Résultats IV

Question 3

Dans notre société, le passage à la retraite est souvent vécu comme une période de rupture et, ainsi, de désintégration sociale. Selon vous, la formation continue tout au long de la vie est-elle un moyen de remédier à cette situation? En voyez-vous d’autres?

Partie quantitative

Fig. 3.1: Pourcentage des réponses oui /non à la partie fermée de la question 3

Fig. 3.2 : Nombre et «qualité» des réponses Q3 données par les différents partis – (rouge : non | vert : oui)

Très majoritairement, la formation continue tout au long de la vie est considérée comme un moyen de remédier à la situation de rupture induite par le passage à la retraite. 44 répondant-e-s ont même appuyé sur ce point de la formation et de l’information dans la partie ouverte de la question 3.
On pourrait apporter une nuance à ce «oui» majoritaire: si, à la lecture de la partie ouverte, on peut considérer que bon nombre de répondant-e-s ont considéré la formation continue tout au long de la vie comme une activité favorisant l’intégration, il semble que, pour d’autres répondant-e-s, elle soit plutôt, ou aussi, perçue comme un moyen d’être mieux informés des changements qui surgiront au passage à la retraite. En effet, une bonne préparation à la retraite est souvent mentionnée comme un moyen d’éviter le sentiment de rupture vécu à la fin de la vie professionnelle (voir Fig. 3.3).

Partie qualitative

Sur les 215 questionnaires reçus, 213 ont fait l’objet d’un commentaire.

Fig. 3.3: Autres moyens de lutter contre la rupture vécue au passage à la retraite et nombre de réponses pour chaque moyen

Début d’analyse:

Dans cette question, les candidat-e-s ont donné des réponses qui insistent avant tout sur la nécessité de rester actif, que cela soit dans l’engagement bénévole, politique ou familial, ou au travers d’activités de loisirs. Le liens social est également important pour les répondant-e-s qui ont très majoritairement donné des réponses basées sur une expérience ou une vision personnelles de la retraite. Relativement peu de candidat-e-s se sont projeté-e-s dans la recherche d’une solution politique sociétale à la question de la désintégration sociale des retraités, même s’ils ou elles évoquent volontiers (comme à la question 2 d’ailleurs) les possibilités d’engagement bénévole ou de participation à des activités mises en place en vue de l’intégration des aînés (Quartier solidaire et autres). Seuls 10% à 12% des commentaires évoquent la nécessité de repenser le passage à la retraite : le débat se situe parfois sur l’âge de la retraite, mais surtout sur la possibilité d’offrir des emplois de transition ou la possibilité d’un départ à la retraite progressif [1] ; à cela s’ajoute la nécessité d’une bonne préparation à la retraite, encadrée de personnes compétentes. La candidate socialiste Christine Leu Métille va jusqu’à proposer cette idée: «Comme il y a l’orientation professionnelle pour les jeunes et les personnes en recherche d’emplois, des conseillers en soutien à la retraite pourraient être une solution pour faire des bilans de compétences, mais aussi travailler sur les rêves jamais réalisés.». Du côté des Verts, Léonard Studer pense à une autre solution originale pour maintenir les retraités dans une activités d’utilité publique: «Il me semble qu’il faut aussi songer à une réintégration active et sociale soutenue par l’Etat au moment du passage à la retraite. On pourrait imaginer que l’Etat organise une sorte de service civil, adapté et volontaire, où les jeunes retraités seraient impliqués dans des tâches de leur quartier ou de leur commune.»

Commentaire/position Connaissance 3

Tous partis confondus, la formation tout au long de la vie apparaît clairement comme un moyen (parmi d’autres) de rester intégré à la société. Ce constat, très largement partagé par les répondant-e-s, est une source de motivation pour Connaissance 3, qui entend poursuivre son engagement autant par la sensibilisation et la recherche que par une offre de conférences, de cours, de visites culturelles et scientifiques de qualité. Nous souhaitons également pouvoir développer de nouvelles expériences dans le domaine de la transmission des savoirs entre générations, préoccupation qui revient souvent sous la plume des candidat-e-s.

Comme le souligne le rapport mondial sur le vieillissement et la santé de l’OMS [2], nous considérons que le manque de sollicitations est un facteur aggravant pour un déclin de la plasticité du cerveau lors de l’avancée en âge.

De même que la vie ne s’arrête pas avec la fin du travail salarié, la capacité à apprendre ne dépend pas de l’âge et elle est un préalable à celle de s’adapter à une nouvelle situation et à faire face au changement de vie induit par l’entrée en «retraite».

L’implication des seniors dans les activités de la cité (bénévolat et associations) apparaît comme le moyen le plus souvent cité de rester intégré et de maintenir un lien social. Il est pourtant moins fréquent de trouver dans les réponses l’expression de la réelle plus-value de cet apport des seniors : là aussi, la question de la reconnaissance sociale apparaît «en creux».

[1] Une considération qui est aussi l’apanage de plusieurs candidat-e-s socialistes et pas uniquement des candidat-e-s de droite comme on pourrait peut-être le supposer.
[2] Rapport mondial sur le vieillissement et la santé, résumé, Organisation Mondiale de la santé, 2015

 

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