Voyage à Pompéi

En automne 2015, Connaissance 3 proposait à ses adhérents un séjour à Naples et Pompéi en compagnie de l’archéologue Michel Fuchs. Chantal de Schoulepnikoff, cheffe de pupitre à Connaissance 3, a participé à ce voyage coorganisé avec le magazine Générations en collaboration avec Histoire et Voyages. Elle nous en fait ici le récit.

POmpei-web-msToutes les conditions étaient réunies pour faire du voyage à Naples, Pompéi, Herculanum, Capri et autres lieux, une magnifique réussite: temps radieux pendant toute la semaine, accompagnement de choix par le professeur Michel Fuchs et par Serena notre guide locale, visites de lieux mythiques dont le nom seul frappe les esprits, qu’aurait-on pu rêver de mieux?

C’est à la suite d’une conférence du professeur Fuchs à Connaissance 3, en novembre 2012, que l’idée d’un voyage à Pompéi sous sa direction a surgi. Le magazine Générations s’est occupé de l’organisation, avec le concours d’Histoire et Voyages. Le succès a été tel qu’il a fallu organiser deux voyages successifs, avec une vingtaine de participants à chaque fois.

Après une première nuit à Fiumicino (dont certains d’entre nous ont découvert qu’il ne s’agit pas seulement d’un aéroport mais aussi d’une charmante petite ville de pêcheurs), c’est à Capoue, ou plutôt à Santa Maria Capua Vetere et à son amphithéâtre, que la première journée a été consacrée. Nous avons pu constater lors du déjeuner que les délices de Capoue ne sont pas un vain mot: la farandole raffinée d’antipasti concoctée par la Locanda Antichi Sapori de Capulla, a laissé de beaux souvenirs gustatifs!

Pompei-web-1Le lendemain, après l’installation dans un confortable hôtel de Naples face à la mer et au Castello Dell’Ovo, c’est la visite de Pompéi qui a occupé toute la journée. Le professeur Fuchs, aussi passionné que passionnant, nous a relaté sur les lieux l’éruption de 79 et ses conséquences: un émouvant parcours qui montre un instantané sans équivalent de la vie quotidienne à l’époque romaine, des temples aux boutiques d’artisans, des palais prestigieux aux thermes, des tanneries aux fresques de la Villa des Mystères, de la maison du chirurgien à celle des plaisirs …

Si nous avions pu appréhender l’architecture de la ville en la parcourant, parfois avec certaines difficultés tant les pavés sont disjoints et les trottoirs inégaux, c’est au musée national de Naples que nous avons pu prendre connaissance des merveilles que recelaient les habitations et les lieux publics: peintures murales, mosaïques, statues, sculptures, objets de culte ou d’usage quotidien, une passionnante découverte commentée par le professeur Fuchs avec son immense culture et son brio habituel.

Naples-webChangement de décor l’après-midi: Serena, notre guide locale aux vastes connaissances et à l’enthousiasme contagieux, nous a entraînés à travers le dédale des ruelles de sa ville natale, étonnant contraste entre églises baroques, palais somptueux, maisons décrépites et boutiques regorgeant de productions locales, principalement les étonnantes figurines destinées aux célèbres crèches: s’il paraît naturel que le pape François y occupe une place de choix, il est plus surprenant d’y retrouver Angela Merkel, Silvio Berlusconi ou Georges Clooney (photo ci-contre)

Capri-webPuis ce fut l’embarquement pour Capri, sur une mer d’huile et dans la brume matinale: le dévoilement progressif des rochers de Capri, un véritable enchantement! Après une montée vertigineuse en minibus sur la route étroite et sinueuse judicieusement surnommée « mamma mia », notre groupe s’est séparé en deux: les « marcheurs » sont partis avec le professeur Fuchs découvrir la villa de Tibère, tandis que les « romantiques » ont suivi Serena sur les traces du docteur Axel Munthe dans la superbe villa San Michele (photo ci-contre), dont le projet et l’histoire sont relatées dans le livre-culte de ce médecin et philanthrope suédois, Le Livre de San Michele, paru en 1929.

Serena nous avait ensuite réservé une surprise: un petit bateau nous a emmenés faire le tour de Capri et c’est ainsi que nous avons pu découvrir avec émerveillement certaines des fameuses grottes, les eaux turquoise, les « Faraglioni », ainsi que le « scugnizzo » (une sorte de Gavroche napolitain) juché sur un rocher.

Cette splendide journée a pris fin à Sorrente, où quelques-uns d’entre nous ont fait leurs emplettes de pâtes ou de risotto, de limoncello, de clochettes porte-bonheur de San Michele… ou de personnages de crèches.

Enfin, notre périple s’est terminé par la visite d’Herculanum, ville plus petite que Pompéi, mieux conservée et encore en partie enfouie puisque située sous la ville moderne. Ce qui laisse la porte ouverte à toutes les imaginations! Contrairement à Pompéi, les bâtiments gardent la trace de leurs étages et des structures en bois (qui ont été « lyophilisées » par les coulées successives). L’illusion de la vie y est donc encore plus marquée qu’à Pompéi, d’autant plus que des décors et des objets (par exemple un métier à tisser) ont été conservés.

En 79, après la première éruption, environ 300 habitants se sont enfuis pour trouver refuge sur la plage, où ils ont été rattrapés dans la nuit par la nuée ardente qui les a tués dans leur sommeil. Ils sont encore visibles dans la position où la mort les a saisis (« petrificati »).

oplontis-webL’après-midi a été consacrée à la visite de la Villa de Poppée à Oplontis. Ce magnifique édifice, tout orné de fresques remarquablement conservées (photo ci-contre) en lieu et place, est aussi impressionnant que son immense piscine (60 mètres de long!) et ses jardins. Il faisait sombre quand nous avons parcouru les nombreuses salles, et la lumière d’une lanterne allumée ponctuellement (il ne faut pas risquer d’abîmer les couleurs des peintures) ajoutait encore au mystère de cette Villa.

C’était une belle manière de conclure ce voyage fascinant à travers l’époque romaine, dont on constate qu’elle est en fait bien proche de la nôtre.

Chantal de Schoulepnikoff

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