Bilan des discussions

Les sessions parallèles avaient pour thématique soit le domaine construit et la rénovation des bâtiments, soit les écoquartiers et leurs critères d’élaboration. Les discussions et les thèmes abordés se rejoignent à tel point que nous avons pris la décision de les présenter ensemble sous des chapitres communs. Cette grande ressemblance montre que pour la gestion de l’ancien et du nouveau dans le bâti, les solutions semblent évidentes et équivalentes. Ou alors que la thématique étant si importante, les premières étapes vers une gestion durable se trouvent peut-être dans les mesures les plus simples.

Sessions parallèles : Les micropolluants dans les écoquartiers et les micropolluants dans l’environnement construit

Une meilleure gestion des micropolluants issus du bâti passe avant tout par une meilleure formation, qui prend en compte la gestion des micropolluants sur le bâti et la sensibilisation de tous les acteurs de la construction. Il faut sensibiliser les architectes, lors de leur formation ; sensibiliser les ingénieurs et générer des nouveaux experts sur la chimie du bâtiment ; sensibiliser le maître d’ouvrage, public et privé ; sensibiliser les ouvriers par la formation professionnelle et des aides sur les chantiers ; et enfin, sensibiliser les propriétaires lors de la rénovation de leur bien.

Mais l’ancrage principal du changement peut se faire aux travers des décisions politiques: par l’attribution du terrain et du permis de construire. Un travail de fond, d’information et de concertation, devrait se faire : au niveau du projet, sur la problématiques des peintures de façade et du traitement de toiture, par exemple ; au niveau de la gestion des eaux sur le chantier, en incitant les entreprises générales et les ouvriers à prendre des mesures pour une gestion plus durable de ces eaux; et également au niveau de la gestion des eaux de ruissellement, lors de l’attribution du permis de construire dans un écoquartier par exemple.

Faut-il homologuer, légiférer, contrôler ou offrir des aides à la réalisation ?

Les communes et les bâtiments publics devraient montrer l’exemple. L’Etat a un fort potentiel incitateur et c’est un très bon moyen de communiquer vers le grand public. Ainsi, la problématique des micropolluants devrait apparaître dans les critères du cahier des charges de tous les futurs projets.

Dans les écoquartiers, par exemple, la diminution de l’utilisation de biocides devrait être inclue dans le cahier des charges pour la délégation du droit de superficie.

De plus, les cantons pourraient adopter des mesures contraignantes si les décisions fédérales tardaient dans le domaine des micropolluants.

Comment cibler les micropolluants, quels outils développer ?

Les architectes sont demandeurs d’outils pragmatiques et efficaces qui simplifient la problématique et synthétisent toutes les informations.

La labellisation est une des clefs du marché. Toutefois ce n’est pas à la recherche de créer un label, mais à un organisme indépendant et bien encadré. La SIA a déjà fait cet exercice par le passé, devrait-elle prendre le projet en main ?

La volonté politique est essentielle à la création de ces outils. Sans l’appui des politiques, les labels ne seront pas utilisés. Pour commencer, il faudrait travailler avec les scientifiques et les ingénieurs pour déterminer quelles sont les valeurs limites ou les normes à mettre en place pour les micropolluants. Puis proposer des alternatives qui permettent de réduire ces substances polluantes dans le bâti. Au delà de l’élaboration de ces outils d’aide à la décision, il faudrait fournir également un support (formation, support web) pour aider les utilisateurs à se les approprier.

L’avantage des ces outils, comme c’est le cas de SMEO et MINERGIE par exemple, est qu’ils sont en avance par rapport à ce qui se fait dans la pratique. Les architectes ou les entrepreneurs qui les utilisent peuvent donc revendiquer un concept novateur. L’émergence d’un nouveau type de marché, pourrait être le levier nécessaire au changement.

Comment épurer et maîtriser les volumes de ruissellement ?

La première mesure est de maintenir l’hydrologie naturelle dans un quartier. Il faut donc faire de la gestion à la parcelle : c’est-à-dire compenser le problème des sols imperméables par des aménagements qui permettent de diminuer le ruissellement et de limiter l’apport des eaux pluviales vers les STEP. Ces méthodes sont utilisées pour diminuer la quantité des eaux de ruissellement mais elles ont sur leur qualité un effet bénéfique collatéral. A Genève, par exemple, la gestion à la parcelle est systématique. L’infiltration est la première solution recommandée par la Confédération. Lorsqu’elle n’est pas possible, il est également envisageable de construire des bacs de rétention, des étangs ou des toitures végétalisées.

Les solutions techniques pour les eaux de ruissellement ?

Les architectes n’ont pas d’informations sur les quelques solutions techniques utilisables disponibles sur le marché. En outre, il y a encore très peu de solutions alternatives commercialisées.

La politique fédérale concernant le traitement des eaux s’est investie pour l’amélioration du traitement dans les STEP. La question de la pollution par les eaux de ruissellement a été pour l’instant mise de côté. Toutefois, dans les nouveaux écoquartiers, la gestion des eaux pourrait être pensée sur l’ensemble du quartier. Il paraît réaliste et envisageable d’intégrer des solutions techniques pour lutter contre les micropolluants à la source, dans ces quartiers.

La recherche appliquée :

Dans le domaine de la recherche, quelques instituts se penchent sur les possibilités techniques pour améliorer la gestion des eaux de ruissellement. Citons par exemple le LEESU (Laboratoire Eau Environnement et Système Urbain). Il travaille sur la limitation de fuite par un stockage temporaire, mis en place dans des espaces verts, ou des jardins publics ainsi que des petites noues. Ce n’est pas une solution recherchée pour l’infiltration. Mais cette technique permet de diminuer de moitié les volumes de ruissellement du réseau pluvial vers le réseau récepteur : par l’infiltration dans les sols et l’évapotranspiration. De plus cette expérience a démontré l’absence de traces de polluants dans ces sols après 10 ans.

http://leesu.univ-paris-est.fr

L’Hepia (Haute Ecole du Paysage, d’Ingénieurie et d’Architecture de Genève) travaille sur des solutions d’infiltration dans des substrats naturels. Ces polluants sont alors stockés dans le sol qui est un très bon filtre, et dont la microflore bactérienne agit très bien pour l’épuration. Les chercheurs travaillent également à la valorisation du déchet vert avec du charbon actif. De plus, ils vérifient s’il n’y a pas de relargage de HAP (Hydrocarbure Aromatique Polycyclique) qui sont des Polluants Organiques Persistants (POP) après le passage dans ces substrats.

http://hepia.hesge.ch/fr/rad-et-prestations/institut-intne/equipes/sols-et-substrats/

La maintenance des aménagements techniques:

Si des aménagements techniques sont réalisés, la question de leur entretien se pose inévitablement. Sur les parcelles privées, il faudrait ainsi surveiller si l’entretien se fait correctement. Pour l’instant, il n’est pas envisagé que les autorités prennent en charge les coûts et la responsabilité pour le faire. C’est pourquoi, ces aménagements devront être faits sur des espaces publics dans un premier temps.

Dans le canton de Berne, par exemple, le cadastre des eaux d’infiltration est un service qui n’a pas été supprimé. Cela permet d’avoir un historique des zones d’infiltration et à long terme de surveiller l’origine des pollutions. Une bonne mesure serait de remettre en place ces services et d’instaurer des mises en conformité pour la gestion de l’eau.

Introduction

Conclusion