance 3 aimerait éveiller et mettre en débat au sein de la société civile vaudoise.

Tout se passe en effet comme si la seule dimension de travail professionnel définissait la place de l’adulte, si bien que le-la retraité-e qui en est privé-e- se retrouve inutile et sans responsabilité dans la formulation et la mise en œuvre des politiques publiques.

[1] Première analyse de Patricia Dubois, secrétaire générale de Connaissance 3, relayée dans la presse (24 heures, 28.4.2017)

Partie qualitative

Fig. 4.3: Raisons pour lesquelles la formation tout au long de la vie est un devoir de la société (et donc de l’Etat) et nombre par type de raison

Fig. 4.4: Raisons pour lesquelles la formation tout au long de la vie n’est pas un devoir de la société (et donc de l’Etat) et nombre par type de raison

Début d’analyse

La formation est perçue comme essentielle pour la société. Elle devrait se poursuivre à tous les âges de la vie, active ou pas. « Les aînés font partie de la société et de la communauté des acteurs économiques, souligne le PLR Guy-Philippe Bolay. Une formation continue, même après la retraite, est donc souhaitable. »
La formation continue est jugée particulièrement importante pour le marché de l’emploi et, dans ce cadre, elle devrait être encouragée et favorisée par l’Etat et/ou les entreprises. Mais globalement, l’Etat est plutôt perçu comme un acteur clef dans la mise en place de mesures incitatives et de conditions cadres, également comme garant de qualité ou de diversité ; on lui reconnaît aussi un rôle de soutien (subventions, infrastructures). Pour certain-e-s candidat-e-s, majoritairement à droite, la formation continue est une responsabilité individuelle

Commentaire/position Connaissance 3

Deux types de raisons mentionnées par les candidat-e-s (Fig. 4.4) sont en pleine adéquation avec les éléments mis en avant dans la planification stratégique 2016-2021 de Connaissance 3 : d’une part la dimension citoyenne de la formation tout au long de la vie (maintien des compétences et connaissances dans une société qui évolue vite, moyen d’intégration sociale) [1], d’autre part la pertinence de la formation tout au long de la vie dans la politique de santé publique (lutte contre les effets du vieillissement, cognitifs ou sociaux) [2].

[1] Stéphane Ballaman, candidat socialiste, affirme: «La raison d’être d’une formation ne doit pas seulement être liée à l’obtention d’un retour sur investissement purement productiviste. L’amélioration de ses connaissances dans une perspective personnelle, civique et sociale doit être considérée comme un moyen de rester « à la page » et une occasion de s’engager dans la vie locale.»
[2] Citons à ce propos Murielle Kathari, candidate chez les Verts: «En dehors de l’épanouissement personnel de chacun, l’Etat peut, par le biais d’une politique active auprès des seniors, favoriser leur bien-être en évitant l’isolement des personnes âgées et l’installation de maladies neurologiques liées à l’âge, mais aussi possiblement à l’inactivité intellectuelle et physique.»