Rencontre avec le Dalaï-lama, par Antoine Conforti

Si je devais nommer deux choses qui m’ont frappé lors de cette rencontre avec le dalaï-lama, ce seraient : son humilité et son ouverture.

Son humilité, parce qu’il a commencé la plupart de ses réponses par «I don’t know» (ce qui par chance ne l’a pas empêché de donner son sentiment sur les questions qu’on lui posait) et son ouverture, parce qu’il ne s’est jamais arrêté sur une question mal formulée, sur le mauvais usage d’un mot témoignant d’une mauvaise connaissance de la religion qu’il représente : il sait manifestement s’adapter à son assistance, parler en mots très simples accessibles même aux sociologues. Ce sont là deux choses dont pourraient s’inspirer les professeurs de tout bord, à mon sens, mais encore il y a une chose dont l’institution même pourrait s’inspirer : parler et laisser parler en toute franchise. Quand il commença l’une de ses réponses par «That’s a silly question !» tout le monde se mit à rire, comme par manque d’habitude : Voilà une vraie leçon de la part d’un vieil homme, la franchise, d’autant plus que ça ne l’a pas empêché d’engager un dialogue tout à fait sérieux avec son interlocuteur par après, en tentant de comprendre quelle question sage il avait cherché à poser. La franchise n’empêche pas le respect et même, sans doute, elle en est à mon sens la condition nécessaire.