Laredo loin des clichés

Sue and Radcliffe Killam Library (la bibliothèque du campus)
Sue and Radcliffe Killam Library (la bibliothèque du campus)

Les cours à TAMIU ayant gentiment commencé comme à Lausanne, je me suis dit qu’il était temps d’écrire un premier article sur la vie Texane. N’ayant encore pas assez de recul sur les cours en eux-mêmes, je préfère dédier un futur article entier à ceux-ci et vous présentez ici la vie en dehors du campus.

Me voilà donc plongé au cœur de Laredo, une ville du sud du Texas d’environ 250’000 habitants à la frontière avec le Mexique. Evidemment, sur le papier ça sonne bizarre dit comme ça « maman, papa je vais aller étudier à la frontière avec le Mexique ». Je dois avouer que moi-même je me suis d’abord laissé porter par les échos (plutôt négatifs on va dire) qui sont arrivés jusque dans nos contrées. Le fait est que heureusement (ou malheureusement selon de quel côté on se trouve) dès mon arrivée, j’ai pu voir que les divers problèmes de sécurité dont cette région est victime se situaient surtout de l’autre côté de la frontière. Comme un mauvais miroir terni qui renvoie une image déformée de la cité Texane, Nuevo Laredo nous fait face de l’autre côté du Rio Grande (oui le même dont on entend parler dans les westerns !). Les cartels de la drogue s’y font remarquer par des épisodes sporadiques de guerre ouverte en pleine rue. Du moins c’est ce que l’on entend par ici car malgré sa proximité avec sa jumelle mexicaine, la ville de Laredo est régulièrement classée parmi l’une des 20 villes les plus sûres des Etats-Unis. Il faut dire que lors de la journée d’accueil aux nouveaux étudiants internationaux, on a eu le droit à une petite présentation de la fameuse « Border Patrol » qui surveille la frontière jour et nuit avec une bagatelle de près de 1400 officiers (comprenez bien la patrouille et non la police qu’il faut compter encore en plus) équipés de toute la panoplie qu’on voit dans des documentaires : hélicoptères, bateaux, gardes armés prêts à ne rien laisser passer de suspect sur son territoire.

Si toutes ces choses peuvent faire peur au premier abord, je crois que 100% des étudiants de TAMIU seront d’accord pour dire qu’il n’y a pas une seconde où on se sent en danger ici. Laredo est en effet une ville très calme si l’on excepte l’omniprésence de ces patrouilleurs. Se situant à un peu plus de 200km de San Antonio (2e ville du Texas et la 7e des Etats-Unis), Laredo a un peu ce mauvais rôle de ville périphérique tout en étant trop éloignée pour être une vraie banlieue et donc profiter de l’influence du grand centre urbain qu’est San Antonio. Cependant, Laredo est une vraie ville américaine avec ses aspects plutôt déstabilisants lorsque l’on habite une cité européenne d’origine médiévale comme Lausanne. Le style d’urbanisme de la ville fait que vivre sans voiture ici s’avère être un réel handicap tant les énormes zones commerciales s’étalent sur des kilomètres et que dans le même temps, les transports publics sont quasi inexistants ! Le campus de TAMIU se situe au nord de la ville et s’il y a bien un bus qui passe pour nous emmener au centre-ville, les horaires de celui-ci sont plus qu’obscurs. Plus de 98% de la population de Laredo se rend au travail en voiture autant dire que ça change de Lausanne et que ça fait réfléchir sur la qualité de nos bons vieux TL qui font carrément figure de transports 5 étoiles.

Une affiche sympathique dans un bar montrant l'humour et la mentalité texane
Une affiche sympathique dans un bar montrant l’humour et la mentalité texane

En dehors de ces petits soucis je dois dire que je suis impressionné de la gentillesse des Texans. Il n’est en effet pas rare de voir des inconnus se faire des compliments ou bien vous adressez la parole pour passer le temps. En plus de cela vous pouvez rajoutez un personnel aux petits soins pour les étudiants internationaux. Dès notre arrivée on est pris en charge par 2 mentors ainsi que par les employées du bureau des étudiants en échange qui s’assurent que tout se passe bien et qui organisent une grosse quantité d’événements sur et hors le campus.

Au final toutes ces choses donnent un certain charme à cette ville du sud des Etats-Unis. Comme la plupart des universités listées dans les accords ISEP, on vit une expérience assez éloignée des gros clichés sur les universités américaines même si ceux-ci sont tout de même présents à une moindre mesure sur ce campus. On découvre une autre Amérique que celle qu’on nous présente très (trop) souvent dans les médias et c’est certainement ce qui rend cette expérience encore plus particulière dans ces contrées. Une chose est sûre, on s’y attache très vite.