La fondation SWITCH fête ses 30 ans cette année

par Pascal Jacot-Guillarmod, directeur, Ci-UNIL

L’Internet des hautes écoles universitaires suisses, assuré par la fondation SWITCH à Zürich, a trente ans aujourd’hui. Un retour sur une belle histoire et un regard sur un bel avenir.

SWITCH, un compagnon institutionnel

En 1987, la Confédération et les huit cantons universitaires, dont celui de Vaud, ont créé une fondation à but non lucratif pour établir le réseau informatique entre les hautes écoles suisses.

1987 c’est loin dans le temps, mais ce n’est quand même pas la préhistoire de l’informatique, juste les premiers frémissements. Le Mac date quand même de 1984, le nouveau bâtiment des sciences humaines avait son câble jaune dit câble Ethernet, des échanges de messagerie se faisaient via Decnet ou Bitnet des réseaux commerciaux privés. Un professeur de l’EPFZ, B. Plattner, possédait alors le premier domaine internet de suisse, le fameux « .ch ». Pour développer ce domaine et échanger des données entre hautes écoles, un crédit avait été demandé au Parlement : 15 millions le cadeau de baptême pour SWITCH, pour assurer d’abord le lien entre EPFL et EPFZ.

Trente ans après, le réseau a multiplié sa vitesse par un facteur de 1 million, il relie toutes les hautes écoles de Suisse et de prestigieux instituts de recherche, dont le CERN à Genève. On doit aussi le réseau sans fil Eduroam à SWITCH et à ses partenaires européens.

Pour le futur, swissuniversities, l’organe faîtier des hautes écoles a décidé de confier un rôle central à SWITCH non seulement dans le transport des données, mais aussi dans la gestion des informations scientifiques. Une belle preuve de confiance dans une société où les sciences, les techniques et leur digitalisation sont le ferment des activités de demain.

Le réseau informatique des hautes écoles bâti par SWITCH de 1987 à 2017

SWITCH, des collègues professionnels

SWITCH, c’est près de cent professionnels hébergés à Zürich …pour l’instant. Nous avons un contact étroit et régulier avec eux dans les domaines du réseau bien sûr, du stockage des données, de l’authentification et de la sécurité.

Le réseau de l’UNIL est connecté physiquement à SWITCH en deux endroits du campus de Dorigny, de même pour l’EPFL et le CHUV. Le stockage des données SWITCHdrive est assuré sur le cloud de SWITCH, dont nous hébergeons une partie à Dorigny. Vos clefs d’accès aux systèmes informatiques (username, password) vous permettent d’étendre vos droits au-delà du campus (e-learning, bibliothèques, …) grâce à l’infrastructure AAI.

L’infrastructure d’authentification et d’autorisation AAI de SWITCH

A terme, nous allons mettre l’accent sur la sécurité. SWITCH assure d’ailleurs le premier filtre de protection, puisque c’est eux qui sont directement connectés à l’Internet. Une équipe suit en permanence l’état des attaques et nous sommes informés très tôt de l’émergence de nouveaux virus, crypto lockers ou autres méchantes bêtes du Darknet.

Si les ingénieurs de SWITCH continuent à travailler aussi bien que ces 30 dernières années vous risquez de ne même pas savoir qu’ils existent, car leur travail se joue dans les coulisses de l’Internet. Internet sur lequel vous pouvez surfer, quand vous êtes sur le réseau de l’UNIL, l’esprit attentif mais serein, grâce à leurs efforts de sécurisation constants.

SWITCH, des amis de longue date

Nous sommes dans une société où l’âge et l’expérience ne sont pas forcément des valeurs tendances. A la naissance de SWITCH, je n’étais pas présent (l’Université de Lausanne y était représentée par le prof. Gervais Chapuis). Pour ma part, je suis entré au service de l’informatique universitaire, pour préparer le déménagement des facultés de théologie, de Lettres et de SSP, ainsi que de la section des sciences de la terre de feu la faculté des sciences dans le bâtiment que l’on nomme aujourd’hui l’Anthropole… et qui fête également ses trente ans.

Une aussi longue fréquentation de collègues dans les nombreux groupes de travail qu’anime SWITCH ne va pas sans créer des liens personnels et amicaux.

Pour moi, ces liens et la confiance qui en résulte sont nécessaires pour un travail de qualité dans un domaine aussi sensible que l’informatique et la sécurité.

Les 100 collègues de la fondation SWITCH qui fête ses 30 ans en 2017.

Pour les années à venir, mon « Migros data » personnel sera bientôt atteint, mais je vous conseille de continuer à faire confiance à SWITCH et ses collaborateurs. Ces derniers le méritent, mais surtout ils affectionnent le travail en partenariat. Avec un peu de chance, nous aurons même quelques personnes de SWITCH qui quitteront les quais de la Limmat pour notre beau campus UNIL – EPFL.

Les illustrations sont tirées du site de SWITCH.

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