Cecilia Galindo

Etudiante en fin de Master en Lettres à l’Université de Lausanne et impliquée dans la nouvelle spécialisation en Dramaturgie et histoire du théâtre, je satisfais ma curiosité et nourris ma passion pour les arts du spectacle en participant à l’Atelier critique. En m’essayant à la critique théâtrale, j’ai le loisir d’aborder le théâtre sous un regard nouveau, autre que celui d’une comédienne amatrice ou d’une étudiante en littérature. Ce que je préfère, ce sont les quelques secondes flottantes au tout début du spectacle lorsque la salle s’obscurcit et que les spectateurs retiennent leur souffle. Un moment court mais riche, qui déroule dans l’imaginaire les nombreuses possibilités que la scène peut offrir.

 

Les critiques de Cecilia Galindo:

  • La loi de McMurphy, un souffle de liberté Pour deux jours, Randle McMurphy vient semer le trouble au Théâtre du Jorat, transformé pour l’occasion en hôpital psychiatrique. L’idée peut sembler glaçante, mais les personnages de Nid de coucou, incarnés par les comédiens de la troupe franco-anglaise du Footsbarn Theatre, ont su apporter un peu de joie et de chaleur dans cette atmosphère stérilisée. ...
  • Meurtre au bal masqué Au Théâtre de Carouge, Omar Porras et sa compagnie Teatro Malandro créent pour la troisième fois La Visite de la vieille damela plus connue des pièces helvétiques. Masques, décor de carton, visions oniriques et mélodies folkloriques : la touche Porras renforce le grotesque du texte de Dürrenmatt et joue avec une théâtralité assumée. Des feuilles ...
  • L’espace d’un soir Réécriture brésilienne de Mademoiselle Julie de Strindberg, Julia raconte le rapport tumultueux et charnel entre une jeune fille blanche des beaux quartiers de Rio et un domestique noir issu des favelas. Dans cette mise en scène actuelle, Christiane Jatahy et la Cie Vertice de teatro explorent différents espaces et superposent film et théâtre. Captivant et ...
  • Des amis qui vous veulent du bien? Un couple de proches vous invite dans leur appartement pour passer une soirée entre amis. Rien de plus normal. Excepté lorsque le couple en question se mêle de votre vie privée et exhibe la sienne au point d’instaurer un malaise étouffant. Avec Vernissage de Václav Havel, Matthias Urban propose un spectacle plaisant et imagé qui ...
  • La vérité à tout prix Après Ballade en orage créée Théâtre de Vidy en 2013, Julien Mages présente Janine Rhapsodie à l’Arsenic, l’histoire d’une misanthrope qui ne supporte plus les faux-semblants et les manières de ses congénères. Un texte riche pour un spectacle comico-tragique, surprenant et parfois insaisissable.« Janine, vous avez pas vu Janine ? », demande une jeune femme ...
  • Hollywood à petit budget, pour de grands effets Avec son dernier projet Blockbuster, le jeune metteur en scène lausannois Tomas Gonzalez et son équipe explorent les grosses productions cinématographiques qui ont marqué les esprits. En pleine nature, dans les étoiles ou au milieu d’une grande ville, les spectateurs redécouvrent ces images connues avec un regard autre. Un condensé du cinéma drôle, frais et ...
  • Amour en mer, avare amer Sous des airs de croisière, L’Avare de Molière dans la relecture que propose ici Gianni Schneider est transposé en pleine mer, dans un contexte qui nous est proche. Une mise en scène originale qui fonctionne et n’enlève rien au comique de la pièce. Les rideaux s’ouvrent sur un décor maritime: sur le plateau s’érige la ...
  • Un rôle de mère avorté Porter à la scène un fait divers qui a défrayé la chronique et dont le sujet en a choqué beaucoup: voici le projet du metteur en scène suisse Dorian Rossel, que le public curieux du TPR découvrait hier soir à la Chaux-de-Fonds. Avec Une femme sans histoire, dernière création de la compagnie STT (Super Trop ...
  • La vérité mise à l’épreuve Rumeur ou fait, doute ou certitude, culpabilité ou innocence : c’est à une hésitation perpétuelle que pousse l’histoire de Doute de John Patrick Shanley, pièce saisissante que Robert Bouvier, directeur de la Compagnie du Passage, propose dans une mise en scène teintée de clair-obscur. Rien n’est tout blanc, ni tout noir, si bien que le ...
  • Théâtre mouvant, théâtre ouvert Petits mensonges, quiproquos et grossesses miraculeuses sur fond de misère ouvrière: la mise en scène d’On ne paie pas, on ne paie pas ! de Dario Fo proposée par Joan Mompart, de retour à la Comédie de Genève après un succès mérité en 2013, mène à réfléchir sur notre actualité à travers le rire et ...
  • Macbeth, argile entre les mains du metteur en scène Donner à voir la fameuse tragédie de Shakespeare à travers les retours et commentaires d’un metteur en scène hystérique : voici ce que le duo Dan Jemmett et David Ayala proposait au public du Théâtre du Jorat vendredi dernier avec son adaptation comique de Macbeth. Rebaptisée Macbeth (the notes), cette version de la « pièce ...
  • Le néant à la lueur des néons Quelque part entre la réalité et l’illusion, la dernière création d’Attilio Sandro Palese, Nobody Dies in Dreamland, invite le spectateur à suivre le parcours chaotique de deux couples à la recherche d’un paradis perdu, qu’ils ne trouveront pas. Un sujet grave traité avec humour et décalage, menant à un spectacle qui heurte par sa violence ...
  • Quand le mariage s’emmêle les bretelles Burlesque, stylisée et rafraîchie : après un succès mérité en 2012, La Puce à l’oreille proposée par L’Autre Compagnie dirigée par le metteur en scène genevois Julien George revient au Théâtre du Loup. Un plaisir pour ceux qui souhaitent voir ou redécouvrir ce réjouissant festival de quiproquos d’un mécanisme sans faille. En fond de scène, ...
  • Ensemble dans la solitude Sensuelle, drôle, émouvante et d’un esthétisme troublant: la dernière mise en scène du vaudois Denis Maillefer, d’après Seule la mer d’Amos Oz, a submergé le public du Théâtre de Vidy, après celui des Halles de Sierre. Un succès pour la première lausannoise. Sur le plateau, une structure blanche et immobile rejoint presque le plafond. Tout ...
  • Une Mercedes pour tombeau Le cadavre d’une jeune fille, un père en colère, un frère au comportement suspect et bien sûr un inspecteur : avec sa dernière création à l’Arsenic, Mercedes-Benz W123, Marie Fourquet maîtrise l’assemblage sur scène des ingrédients traditionnels du polar, tout en proposant un regard actuel sur le fait divers. Au fil des témoignages des proches, ...
  • Et si on changeait la fin de l’histoire ? Dans la dernière création de Julie Annen, une version lumineuse de La Petite Fille aux allumettes, quatre comédiens racontent et jouent les mirages d’une petite fille victime du froid et de l’indifférence. A la fin du conte, Hans Christian Andersen soufflait sur la vie de l’enfant comme sur une bougie à la flamme vacillante, mais ...
  • Révéler ce qui est caché De la peinture sur des corps nus, des mouvements au ralenti, des cris rauques et de la musique rock : c’est dans la démesure que Wajdi Mouawad a présenté le deuxième volet de sa série sophocléenne hier soir à la Comédie de Genève, en surprenant plus d’un. Le public rencontrait d’abord un Ajax déstructuré et ...
  • Exister à tout prix Après Invisibles en 2011 à la MC2 de Grenoble, le metteur en scène français Nasser Djemaï revient avec un spectacle drôle et touchant qui s’intéresse aux problèmes et aux doutes d’une jeunesse en mal identitaire. Sur un fond d’enquête policière, sept jeunes (quatre hommes et trois femmes) questionnent leur existence à travers leurs souvenirs d’enfance, ...
  • La vérité au carnaval des mensonges Les rideaux ne sont pas encore levés que des voix se font entendre. Caverneuses, comme venues d’outre-tombe, elles ne sont pas rassurantes. Des fantômes semblent hanter le Théâtre de Carouge. Puis les rideaux s’écartent et dévoilent, dans une atmosphère sombre et bleutée, l’angoisse nocturne d’un homme qui tente de faire reculer la mort, planante et ...
  • Dans l’atelier d’Hamlet Un coq qui chante Good Morning Starshine, une Ophélie aux cheveux blond platine, un Hamlet senior à la voix aussi ténébreuse que Dark Vador et « bien sûr, un frigo shakespearien », décoré avec le portrait du dramaturge anglais. Avec ce cocktail délirant mélangeant texte classique, culture populaire et réflexions contemporaines, le metteur en scène Alexandre Doublet ...
  • L’horloger meurt (toujours) deux fois Deux pièces, deux meurtres et deux suicides : dans ce diptyque macabre proposé par le metteur en scène français André Engel et représenté jusqu’au 7 décembre au Théâtre de Carouge, les spectateurs sont les témoins silencieux de grands et petits crimes. Une impression de déjà vu ? Rien d’alarmant, ce spectacle est une invitation à voir double.
  • Quand l’amour ébranle la raison Les personnages sautent et gambadent, les répliques fusent et les livres s’envolent : dans ce jeu mouvementé mené uniquement par des hommes, Galin Stoev nous livrait hier soir lors de la première au Théâtre de Vidy une lecture brillante du Triomphe de l’amour de Marivaux. Un spectacle original et réjouissant dont on se souviendra encore ...
  • Le savant de ces dames C’est un Trissotin aussi élégant que clownesque que nous pouvions découvrir ces derniers jours au Théâtre de Vidy, dans la dernière création du metteur en scène québécois Denis Marleau. L’arrivée inattendue du pédant en Vespa reflète par son humour le choix plaisant de la transposition du cadre des Femmes savantes de Molière aux années 1950 ...
  • Le procès de l’Odyssée Dans cette relecture déroutante de l’Odyssée d’Homère signée Philippe Saire, rien n’est impossible. Notre imaginaire est convoqué sous diverses formes. Se déroule sous nos yeux un spectacle hybride qui nous permet d’appréhender les aventures d’Ulysse avec une surprenante légèreté.
  • Baisers dans la pénombre En secret, entre ombre et lumière, cinq hommes et cinq femmes se laissent porter par le désir. Dans La Ronde d’Arthur Schnitzler, proposée avec sobriété par le metteur en scène genevois Valentin Rossier, les comédiens jouent l’intimité et les spectateurs s’improvisent voyeurs. Un rôle que l’on endosse sans aucune difficulté.
  • Monsieur chasse, Madame se fâche, l’amant tombe la chemise… et le pantalon ! La dernière création du metteur en scène neuchâtelois Robert Sandoz, lecture originale et dynamique du vaudeville de Feydeau Monsieur chasse !, a fait trembler les murs du Théâtre du Jorat vendredi soir. Les rires des spectateurs font partie de cette agitation, mais ce ne sont pas les seuls. Un coup de feu retentit et fait vibrer ...