Vers une informatique plus standard pour répondre à davantage de besoins UNIL

par Adriano Barenco, directeur, Ci-UNIL

Editorial : Un Ci renouvelé pour aider au mieux l’UNIL dans sa transition numérique

© Olena Ostapenko | Dreamstime.com

Le billet d’au revoir de mon prédécesseur, M. Pascal Jacot-Guillarmod, a emmené le lecteur de ce magazine sur le long et riche parcours de ce témoin et acteur de l’évolution de l’informatique universitaire des vingt-cinq dernières années. Ma première intervention dans ces pages veut être résolument tournée vers les défis et les nombreuses opportunités que représente l’irruption du numérique dans notre quotidien.

Les impacts et développements liés à l’émergence de nouvelles technologies sont difficiles à prédire. T. Watson, PDG d’IBM à l’aube des années 50 voyait un marché mondial limité à quelques unités pour les énormes machines ronronnantes et clignotantes qu’étaient les calculateurs qu’il avait inventés. Quelques décennies plus tard son homologue chez DEC, K. Olsen, déclarait ne pas voir les raisons pour lesquelles on pourrait souhaiter avoir un ordinateur dans son chez-soi. De même, qui aurait pu imaginer qu’un nouvel algorithme d’indexation des pages disponibles sur un web encore balbutiant allait donner naissance dix ans plus tard à l’une des plus grandes entreprises américaines ? Ou encore qu’un adolescent de la Côte Est convaincrait une fraction significative de la population mondiale en quelques années de s’enrôler sur le trombinoscope initialement développé pour son alma mater, en offrant un service gratuit aussi utile et intéressant que ravageur pour la protection de la sphère privée ?

L’accélération des nouvelles technologies ces dernières années peut donner le vertige. Même si l’histoire récente nous enseigne que la route de ceux qui ont tenté d’en anticiper l’impact est jonchée d’épaves et d’accidents, nous ne pouvons pas nous limiter à un rôle de spectateurs : il est essentiel d’adopter une approche qui permette de rester maîtres de cette évolution. La Confédération et les cantons suisses se sont dotés depuis quelques années de plans directeurs pour accompagner la société civile dans ces changements. L’Université de Lausanne n’est pas en reste et la Direction actuelle a manifesté une volonté résolue de se positionner en acteur de ces transformations. Par la nature des services qu’il offre à la communauté universitaire, le Centre informatique est naturellement amené à jouer un rôle important dans cet effort.

Nous avons ainsi entrepris au Ci d’adapter et de mettre en place des outils et méthodologies qui offrent la souplesse et l’agilité nécessaires pour évoluer rapidement dans un cadre mouvant et en constant changement, en interaction avec les usagers et métiers de toute l’UNIL. Cette transformation va bon train et je suis confiant dans le fait que l’UNIL ne tardera pas à en récolter les premiers fruits. Parallèlement à cela, nous avons entamé en accord avec la Direction un exercice d’identification des domaines dans l’enseignement, la recherche et l’administration où le déploiement d’outils, d’approches ou de processus informatiques standardisés profiterait à tous. Le but de cet effort n’est pas de faire entrer l’université dans un moule, mais au contraire de lui donner la capacité d’opérer à plein régime à l’interface de la nouveauté, précisément là où une institution d’enseignement et de recherche doit se situer.

La Direction a bien compris ces divers enjeux et a manifesté sa volonté par des actions concrètes. Une stratégie numérique pour l’université est en cours d’élaboration. La mise en place d’une nouvelle division rattachée au Centre informatique a été décidée, pour offrir des capacités de calcul haute performance ainsi que soutien et conseil aux chercheurs des sept facultés. Ces deux exemples montrent cette volonté affichée de maîtriser et embrasser le numérique.

En tant que nouveau responsable du Centre informatique, je suis à la fois honoré et ravi de pouvoir participer à cet effort et y apporter ma contribution. Je sais que je peux compter sur des compétences pointues au sein du Ci, sur une équipe composée de personnes expérimentées, curieuses et enthousiastes. Je suis convaincu que les prochaines années, en sus de leur lot de surprises, de réformes et d’autres mutations, sauront amener les changements et succès attendus de nous, et je me réjouis de pouvoir tenir informés les lecteurs du CiNN des progrès que nous pourrons accomplir, en étroite collaboration avec eux.