Résultats II

Question 1

Avez-vous déjà observé, vis à vous de vous-même ou d’un tiers, une discrimination liée à l’âge? Si oui, laquelle?

Partie quantitative

Fig. 1.1: Pourcentage des réponses oui /non à la partie fermée de la question

Fig. 1.2: Nombre et « qualité » des réponses données par les différents partis – (rouge: non | vert: oui)

Le PLR est le seul parti qui a donné une minorité de réponses « oui » à la question de l’observation d’une discrimination liée à l’âge (50% de « non », 46% de « oui » et 4% sans réponse). Hormis ce cas, le taux de réponses majoritairement « oui » n’est pas l’apanage des partis de gauche : les Verts ont répondu « oui » à 80% et l’Alliance du Centre « oui » à 88% (ce sont d’ailleurs les deux pourcentages les plus élevés si l’on exclut SolidaritéS (5 « oui » sur 5) et le parti pirate (1 « oui » sur 1)). Le parti socialiste a parfaitement répondu dans la tendance générale (72% de « oui » contre 26% de « non » et 1% sans réponse).

Partie qualitative

Sur les 215 questionnaires reçus, 199 ont fait l’objet d’un commentaire (= 92% des candidat-e-s ont donc répondu à la partie ouverte de la question). Les répondant-e-s «non» ou « sans avis » ont parfois aussi inscrit un commentaire; le cas échéant, leur commentaire a donc été pris en considération.

Fig. 1.3: Types de discrimination observée et nombre de réponses pour chaque type

La question 1 ne fait volontairement référence à aucune catégorie d’âge, entendant que n’importe laquelle peut faire l’objet d’une discrimination. Bien sûr, le questionnaire et le plaidoyer qui l’accompagne induisent sans doute le-la répondant-e à penser plus spontanément à la discrimination des seniors. Malgré cela, plusieurs réponses spécifient une discrimination des jeunes, notamment dans le domaine de l’emploi[1], le manque de considération[2] ou la sous-représentation politique.

Début d’analyse

La discrimination des seniors sur le marché de l’emploi est une préoccupation majeure : un peu plus de la moitié des commentaires la mentionnent (50.5%). Cette question est parfois mise en perspective avec les débats actuels sur l’âge de la retraite. Ainsi, Samuel Bendahan (Parti Socialiste) écrit: «J’ai pu observer de nombreux cas de discrimination liée à l’âge dans le cadre de processus de recrutement. L’âge va être utilisé pour justifier un non recrutement, si la personne est perçue comme trop âgée par rapport au niveau du poste. Ce type de discrimination, en plus d’être injuste, n’a aucun sens. C’est d’autant plus scandaleux que nous discutons d’augmenter l’âge de la retraite, et que dans de nombreux cas, les personnes qui ont dépassé un certain âge ont de grandes difficultés à se faire recruter.»

Sous différentes formulations, nombreux sont les répondant-e-s qui ont soulignés le peu de considération que la société porte aux aînés, manifesté dans les propos ou l’attitude (infantilisation des personnes âgées, impatience à leur égard, etc.), l’inégalité dans les accès à des lieux ou des services (infrastructures, assurance maladie, soins, fracture numérique, etc.), ou encore la sous-représentation des seniors dans le débat politique. Le PDC Thierry De Preux relève à ce propos: «Il y a un problème de manque d’expérience des questions liées à l’âge de la part des décisionnaires (politiques, fonctionnaires, assureurs, etc.) qui sont toujours relativement jeunes. Il y a là une défaillance de notre système.»

Commentaire/position Connaissance 3

La stigmatisation à l’embauche est de très loin celle qui revient le plus dans les réponses. Toutes les personnes qui ont répondu ont soit vécu une situation de discrimination à l’embauche, soit en ont été témoins directs. Toutes regrettent cette situation à des degrés divers (de l’évocation du problème à la révolte). Cependant il est très frappant de constater que, quel que soit le bord politique, ces situations sont jugées injustes et discriminatoires. Pourtant la plupart des candidat-e-s (à l’exception notoire des petits partis tels que SolidaritéS ou Décroissance et alternative) ne font pas ou très peu le lien entre la condamnation morale de cette situation et des solutions permettant d’y remédier et ceci quelle que soit la «Weltanschauung» de l’appartenance politique.

Des exemples de manque de considération (défini comme ci-dessus) sont aussi très nombreux et illustrent parfaitement le vécu des personnes qui participent aux activités de l’Université des seniors. Elles y trouvent un moyen de «rester à la page» dans un monde qui bouge de plus en plus vite et menace de les laisser dans la marge, contraintes à «l’inutilité» et au manque de reconnaissance de leurs compétences et de leur riche expérience.

 

[1] 6% des répondant-e-s mentionnant une discrimination dans le domaine de l’emploi l’ont explicitement spécifiée pour les jeunes, tandis que 75% l’ont clairement mentionnée en défaveur des seniors.
[2] 15% des réponses de cette catégorie.

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