Résumé ateliers 2011-2012

En 2011 et 2012, Nathalie Chèvre et Suren Erkman ont co-organisé, avec le soutien de la Fondation Montagu, des ateliers sur les micropolluants. Le but de ces ateliers était de réunir les acteurs des groupes spécifiques de micropolluants « autour d’une table » et de discuter des solutions concrètes pour une gestion plus « durable » de ces substances chimiques, afin d’instaurer des changements de politiques publiques, du cadre législatif et du comportement des consommateurs.

Pour chacun de ces événements, la participation était d’environ 60 personnes avec une importante représentation des administrations lausannoises, vaudoises, genevoises mais également d’autres régions de Suisse romande. Le succès de ces ateliers montre l’intérêt que suscite la problématique de la micropollution, et ceci pour différents corps de métiers.

Bien que le problème des risques liés aux micropolluants soit encore une problématique académique où la recherche est « en train de se faire », plusieurs mesures, autres que l’amélioration des STEP, ont été proposées lors de chacune de ces journées.

La première mesure essentielle est d’assurer une passerelle de communication entre les différents acteurs concernés par la problématique: recherche, industrie, administration, et les professions libérales. Par une plateforme et des rencontres régulières chacun pourra partager les expériences faites dans le cadre professionnel et rencontrer les chercheurs pour suivre l’évolution de la recherche. En effet, avec des ateliers d’une journée, il a été difficile de mettre en avant des solutions concrètes pour chacune des thématiques. Ces journées ont plutôt initié un processus de mise en réseau, de sensibilisation et de discussion. Il faut se donner le temps pour la communication et la réflexion.

Une autre mesure essentielle serait d’intégrer dans la formation, le cursus universitaire, les hautes écoles et les écoles professionnelles, cette problématique qui entoure nos produits de consommation quotidiens. Afin que les générations futures intègrent la notion de Doucement la dose (si bien trouvée par le réseau energie-environnement.ch) et appliquent ce principe dans le cadre professionnel. Comme par exemple, l’assistant en pharmacie qui répond aux questions du client, le médecin qui prescrit les médicaments, la coiffeuse qui utilise les shampoings dans son salon, l’architecte qui prévoit des avant-toits ou encore le peintre qui nettoie ses outils sur le chantier.

Toutefois ce que chacun peut faire chez soi, c’est de retrouver une certaine mesure et parcimonie dans sa consommation quotidienne de produits chimiques.

Lors du débat public, une politicienne a avancé le problème de la lenteur de la politique en Suisse. Ainsi, afin que les politiques puissent déposer des motions dans les meilleurs délais, il faut qu’ils aient des dossiers solides avec des informations claires et concrètes. La force de la preuve qui manque encore à la problématique des micropolluants est un frein dans la prise de décision politique. Toutefois, lorsque le problème est envisagé dans sa globalité, il faudrait prendre des dispositions selon le principe de précaution sans attendre les preuves scientifiques.

D’autres part, à l’avenir, il sera fondamental de réfléchir à l’imputation des responsabilités dans le cadre des risques des micropolluants pour la santé publique et l’environnement et aux coûts engendrés par les solutions mises en place. En effet, différentes parties prenantes et acteurs sont concernés par cette problématique (industries de l’agroalimentaire, de la cosmétique, du pharmaceutique, de la construction mais également l’Etat et les politiques).

Les grands absents de ces ateliers on été les politiciens, les administrations fédérales et les industriels. Sur l’ensemble des ateliers, une politicienne était présente, deux représentants de l’administration fédérale et quelques membres de l’industrie. Ainsi, de manière générale, les décideurs et entrepreneurs de ce pays ont malheureusement manqués aux trois ateliers. Or, nous souhaitions leur présence, d’une part pour les sensibiliser à la problématique mais également pour comprendre à travers leurs expertises quelle marche à suivre mettre en place pour changer l’approche de notre société face à la chimie qui nous entoure.

Les médias bien qu’ayant été invité à chacun de ces trois ateliers n’ont également que peu répondu présents. Nous souhaitons ici insister sur le rôle d’intermédiaire et de catalyseur essentiel à tout changement sociétal et regrettons donc de ne pas avoir pu compter sur leur soutien. Pour que les politiques s’approprient le problème, il faut un contexte médiatique que nous espérions générer avec ces ateliers.

En résumé, nous pouvons dire qu’il faudrait continuer le processus de sensibilisation entamé avec ces ateliers. Il faudrait également interpeler les politiques d’une autre manière. Leur offrir une tribune devant les citoyens semble être une meilleure approche, toutefois est-ce dans le cadre académique que cela doit se faire ?

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