20 ans de présence de l’UNIL sur le web

par Pascal Waeber, web producer, Ci-UNIL

En septembre 1994, l’UNIL mettait en ligne son premier site web. Récit de 20 ans qui ont révolutionné la manière d’étudier et de travailler à l’UNIL.

13_web
© zak – Fotolia

Araignée contre rat : 1 à 0

« Dernier né du phénomène Internet, le serveur d’information WWW (World Wide Web) et son outil de consultation Mosaic font un tabac. Aussi bien du côté des consommateurs qui, dès qu’ils ont goûté au produit ne peuvent plus le lâcher, que des fournisseurs d’information : on dénombrait en effet plus de 3100 serveurs en juin [1994], dont 2400 sont nés depuis le début de l’année ! L’UNIL n’échappe pas à ce mouvement. Plusieurs serveurs sont en développement dans les instituts et une première page de garde UNIL est disponible. »

C’est en ces termes que le Ci annonçait les débuts de l’UNIL sur le web, par un article de Jacques Guélat paru en septembre 1994 dans notre journal papier Info-Ci, le lointain aïeul de CiNN.

13_web1994
Voici la fameuse « page de garde » version 1994, vintage au possible. On appréciera le point « Nouveautés sur ce serveur : TOUT ». Elle est affichée dans le navigateur Mosaic, l’ancêtre de Firefox.

Rappelons que le début des années 90 a vu naître simultanément plusieurs systèmes de consultation de données sur Internet, concurrents les uns des autres. Le World Wide Web développé au CERN a été ainsi en concurrence avec le système Gopher développé par l’Université du Minnesota, ou encore avec des moteurs de recherche nommés WAIS et Archie.

Gopher était le plus sérieux concurrent de WWW, c’était le combat du rat à bajoues (gopher en anglais) contre l’araignée (World Wide Web se traduisant littéralement par « toile d’araignée mondiale »). Visuellement, Gopher se présentait comme une liste de dossiers et de documents, des documents qui ne contenaient ni liens hypertextes, ni images. Il n’a pas pu lutter très longtemps contre WWW, ses liens, ses images et ses formulaires. Pour les fans de retrocomputing curieux d’en savoir plus sur cette époque, nous recommandons l’excellent site Floodgap, qui donne même accès à un serveur Gopher encore en activité.

20 ans plus tard, l’année 2014 est une date marquante de l’histoire du web. En mars on célébrait les 25 ans de l’invention du web, et on apprenait en septembre que le cap du milliard de sites web était franchi, faisant mentir ceux qui récemment encore prédisaient sa disparition prochaine au profit des réseaux sociaux. A l’échelle de l’UNIL, les chiffres actuels reflètent le même dynamisme, avec nos 600 sites qui attirent 4 millions de visiteurs par an.

13_web_nombresites
En noir, l’augmentation constante du nombre de sites web hébergés par le Ci UNIL
13_webstat
L’augmentation de la bande passante utilisée par les visiteurs de nos sites web

Plusieurs domaines sont emblématiques de l’essor du web à l’UNIL, et nous avons choisi de les illustrer en quelques dates.

L’édition de sites web : de l’artisanat à l’industrie

La communauté UNIL n’est pas uniquement consommatrice d’information sur le web, nombre de ses membres sont également producteurs de contenu : la secrétaire de département qui publie la liste des conférences à venir, le webmaster d’une association d’étudiants qui annonce la prochaine assemblée et l’enseignante qui met à jour la liste de ses publications en sont quelques exemples.

L’évolution des outils permettant de créer et mettre à jour des sites web a été considérable en 20 ans. Plusieurs simplifications successives ont ainsi permis de réduire le temps nécessaire à se former à la mise à jour d’un site.

  • 1995 : le premier cours de création de sites web dispensé par le Ci dure 3 demi-journées, lors desquels les participants sont initiés à l’apprentissage du langage HTML et au codage manuel des pages web.
  • 1997 : l’apparition d’éditeurs web visuels, qui ressemblent à un Word rudimentaire, facilite un peu la tâche. Claris Home Page, Netscape Composer et Dreamweaver se succèdent dans ce rôle, et permettent de réduire la durée du cours à 2 demi-journées.
  • 2003 : Jahia marque l’arrivée à l’UNIL de l’ère des CMS (content management system). Plus besoin d’installer un logiciel d’édition web sur le poste de travail, puisque tout s’effectue dans le navigateur. Le cours ne prend désormais plus qu’une seule demi-journée.
  • 2009 : WordPress est introduit en complément à Jahia. C’est le CMS proposé par le Ci pour les sites de conférences, projets, associations, ainsi que pour les blogs et les sites personnels.
  • 2014 : une importante mise à jour de Jahia apporte de nouvelles possibilités et une interface d’édition actualisée.

La ligne graphique web : de l’amateur au professionnel

Les premières années de la création de sites web à l’UNIL faisaient penser aux débuts de l’automobile : chaque webmaster était un créateur, avec son style propre, évoluant grandement au gré de la recherche constante d’améliorations. Et bien que nous soyons dans une université, le style de certaines de ces créations n’était pas toujours des plus académiques, et véhiculait parfois une image de gentils bricoleurs. La Direction de l’UNIL a pris conscience de la nécessité pour notre institution de se doter d’une vitrine digitale de niveau professionnel, et c’est ainsi qu’une ligne graphique web officielle a été instaurée par étapes successives.

  • 1997 : apparition de la première ligne graphique, qui se limite au site central www.unil.ch. Les sites des services centraux et facultés constituent encore un joyeux patchwork multicolore.
  • 2000 : une deuxième mouture de la ligne graphique est conçue de manière à s’appliquer également aux sites des services centraux.
  • 2003 : grâce à Jahia, la 3ème version de la ligne graphique va pouvoir être également appliquée aux sites de toutes les unités (facultés, départements, instituts, centres). Au fil des années, ces unités migrent une par une à Jahia. Ceci permet d’améliorer grandement la perception globale de la présence de l’UNIL sur le web.
  • 2005 : naissance de l’actuel logo de l’UNIL, qui fait son apparition sur tous les sites. C’est la fin de l’ère « évêque et cathédrale » qui caractérisait les 2 générations précédentes de notre logo.
  • 2007 : la ligne graphique est modifiée pour intégrer un nouveau venu, le journal en ligne, avec ses événements et actualités.
  • 2009 : introduit en complément à Jahia, WordPress est proposé pour les sites de conférences, projets et associations, qui doivent pouvoir se démarquer visuellement des sites institutionnels. La ligne graphique web officielle ne s’applique donc pas aux sites WordPress, qui peuvent toutefois exprimer leur lien avec l’UNIL par un logo.

 

17 ans d’évolution de la ligne graphique web de l’UNIL.

Les sites applicatifs pour la communauté UNIL : du stylo à l’écran

Les sites web au sens strict du terme ne sont pas les seuls à avoir modifié le quotidien des étudiants et employés de l’UNIL : plusieurs applications administratives et académiques dotées d’interface web ont aussi fait leur apparition au cours des deux dernières décennies. Sites, applications et portails réunis, voici comment s’est construit étape par étape votre bureau d’aujourd’hui.

  • 1997 : les gymnasiens ont la possibilité de se pré-immatriculer en ligne.
  • 1997 : l’Annuaire de la recherche abandonne son édition papier pour le digital, il évoluera ensuite pour devenir Unisciences.
  • 1998 : apparition du premier site d’une conférence UNIL pour laquelle les participants peuvent s’inscrire en ligne et soumettre leurs abstracts par le même canal.
  • 1999 : ParcUNIL permet d’acheter sa vignette de parcage en évitant de perdre deux heures dans une file d’attente.
  • 2003 : la Faculté de droit est la première cliente du portail MyUNIL, les autres facultés suivent le mouvement au cours des années suivantes.
  • 2004 : le web est devenu si indispensable pour les étudiants que le réseau des postes d’accès à Internet (bornes InternetUNIL) est désormais étendu à tous les bâtiments.
  • 2006 : création du dépôt institutionnel SERVAL, la solution en Open Access pour les publications de l’UNIL.
  • 2009 : l’application UNIDOC permet la consultation des horaires de cours par plans d’études.
  • 2011 : création de la communauté ALUMNIL, qui dialogue au moyen d’une solution commerciale dans le Cloud.
13_web_myunil
Les examens avant l’ère MyUNIL : des horaires et des résultats à consulter sur des panneaux d’affichage ! © S. Prada / UNIL

Le mobile, la vidéo et les réseaux sociaux : du confidentiel au mainstream

Comme nous l’expliquions il y a un an, l’histoire du web a été marquée par une multiplication de nombre de canaux de diffusion. Les sites traditionnels ont été complétés au fil des années par d’autres plateformes (réseaux sociaux, vidéos, podcasts), et cet ensemble se consomme de plus en plus sur tous les écrans, tablettes et smartphones inclus. La communauté UNIL a pu ainsi étendre sa présence en ligne, en faisant appel à d’autres outils que les sites web traditionnels.

  • 2001 : nos collègues d’Unicom débutent le live streaming de vidéos sur nos sites web, permettant de suivre les cours publics et divers événements marquants de l’UNIL.
  • 2008 : apparition du premier site web mobile de l’UNIL. Comme c’était la règle à l’époque, le site pour mobile était une version extrêmement résumée et minimaliste du site complet. Cette solution reste limitée et nous semble moyennement convaincante, raison pour laquelle on ne lui fait pas beaucoup de publicité.
  • 2009 : l’UNIL est l’une des premières universités suisses à créer sa chaîne Youtube.
  • 2012 : Unicom publie l’application SmartCampus pour iOS. Du côté du Ci, tous les sites WordPress nouvellement créés sont compatibles pour un affichage sur mobiles, grâce au responsive web design. CiNN est désormais lisible sur un smartphone.
  • 2014 : l’UNIL a atteint son rythme de croisière sur les réseaux sociaux, comme l’illustre la liste de ses présences. A la fin de l’année, les sites institutionnels Jahia seront en principe également consultables sur mobiles.
13_web_video
L’UNIL dispose de sa propre solution d’hébergement vidéo, utilisée par plusieurs de nos sites.

Demain : notre bureau en pixels

20 ans est un âge trop jeûne pour cesser d’évoluer, et le web à l’UNIL ne fait pas exception à ce principe. La migration à Exchange actuellement en cours simplifiera la gestion en ligne de nos emails, contacts et calendriers. Une nouvelle version de MyUNIL avec affichage sur mobiles est actuellement en développement.

Ce ne sont là que deux exemples parmi d’autres. Ils illustrent le fait que les écrans (petits ou grands) seront à l’avenir de plus en plus présents dans le quotidien de la communauté UNIL, qu’il s’agisse de se former, de s’informer, ou de gérer nombre de tâches administratives ou académiques.