Un deuxième semestre au Texas

Un deuxième semestre au Texas

Après un premier semestre de découvertes, me revoilà pour un nouvel article. Le temps m’ayant manqué ce semestre-ci, ce sera un article résumé de mon voyage d’il y a quelques semaines, vu qu’il s’en est passé des choses depuis le temps mais rassurez-vous, les fajitas et autres ont toujours la même délicieuse saveur par ici.

J’ai pu profiter de ma semaine de vacances entre-temps. Vous savez le fameux « Spring Break » qui nous apparaît comme un véritable ovni et qui est en même temps un cliché de la culture universitaire américaine. Je vais certainement en décevoir beaucoup ici en affirmant que non, je ne m’y suis pas initié à la manière d’une série télévisée. En revanche, j’ai eu l’immense plaisir de découvrir ce si bel état grâce à un « petit » road trip. Austin, puis Houston, ont été mes destinations pendant ce voyage vraiment magnifique. Le résultat ? Des souvenirs et des images plein la tête, si vous hésitiez encore à partir au Texas, je vous dirait une seule chose: foncez!

La 6th Street d'Austin.
La 6th Street d’Austin.

Austin, première étape du voyage après environ 3h30 de route depuis Laredo. Ville pas aussi connue que ne le pourrait être Houston ou encore Dallas et pourtant… C’est certainement celle qui a le plus de charme. Capitale de l’état du Texas, la ville abrite une université gigantesque près du centre ville (UT Austin) ainsi que la fameuse « 6th Street » dans laquelle se trouve une vraie ribambelle infinie de bars et autres cafés à l’ambiance décontractée. De la musique aussi, beaucoup de musique ! Presque chaque bar de la 6th Street propose en effet de la musique live jouée par un groupe. Le musicien que je suis n’a pas besoin de grand chose de plus pour qualifier cette ville de véritable paradis. En plus de ça, cerise sur le gâteau, les gens de cette ville sont incroyablement sympathiques. Les sourires dirigés vers mes amis et moi se succèdent de l’autre côté de la vitrine d’un bar devant laquelle un chanteur enchaîne les reprises avec sa guitare. Et derrière nous, le barman enchaîne les blagues et les questions en entendant notre accent « vous n’êtes pas d’ici », avant de remplir nos verres tellement vite qu’on se demande comment on va lui faire comprendre qu’il va falloir partir à un moment donné. On continue à remonter la 6th Street en enchaînant différents concerts, toujours invités par le sourire des musiciens. On s’assied tout devant, provoquant d’autres blagues et remarques de la chanteuse d’un groupe: « Brave souls sitting in the front! You must be already deaf, cheers guys! ».

Le Capitole de l'état du Texas à Austin.
Le Capitole de l’état du Texas à Austin.

On aurait bien voulu que le petit matin n’arrive jamais mais pas le temps de se reposer, le Capitole de la ville d’Austin nous attend. Siège du pouvoir fédéral au Texas, c’est un immense dédale de galeries, bureaux et hommages au « Lone Star State » que nous parcourons. Une façon de mesurer aussi la puissance politique et la fierté des habitants de cet état. On termine notre visite en passant par le campus de UT Austin et son gigantesque stade ainsi que son musée sur l’histoire du Texas.

C’est le cœur gros que je quitte Austin après 3 jours, avec la promesse d’y revenir tellement cette ville m’a marquée. 2h30 de route nous séparent de la grande métropole Texane: Houston. Une immense étendue urbaine (la plus grande des USA) de plus de 2 millions d’habitants. On est presque effrayés en se retrouvant dans un autoroute à 6 voies alors que le centre se trouve encore à près de 20 kilomètres. La ville est en effet connue pour être un endroit où la voiture personnelle est légion dans les déplacements.

Le centre de Houston déserté pendant la nuit.
Le centre de Houston déserté pendant la nuit.

Vu l’étendue, on le comprend presque même si ça étonne les Européens que nous sommes. Le centre-ville y est beaucoup moins animé la nuit; nous sommes dans un grand centre financier et industriel. Une autre ambiance donc mais on ne cache pas notre plaisir à contempler cette véritable fourmilière humaine pendant la journée. Passage quasiment obligé de la ville: le NASA Space Center. Vous savez bien « Houston nous avons un problème ». Une autre démonstration de l’influence du Texas sur la culture américaine. C’est l’endroit même où de brillants chercheurs et autres passionnés travaillent toute l’année sur les différentes missions de la NASA. On y trouve également une exposition avec différent thèmes avant l’inévitable visite d’une des fameuses salles de contrôle que l’on a tous vu à la télévision.

La salle de contrôle de la mission de la station spatiale internationale au centre de la NASA
La salle de contrôle de la mission de la station spatiale internationale au centre de la NASA

Beaucoup d’enfants y vont plusieurs fois dans l’année, c’est donc aussi un petit marché des rêves et même nous y prenons goût. Puis le lendemain c’est Chinatown qui nous attend. Une véritable petite Chine à l’intérieur de Houston avec son architecture qui reste toutefois très américaine. On y va surtout pour ses restaurants bons marchés mais délicieux. C’est dans un buffet à gogo que nous trouvons refuge avant le voyage du retour. Une belle occasion de prendre quelques kilos.

Puis après ces 5 jours, c’est le moment du retour vers Laredo et nos chaumières respectives. On ne se trouve pas à l’extrême nord de l’état du Texas en étant à Houston, mais même comme ça, ce sont plus de 5 heures qui nous séparent de TAMIU… Une façon de se donner un ordre d’idées sur la taille et les distances dans ce pays où tout est plus grand, surtout pour moi le petit Suisse du voyage. C’est aussi l’occasion rêvée de passer par le Texas profond en évitant les grandes villes.

Paysage dans la campagne de l'Est du Texas
Paysage dans la campagne de l’Est du Texas

Malgré notre tristesse de voir ce voyage s’achever, on ne peut pas s’empêcher de s’émerveiller devant l’immensité des campagnes par lesquelles on passe. On se croirait dans un vrai road movie ! J’ai aussi l’occasion de répéter un peu mon cours d’histoire du Texas du premier semestre en m’arrêtant sur le champ de bataille d’une des confrontations de la guerre d’indépendance du Texas non loin de la petite ville de Victoria. Le lieu même où une garnison de soldats Texans se sont rendus aux hommes du général Mexicain José de Urrea, pensant à tord pouvoir être épargnés. Les massacres successifs de soldats Texans par des Mexicains donneront la rage de vaincre nécessaire à Sam Houston et ses hommes pour finalement vaincre l’armée Mexicaine lors de la bataille de San Jacinto. On revit l’exploit de ces héros qui ont forgé l’identité de cet état pas comme les autres.

Puis après ces morceaux d’histoire et de paysages… C’est la fin. On arrive à Laredo un peu avant le coucher du soleil avec cet impression de revenir à la maison après un long voyage. Étudier 2 semestres à l’étranger c’est aussi ça: se créer un deuxième chez soi à des milliers de kilomètres de la Suisse. C’est avec un tout autre regard sur le Texas que j’achève gentiment mon semestre ici en voyant les semaines s’égrainer.

Comme le disait Jerry Jeff Walker (un célèbre chanteur de Country) dans une de ses chansons:

Keep Texas beautiful

Keep Texas free

Keep her wild and natural

Just the way she ought to be

Les cours made in USA à TAMIU

Les cours made in USA à TAMIU

Howdy Lausanne !

Voilà maintenant quelques mois que les cours à TAMIU sont déjà bien entamés dans leur programme. Les examens finaux arrivent bientôt avec leur lot de stress mêlé à une excitation étrange, qui nous rappelle aussi qu’un séjour dans une université étrangère signifie également: étudier (si si je vous jure), avant un retour en Suisse qui ne sera que provisoire pour moi étant donné que mon échange durera deux semestres.

Les cours justement parlons-en. En commençant ceux-ci, on se rend bien vite compte que l’expérience d’un séjour à l’étranger dans le cadre d’études universitaires, va bien au-delà du simple « échange culturel ». Les cours en eux-mêmes sont donc une véritable nouveauté en tout cas pour ce qui est des Etats-Unis. Comme d’autres blogueurs qui sont allés étudier en Amérique du Nord, j’ai d’abord été surpris par le nombre de cours à prendre qui est bien plus bas qu’en Suisse. Et pour cause, avec « seulement » 5 cours ce semestre-ci, attendez vous à crouler sous les lectures obligatoires ! Entre 100 et 200 pages par cours et par semaine. Etant étudiant en Lettres, j’avais évidemment pris l’habitude d’enchaîner les lectures mais à un rythme plus irrégulier.

Fort Alamo à San Antonio, théâtre de la résistance de Texans contre les troupes Mexicaines en 1836
Fort Alamo à San Antonio, théâtre de la résistance de Texans contre les troupes mexicaines en 1836

Être un étudiant aux USA est donc très différent. Ici on privilégie la régularité notamment par le biais d’un nombre très bien réparti d’évaluations tout au long du semestre (qui sont évidemment basées sur les lectures). Autant dire que la présence à chaque séance d’un cours est quasi-obligatoire. On est loin de la liberté académique à l’européenne mais c’est un mal pour un un bien on va dire. En revanche, certaines situations peuvent paraître assez étranges à un étudiant européen comme lorsque votre professeur annonce à tout le monde lors du premier cours « j’aimerais que vous ne vous leviez pas pendant le cours donc allez aux toilettes avant ! » ou bien encore l’interdiction formelle d’utiliser son ordinateur portable dans certains cours (même pour prendre des notes !). Encore une fois, ce n’est pas dérangeant et on s’y fait vite surtout qu’on se rend rapidement compte que cette image quelque peu stricte n’est qu’une façade. L’ambiance des cours est en effet très détendue, nos chers professeurs n’hésitant pas à enchaîner les blagues quitte à raconter carrément leur vie pendant un cours sous les éclats de rire des étudiants. Ceux-ci sont d’ailleurs encouragés à prendre la parole en tout temps pour donner leur avis et aussi faire monter leur note de participation par la même occasion.

L'UNIL a les moutons; TAMIU a les daims ! Il n'est pas rare d'en croiser des dizaines sur le campus surtout en fin de journée.
L’UNIL a les moutons; TAMIU a les daims ! Il n’est pas rare d’en croiser des dizaines sur le campus surtout en fin de journée.

Autre chose qui frappe: le contenu des cours. Partir à l’étranger c’est aussi l’occasion d’assister à des cours avec des sujets qu’on ne trouverait pas à Lausanne. J’ai par exemple un cours sur la littérature anglaise d’espionnage qui est extrêmement intéressant. On étudie les principaux ouvrages de la littérature d’espionnage depuis les premiers romans d’avant-guerre jusqu’à la guerre froide et l’inévitable James Bond de Fleming.

Ajoutez à tout cela le cadre génial de Laredo et son climat qui atteint encore parfois les 30° au mois de novembre et vous êtes de suite prêts à attaquer toutes ces lectures !

Laredo loin des clichés

Laredo loin des clichés
Sue and Radcliffe Killam Library (la bibliothèque du campus)
Sue and Radcliffe Killam Library (la bibliothèque du campus)

Les cours à TAMIU ayant gentiment commencé comme à Lausanne, je me suis dit qu’il était temps d’écrire un premier article sur la vie Texane. N’ayant encore pas assez de recul sur les cours en eux-mêmes, je préfère dédier un futur article entier à ceux-ci et vous présentez ici la vie en dehors du campus.

Me voilà donc plongé au cœur de Laredo, une ville du sud du Texas d’environ 250’000 habitants à la frontière avec le Mexique. Evidemment, sur le papier ça sonne bizarre dit comme ça « maman, papa je vais aller étudier à la frontière avec le Mexique ». Je dois avouer que moi-même je me suis d’abord laissé porter par les échos (plutôt négatifs on va dire) qui sont arrivés jusque dans nos contrées. Le fait est que heureusement (ou malheureusement selon de quel côté on se trouve) dès mon arrivée, j’ai pu voir que les divers problèmes de sécurité dont cette région est victime se situaient surtout de l’autre côté de la frontière. Comme un mauvais miroir terni qui renvoie une image déformée de la cité Texane, Nuevo Laredo nous fait face de l’autre côté du Rio Grande (oui le même dont on entend parler dans les westerns !). Les cartels de la drogue s’y font remarquer par des épisodes sporadiques de guerre ouverte en pleine rue. Du moins c’est ce que l’on entend par ici car malgré sa proximité avec sa jumelle mexicaine, la ville de Laredo est régulièrement classée parmi l’une des 20 villes les plus sûres des Etats-Unis. Il faut dire que lors de la journée d’accueil aux nouveaux étudiants internationaux, on a eu le droit à une petite présentation de la fameuse « Border Patrol » qui surveille la frontière jour et nuit avec une bagatelle de près de 1400 officiers (comprenez bien la patrouille et non la police qu’il faut compter encore en plus) équipés de toute la panoplie qu’on voit dans des documentaires : hélicoptères, bateaux, gardes armés prêts à ne rien laisser passer de suspect sur son territoire.

Si toutes ces choses peuvent faire peur au premier abord, je crois que 100% des étudiants de TAMIU seront d’accord pour dire qu’il n’y a pas une seconde où on se sent en danger ici. Laredo est en effet une ville très calme si l’on excepte l’omniprésence de ces patrouilleurs. Se situant à un peu plus de 200km de San Antonio (2e ville du Texas et la 7e des Etats-Unis), Laredo a un peu ce mauvais rôle de ville périphérique tout en étant trop éloignée pour être une vraie banlieue et donc profiter de l’influence du grand centre urbain qu’est San Antonio. Cependant, Laredo est une vraie ville américaine avec ses aspects plutôt déstabilisants lorsque l’on habite une cité européenne d’origine médiévale comme Lausanne. Le style d’urbanisme de la ville fait que vivre sans voiture ici s’avère être un réel handicap tant les énormes zones commerciales s’étalent sur des kilomètres et que dans le même temps, les transports publics sont quasi inexistants ! Le campus de TAMIU se situe au nord de la ville et s’il y a bien un bus qui passe pour nous emmener au centre-ville, les horaires de celui-ci sont plus qu’obscurs. Plus de 98% de la population de Laredo se rend au travail en voiture autant dire que ça change de Lausanne et que ça fait réfléchir sur la qualité de nos bons vieux TL qui font carrément figure de transports 5 étoiles.

Une affiche sympathique dans un bar montrant l'humour et la mentalité texane
Une affiche sympathique dans un bar montrant l’humour et la mentalité texane

En dehors de ces petits soucis je dois dire que je suis impressionné de la gentillesse des Texans. Il n’est en effet pas rare de voir des inconnus se faire des compliments ou bien vous adressez la parole pour passer le temps. En plus de cela vous pouvez rajoutez un personnel aux petits soins pour les étudiants internationaux. Dès notre arrivée on est pris en charge par 2 mentors ainsi que par les employées du bureau des étudiants en échange qui s’assurent que tout se passe bien et qui organisent une grosse quantité d’événements sur et hors le campus.

Au final toutes ces choses donnent un certain charme à cette ville du sud des Etats-Unis. Comme la plupart des universités listées dans les accords ISEP, on vit une expérience assez éloignée des gros clichés sur les universités américaines même si ceux-ci sont tout de même présents à une moindre mesure sur ce campus. On découvre une autre Amérique que celle qu’on nous présente très (trop) souvent dans les médias et c’est certainement ce qui rend cette expérience encore plus particulière dans ces contrées. Une chose est sûre, on s’y attache très vite.

Danny Parchao

Danny Parchao

Salut à toutes et à tous ou bien plutôt « Howdy! » comme on dit par ici. Je me présente, Danny Parchao, 23 ans, étudiant en 3e année de bachelor en lettres DB Histoire et Anglais. En fréquentant les bancs de l’université comme beaucoup je me suis posé la fameuse question « faut-il partir ? » à laquelle on va dire que chacun trouve sa réponse correspondant à ses besoins même si évidemment tout le monde vous dira que c’est une chance unique de vivre une belle expérience. Etant étudiant en Anglais, la question ne se posait presque pas tellement la réponse était évidente.

C’est donc avec un certain entrain que je me suis lancé dans les interminables démarches administratives (j’espère que je ne décourage personne ici) me menant finalement à partir étudier pour la Texas A&M International University de Laredo au Texas. Plus qu’une année d’études aux USA c’est surtout l’occasion de vivre dans un endroit ou 2 cultures se rencontrent car oui, je sais très bien qu’en me lisant tout le monde aura déjà tapé le nom de la ville qui héberge mon université d’accueil et tout le monde aura remarqué qu’il s’agit d’une ville frontière avec le Mexique. Impossible de passer à côté des clichés avant d’arriver sur place mais quitte à pouvoir écrire un blog, je trouvais que ma destination l’occasion idéale de montrer une partie différente de l’Amérique que celle que l’on voit des films.

J’espère pouvoir vous captiver avec mes histoires de Cowboys et de Fajitas !

Danny