Un grand dépoussiérage pour Serval, le dépôt institutionnel de l’UNIL

par Philippe Gardel et Christian Ruchat , conception et développement, Ci-UNIL

Une nouvelle version de Serval sortira cet automne. Elle est le résultat d’une profonde remise à niveau technologique, ergonomique et graphique.

© nanuvision - Fotolia
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Serval ? C’est quoi ?

Le serveur académique lausannois (Serval) est le dépôt institutionnel de l’UNIL et du CHUV. Il s’agit d’un projet collaboratif et intégratif soutenu par l’UNIL, le CHUV, la BiUM et la BCUL.

Son but est de centraliser, préserver et diffuser les publications scientifiques des membres de l’UNIL et du CHUV. Par « publications », nous entendons bien ici les documents eux-mêmes, en plus des métadonnées les décrivant.

Plus précisément, Serval doit :

  • permettre l’enregistrement des publications à un seul endroit
  • assurer les traitements garantissant une conservation de très longue durée des documents avec leurs métadonnées
  • mettre à disposition des outils de recherche et de consultation réservés aux membres de l’UNIL (via MyUNIL) ou pour tout public (via le site Serval), ainsi que des passerelles pour permettre la reprise des données par d’autres diffuseurs (Unisciences, sites web de l’UNIL, Bibliothèque nationale suisse, Google, OpenAire, DART-Europe, …)

Il s’inscrit dans le cadre du mouvement du libre accès (open access) et permet, notamment, de publier conformément à la green road, voie qui permet à l’auteur de déposer son article sur un serveur institutionnel en parallèle à la publication commerciale. Serval permet par exemple de répondre à l’obligation faite par le FNS aux bénéficiaires de ses subsides de publier en open access.

Serval dans le temps

Les premières réflexions autour du projet Serval ont commencé en 2006. En 2008, le DEE a mis en production une application nommée BIB, qui permettait la saisie et la diffusion de publications sur leur site web. Pour ne pas réinventer la roue (première loi de l’informatique, ou presque), cette application a été adaptée afin de devenir la gestion de Serval. Parmi les modifications effectuées, nous pouvons citer comme exemple l’intégration de Fedora Commons, un système de dépôt open source pour gérer les données. Une recherche, un workflow et une validation ont aussi été ajoutés. La mise en production a eu lieu en 2009 pour l’ensemble de l’UNIL. Par la suite, des modifications ont été apportées régulièrement comme par exemple l’ajout de l’OAI-PMH, l’attribution d’URN, ou encore l’ajout de collections supplémentaires (manuscrits de la BCUL, Unimédia, partitions musicales), …

Les technologies vieillissantes et l’ajout continu de fonctionnalités ont rendu l’ensemble du produit inutilement complexe et difficilement maintenable. Il devenait urgent de procéder à une réécriture de l’ensemble. L’objectif était alors de mettre en place une base permettant de répondre aux futurs demandes, sans oublier le confort des utilisateurs en soignant particulièrement l’ergonomie des interfaces.

Pourquoi vous allez aimer le nouveau Serval

Perdu dans des listes de publications ?

La recherche va devenir le cœur de l’outil. En plus de la possibilité d’utiliser la recherche simple ou avancée, des propositions spécifiques à votre profil seront mises à disposition. Un auteur aura par exemple la possibilité de sélectionner « mes publications », ce qui remplira automatiquement le formulaire de recherche avec les critères nécessaires, avec la possibilité d’affiner ces derniers ultérieurement.

L’outil de recherche au cœur de Serval

Simplicité, modernité et clarté

Dans le futur portail, un seul bouton « Serval » permettra d’accéder à l’ensemble des fonctionnalités du dépôt institutionnel.

L’ajout d’une notice se fera de manière fluide en suivant simplement un assistant de saisie. Vous passerez automatiquement au travers de différentes étapes : la saisie des métadonnées, des documents, des liens et le choix de la visibilité. Suivant le rôle de l’utilisateur d’autres étapes pourront être présentes, comme par exemple la validation.

La saisie assistée
La saisie assistée

L’édition se fera à l’aide des mêmes interfaces, mais vous laissera naviguer librement parmi les étapes selon vos besoins.

Les applications composant le portail MyUNIL bénéficieront d’un design et d’une ergonomie unifiées. C’est donc tout naturellement que Serval suivra aussi la nouvelle charte graphique du portail.

Les notices avec un document seront présentées avec une image générée à partir de leur première page. La visibilité de cette prévisualisation sera cependant subordonnée au droit de lecture du document.

Le site https://serval.unil.ch, la face publique du dépôt

Pour les auteurs, leurs noms et prénoms seront saisis dans des champs séparés, si la publication en contient un nombre limité. Par contre pour un nombre d’auteurs et de co-auteurs élevé, la saisie par champ textuel, plus souple, restera préférée.

Ce même système de saisie dual (nom, prénom) sera aussi utilisé pour les collaborateurs, (co)directeurs et traducteurs (qui sera un nouveau champ).

La saisie des personnes, jusqu’à 5 (en haut) ou à partir de 6 (en bas)

Documents annexés

Pour chaque document principal, un maximum de 10 documents secondaires (annexes) pourront lui être ajoutés. Contrairement au document principal qui devra être un PDF pour des raisons de pérennisation, le format des documents secondaires sera plus libre (Office, images, …).

Les mises à disposition d’un document pour la communauté UNIL ou pour un public plus large pourront comme actuellement être différées au moyen d’embargos.

Un ensemble d’adresses claires pour accéder aux objets Serval sera proposé, par exemple:

  • pour une notice : https://serval.unil.ch/notice/serval:BIB_78E4EA5A315D
  • pour un document: https://serval.unil.ch/resource/serval:BIB_78E4EA5A315D.P001/REF

Côté indexation sur les moteurs de recherche (Google, Bing, …), rappelons au passage que les seuls accès pérennes garantis sont ceux utilisant les URN. Serval applique, en plus des éléments précédents, les nouveaux préceptes de Google pour améliorer l’indexation de ses contenus.

Changement majeur au niveau de la sauvegarde

Le format BIBTEXML était utilisé jusqu’à présent pour la conservation des métadonnées centrales des publications. Ce format devenait clairement trop limité en raison des multiples demandes d’ajout de champs et de fonctionnalités qui ont été effectuées au cours des années. Nous allons donc passer au format MODS, standard XML de description bibliographique.

Cette modification aura aussi eu un effet bénéfique pour l’OAI-PMH (protocole d’échange permettant à différents acteurs de « moissonner » nos données, puis de les rediffuser à large échelle afin d’assurer une meilleure visibilité des documents) puisque le MODS est devenu le format d’échange principal.

Et ce n’est pas tout

Le produit, qui sera selon nos prévisions mis en production cet automne, ne sera pas figé. Il s’agira juste d’une première version disposant des fonctionnalités fondamentales. Son évolution continuera ensuite de manière régulière au gré des demandes.