Conférence « Genre, stars et cultures cinématographiques dans la France d’après-guerre », 15 mai 2017

Conférence « Genre, stars et cultures cinématographiques dans la France d'après-guerre », 15 mai 2017

Cette double conférence réunira deux historiennes du cinéma, pionnières dans le champ des star studies et des études de genre. Il s’agira de proposer une réflexion sur les cultures cinématographiques dans la France d’après-guerre à partir du concept de genre. Loisir privilégié, le cinéma rencontre à cette époque une ferveur populaire qui engendre de multiples pratiques prenant appui sur des supports variés : films, magazines destinés aux fans, films racontés, etc. Les deux conférences exploreront plus particulièrement deux aspects de cette culture commune : les stars – qui occupent une position centrale dans l’industrie du cinéma – et leur réception par les publics à travers le courrier des lecteurs des magazines – qui constitue à ce moment-là un lieu foisonnant de discussions entre cinéphiles anonymes. Espace privilégié de construction symbolique et culturelle du genre, le cinéma sera ainsi envisagé aussi bien du point de vue des représentations qu’il véhicule que de ses usages et appropriations par les publics.

Ginette Vincendeau est professeure en études cinématographiques à King’s College London. Elle a entre autres publié : (avec Claude Gauteur) Jean Gabin, anatomie d’un mythe (1993), Stars and stardom in French cinema (2000), Brigitte Bardot (2013).

Geneviève Sellier est professeure émérite en études cinématographiques à l’Université Bordeaux Montaigne. Elle a entre autres publié : (avec Noël Burch) La Drôle de guerre des sexes du cinéma français 1930-1956 (1996) et Le Cinéma au prisme des rapports de sexe (2009), La Nouvelle vague, un cinéma au masculin singulier (2005).

Cette conférence aura lieu dans le cadre du projet FNS : « Personnage et vedettariat au prisme du genre (gender): étude de la fabrication des représentations cinématographiques dans la France des années 1940 (fonds Claude Autant-Lara, Cinémathèque suisse) ».

Sous la direction de : Alain Boillat et Charles-Antoine Courcoux.
Equipe scientifique : Delphine Chedaleux (chercheuse senior) et Jeanne Rohner (doctorante).

La conférence se déroulera le lundi 15 mai 2017 entre 17h30 et 19h30 à l’Université de Lausanne, Anthropole salle 2106.

Programme :
« Le diable au corps ? Gérard Philipe objet du désir chez Claude Autant-Lara », Ginette Vincendeau, Professeure, King’s college Londres. Modération : Alain Boillat.
« Les usages genrés des stars à travers le courrier des lecteurs de Cinémonde dans l’après-guerre (1946-1960) », Geneviève Sellier, Professeure émérite, Université Bordeaux Montaigne. Modération : Delphine Chedaleux.

Flyer : Télécharger.

Référence : Conférence « Genre, stars et cultures cinématographiques dans la France d’après-guerre », sous la direction d’Alain Boillat et de Charles-Antoine Courcoux, UNIL, Lausanne, 15 mai 2017.

Parution du livre Jeunes premiers et jeunes premières sur les écrans de l’Occupation (France, 1940-1944) de Delphine Chedaleux

Couverture du livre.

L’ouvrage de Delphine Chedaleux Jeunes premiers et jeunes premières sur les écrans de l’Occupation (France, 1940-1944) vient de paraître aux Presses universitaires de Bordeaux. Préfacé par Pascal Ory, ce livre issu d’une thèse de doctorat reconsidère le cinéma français de l’Occupation à l’aune des représentations genrées de la jeunesse qu’il construit et véhicule pendant cette période troublée. Chercheuse FNS Senior, Delphine Chedaleux poursuit actuellement ses investigations dans le cadre de la Collaboration UNIL+Cinémathèque suisse au sein du projet FNS « Personnage et vedettariat au prisme du genre (gender) : étude de la fabrique des représentations cinématographiques (fonds Claude Autant-Lara, Cinémathèque suisse) ».

Résumé du livre : Cet ouvrage propose une exploration inédite du cinéma français pendant l’Occupation (220 films de fiction produits entre 1940 et 1944) au prisme de ses représentations de la jeunesse. À travers cinq études de cas (quatre jeunes premières – Marie Déa, Odette Joyeux, Micheline Presle, Madeleine Sologne – et un jeune premier – Jean Marais – ayant en commun de devenir des vedettes au cours de la période), l’ouvrage analyse la construction symbolique et culturelle des identités et des rapports de genre et de génération durant cette période. S’inspirant des théories et des méthodes issues des gender studies, des cultural studies, des star studies et de l’histoire culturelle, ce travail s’appuie sur l’analyse des films et de leur réception critique, ainsi que sur l’image des jeunes premiere-s dans la presse populaire de l’époque. La mise en perspective de ces représentations par rapport au contexte sociopolitique fortement bouleversé de l’Occupation révèle l’ambivalence constitutive des valeurs véhiculées par ces vedettes, travaillées par la tension entre une idéologie réactionnaire qui met en avant les femmes et les jeunes comme pivots du redressement national et un questionnement sur les places et les rôles dévolus aux femmes et aux hommes, aux jeunes et aux adultes, aux enfants et aux parents. Chacune de ces figures est en effet construite sur un tiraillement entre subversion et maintien de l’ordre (social, sexuel ou générationnel), contribuant tout autant à réaffirmer les frontières du genre et de l’âge qu’à les redéfinir. Les jeunes premier-e-s de l’Occupation séduisent ainsi un public large aux intérêts et aux sensibilités politiques divergents, à une époque où la répression politique et morale côtoie un certain relâchement des contraintes sociales et familiales.

Illustration : couverture du livre.

Référence : Delphine Chedaleux, Jeunes premiers et jeunes premières sur les écrans de l’Occupation (France, 1940-1944), Bordeaux, Presses universitaires de Bordeaux, 2016, 319 p.

Voir aussi la page des Presses universitaires de Bordeaux.

Nouveau projet FNS développé par la Section de cinéma en collaboration avec la Cinémathèque suisse : « Personnage et vedettariat au prisme du genre (gender) »

Affiche du <i>Diable au corps</i>, René Lefebvre, 1947. © Tous droits réservés/collection Cinémathèque suisse.

Élaboré par la Section d’histoire et esthétique du cinéma dans le cadre de la Collaboration UNIL+Cinémathèque suisse, le projet de recherche « Personnage et vedettariat au prisme du genre (gender) : étude de la fabrique des représentations cinématographiques (fonds Claude Autant-Lara, Cinémathèque suisse) » vient d’obtenir le soutien du Fonds national suisse de la recherche scientifique.

Ce projet dirigé par Alain Boillat et Charles-Antoine Courcoux sur une période de trois ans (2016-2019) vise à analyser, dans une perspective à la fois socio-historique, génétique et narratologique, les mécanismes de fabrication des représentations genrées dans la production cinématographique française des années 1940.

Prenant appui sur le fonds d’archives Claude Autant-Lara conservé par la Cinémathèque suisse, et déjà partiellement exploré par un autre projet FNS (« Discours du scénario : étude historique et génétique des adaptations cinématographiques de Stendhal »), l’équipe de ce projet constituée d’une post-doctorante, Delphine Chedaleux, et d’une doctorante, Jeanne Rohner, reconstituera les processus de construction des identités et des rapports de genre impliqués par des films d’Autant-Lara tels que Le Mariage de Chiffon, Le Diable au corps et Occupe-toi d’Amélie.

Illustration : Affiche du Diable au corps, René Lefebvre, 1947 (© Tous droits réservés/collection Cinémathèque suisse).

Référence : Projet FNS « Personnage et vedettariat au prisme du genre (gender) : étude de la fabrique des représentations cinématographiques (fonds Claude Autant-Lara, Cinémathèque suisse) », sous la direction d’Alain Boillat et Charles-Antoine Courcoux, 2016-2019.