Archives de catégorie : spectacle

Monsieur de Pourceaugnac

D’après Molière (texte) et Lully (musique) / Mise en scène de Clément Hervieu-Léger / Conception musicale de William Christie / Théâtre du Reflet / le 16 janvier 2018 / Plus d’infos

© B. Enguerand

Les critiques :

Bourreaux baroques

Par Aurélien Maignant
Célébrant ses 150 ans cette saison, le théâtre du Reflet accueille une comédie-ballet de Molière, Monsieur de Pourceaugnac, créée en France par Clément Hervieu-Léger, résident de la Comédie Française et l’ensemble des Arts Florissants dirigé par William Christie… [suite]

 

 

Le Loup des sables

D’après le roman de Åsa Lind / Adaptation et mise en scène de Geneviève Pasquier et Nicolas Rossier / Théâtre des Osses / du 12 au 27 janvier 2018 / Plus d’infos

© Isabelle Daccord

Les critiques :

« Papa, quand on est mort, on peut encore respirer ? »

Par Josefa Terribilini
Le Loup des sables est une pièce conçue avec le sérieux des adultes pour l’innocence des enfants. Au Théâtre des Osses, le duo Pasquier-Rossier offre une adaptation ingénieusement cartoonesque du roman de l’auteure suédoise Åsa Lind… [suite]

Leçons d’un loup

Par Marek Chojecki
« Petits contes philosophiques, pour tout public dès 5 ans » : une mention qui intrigue et qui, pourtant, est très adéquate pour caractériser Le Loup des sables[suite]

 

Quoi/Maintenant

Par le collectif Tg STAN / Théâtre Saint-Gervais / du 11 au 13 janvier 2018 / Plus d’infos

© Koenbroos

Les critiques :

Vertige de la satire

Par Thomas Flahaut
Dans Quoi/Maintenant, les belges de Tg STAN questionnent, dans un montage de deux pièces, la possibilité d’un théâtre satirique… [suite]

Le manège des vanités

Par Julia Cela
Pour la première fois, Tg STAN crée et joue entièrement en français, en donnant corps à deux textes : Dors mon petit enfant de Jon Fosse et Pièce en plastique de Marius von Mayenburg. [suite]

 

Ecritures dramatiques contemporaines / Partenariat avec Le Courrier

Deux lundis par mois, pendant l’été 2017, Le Courrier a publié le texte inédit (extrait) d’un-e auteur-e de théâtre suisse ou résidant en suisse. Aujourd’hui, L’Atelier critique propose une publication de nouveaux extraits inédits de ces pièces de théâtre, assortis d’une critique et d’un entretien avec leurs auteur-e-s.

Le Courrier

Les critiques :

Fenêtre sur rue

Par Thomas Flahaut
Sur Lettre au dealer de ma rue de Julie Gilbert [suite]

Survivre ensemble

Par Josefa Terribilini
Sur Quitter la Terre de Joël Maillard [suite]

Molière, héros tragique

Par Coralie Gil
Sur Ombres sur Molière de Dominique Ziegler [suite]

Nauséabond Edelweiss

Par Aurélien Maignant
Sur Le Rapport Bergier de José Lillo [suite]

Chez ces gamins-là

Par Lucien Zuchuat
Sur Le Projet de Luisa Campanile [suite]

« Il te va bien mon sourire »

Par Basile Seppey
Sur Baromètre de Mali Van Valenberg [suite]

Entretien avec Luisa Campanile

Par Lucien Zuchuat

Un entretien autour de la pièce Le Projet / De Luisa Campanile / Le 8 décembre 2017 / Plus d’infos

Luisa Campanile

 


Lucien Zuchuat, pour l’Atelier Critique (LZ)
: Votre pièce s’ouvre et se termine dans une salle de classe. Pourquoi avoir inscrit l’école au centre de votre réflexion ?

Luisa Campanile (LC) : Je suis moi-même enseignante et je ne peux que constater, et regretter, le lent démantèlement de l’État, la montée des inégalités sociales dont l’école se fait la vitrine. Aujourd’hui, j’ai l’impression que l’on forme des citoyens à jeter. Et ce sentiment est exacerbé chez les adolescents qui, tout en ayant une pulsion de vie fantastique, se retrouvent en proie à un monde, celui des adultes, aux codes complexes. Cette période de la vie est une période charnière délicate, faite de paradoxes de plus en plus forts, car la pression économique est aujourd’hui de plus en plus énorme, omniprésente. Et l’école cristallise ces tensions; ça me semble donc être le lieu idéal où interroger notre rapport aux autres, la fragilité de nos relations, mais aussi la validité de nos valeurs : si dans ma pièce, de nombreux élèves n’assistent plus au cours de Marie, c’est que le décalage est réel entre ce que véhicule l’enseignement, les bénéfices à en tirer, et les besoins immédiats, concrets des élèves. Être enseignant, c’est porter la responsabilité de la transmission. Dans cette pièce, justement, je pose la question du modèle de société que nous souhaitons laisser aux générations futures.

LZ : En quoi le théâtre peut-il incarner cet espace de transition et de transmission ?

LC : Pour moi, le théâtre a une vocation sociale. Le théâtre met sur scène nos représentations intérieures, qu’elles soient politiques, économiques, familiales, intimes, etc. Le théâtre est donc forcément un art « de liens », car dans la foule de ces représentations, je remarque que nous ne sommes jamais seuls. Adolescente, j’ai été fascinée par les pièces de Brecht et je garde une vive émotion d’une captation de Mère Courage, celle donnée par le Berliner Ensemble. Aujourd’hui, les référents et enjeux sociétaux ayant changé, il faut à mon avis que la dramaturgie interroge différemment la société. Personnellement, je ressens la nécessité de mettre en lumière ce qui nous arrive. Dans mon impulsion d’écriture, je pars du quotidien, car j’ai besoin de comprendre ou du moins de mettre en trois dimensions ce qui me semble peu clair, peu évident. J’espère ainsi engager une réflexion.

LZ : On sent bien, en vous écoutant, qu’à travers un questionnement sur l’éducation, votre pièce ambitionne d’interroger notre rapport au monde capitaliste. Vers la fin de votre pièce d’ailleurs, un personnage du nom de Pierre Dürr débarque dans l’école pour y vanter une nouvelle méthode d’enseignement qu’il dit plus efficace, plus optimale, usant d’un vocabulaire néolibéral qui agace Marie. Peut-on dire que votre texte est engagé ?

LC : Oui. Et d’ailleurs la première question qui se pose par rapport à cette pièce, c’est de savoir à quel public elle s’adresse. Puisqu’elle met en scène des adolescents, on pense tout de suite à une pièce pour les jeunes. Mais elle s’adresse à un public plus large, car j’interroge justement le lien entre les générations. Parler des adolescents, de l’école, est un prétexte pour parler de notre folie furieuse, de notre course vers l’avant. Le personnage de Marie porte cette critique. Dans cette société de la performance et du Big Brother, Marie n’entre dans aucune case. Tous comme les ados d’ailleurs… d’où leur difficulté à s’approprier les codes de ce monde dont la valeur centrale reste le travail. Marie est pleine de bonnes intentions, elle a encore ce qu’on appelle une vocation sociale. Mais elle est dépassée par ce qui l’entoure : ses méthodes d’enseignement ne sont pas orthodoxes, elle ne comprend pas son fils, etc. Ce sentiment d’impuissance est son drame intérieur, le moteur tragique de la pièce. Mais c’est aussi ce qui la rend authentique. Je voulais un personnage qui soit humain.

LZ : Le fait que votre héroïne soit une femme relève-t-il aussi de l’engagement ?

LC : Oui, c’est certain. Mais Marie est une anti-héroïne. Je ne voulais pas une battante, une femme engagée dans le sens politique du terme. Marie incarne l’énergie féminine dans le sens du « prendre soin », qui tient de la joie à être ensemble, une énergie très vitalisante pour qui l’exprime et aussi pour qui en bénéfice. Notre société, à mon avis, brime cette force. C’est une immense perte pour notre humanité.

LZ : Et ces valeurs sont perceptibles dans la relation que Marie entretient avec son fils, MonCœurx2. D’où vient ce nom d’ailleurs ?

LC : Son prénom se lit « Mon cœur puissance 2 ». Cela renvoie à la bombe atomique, à la logique exponentielle de propagation de ses ondes de mort. Sauf que dans ce cas-là, il s’agit d’ondes de vie, de l’énergie et de l’amour de l’enfance qu’on a tendance à perdre en route. MCx2 est un personnage étrange, décalé comme peuvent l’être les enfants précoces, et dont le franc-parler met en évidence la difficulté à être des adultes. Il apparaît sans qu’on sache trop comment ni pourquoi dans la salle de classe de Marie de sorte qu’en tant que spectateur, on ne sait plus si le récit relève de la rêverie, du souvenir ou du réel. Il entretient avec Marie un lien qui dépasse les paramètres spatio-temporels classiques. Quoiqu’il en soit, tout comme l’énergie féminine du « prendre soin » dont nous parlions tout à l’heure, l’énergie innocente et libre qu’incarne MCx2 est une charge d’espoir.

LZ : Les adultes, de leur côté, semblent avoir succombé à ces logiques d’oppression.

LC : Oui, en partie. Marie est un personnage en creux. Elle ne se sent plus en adéquation avec un monde de plus en plus exigeant et individualiste. Certes, elle a un idéal : elle croit en la vocation de la culture, mais elle sent bien que la culture ne fait pas le poids face aux nécessités économiques, aux problèmes matériels. Du coup, elle ne se sent plus légitime dans son rôle d’enseignante. À deux doigts du burn-out, elle cherche tant bien que mal à ne pas se laisser emporter par la dépression du monde. Son mari, lui, a déjà abandonné : il s’est retiré, n’arrivant plus à suivre. En écrivant ma pièce, je ne cherchais pas à désespérer le spectateur, ni à attirer ses bons sentiments. Oui, mes personnages sont dépossédés de leur énergie de vie. Oui, je me situe du côté des perdants. Mais je tiens à ce qu’ils restent lucides quant à leur état et aux enjeux qui les piègent pour qu’ils puissent témoigner de ce qui leur arrive.

LZ : Pour autant, cela ne veut pas dire que tout est désespéré. La fin de la pièce est surprenante à cet égard : Marie agit violemment en frappant un élève, comme si les vannes de la frustration s’ouvraient soudain.

LC : C’est qu’elle est attaquée en premier lieu. Giuseppe, tout juste viré de son stage, vient la trouver à l’école. Et, comme cela arrive souvent chez les adolescents, il déverse sa colère sur une personne qu’il apprécie. Giuseppe brutalise Marie ; elle se défend. Mais en même temps, elle sait qu’en s’en prenant physiquement à son élève, elle sera renvoyée de l’école et qu’il pourra, lui, profiter de sa position de victime pour récupérer un stage. C’est une forme d’ultime sacrifice. Mais y avait-il, sincèrement, une autre issue pour Marie ? Pour le moment, je n’arrive pas à imaginer autre chose. Peut-être que je lui ai demandé de faire avec la violence de notre temps.

LZ : La poésie tient une place à part dans votre pièce : les élèves citent du Walt Whitman, MCx2 rédige un court poème. Cette forme d’écriture représente-t-elle une voie de secours ?

LC : L’hégémonie de la rapidité, de la parole d’ostentation a entamé notre capacité au recul, à la gratuité. Il me semble qu’il est important d’ouvrir un espace psychique dans lequel on peut se retirer, se relier à soi, des bulles à partir desquelles interroger le monde. La poésie est ce bercement qui permet aux personnages de se retrouver, de prendre du recul sur ce qui les entoure. Mais j’avoue que je suis encore à la recherche de la bonne forme. Je doute beaucoup lorsque j’écris et je me réjouis de voir si ma pièce passera l’épreuve de la scène. Vous savez qu’en tant que personne de la deuxième génération de migrants, je n’ai pas de relation forte à la langue d’un territoire. Alors, j’invente et j’occupe la langue de l’entre-deux. Je crée, mais avec des doutes. Même quand je me parle, j’ai l’impression de faire des fautes (rires). En bref, il n’y a pas d’évidence dans la langue, surtout si l’on se trouve en conflit avec le modèle de l’école. C’est le cas des adolescents que ma pièce représente. Dans le choix de leur langue, je voulais m’éloigner du réalisme, des « chelou », et autres « véner ». Je tenais à éviter toute stigmatisation par la parole, à sortir des ghettos. Il me fallait leur donner une langue à eux, une langue étrange, à inventer donc.

LZ : Dernière question : comment avez-vous choisi le titre de votre pièce ? « Le Projet » pour décrire un monde qui en semble privé, c’est pour le moins ironique.

LC : Je voulais un truc banal, du genre jargon néolibéral : « Quel est ton projet de carrière ? ton projet de vacances ? », « Votre problème de couple vient du fait que vous n’avez pas le même projet». Aujourd’hui, la langue du management a colonisé notre vie intérieure. Et puis paradoxalement, ce mot de « projet » révèle une béance : pour la plupart des individus, se projeter est anxiogène. C’est même devenu un luxe ; seuls quelques chanceux, au sommet de la hiérarchie sociale, peuvent regarder l’avenir avec sérénité et faire des projets pour les dix prochaines années. Je voulais un titre qui réunisse l’idée de précarité, avançant masquée, et l’illusion de la toute-puissance qu’offre le modèle néo-libéral. Enfin, je cherchais à distinguer projets et rêves, ces derniers instaurant une autre temporalité, bien éloignée de celles des objectifs à atteindre. Je crois que l’impact de l’économie sur le réel et le langage nous emmerde profondément. Alors je cherche le rêve. Mon projet.

Entretien avec Julie Gilbert

Par Thomas Flahaut

Julie Gilbert (© Le Duck)

Julie Gilbert (© Le Duck)

Un entretien autour de la pièce Lettre au dealer de ma rue / De Julie Gilbert / Le 14 décembre 2017 / Plus d’infos


LES MOTS, LE VOLCAN
Le 14 décembre 2017, dans un bar du quartier des Grottes, à Genève.

Thomas Flahaut, pour l’Atelier critique (TF) : Dans ta Lettre au dealer de ma rue, une femme occidentale s’adresse à un étranger. Le « je » se dessine dans le creux du « tu ». Dans cette distance, la manière dont cette femme-là dit, se joue quelque chose de politique. Comment as-tu lié, dans l’écriture, ta réflexion formelle, par rapport à des impératifs politiques qui, peut-être, précèdent l’écriture ? Pourquoi le choix de la lettre, d’une forme aussi adressée ?

Julie Gilbert (JG) : Le point de départ est réel, c’est la cohabitation permanente avec les dealers qui sont en bas de chez moi, avec cet autre qui n’est pas défini puisqu’il ne cesse pas de changer. Ce n’est jamais le même dealer. Cet autre est indéfini, mais il est noir, et il deale. De plus, il me reconnaît. Il ne me propose jamais de drogue, il sait que je vis ici et protège mon environnement. Je trouvais étrange cette espèce de proximité avec quelqu’un que l’on n’identifie pas. J’avais besoin de prendre la parole, mais je ne pouvais pas simplement m’adresser à lui. Le lendemain, le surlendemain, j’aurais dû réitérer ça. La dimension épistolaire, ce côté injonctif vient de là : j’essaie par la parole de savoir qui tu es, de savoir dans quelle situation nous sommes tous les deux. La dimension politique du texte, c’est que cette situation est une métaphore de la politique suisse. Une situation a priori hallucinante, mais qui ne pose pas de problème ici. La cohabitation des dealers et des enfants dans un même espace, la cour d’école et ses environs. Comme Française, j’ai d’abord été outrée, mais j’étais la seule. Alors j’ai tenté de comprendre. Je m’adresse à cet être indéfini, mais aussi à la Suisse. J’essayais de comprendre comment fonctionne la pensée suisse par rapport à l’espace public.

TF : La société a quand même quelques suspicions. Tu racontes notamment l’installation de caméras de surveillance. Justement, c’est à cette occasion qu’une solidarité nouvelle s’exprime, celle des résidents autour d’un « représentant des dealers ».

JG : Il y a comme des sursauts. Je parle surtout de Genève, des Pâquis où j’ai toujours vécu ici. C’est un quartier qui est double, à la fois un terrain de jeu pour la Suisse romande, où on deale beaucoup, et un quartier dans lequel vivent des familles dont les enfants vont à l’école. Dans les grilles de l’école, les dealers cachent de l’ecstasy. Ces gars qui traînent près de l’école ne viennent jamais emmerder les mômes. Au contraire, ils surveillent mes enfants. Ce qui se joue, c’est au-delà de la morale. Ces dealers arrivent d’endroits où ils ont une famille, une structure de vie. Ils ne peuvent pas faire autre chose. Pour moi, ce texte est aussi une réponse à toutes les violences à l’encontre des étrangers, en Suisse et en Europe. Rappeler que derrière les stéréotypes, il se passe des choses beaucoup plus complexes.

TF : C’est ce que tu fais en amenant le personnage du représentant des dealers. J’observe avec lui une forme de retournement de la figure négative du migrant véhiculée par des médias sensationnalistes. Le migrant, dans ce discours dominant, fait peur. L’opinion lui donne un pouvoir politique, celui de nuire. Ce représentant des dealers, tu lui donnes une capacité politique positive, celle de penser avec les autres résidents le devenir de son quartier.

JG : Il y a quelque chose d’utopique ici. Je ne sais pas comment ça s’est passé. Les dealers se réunissent et désignent un représentant pour l’assemblée de quartier, pour dire qu’ils sont contre l’installation de caméras de vidéosurveillance. Ce qui m’intéresse, c’est la capacité de repenser un espace commun sur des bases pragmatiques et non morales. La dimension utopique, c’est d’imaginer comment on peut imaginer de nouvelles manières de cohabiter.

TF : Le rôle du texte littéraire est donc d’abord de révéler une hypocrisie, de dire que les gens négocient déjà dans cet espace commun qu’est le quartier, malgré la morale dominante. Cela peut-être aussi d’appeler à aller plus loin dans ces utopies qui sont déjà en germe ?

JG : Souvent dans mon écriture, j’ai un double mouvement contradictoire. D’un côté, je suis horrifiée qu’il y ait de la dope dans les préaux. Et de l’autre, je sais très bien que ce ne sont pas les dealers qui sont responsables de cette situation, qu’ils tentent au contraire de faire au mieux. Mon adresse, elle est à la société. Je tente de poser cette question : comment donner la possibilité à des gens comme eux de faire autre chose que vendre de la drogue ? En Suisse, ça semble inéluctable : tu es un clandestin, noir, alors tu vends de la drogue. Pour moi, c’était primordial que ce texte ne puisse pas être récupéré par des anti-étrangers. Lorsqu’il y a quelques années, les réfugiés ont commencé à affluer, j’ai cru que c’était une chance pour notre société. Que cela nous pousserait à changer. Aujourd’hui, devant la violence avec laquelle on traite ces gens, je suis très pessimiste.

TF : Dans ton texte, ce que tu nommais « utopie » l’emporte sur ce pessimisme. La société permet à ces hommes d’être des hommes qui choisissent, participent à la vie de la communauté. Dans ton texte, le « Je » occidental tente de ne jamais écraser le « tu » de l’étranger. Mais pourquoi, spécifiquement, avoir choisi l’écriture théâtrale, pas la prose ou une autre forme, pour tenter ça ?

JG : Je dis mes textes. L’idée que la parole puisse être prise en charge par par une comédienne ou un comédien ne se pose pas. Il y a ma colère d’abord, c’est de là que ça part. Le fait de pouvoir dire un texte, c’est comme une prise de position politique. Je définis mon geste plutôt comme une prise de parole devant la cité, que comme théâtre.

TF : Comme ces gens qui prennent la parole sur des bancs publics dans un coin de Hyde Park ?

JG : Il y a quelque chose de cette dimension-là. Ces dernières années, j’ai écrit plusieurs monologues de ce genre. C’est une manière de dialoguer avec des choses qui me révoltent. Je ne vois pas d’autre forme pour faire cela. Je tente toujours partir de moi pour aller vers l’autre. C’est ce chemin que je fais dans l’écriture. C’est pour moi l’endroit le plus juste pour raconter ce que j’ai à raconter.

TF : Quels autres textes ?

JG : J’aurais préféré avoir un flingue, sur une lanceuse d’alerte, que j’ai lu aux Intrépides, ce printemps à Avignon. Dans Outrage ordinaire, un texte que j’ai écrit sur la migration, il y avait déjà ce principe d’adresse. Mais il était plus poétique. Je partais toujours de moi, l’Occidentale, pour aller explorer l’autre, l’étranger. Mais cet autre était indéfini. La lettre au dealer de ma rue et J’aurais préféré avoir un flingue décrivent des personnes et des situations réelles. Ce qui m’intéresse c’est aussi la dimension documentaire. Je pars de la réalité. Lettre au dealer de ma rue a été écrit alors que j’étais à Avignon, à préparer une résidence en Guinée avec Hakim Bah. Hakim voulait que tout le monde écrive sur la migration. Il nous a montré un film, un Passe-moi les jumelles qui était tourné dans ma rue. C’était l’histoire d’un Guinéen qui acceptait l’aide au retour. On le voit dormir dans le parking derrière mon immeuble, traîner près du préau. Cet homme avait une identité, ce qui m’a permis de m’adresser à lui dans mon écriture. Ça me permettait d’être reliée à une réalité. Ces textes sont chevillés au réel. J’essaye de pousser jusqu’au bout les images. Pour voir si ça grince, si on supporte.

TF : Une volonté de créer un choc ?

JG : De secouer. Un ami dit : « tes textes, c’est comme des volcans. Ça commence tout doux, tout doux et puis d’un coup, on se le prend dans la gueule ». Ce qui m’intéresse, c’est ce moment où ces choses habituelles, ces images, deviennent dérangeantes, provoquent quelque chose.

TF : En lisant, je voyais ton écriture se chauffer, aller petit à petit vers cette extrémité dont tu parles. Est-ce que ce moment-là te surprend toi-même pendant l’écriture ? Est-ce que tu le cherches ?

JG : C’est vraiment pour ça que j’écris.

 

Entretien avec Dominique Ziegler

Par Coralie Gil

Un entretien autour de la pièce Ombres sur Molière / De Dominique Ziegler / Le 8 décembre 2017 / Plus d’infos

Dominique Ziegler


Coralie Gil, pour l’Atelier
critique (CG) : Pourquoi avez-vous choisi de traiter de cette thématique maintenant ?

Dominique Ziegler ( DZ) : Le problème éternel dont j’avais envie de parler dans cette pièce, c’est le problème de l’artiste et de son rapport au pouvoir. Molière était protégé par le roi et il a profité de cette situation privilégiée pour faire ce qu’il estimait être la mission du théâtre, à savoir, comme il l’explique dans le premier placet au roi, en préface du Tartuffe : de « corriger les hommes en les divertissant » . C’est cette démarche-là qui m’intéresse, celle qu’on devrait toujours avoir, nous les artistes, à l’heure actuelle. Aujourd’hui, en tout cas en Occident, la religion n’est plus aussi importante que du temps de Molière, mais elle est remplacée par l’économie et par d’autres types d’intérêts. Le geste de Molière est toujours important pour nous. Il a toujours une portée et c’est pour cela que je me suis intéressé à cette histoire.

CG : Votre point de départ était donc cette problématique centrale du rapport entre l’artiste et le pouvoir?

DZ : C’est de là que je suis parti, oui. L’histoire du Tartuffe et de sa censure m’avait toujours beaucoup intrigué mais je n’ai trouvé finalement que très peu de documents sur le sujet. Ce sont les préfaces de Georges Couton dans les anciennes éditions de la Pléiade qui m’ont beaucoup aidé. Elles sont très documentées, notamment au sujet de la place de l’Eglise dans la société de Molière, par exemple l’intérêt financier d’y faire sa carrière. Il est aussi question de l’hypocrisie, tolérée par une branche du catholicisme. Il valait parfois mieux mentir par omission et défendre une vérité plus profonde plutôt que de faire preuve d’une franchise mal placée. C’est aussi là que j’ai trouvé les documents du curé Roulé par exemple, qui appelle au bûcher pour le cas Molière. Et tout ce qui concerne la Compagnie du Saint Sacrement[i] qui a eu une grande importance à l’époque de Molière.

CG : Et Racine et Corneille se sont aussi prononcés contre Molière ?

DZ : Oui, mais pour d’autres raisons que la Compagnie du Saint Sacrement. J’ai un peu romancé cette affaire. En fait, ce qui m’intéressait, c’était un sujet toujours d’actualité, à savoir jusqu’où va le courage politique de certains artistes et où il s’arrête. Racine et Corneille n’ont pas défendu Molière, ils l’ont vraiment laissé tombé. Ensuite, je tisse des liens et même si je ne distingue plus vraiment les choses que j’ai lues de celles que je suppose, je sais qu’il y avait une vielle querelle entre Église et Théâtre. On était entré dans une zone de tolérance grâce à Richelieu, Corneille en était le défricheur, Molière le successeur et Racine l’héritier. Et Molière mettait le bazar avec son Tartuffe. C’est la raison première pour laquelle ils l’ont abandonné : pour des questions pragmatiques plus que pour des questions morales. Et donc, à nouveau, on peut en retirer quelque chose actuellement. Quand je fais une pièce de théâtre historique, j’essaie de voir en quoi elle nous parle maintenant. Cela ne m’intéresse pas de faire quelque chose de muséifié, de minéral et de dire : « Regardez comment c’était avant ! ». Non, c’est toujours intéressant maintenant.

CG : La forme versifiée s’est-elle imposée dès le début ?

DZ : Oui. J’avais envie de parler de cette histoire et comme j’avais déjà fait un certain nombre de pièces en prose sur d’autres thèmes, je trouvais qu’il était important de me renouveler. Même si tous mes textes tournent autour du pouvoir, je tente quand même de me diversifier dans les thèmes et dans la forme. L’idée était aussi de tenter de faire un hommage à Molière. Je n’ai pas fait un pastiche ou un exercice de style, ce sont mes vers à moi avec ma façon de faire les vers, mais tout en essayant de respecter les règles classiques de l’alexandrin le mieux possible. Certains critiques ont beaucoup aimé la pièce et l’ont très bien comprise mais ont dit : « Ah les vers contemporains de Dominique Ziegler ! », mais mes vers ne sont pas du tout contemporains, dans la mesure où il n’y a aucun mot ultérieur à l’époque de Molière, j’ai vérifié. Je fais moins d’inversion que Molière et il y a beaucoup de passé composé dans mes vers, je pense que c’est ce qui donne cette impression de contemporanéité. Les dramaturges classiques utilisent plutôt le passé simple. D’où le fait que mes vers soient plus accessibles. Ceux de Racine ou de Molière sont évidemment mieux que les miens mais ils sont aussi plus compliqués à saisir directement à l’oreille. Il s’agit d’une autre langue et d’un autre temps. Donc voilà, c’était un effet très involontaire de ma part : j’ai essayé de respecter les règles mais malgré moi mes vers ont une accessibilité plus grande. C’est peut-être aussi ce qui a fait le succès de la pièce.

CG : A partir de votre point de départ, cette histoire de l’interdiction du Tartuffe, Molière se transforme en véritable héros tragique – quelle ironie ! D’autre part, les évènements s’enchaînent aussi très rapidement, ce qui donne l’impression, et c’est dû au format de la pièce de théâtre, que Molière est frappé de tous côtés et seul contre tous…

DZ : En effet, il ne s’agit pas d’une pièce historique à proprement parler, c’est plutôt une fiction historique. Je voulais aussi rendre hommage au théâtre. On voit une troupe en train de travailler, les querelles, les histoires conjugales et au sein de cette troupe le courage ou non d’aller jusqu’au bout de la démarche. Et l’idée était de synthétiser cinq ans en cinq actes, grosso modo. Tous les faits sont vrais mais l’enchaînement donne une impression de dynamisme et de densité parce que j’ai tout condensé en une pièce d’une heure et demie. C’est aussi un document pour donner à connaître cette partie de l’histoire de Molière. Je pense qu’il a été un héros tragique d’une certaine manière, mais j’en ai aussi rajouté un petit peu. Il devait à la fois manœuvrer, être diplomate avec le roi et dans la pièce, je le représente très véhément et j’imagine qu’il l’était si je me base sur les portraits que lui-même nous a légué : Le Misanthrope est un autoportrait assez fascinant par exemple. De même dans L’impromptu de Versailles, une pièce très importante, un des seul cas que je connaisse où un metteur en scène se met lui-même en scène en train de mettre en scène. J’ai aussi trouvé quelques éléments biographiques dans lesquels on décrit Molière comme facilement en proie à des accès de colère.

CG : Pensez-vous qu’il y ait encore des sujets inabordables et inattaquables aujourd’hui comme c’était le cas des faux dévots dans Tartuffe ?

DZ : Oui, je pense qu’il y a toujours des thèmes tabous aujourd’hui. Faire une pièce sur Israël… Ou à un niveau local critiquer le ministre de la culture, ou ceux qui donnent des subventions. Les phénomènes de courtisanerie et de ligne rouge à ne pas dépasser sont toujours là. Je ne suis pas d’accord avec la politique culturelle genevoise et je le dis de temps en temps mais je sais que si je le dis trop souvent cela peut poser problème. Personne n’est à l’abri. C’est ce que je voulais montrer avec Molière, il est très héroïque mais il est quand même obligé de faire des concessions et d’aller chez telle duchesse qu’il a critiqué juste avant. C’est le phénomène vieux comme le monde du rapport de l’artiste au pouvoir.

Entretien avec José Lillo

Par Aurélien Maignant

Un entretien autour de la pièce Le Rapport Bergier / De José Lillo / Décembre 2017 / Plus d’infos

José Lillo

 


Assis à la terrasse d’un café, à Lausanne, le metteur en scène et acteur genevois José Lillo revient avec nous sur l’écriture et la mise en scène de son
Rapport Bergier, une cigarette à la bouche. Après trois semaines à guichets fermés au Théâtre de Poche de Genève et quelques autres dates en Suisse, la pièce est aujourd’hui en attente de publication.

Aurélien Maignant, pour l’Atelier critique (AM) : Qu’est-ce qui vous a motivé à écrire le Rapport Bergier, plus de quinze ans après la parution définitive du rapport qui portait ce nom ?

José Lillo (JL) : Je pensais en réalité que le sujet avait été traité, fait, intégré et puis je suis allé voir une conférence organisée par des gens qui avaient participé au rapport Bergier, dix ans après. Ils témoignaient qu’en réalité le texte avait été mis au placard, que la Confédération n’avait rien organisé pour que l’information circule. Alors certes, le texte est publié, mais c’est un pavé monumental. Les documents sont disponibles en ligne mais personne ne les consulte, la population ne le sait pas. Dans certaines écoles les profs prennent l’initiative de le diffuser, mais ça arrive assez peu. Ensuite, les journalistes se comportent comme s’ils avaient traité le dossier, comme s’il n’y avait rien à ajouter. C’est ce que m’ont raconté les historiens : ils voulaient du buzz, des gros événements. Mais le rapport n’a pas apporté grand-chose aux rumeurs qui existaient déjà. Les médias ont donc été déçus et les journalistes s’en sont beaucoup plaints. Dans l’idéologie du présent, l’actualité domine et les découvertes disparaissent : un travail de continuation était nécessaire. Et quand nous l’avons monté au théâtre, nous avons constaté que les spectateurs ne connaissaient presque pas le sujet. Ils étaient choqués en découvrant tout ça. Et la troisième raison, c’est que l’UDC a fait un travail de sape considérable : il y a vraiment eu des lobbys contre le rapport Bergier.

AM : Et pourquoi au théâtre ?

JL : Parce que je pense qu’aujourd’hui nous sommes dans une idéologie esthétique, ou de divertissement. Le spectacle n’avait pas un grand argumentaire esthétique mais c’était une prise de parole simple. Je ne suis pas sans esthétique mais j’évite les démonstrations et le spectaculaire car ce serait opposer les choses, construire des binarités, le visible et l’invisible par exemple.

AM : En quoi parler du fascisme du siècle précédent fait sens aujourd’hui ?

JL : C’est une bonne question. Mettre l’histoire au passé est un piège : elle a eu lieu, elle n’a plus lieu, ce n’est pas comme ça qu’il faut réfléchir. Il y a tout un cortège de valeurs qui sont nées dans l’après-guerre, « plus jamais ça » et un refus clair du fascisme, mais en réalité c’est purement rhétorique. La poésie permet de faire des liens, sans les forcer. Je n’aime pas les vérités assénées. Je ne voulais pas produire un discours direct sur le présent : le discours c’est une parole élaborée, au carré presque, ça perd de sa force.

AM : Même si ce n’était pas autant d’actualité au moment de l’écriture de votre Rapport, le lecteur d’aujourd’hui ne peut s’empêcher d’y lire des allusions à la crise des réfugiés.

JL : C’est normal, j’écris le nez collé à l’actualité. Je parle du problème des identités, de ceux qui fuient leurs pays, nazisme ou pas. Je crois à l’universalité, du moins dans nos valeurs rhétoriques, j’ai essayé d’écrire de façon à ce que ça vaille deux fois : pour le moment historique traité et pour aujourd’hui. Les phrases devaient contenir les deux.

AM : Vous parlez beaucoup d’universalité. Le discours théâtral doit être universel ?

JL : Oui, du moins c’est un pari, un effort. En tout cas moi j’y crois, même si dans la théorie contemporaine c’est déconstruit, inversé, conçu comme une valeur purement occidentale. Il y a du vrai dans ces arguments, mais il ne faut pas démolir l’universalité pour autant. J’essaye d’écrire en ce sens, puis la scène fait épreuve : est-ce que ça parle ? Est-ce que les valeurs se partagent ? Il me semble que ça a été le cas pour Le Rapport Bergier. A déconstruire l’universalité nous perdons de la force. Il faut faire le tri, tout n’est pas universalisable, mais pourquoi cette haine des valeurs des Lumières ? Elle est héritée des penseurs postmodernes qui ont caricaturé leur pensée. Quand on se plonge dans les textes, on réalise que c’est bien différent.

AM : Les penseurs postmodernes ont souvent accompagné la déconstruction de l’universel d’un retour au subjectif, à l’individu comme mètre-étalon du monde. Que fait le Rapport du subjectif ?

JL : Dans le Rapport j’ai tout de même essayé de fonder le subjectif. Il y a des voix qui parlent, des avatars, même s’ils véhiculent mes valeurs. Après je les mets à l’épreuve : ils n’ont pas juste des opinions, pas juste des affirmations. Le collectif peut exister quand même : l’idée c’est de montrer que les choses ne s’opposent pas, que l’un peut fonder l’autre. Nous sommes des subjectivités, nous devons nous objectiver. Les choses ne s’opposent pas.

AM : On sent quelque chose de paradoxal dans la vision que la pièce a de l’individu. Il y est à la fois membre un peu dérisoire de la communauté citoyenne « écrasé par la machine juridique » et en même temps le bastion de sa subjectivité, presque irréductible.

JL : Oui c’est quelque chose qui m’intéresse beaucoup. On retrouve ce paradoxe partout dans l’actualité, notamment avec la question de l’immigration. La loi décide qu’un immigré ne peut pas rester, qu’il doit être raccompagné à la frontière. Mais il reste un humain, une vie. La bureaucratie est un lieu commun pour nous mais nous ne la percevons pas comme une aberration. On la voit comme une nécessité, parfois une violence, mais toujours une fatalité. Et la destruction juridique est grave. La loi jouit d’un statut protégé, tant qu’on la respecte tout va bien. Mais certaines lois empêchent la vie et donc, indirectement, tuent.

AM : Dans le texte, trois voix portent le nom des acteurs et prennent la parole. Qui sont-elles ? Pourquoi trois voix plutôt qu’une s’il s’agit seulement de porter un message direct ?

JL : En réalité, le projet s’est fait à l’envers. J’avais une carte blanche du Théâtre de Poche et je lisais des pièces contemporaines mais elles me tombaient un peu des mains. Puis nous nous sommes mis d’accord sur la thématique du rapport Bergier et j’avais envie de travailler avec ces trois personnes. Je suis parti d’eux, ils m’ont inspiré. Maurice (Ndlr : Maurice Aufair) d’abord, du haut de ses 80 ans, est devenu sur scène comme un témoin. Il m’a permis d’ancrer la parole dans quelqu’un qui avait vécu les événements. Les deux autres étaient plus jeunes et ont fonctionné en miroir. L’âge des acteurs, leur genre, tout ça a joué un rôle dans l’écriture.

AM : Vous utiliseriez le terme de personnage, en fait ?

JL : Pas nécessairement, c’est un terme trop polémique. En tout cas ce n’est pas une notion qui m’encombre, ce sont des voix, ça me va parfaitement. Le texte pourrait être un monologue, ou redistribué entre trente acteurs. Pourquoi pas.

AM : Le texte se donne comme trois monologues, mais il y a pourtant quelques passages dans lesquels les voix se trouvent et interagissent. Une manière de créer des espaces d’humanité ?

JL : Oui les voix sont articulées, parfois. En tout cas dans cette version. J’ai fait ça pour essayer d’alléger l’effet monologue. Mais j’ai aussi voulu que le spectateur les sente exister, soit conscient d’une présence. L’humanité c’est important. Au début de son monologue, Lola interpelle un spectateur du premier rang, un adolescent si possible. L’espace d’un instant elle en fait son amoureux, le transpose, lui dit « J’aimerais pas que ça t’arrive, à toi. T’as de la chance ». Ce genre de petites articulations étaient importantes.

AM : Quels ont été vos choix de mise en scène au Théâtre de Poche ?

JL : C’était le dernier de mes soucis, en fait (rires). L’important c’était d’arriver à créer une parole que les acteurs puissent s’approprier, de trouver l’interprétation juste. Ce n’était pas toujours évident pour eux. Ils hésitent, ils ne savent pas s’ils sont des personnages, des voix, quelle part d’eux-mêmes ils doivent mettre. Il fallait aussi ne pas leur faire violence : dans quelle mesure étaient-ils d’accord de dire ça ? Nous avons beaucoup discuté : leur propre subjectivité était-elle en accord avec le texte ? En tout cas, je n’ai pas joué au patron. Nous avons travaillé dans la douceur, sans affrontement. En fond de scène, nous avions aligné des fauteuils de théâtre, qui incarnaient une sorte de non-lieu. L’idée était de mettre la parole au centre, mais ça n’était pas très abouti. Je ne voulais pas les poser comme des spécialistes mais comme des membres du public qui auraient eu tout à coup l’envie de dire ça aux autres.

AM : Vous changeriez quoi aujourd’hui ?

JL : Avec un peu plus de moyens, je jouerais sur l’aspect multimédia. J’aimerais bien mobiliser des archives sur scène. Créer des images fantomatiques qui apparaitraient comme des réminiscences, à l’arrière de la parole. J’ai constaté que se dire les choses ensemble, ce n’était pas comme parler en privé. Ensemble, la conversation peut devenir cathartique.

AM : Vous croyez encore à une fonction cathartique du théâtre ?

JL : Oui, clairement. Enfin, modeste hein (rires) ! Mais quand même, des petits bouts arrachés. Pendant un bref moment, quelque chose est possible. Malgré toutes les différences politiques, générationnelles… tout à coup, quelque chose peut faire sens commun.

AM : La pièce travaille énormément le langage et se donne comme un objet polyphonique. Comment décririez-vous sa relation avec le véritable rapport Bergier : une récriture, une adaptation ?

JL : C’est une sorte de traduction, avec une licence totale. Au départ je pensais faire un montage. Mais je me suis heurté à la lourdeur de la langue de l’historien, qui cherche l’objectivité scientifique. Elle aurait été compliquée à faire exister telle quelle sur scène. Je considère la poésie comme une traductrice, j’ai gardé du rapport ce qui me frappait le plus. Nos connaissances sont produites par l’historien, mais je voulais voir ici ce qu’elles deviennent en nous et dans l’espace public. C’est d’ailleurs typiquement le mélange de la subjectivité et de l’objectivité : dans ces mots il y a de la connaissance et de l’individu. La parole est déjà une réception du savoir de l’historien dans une subjectivité donnée.

AM : Tous les italiques dans le texte, ce sont des reprises textuelles du rapport ?

JL : Du rapport ou d’autres sources, le dictionnaire, des chansons, des discours politiques, etc. J’aime assez mettre en exergue les éléments de langage de l’histoire. C’est une manière de faire le distinguo entre la reprise et la création verbale. L’essentiel des italiques peut être considéré comme la reprise de quelque chose qui ne serait pas immédiatement l’acte de parole sur scène.

AM : A plusieurs endroits, la parole reprise est la parole fasciste (ou fascisante) elle-même. Pourquoi la faire exister sur scène ?

JL : Pour l’inciter à comparaître. Les choses sont dites. Là, objectivement, pour le coup. Même la parole qui n’est pas nécessairement fascisante. C’est le cas du discours de Villiger (Ndlr : le discours de pardon de Kaspar Villiger du 7 mai 1995) que je reprends aussi pour montrer qu’il inverse les faits. C’est juste hallucinant ce discours. On se dit qu’à ce niveau-là, devant les journalistes, les spécialistes et la Nation entière, c’est impossible de dire des énormités pareilles. Personne ne nomme l’erreur, on continue de le citer, à l’école, dans les médias, comme un grand discours de l’histoire. Il fait croire que le tampon « J » sur les passeports des juifs était une exigence de l’Allemagne nazie alors qu’en réalité c’est le gouvernement helvétique qui l’a expressément demandé. Villiger fait croire que c’est une « concession » pour laquelle il s’excuse. Les mentalités se révèlent. Je trouve ça dingue.

AM : Finalement, Jean-François Bergier, c’est le vrai héros de la pièce ?

JL : Oui, certainement. Il a eu une histoire un peu tragique. Ce n’était pas quelqu’un qui avait une image négative de la Suisse au moment où il a été mandaté pour le rapport. Plutôt un homme de droite, pas du tout un gauchiste revanchard ou autre. En revanche, il était fondamentalement intègre. Et il s’est tellement fait injurier, humilier, attaquer… Il a eu une fin de vie difficile. Il est mort peu après la publication. J’ai voulu la pièce comme un hommage. C’est une figure qui m’a beaucoup touché. Quelqu’un qui n’était pas dans l’idéologie et qui est resté intègre jusqu’à la fin. Il y aurait une pièce à écrire sur lui.

AM : Quelles sont vos influences en termes d’écriture ?

JL : Sur ce texte particulièrement, Karl Kraus, un satiriste autrichien dont j’avais déjà mis en scène un texte La Troisième Nuit de Walpurgis, qui parlait également du nazisme. C’est pour moi l’une des plus belles plumes de langue allemande, il avait l’art de passer en jugement son époque et, dès 1933, il en appelait à une intervention européenne. C’est hallucinant. Malheureusement on le connaît assez peu aujourd’hui. Sinon, un de mes grands éblouissements a été Antonin Artaud, l’antithèse totale de Kraus. J’aime aussi beaucoup Ramuz, Céline, les écritures fortes, très caractérisées. Il y a d’ailleurs beaucoup de respirations dans le texte, d’espacements qui cherchent à briser la continuité de la parole et à créer une scansion. Je veux que les acteurs évitent d’appréhender le texte comme une linéarité.

AM : Il y a une continuité entre votre dernière mise en scène, Le Gorgias, et le Rapport Bergier ?

JL : Oui, carrément même. Avec Kraus aussi. Ce qui m’a marqué avec le discours de Villiger, c’est qu’il a été pré-écrit par toute une équipe de spécialistes, non pas en histoire, mais en marketing politique. Les excuses du pays ont été pensées par des stratèges de la parole. Dans le Gorgias on peut lire quelque chose comme « l’orateur sera toujours plus convaincant que le spécialiste ». Face à un médecin, si je parle de médecine, les gens vont me donner raison, même si je n’y connais rien. Ce texte a deux mille ans mais il est toujours d’actualité. La sophistique est encore très présente. Moi j’essaie de parler de la parole comme d’un état corporel et mental. Comment affirmer sans assener ? Il est fondamental d’arriver à trouver une posture de parole publique. Un corps dans un espace, mais qui ne soit pas spectaculaire, ultra-visible.

AM : Il y avait une part de provocation dans vos intentions d’écriture ? Certaines répliques sont fortes. Vous accusez par exemple la Suisse d’être « une exception au cœur de l’Europe, déshumanisée ».

JL : Oui, évidemment, mais avec mesure. Je ne veux pas créer du scandale pour créer du scandale. Sans en faire trop, en restant libre, c’est-à-dire sans malmener l’autre, il faut creuser là où ça fait mal. Alors ça glousse dans la salle. Ils n’ont pas aimé (rires). C’est comme l’avion, il y a des secousses, mais on arrive à bon port, tous ensemble. Malgré le côté expérimental, il n’y a eu aucun départ. J’aurais peut-être pu pousser le bouton davantage (rires). J’avais un peu peur, peur d’être contreproductif, que l’excès me fasse perdre l’écoute et l’attention. C’était un pari.

AM : Pour vous donner le mot de la fin : le théâtre aujourd’hui ? A quoi ça sert ?

JL : C’est compliqué ton histoire (rires). Ce qui m’étonne c’est l’enjeu culturel que c’est devenu. Dans un monde qui continue à être catastrophique, qui se dégrade de jour en jour, on devrait se poser plus de questions. Le théâtre aujourd’hui a trop peu d’impact sur le réel. Mais c’est très compliqué hein, la culture. Nous-mêmes on a un rapport culturel à la culture. Je l’ai découvert en dirigeant les acteurs. Il faut faire avec le rapport qu’ils ont eux-mêmes au théâtre. Parfois des bons professionnels, qui font leur boulot, mais qui se voient comme spectaculaires : j’aimerais qu’à l’avenir, nous tous, nous nous focalisions plus sur le contenu. Je n’ai pas envie de voir le théâtre devenir une espèce de messe culturelle. Nous ne sommes pas des religieux, on n’est pas là pour convertir les autres, ou pire, les cultiver… Voilà, j’ai trouvé ce que je cherche à dire (rires) : j’aimerais qu’il y ait plus de contradiction dans ce que nous faisons.

Entretien avec Mali Van Valenberg

Par Basile Seppey

Un entretien autour de la pièce Baromètre / De Mali Van Valenberg / Le 24 novembre 2017 / Plus d’infos

Mali Van Valenberg


C’est à Sion, le 24 novembre, que nous avons recontré Mali Van Valenberg.

Basile Seppey, pour l’Atelier critique (BS) : En guise d’introduction, est-ce que tu pourrais revenir un peu sur tes débuts au théâtre et ta formation ?

Mali Van Valenberg (MVV) : J’ai commencé assez tard, vers vingt ans. Au début, je faisais de la musique, de la percussion. Je suis entrée à la HEM à Genève mais le Conservatoire ne me convenait pas, j’étais coupée de mes instincts. Je crois que j’abordais la musique de manière trop théorique et extérieure. Et puis je n’étais pas suffisamment passionnée ni douée pour faire face à la pression et la concurrence du Conservatoire. A la solitude aussi. En fait, j’ai besoin de travailler à plusieurs, de me confronter aux énergies des autres, pour que ça circule. Parallèlement à mes études musicales, j’ai commencé le théâtre en classe préprofessionnelle à Genève. De toute évidence, j’y respirais mieux et je trouvais là quelque chose qui me manquait en musique. J’ai alors quitté le Conservatoire pour suivre une formation de comédienne à Paris. D’abord au Studio puis au CFA d’Asnières. Le CFA est une formation en alternance : on y joue pour des compagnies professionnelles, tout en suivant par période des stages avec différents intervenants. Cela permet d’être sur le terrain tout en étant encore dans le cadre d’une école. On peut également se faire une expérience à travers des stages dans plusieurs corps de métier liés à la scène : assistanat, lumière, son, costumes, pédagogie… Quand on s’occupe de sa compagnie, on est souvent amené à gérer plusieurs choses en même temps : la mise en scène, le jeu, mais aussi l’administration, parfois la régie, la direction technique… Et le CFA d’Asnières a été très formateur dans ce sens.

BS : Et comment s’est fait le retour en Suisse ?

MVV : Je suis restée à Paris quelques années pour jouer car certains spectacles sur lesquels j’avais été engagée comme apprentie tournaient en France. Et puis j’ai passé un casting pour un long métrage que j’ai tourné en Suisse : Ma nouvelle Héloïse, de Francis Reusser. Quelques mois plus tard, François Marin m’a distribuée dans son spectacle 2H14, de David Paquet. Par la suite j’ai eu d’autres propositions ici, donc mon retour en Suisse s’est fait de manière assez naturelle.

BS : Et maintenant ?

MVV : Il y a trois ans, j’ai monté une compagnie théâtrale en Valais : Jusqu’à m’y fondre. Nous avons créé trois spectacles : Le vieux juif blonde d’Amanda Sthers, Showroom de Suzanne Joubert et Semelle au vent. Nous préparons également le spectacle d’été en plein air de la ville de Sion et un Midi Théâtre pour la saison prochaine. Parallèlement, je continue de jouer pour d’autres metteurs en scène et me nourris d’autres univers. C’est une chance inouïe de pouvoir à la fois suivre ses propres envies et porter celles des autres.

BS : Être comédienne et auteure : comment est-ce que tu vois ces deux pratiques ? Semelle au vent était ton adaptation d’un conte d’Andersen et tu jouais aussi dans la pièce. Comment est-ce que tu concilies les deux gestes ?

MVV : Je suis avant tout comédienne. L’écriture, j’y suis venue par hasard. J’avais écrit une première pièce courte dans le cadre d’un concours inter-Conservatoires à Paris qui avait été sélectionnée et jouée au théâtre du Rond-Point. Semelle au vent est ma première pièce éditée (Lansman Editeur). J’avais envie de créer un spectacle tout public, dans lequel différentes générations peuvent trouver à rêver ensemble. C’est là que je me suis lancée dans une très libre adaptation du Compagnon de route d’Andersen. J’ai confié la mise en scène du spectacle à Olivier Werner. Nous avons commencé par une première session de répétitions en juin, au cours de laquelle j’ai entendu mon texte joué par d’autres comédiens pour la première fois. Une première semaine de chantier qui m’a permis de prendre du recul par rapport à mon texte et de l’affiner. A ce moment-là, je ne pouvais pas encore quitter ma casquette d’auteure pour me plonger dans le jeu car quelque chose n’était pas encore abouti sur le plan de l’écriture. J’ai retravaillé la pièce durant l’été. Et puis nous avons repris les répétitions fin août avec la dernière version du texte, celle qui allait être publiée. C’est là seulement que j’ai pu me concentrer sur le jeu. Aujourd’hui je suis comédienne sur le projet, comme si l’écriture de la pièce ne m’appartenait plus. Elle est désormais une matière à jouer pour tous.

BS : Pourrais-tu revenir un peu sur le projet Baromètre, que tu as aussi écrit et joué, sur ce qui t’as interéssée dans cette matière-là ?

MVV : J’ai participé à un spectacle déambulatoire dans les jardins de l’hôpital psychiatrique de Malévoz à Monthey, comme comédienne. Nous étions cinq interprètes et chacun devait prendre en charge une station de dix minutes, à laquelle s’arrêtaient des groupes de spectateurs. A Malévoz se trouve un centre culturel qui dispose d’un théâtre, de salles d’expositions et de logements pour les artistes en résidence. On y côtoie des patients, des visiteurs, des médecins, des artistes, parfois même des connaissances qui se retrouvent hospitalisées… Il y a quelque chose de troublant dans ce mélange, la frontière est ténue entre les patients et les gens de l’extérieur. A chaque rencontre, on cherche sans le vouloir à identifier à qui l’on s’adresse. Le lieu même de l’hôpital conditionne le regard à notre insu et déplace inévitablement les rapports. En écrivant Baromètre, c’est sur cette frontière-là que je voulais travailler. Si demain je suis hospitalisée, qu’est-ce qui se déplace dans le regard de l’autre, et déjà dans le mien ?

BS : Dans cette petite forme, il y a une sorte de prépondérance de la parole. Les actions, les déplacements ne sont pas de l’ordre de la didascalie mais plutôt du discours. La première didascalie décrit l’espace et la tenue vestimentaire. Sinon tout le reste est assumé par la parole…

MVV : Oui, tout est verbalisé. Dans Baromètre, celle qui prend la parole met des mots sur tout ce qui lui passe par la tête. Elle dit tout haut ce qu’elle observe, ce qu’elle fait, ce qu’elle pense que les autres pensent de ce qu’elle dit… Sa parole engendre d’autres paroles et alimente son inquiétude.
C’est ce qui arrive parfois, ce besoin que l’on a de formuler pour se rassurer, se mettre en ordre alors que paradoxalement c’est le contraire qui se produit. Il y a quelque chose de vertigineux dans le fait de vouloir tout verbaliser.
Dans Baromètre, celle qui parle est seule parmi les autres. Il est difficile de savoir quand elle se parle à elle-même et quand elle s’adresse aux autres réellement. Comme il est difficile de savoir quelle est sa part de projection dans le regard des autres.
Après, ce texte a aussi été conçu dans un contexte particulier, pour un moment de théâtre où j’allais être seule et sans technique, le seul espace que j’avais à disposition étant ce jardin de l’hôpital où je devais jouer.

BS : Ce langage, dans ton texte, s’engendre de manière très fluide et naturelle, avec des glissements de sens d’une phrase à l’autre, par rapport à un mot qui revient. Il y a une sorte de jeu avec la langue.

MVV : J’ai un rapport assez musical à l’écriture. Généralement j’écris à voix haute, j’ai besoin d’entendre la partition. Dans Baromètre, la répétition et la déclinaison des motifs induisent un rythme et donnent corps à une pensée en mouvement.
C’est un rapport à l’écriture presque physique et acoustique, je dirais. Je valide par les mots une cadence que j’entends et qui me convient, de manière organique. Peut-être que cela a à voir avec mon travail de comédienne.

BS : Comment la représentation de cette petite forme s’est-elle déroulée concrètement ? Si j’ai bien compris, le public était composé de patients et de visiteurs ?

MVV : La déambulation était ouverte à tous : patients, soignants ou visiteurs. On jouait environ cinq fois d’affilée, pour de petits groupes de spectateurs qui passaient de station en station. J’avais choisi de m’installer à une table de pique-nique qui se trouvait dans le parc et j’accueillais les spectateurs à ma table, dans un rapport très direct. Quand on se retrouve à parler à des gens dans une telle promiscuité, sans la protection des codes du théâtre, cela engendre une vraie porosité entre les personnes qui t’écoutent et toi-même. Il m’est rarement arrivé de pouvoir dire mon texte tel que je l’avais écrit, car il suscitait en direct des réactions que je souhaitais prendre en compte. Ceux à qui je m’adressais prenaient parfois la parole, prenant au vol les interrogations du personnage.
L’ambiguïté du lieu de l’hôpital comme espace de représentation et l’ambiguïté de cette prise de parole ont provoqué des réactions assez diverses, parfois de la gêne, des rires, souvent de l’empathie…

BS : Les frontières entre spectateurs et comédiens étaient donc assez poreuses. Quel rapport as-tu, toi, avec les spectateurs en général ?

MVV : Moi j’aime bien que cette frontière entre le comédien et le spectateur soit perméable. J’aime me laisser atteindre par ce qui peut venir de la salle. On parle rarement de l’énergie transmise par les spectateurs, mais elle est essentielle pour le comédien quand il joue. Evidemment ça peut être à double tranchant, car les réactions du public ne sont pas toujours porteuses. Mais se laisser atteindre par l’énergie des autres, quelle qu’elle soit, est pour moi très important. A la base de toutes représentations, il y a cet échange intime, entre humains. Fouiller l’humain et ses décalages : j’aime faire ce métier comme ça. Faire résonner les failles chez les gens.

BS : Tu viens de recevoir le prix d’encouragement culturel du Valais. Qu’est-ce que cela représente pour toi ?

MVV : Pour moi c’était un prix étonnant, inattendu. Pourquoi moi ? On n’est jamais seul à mener quelque chose dans ce métier, alors ce prix d’encouragement je le partage volontiers avec ceux qui m’entourent dans le travail.

BS : Mais cela t’encourage ? te fait plaisir ?

MVV : Ce qui est important pour moi, c’est ce suivi de l’Etat du Valais. Ils sont attentifs à l’évolution du travail de leurs artistes, de leur parcours. C’est un soutien précieux et porteur, qui n’est pas que financier.

BS : Toi qui as eu l’occasion de jouer dans beaucoup d’endroits, que penses-tu de la scène théâtrale romande et valaisanne ? Comment vis-tu le fait de jouer en Valais et en Suisse romande ?

MVV : J’ai fondé ma compagnie en Valais, parce que je viens d’ici. Je suis arrivée avec mon projet au Petithéâtre de Sion, Michaël Abbet m’a donné ma chance en s’engageant à produire mon premier spectacle. Il a été également soutenu financièrement, notamment par l’Etat du Valais et la ville de Sierre, ce qui est une aubaine pour une première création.
Quant aux différences entre le fait de jouer en Valais ou ailleurs, je n’en vois pas vraiment. J’ai peut-être l’impression qu’en Valais, les spectateurs n’ont pas vraiment d’a priori sur ce qu’ils vont voir, ils restent assez ouverts à tous types de propositions, sans se retrancher derrière de prétendues références. Je les sens curieux. En tout cas ceux qui se déplacent pour nous voir !

BS : Et quel intérêt vois-tu au théâtre en général ?

MVV : Le théâtre est un des derniers lieux où les gens se rassemblent pour ressentir des émotions ensemble. Un lieu très utopique, donc, qui repose sur le collectif. C’est ce qui fait sa force et sa beauté. Pour moi c’est déjà d’une importance folle, de pouvoir se regrouper, se rassembler.

Entretien avec Joël Maillard

Par Josefa Terribilini

Un entretien autour de la pièce Quitter la Terre / De Joël Maillard / Le 24 novembre 2017 / Plus d’infos

Joël Maillard


C’est à la Brasserie du Cygne, à Lausanne, le 24 novembre 2017, que nous retrouvons Joël Maillard pour parler de sa pièce,
Quitter la Terre.

Josefa Terribilini, pour l’Atelier critique (JT) : Comment en êtes-vous arrivé à faire du théâtre, qu’est-ce qui vous a attiré dans cet art ?

Joël Maillard (JM) : J’allais voir ma tante quand j’étais petit, qui faisait du théâtre amateur dans un village dans le canton de Fribourg. Je n’avais pas une éducation très culturelle et le contenu des pièces ne m’intéressait alors pas vraiment, mais il y avait quelque chose qui me fascinait, le fait qu’il y avait un autre monde dans le monde. Et dans ce monde-là, le monde du théâtre, avec ses décors et ses coulisses, quand l’acteur sortait, je ne comprenais pas ce qui se passait, ce qu’était la coulisse. C’était très mystérieux pour moi. C’est cela qui m’a d’abord intéressé, je crois. Et puis aussi le fait que j’avais bien compris ce qu’était un comédien, que ce n’était pas pour de vrai (je savais bien que ma tante n’était pas le personnage qu’elle jouait), mais, justement, j’y voyais un énorme danger et je n’aurais jamais pu imaginer le faire moi-même. Une fois, avec l’école, j’avais été voir Ali Baba et les 40 voleurs ; un personnage tirait un chariot qui contenait des diamants et un diamant est tombé de la scène car l’acteur a pris un virage trop sec. Un élément de l’autre monde a alors traversé notre monde et là, j’ai bien compris ce qui se passait mais j’ai quand même trouvé extraordinaire de faire autant d’efforts pour nous faire croire à quelque chose alors que personne, finalement, n’est dupe. En fin de compte, je pense que c’était le rapport à la fabrique de l’illusion, l’intérêt pour les ficelles, qui m’a attiré dans cet art.

JT : Dans Quitter la Terre, on trouve certaines préoccupations assez sérieuses en filigrane, telles que des inquiétudes écologiques, la remise en question de certains fonctionnements politiques, et puis la forme du colloque qui sert de « cadre » à la pièce est mise en place de manière très réaliste ; avez-vous eu d’autres expériences professionnelles ou effectué des études universitaires avant ou en parallèle à vos activités théâtrales ?

JM : C’est drôle parce que je n’ai pas assisté à beaucoup de colloques dans ma vie. Je n’ai pas du tout de contact avec l’université. Je suis boulanger-pâtissier, en fait. Je me suis arrêté à l’école obligatoire et puis j’ai fait des apprentissages. Je reviens à cette activité de temps en temps. En été par exemple, lorsque mes activités théâtrales sont plus calmes, il m’arrive de faire des piges en cuisine. Parfois je songe à quitter le théâtre pour redevenir boulanger, mais cette envie finit toujours par s’estomper.

JT : Et comment en êtes-vous venu à écrire des pièces ? Vous étiez-vous déjà essayé à l’écriture, sous d’autres formes, avant votre première pièce (Winkelried, en 2005) ou y a-t-il eu une sorte de déclic ?

JM : Je ne peux pas écrire autre chose que du théâtre. Quand j’étais au Conservatoire on a eu des exercices liés à l’écriture et ça m’intéressait plutôt. Mais la première fois que j’ai écrit une pièce, c’était en 2005. Je regardais les attentats de Londres à la télévision, et puis j’ai pensé à quelque chose en rapport avec ce que Tony Blair a dit à ce moment-là. Alors, j’ai pris ma caméra et je me suis filmé ; j’ai écrit en parlant, pour ainsi dire, et j’écris toujours en parlant aujourd’hui, d’une certaine manière. La parole fait partie de l’écriture pour moi. Finalement, je crois que j’ai commencé à écrire parce que j’avais vraiment quelque chose à dire.

JT : Quel est votre rapport au texte ? Et comment procédez-vous, vis-à-vis du texte, lorsque vous montez une création ?

JM : La mise en scène prime, je crois, parce que le rythme est dans la mise en scène. Les personnages, leur difficulté à raconter ce qu’ils ont à raconter et comment ils se font prendre dans leur fiction, c’est plus important que le texte lui-même. D’ailleurs, lorsque j’écris un texte, celui-ci est largement remanié et finalisé pendant les répétitions, qui est finalement une étape essentielle du processus d’écriture. En général, j’écris d’abord un premier jet, une espèce de monstre, et puis après, ce que j’aime bien faire, c’est d’éprouver ce monstre au plateau pendant une période de deux semaines à peu près. Puis, suite à cela, il y a toute une période de réécriture parce que je décèle tout plein de problèmes que j’ai du mal à repérer quand j’écris. Ensuite, idéalement, il y a un second passage au plateau où je valide le remaniement et je décèle d’autres nouveaux problèmes, ce qui aboutit à une version zéro qui est mise en jeu au premier jour de répétition.

JT : Est-ce que certains auteurs de littérature ou de théâtre vous ont inspiré, du point de vue de la recherche formelle ou des thèmes que vous privilégiez ?

JM : Je ne suis spécialiste d’aucune littérature ni de quoi que ce soit d’ailleurs. Mais mon influence littéraire majeure reste toujours ce texte de Beckett qui s’appelle Le Dépeupleur, dont je n’arrive pas à me défaire et qui se passe dans une sorte de cylindre, lui aussi. Le Dépeupleur, c’est la description d’une microsociété enfermée dans un monde clos et c’est évidemment une inspiration pour Quitter la Terre. Et puis, de Beckett, il y a aussi Compagnie, Tête morte, Premier amour, où il s’intéresse à quelque chose qui fait qu’on n’arrive pas à être, et qu’on est quand même, qu’on traverse cette existence… D’une certaine manière, je pense que Houellebecq m’influence aussi, dans sa manière de poser un regard sur nos habitudes et sur la difficulté d’être en rapport avec autrui. Et puis je n’ai pas inventé l’idée de la gravitation artificielle ; je suis intéressé par certains livres de science-fiction évidemment, comme certaines œuvres d’Asimov ou la trilogie Rama d’Arthur C. Clarke. Je pourrais parler aussi de Borges, de tous ses jeux de mises en abyme et de cette fameuse bibliothèque infinie. Toutes ces choses un peu vertigineuses qui s’amusent avec la logique. En fait, j’ai l’impression que dès que l’on me sert quelque chose qui est contre la logique, ça m’intéresse.

JT : Comment la pièce Quitter la terre s’inscrit-elle dans votre œuvre ? Dans votre « Cycle de Rien » qui comprend trois pièces (Rien voir, Ne plus rien dire et Pas grand-chose plutôt que rien), vous exploriez le thème de la disparition, il y avait à chaque fois un « élément manquant » (la parole pour un personnage, ou la vue pour les spectateurs, etc.) : dans quelle mesure est-ce que Quitter la Terre continue cette recherche autour de la disparition ?

JM : Moi, je parle finalement toujours de la même chose, de vouloir disparaître du monde, de s’y sentir mal. C’est toujours mon malaise d’homme occidental blanc du XXIe siècle qui regarde le monde à la télévision. Dans Quitter la Terre, le thème de la disparition est bien là parce que c’est une grande partie de l’humanité qui disparaît tout court, et les gens en orbite qui sont disparus pour ceux restés sur terre. Et une grande partie de la culture et de la technique disparaît aussi. C’est arbitraire et assez invivable pour les personnages. Je crois que j’avais envie que cela soit très dur pour obliger à une survie très liée à une espèce d’hyper-solidarité.

JT : En vous engageant dans cette création, aviez-vous un but à atteindre, un objectif précis ?

JM : Ce n’est pas qu’un beau matin je me réveille et je me dis que j’ai envie d’écrire cette pièce. C’est qu’un matin j’arrive à écrire un bout de quelque chose et je me dis que je pourrais tirer ce fil. Et à force de tirer des fils et de me poser des problèmes, la pièce se crée. Je découvre ce que je veux dire en même temps que j’essaie de le dire. Et c’est pareil pour la forme. D’abord, j’étais parti dans un délire assez beckettien où des gens se réveillaient en orbite dans l’espace et étaient amnésiques. Alors, je voulais comprendre pourquoi et comment ils en étaient arrivés là. Je me suis dit que, puisque comme tout le monde j’étais inquiet, la raison de tout cela était la disparition de notre espèce parce que l’humanité avait poussé trop loin le progrès technique sans comprendre le danger environnemental que cela générait. Une fois que j’avais formulé cela, je me sentais légitime d’évoluer avec une grande liberté dans cette histoire. Quant à l’idée du carton trouvé, elle m’a vraiment libéré car elle m’a permis d’avoir un alter ego, le personnage qui a inventé le projet dans la pièce. C’est un processus dramaturgique très pratique car cet alter ego peut penser beaucoup plus loin que moi, être un peu malade ou se tromper dans ses raisonnements. Cela me dédouane en quelque sorte de ne pas être spécialiste de ces questions sociopolitiques ou aérospatiales.

JT : Le spectacle s’ouvre à la manière d’un colloque qui présente les plans d’une expérience de pensée qui s’autonomise petit à petit, et l’on glisse alors dans l’illusion. Comment avez-vous réfléchi à la question de la science-fiction sur la scène ?

JM : Tout part de la logique de départ qui est que tout sort du carton, dans l’histoire de la pièce : les dessins, les maquettes, etc. Comme je suis censé avoir tout trouvé dans un vieux carton, c’est bien évident qu’il n’y a pas d’effet spécial et que le projet, proposé dans l’histoire par quelqu’un qui n’est pas du tout spécialiste de l’aérospatial, est inachevé. Par conséquent, on allait partir de toute façon sur quelque chose de « bricolé ». J’ai alors pensé à l’artiste Christian Bovey. Je lui ai demandé de nous proposer des plans et des maquettes, dans lesquels on pourrait peut-être se balader avec une caméra, par exemple. Cela s’est fait petit à petit et de manière empirique, en testant différentes choses, quitte à provoquer des anachronismes entre la date du carton et les projections sur scène.

JT : Avec ses thèmes très sérieux, Quitter la Terre est une pièce qui est aussi bourrée d’ironie, de cynisme, de clins d’œil. Quel statut accordez-vous à l’humour dans votre œuvre et comment concevez-vous la place du rire ?

JM : L’humour, c’est un parti pris. Pour moi, c’est une espèce de postulat de départ. Ce n’est pas que je veuille absolument rire quand je vais au théâtre, mais il est plus facile d’être touché quand on rit, je pense. Et l’humour facilite aussi l’accès au contenu. D’ailleurs, l’idée d’une forme de colloque m’a permis de faire beaucoup de blagues dans Quitter la Terre. Cette forme est très propice à faire des commentaires qui sortent de la narration, qui la commentent, permettent de faire des transitions. Et le colloque permet aussi une chose très pratique, c’est d’ajouter un niveau. Parce qu’on aurait pu imaginer ce même scénario en totale immersion. Mais là, je vois trois niveaux d’informations, de problèmes et de résolutions : l’immersion dans la réalité du carton et le récit des spationautes, les documents bruts où la personne qui l’a conçu explique son projet, et les commentaires du colloque. La mise en scène devait aider à cerner à chaque fois sur quel plan se situait chaque problème, aider les spectateurs à comprendre quel niveau d’information était concerné à quel moment. Après, on est arrivés à jouer avec des inter-niveaux, à rendre flou tout cela par moments, ce qui est aussi vecteur d’humour. L’ambiguïté va assez bien avec l’humour je crois.

 

JT : Savez-vous quelle sera votre prochaine création ? Est-ce qu’elle continuera la réflexion entamée avec Quitter la Terre ?

JM : J’aimerais beaucoup faire une fois Rien écrire. Ce serait une création collective qui devrait se passer sur un laps de temps assez court, en une seule étape, où des gens qui n’ont rien pour écrire ou enregistrer devraient faire tout un spectacle avec la mémoire. Tout devrait être conçu par oral et stocké dans nos mémoires. Cela rejoint une donnée de Quitter la Terre qui est que si l’on veut se raconter une histoire, il faut la réécrire. Sauf qu’ici il faudrait l’écrire mentalement uniquement. J’aime les situations très contraignantes, c’est assez plaisant.

Le Projet – extrait

De Luisa Campanile / Une pièce créée en 2017 au Centre Dramatique National de Poitou-Charentes / Extrait / Plus d’infos

4.

MARIE : Jusqu’à présent, nous avons lu quelques poètes contemporains et nous avons réfléchi au lieu de la parole. Je vous invite à avancer dans notre réflexion sur la parole comme lieu possible aujourd’hui, et le lieu comme possibilité de lien.
ALEX : Redites un peu tout ça.
JENNIFER : Rien capté.
MARIE : Ne vous inquiétez pas. Entrons dans la matière et ce sera plus clair.
CHES : Entrez profondément dans la matière, Madame. Je serai sage.
Marie se rapproche de ses élèves et lit à voix haute.
MARIE : Titre – Poème d’un jour
Eux d’un côté, nous de l’autre
Nous marchions dans le village
La place et le clocher silencieux
Les branches des cerisiers ployaient
‐ À qui sont ces cerises ?
‐ Pourrons‐nous en manger ?
Eux d’un côté, nous de l’autre
Nous avons poursuivi notre chemin
L’ombre du jour a aussitôt glissé
Roberta siffle.
CHES : Vous êtes pro comme vous lisez.
JENNIFER : Rien de rien capté.
ROBERTA : Trop, la vibration qu’elle dégage. C’est du show, ça. Dites, vous vous êtes pas trompée de métier, vous ? La télé, c’est mieux : il y a plus de gens qui vous regardent et vous devenez riche tout de suite.
ALEX : Elle a une bonne voix. Son fils à elle, il a de la chance de l’entendre comme ça, le soir, en train de bien lire. Moi aussi, ça me plairait. Après qu’on te parle dessus, toute la journée on te remplit la tête avec ça et encore ça, une voix comme ça qui te calme un peu, ça change, ça me détend tout.
JENNIFER : Le soir, tu as encore besoin de ton lait chaud, toi.
CHES : Trop mignon, le gamin.
MARIE : Cessez les chamailleries. Ce n’est plus de votre âge.
ROBERTA : Elle montre Alex. C’est lui qui a commencé.
JENNIFER : C’est vrai : dès qu’il ouvre la bouche, ça sent encore le lait. D’ici quelques minutes, Madame, vous aurez même droit à ses risettes.
MARIE : Jennifer, sortez et faites un fois le tour du parc. Et vous revenez. Si vous croisez quelqu’un dans les couloirs, vous dites que vous avez mon autorisation.
JENNIFER : Je sors ? Vous êtes sérieuse ?
MARIE : Oui.
ROBERTA : C’est pas juste. Ches et Alex, eux, ils font n’importe quoi. Alex vous parle mal, Ches, fait son numéro de Kung‐fu et de sex bomb. Et avec eux, vous êtes toute prête à applaudir. Mais, quand c’est une fille qui dit ce qu’elle pense, c’est tout de suite dehors.
JENNIFER : Accolade à Roberta. Toi, t’es quelqu’un de bien.
MARIE : Maintenant, vous pouvez sortir. Jennifer sort. Et quand Jennifer revient, Roberta, c’est à votre tour, avec la même consigne. Quelqu’un d’autre pour la promenade ? N’hésitez pas, je peux rapidement établir l’ordre de passage. Rester assis, je vous l’accorde, c’est loin d’être drôle. Profitez donc de ma proposition. Personne ? Dommage.

Le factotum apparaît, enlève la chaise de Jennifer, la rempile, puis disparaît.

5.

Apparaît MCx2 près de Marie.

MCx2 : Moins Maman‐Pilier et plus Maman‐Mobile, moins Maman‐Stressée et plus Maman‐Souple. Moins et plus à la fois, une maman qui fera crever de jalousie tous les copains. De temps en temps, ça fait du bien d’en imposer. Mais, attention, Mamantout‐ court, cette fois, tu ne devras plus jamais m’embrasser devant les copains, même si l’envie te vient tout d’un coup. Promis ?
MARIE : Je n’ai pas tout suivi.
MCx 2 : Les câlins, c’est fini, j’ai passé l’âge.
MARIE : Oui, oui, j’ai compris cette fois et promis, je n’oublie pas. C’est tout ce que tu voulais me dire ?
Silence.
Je suis fatiguée, je ne vois plus clair, ça doit être le manque de lumière.
MCx2 : Pose tes valises et prends vite tes jambes à ton cou.
MARIE : Il est là, Paul ?
MCx2 : Il est sorti faire ses trente‐trois minutes de cardio.
Au public. Paul‐papa, vous devez savoir que c’est un papa pas méchant. Juste un peu trop souvent à la maison, étendu sur le canapé, les yeux comme quand on fait un voyage intersidéral. À part ce petit truc‐là un peu spécial, il ne fait pas de mal à une mouche. Nous, on vit en ville, de toute façon, il n’y en a pas.
MARIE : Tu lui dis dès que tu le vois que je suis très remontée contre lui.
MCx2 : Tu sais pour l’école, j’ai un chiffre : on est 35 % à vouloir quitter. Tu vois, je ne suis pas le seul. Je te donne les autres chiffres à ton retour à la maison. J’ai appris plein de choses intéressantes, je suis très content. Maman‐Pilier, je t’aime, je t’aime déjà comme ça. Et puis, tant pis si tu n’es pas encore Maman‐Souple. C’est pour plus tard, quand j’aurai mangé toute ma soupe, et que j’aurai aussi enlevé le « L » blanc sur fond bleu à l’arrière de la voiture.
Ah, revoilà Paul‐Papa. Il souffle fort.
Paul apparaît tout près de MCx2. Il est habillé comme MCx2.
MARIE : Tu travailles dur ?
PAUL : Un peu.
MARIE : Tu pourais me demander comment ça va ? Si je survis ?
PAUL : Comment ça va ? Tu survis ?
MARIE : Je ne suis pas encore morte.
PAUL : Tu es très fâchée.
MARIE : Je ne peux rien te cacher, n’est‐ce pas ?
PAUL : Rien de neuf.
MARIE : Tu ne m’as appelé pour me demander mon avis.
PAUL : Quand tu travailles, je n’appelle pas.
Silence.
On se voit ce soir, de toute façon.
MARIE : Je pourrais aussi ne pas rentrer.
PAUL : Tu dis n’importe quoi.
MARIE : Je me sens trahie.
MCx2 : Non, c’est trop. Trahie ?
MARIE : MCx2, repasse‐moi ton père.
PAUL : Tu as quelque chose à me dire?
MARIE : C’est sans importance.
PAUL : C’est quoi le problème maintenant ?
MARIE : MonCoeurx2 fait ce qu’il veut et toi, tu le regardes faire du fond de ton canapé. On va où comme ça ?
MCx2 : C’est plutôt sympa qu’on me laisse faire. Moi, j’aime cette vision « détendue » de l’éducation. Maman‐Pilier, rassure‐toi, j’ai appliqué au pied de la lettre le règlement en cas d’absence. Je te communiquerai les détails, ce soir, noir sur blanc, tu vas y voir clair.
Au public. À vous adultes présents, aux rôles et fonctions variés, à vous, parents, enseignants, soignants du corps, soignants de l’âme, juges, également, je vous présenterai avec plaisir mon projet d’absence à long terme. Les lignes de force sont cohérentes, convaincantes et complètement dingues.
MARIE : MCx2, repasse‐moi ton père. Ce n’est pas à toi que je veux parler.
MCx2 : Moi, aussi, ça tombe bien. À Paul. Elle a de l’acidité qui monte, elle ne va pas bien. Promis que tu ne le prends pas sur toi ?
MARIE : Encore moi.
PAUL : Tu rentres vers quelle heure ce soir ?
MARIE : Je n’ai pas terminé. Je voulais te dire que pour venir jusqu’à mon travail, je fais face à des épreuves. Quand je travaille, je fais face à d’autres épreuves. Pour rentrer chez nous, je fais encore face à des épreuves. Tu trouves ça normal, toi ? Et pour conclure, quand je ne suis pas à la maison, le bateau prend l’eau.
PAUL : Ton concept de charge mentale, je le connais.
MARIE : Entre‐temps, qu’est‐ce que tu fais, toi ? Tu peux me le dire ?
PAUL : Je contemple.
Silence.
Tu veux me dire autre chose ?
Silence.
MCx2 : Le traffic, la pollution, les psychopathes, je vois. Toute cette masse de négativité peut créer des phobies, beaucoup de phobies, et on se retrouve à avoir peur de tout. PAN‐ Phobie. Au public. Vous avez eu peur ?
MARIE : MCx2, ton père, illico.
MCx 2 : Oui, Maman‐Capitaine. Sur‐le‐champ. Honneur à Paul‐Papa.
PAUL : Cette communication me bouffe. Je sais ce que tu vas me reprocher. J’ai encore une conscience malgré tout ce que tu peux bien penser : oui, j’avoue, je n’ai pas assez insisté auprès de MCx2 pour qu’il aille à l’école. Mea culpa, voilà, c’est bon ? Non. Non, je ne choisis pas sciemment la facilité. Est‐ce que pour cet épisode unique, tu me prépares une soirée d’enfer? Sa lettre avec ta signature, j’en sais trop rien. Vous êtes pénibles tous les deux.

MCx 2 et Paul disparaissent.

6.

Jennifer revient. Le factotum la suit. Roberta se lève et donne une accolade à Jennifer.

ROBERTA à Jennifer : Ça va ?
MARIE : Roberta, je vous en prie, c’est votre tour.
Roberta se lève.
ROBERTA : Non, pas question, je reste ici.
Silence.
Le factotum prend la chaise de Roberta et va l’empiler.
J’ai pas mes papiers en ordre, vous me sortez pas d’ici. Si je me balade dix minutes dehors et pas de chance, y a un contrôle, c’est le renvoi assuré, moi, ma famille. Et vous, ça va vous laisser mal des mois et des mois.
Face au public. Le factotum s’assied dans le public. Je sais, ça casse l’ambiance, je voulais pas parler de ma situation. Ça crée du malaise de parler vrai. Maintenant, vous savez.
Silence.
Moi, je dis que chacun a qu’à se débrouiller avec le malaise. Moi, ça fait depuis l’âge de sept ans que j’y suis tous les jours à fond dedans. Ça fait dix ans que je frôle les murs et ça m’a pas empêchée de tracer ma vie. Si quelqu’un veut que ça s’arrête, qu’il veut aller me dénoncer, il peut se lever. C’est maintenant qu’il faut le faire. Et y a pas besoin d’explication.
Silence.
Marie vient rechercher Roberta.
MARIE : Tu ne les connais pas, tu ne sais pas comment ils peuvent réagir. Tu ne trouves pas qu’on est mieux entre nous ? Tous ensemble, on va continuer.
ALEX : À jouer.
CHES : On veut jouer. Jouer, oui, jouer.
JENNIFER : Oui, jouons encore.
Alex monte sur une chaise.
Aux élèves et au public.
ALEX : Choisissons tous ensemble un jeu qui nous plaît bien : Call of duty, Assassin’s creed, Gran Turismo. Ce sont des jeux vidéos, bien sûr, mais avec un peu d’imagination, on se raconte les actions et on fait, nous, les mouvement. Compris ?
Silence.
Oh, I see. Not much fun ? Ok, ok, let’s go with another idea, yes. On se fait tous ensemble une soirée jeu. Le samedi soir, je travaille à Espace Game. Je vous invite. Le jeu qui fait trembler tout le monde en ce moment, c’est le jeu de la mafia. Pardon, petit détail : je peux pas vous inviter tous. Je peux inviter qu’une personne. Les autres, je vais voir comment on peut s’arranger entre nous. Je vais déjà choisir l’invitée, comme ça c’est fait. Vous, par exemple – il désigne quelqu’un dans le public ‐ ça vous plairait bien que je vous invite ?
MARIE : Moi ?
ALEX : Pas vous. Vous êtes trop has been. Et vous faites trop prof. Oui, j’ai choisi, vous. Vous voulez pas ? Pourquoi ? Vous avez peur de moi ? Bon, dommage. Qui, alors ?
BEATA : Moi.
Elle monte aussi sur une chaise.
CHES : Tu es sûre, Beata ?
JENNIFER : Alex, il peut faire peur.
ALEX : Oui, et dans les jeux, je dois faire peur. Mais, je sais avoir des limites. Je fais peur, but not too much.
MARIE : Vous pouvez descendre de votre chaise, Beata.
Le factotum s’approche de Beata.
C’est préférable que soyez assise.
ROBERTA : Beata, descends de ton cube. Y a pas de projecteurs, pas de poursuite. Tes grands yeux de gazelle captent rien, ma parole. Ici, y a rien, rien de rien pour faire un show qui les flambe tous.
CHES : Oh les jambes, les jambes, tenez‐moi, s’il vous plaît. Ah, Madame, comment dit‐on, quand la jambe, elle est comme ça ? Il dessine la ligne des jambes de Beata.
MARIE : Galbée.
Silence.
Excusez‐moi.
JENNIFER : Vous auriez pas dû dire. C’est pas dans votre programme.
ALEX : Où est le problème ?
CHES : Cela restera entre nous.
ROBERTA : Ce dérapage, ça peut aller loin. Vous avez de la chance de nous avoir, parce qu’on sait se taire.
JENNIFER à Ches: Petit poème d’amour et jambes galbées. Tu vois où elle en est l’autre, la pauvre ? Tout ça, à cause de tes envies de déguelasse de frustré.
Ches hurle à la lune.
MARIE : Du calme.
BEATA : Silence, s’il vous plaît. Je veux dire quelque chose.
CHES : Cause avant que je t’attrape.
BEATA : O captain ! My captain !
Our fearful trip is done.

CHES : Ça en jette. Tout le monde, il l’a là, Beata. Il montre les dents. Tu es génial.
Silence.
Je peux pas bouffer du poète, ça se fait pas de mettre la main sur une espère rare.
MARIE : Beata, vous connaissez le poème de Walt Whitmann ?
BEATA : Je ne connais que ces deux vers. Pas plus. C’est fini, merci.

Elle redescend de sa chaise. Applaudissements de la part des autres élèves, le factotum aussi.

MARIE : Notre effroyable voyage n’est pas terminé. J’aimerais revenir au poème intitulé « Poème d’un jour ». Difficile après votre succès, Beata.
Silence.
Je me sens parfois pitoyable.
Silence.
Personne ne peut manger les cerises dans le jardin.
Silence.
Ça n’est pas grave. Oui, ça arrive, ça doit être ça.

7.

Elle est sur son balcon, se penche à l’avant de devanture.

MARIE : On va finir par déménager. Le seul qui semble bien, ici, c’est MonCoeux2. Ces arbres sous les yeux, tout ce dégagement, c’est un luxe. Notre voisin, chaque fois qu’il vient prendre le café, dit que c’est le même vert que la forêt brésilienne. Ce vert, c’est vrai qu’il est dense, c’est une chance de l’avoir sous les yeux, une chance, oui, puisqu’on nous le dit. Nous ne sommes jamais allés au Brésil. Pour le moment, nous ne pouvons pas trop y penser.
Une maison à la campagne nous permettrait d’être plus calmes, plus confiants. Il faudrait choisir une maison d’époque, quand on construisait encore sur de beaux terrains. Mais à la campagne, il y a, pendant la semaine, le bruit des tracteurs et, le dimanche, le bruit des karts. Quand ils embraient avec leur gros jouet, les vaches, les pauvres, bloquent leur respiration. Tu imagines les dégâts sur nous, Paul ? Tu ne réponds pas.
Silence.
Paul, pourquoi as‐tu arrêté de douter ? Je te dis ça, parce que depuis que tu as arrêté de fumer, tu ne te poses plus de questions et tu me laisses seule sur le balcon, avec le récit de ma journée et tout cet espace, tout ce vert, devant moi. Tu ne penses pas que ça fait trop ? Silence.
Il faudrait que tu reprennes à fumer. Moi, je n’ai jamais fumé, c’est différent. Au moins autrefois, même si j’étais trop dans tes volutes bleues, grises, et malodorantes, je me sentais exister. Paul, arrête ce bruit., tu peux laisser tremper les assiettes, je m’en occupe demain. Ce soir, les assiettes qui s’entrechoquent, je ne peux pas. Tu ne veux pas que l’on sorte se promener, juste toi et moi ?
Silence.
Non, tu as raison, moi aussi, je ne suis pas convaincue.

8.

À nouveau l’espace où ont lieu les cours.
Jennifer est sur les genoux de Ches.
Marie regarde ses papiers.
Le factotum règle quelque chose. Il y a pendant un bref instant légèrement plus de lumière. Puis, noir complet. Le factotum installe alors rapidement des bougies électriques.
Marie fait signe à Jennifer de se décoller de Ches.
Roberta fait signe à Jennifer qui se lève alors et partage la chaise avec Roberta.
Marie relit rapidement à haute voix « Poème d’un jour ».

MARIE : Attelons‐nous directement à l’analyse sémantique.
Silence.
Vous connaissez ce poème.
ALEX : On l’a entendu même deux fois. Et vous voulez quoi de nous maintenant ?
MARIE : Que nous transmet donc ce poème ? Que veut‐il bien nous dire ? Je vous demande de me raconter ce qu’il raconte. Elle reprend avec conviction : « Eux d’un côté »
ALEX : « Nous de l’autre ». Vous voulez qu’on dise quelque chose là‐dessus ?
GLORIA : Alex, arrête de causer tout le temps.
JENNIFER : Sur la place de ce village, il y en a qui marchent à droite, il y a les autres qui marchent à gauche. Ça, au moins ça se comprend.
MARIE : Oui. Ensuite ?
ROBERTA : Ceux qui marchent à droite sont du village, et les autres, de l’autre côté, à gauche, sont des étrangers.
MARIE : C’est une interprétation possible.
GLORIA : Tous ceux qui traversent le village se sentent tellement étrangers qu’ils osent pas prendre les cerises. C’est dommage parce qu’aucun des deux groupes appelle le propriétaire. Quelqu’un au moins aurait pu lui dire qu’une cerise, pour lui, c’est pas beaucoup, que ce serait sympa d’y goûter, juste une.
ALEX : Attendez. Moi, j’ai compris une chose : le propriétaire, il a vu que des gens traversent le village, alors il s’est caché, comme ça, on lui demande rien. Pas bête, le gars, hein ?
GLORIA : Y a le mur qui sépare le jardin de la rue.
ALEX : Y a pas ça dans le poème. Pas vrai, Madame ?
MARIE : Cette information, de fait, n’y figure pas, c’est juste. Toutefois, nous pouvons imaginer qu’il peut bien y avoir un mur qui sépare le jardin et la rue.
ROBERTA : Quand on veut personne dans son jardin, on met des thuyas. Ou même, on construit un mur tout autour du jardin, un mur assez haut, comme ça, tout le monde qui passe devant dérange pas et peut quand mêm admirer la maison.
CHES : Il est triste votre poème, Madame.
GLORIA : Madame, le propriétaire derrière son mur, il a peut‐être mis un arbre faux, avec des cerises fausses aussi.
MARIE : Je n’y avais pas pensé.
GLORIA : Les nains de jardin, vous voyez ? C’est la même chose.
MARIE : Le propriétaire a créé une illusion d’optique ?
GLORIA : Non, je dis que les cerises sont en plâtre.
MARIE : Ah. Cela devient très étrange, certes. Passons à l’analyse de la forme pour nous mettre en quête du sens.
ALEX : Madame, dites, on peut être à ce point fou pour enlever les vraies cerises et les remplacer par des cerises en plâtre ?
GLORIA et les autres élèves : Oui. Bien sûr. Des psychopathes, y a en beaucoup et là dedans elle désigne la tête ça y va fort. T’as qu’à regarder ce qui se passe dans la vie.
Silence.
ALEX : Moi, je veux pas apprendre un truc à vous donner de drôles d’idées.
MARIE : Une fois que la lumière sera faite sur le sens de ce poème, il y a aura moins d’interprétations, moins d’émotions projetées.
JENNIFER : Madame, le propriétaire d’ici, où on est tous maintenant, est‐ce que vous le connaissez ?
MARIE : Oui. C’est l’État. S’il vous plaît, je souhaite terminer mon analyse. Continuons, je vous en prie.
JENNIFER : C’est qui l’État ?
MARIE : L’État , c’est l’État.
ROBERTA : Facile comme réponse. Donnez‐nous des noms.
CHES : Des noms, comme ça on peut chercher les visages qui vont avec.
MARIE : Vous ferez vos recherches sur Internet tout à l’heure, en dehors d’ici.
JENNIFER : Vous ne connaissez pas ceux qui vous paient ?
MARIE : Oui et non.
ALEX : Vous les connaissez et vous voulez les protéger.
ROBERTA à ses camarades : Elle commence par mentir un peu, mais pas trop.
ALEX : L’État, c’est vous aussi ?
MARIE : Décidément, ce poème ouvre bien des questions. Alors, oui, pour être très brève, l’État, c’est moi et c’est vous aussi.
ROBERTA : Alors, ici, c’est à nous.
MARIE : Oui, parce que nous faisons partie de l’État et non aussi, parce que nous ne sommes pas propriétaires directs de ce lieu.
JENNIFER: Encore avec «Ouietnon ».
ALEX : Ça sent mauvais.
CHES : Ça sent le mensonge.
ROBERTA :Le gros mensonge.

Le factotum apparaît avec des fils pour étendre du linge. Il les installe à travers l’espace.

ALEX : Et lui, Madame, vous pouvez nous dire s’il appartient aussi à l’ l’État?
GLORIA : Ça serait gentil de dire qui il est.
Silence.
MARIE : Oui, bien sûr. Il travaille pour l’État.
ALEX : On appartient tous à l’ l’État ?
ROBERTA : Ça va pas le faire.
GLORIA : Y a quelque chose de pas logique que lui et nous, on se retrouve du même côté.
MARIE : Oui, du même côté, il travaille pour l’État. Du moins, j’imagine.
JENNIFER : Tous du même côté.
ROBERTA : De plus en plus gros, le mensonge.
CHES : Si c’est comme vous dites, il devrait au moins nous dire une fois bonjour et une fois merde.
ALEX : Madame, qu’il y a quelque chose qui ne colle pas. Parce que si on est du même côté, tous réunis dans le même ensemble, tous ensemble dans le même État, comme vous le dites, d’abord, on nous laisserait pas parterre et vous, on vous laisserait pas tout ce temps‐là là debout sur deux pattes. Vous voyez ce que je veux dire ?
MARIE : Personne ne vous laisse parterre. Vous êtes assis sur le sol comme vous pouvez être debout dans les transports publics quand ils sont bondés. Cessez de faire des interprétations qui vous égarent et qui vous empêchent de mettre votre énergie dans vos apprentissages.
ROBERTA : Et vous, vous arrêtez de jouer avec les mots et avec nous.
JENNIFER : Non mais, Madame, je suis qui moi pour qu’on me traite comme on me traite depuis le début ? Et ça commence à faire long.
CHES : On veut nous jeter.
ALEX : Madame, ça vous dérange pas trop d’enseigner à des gens comme nous ?
MARIE : Comme vous ?
CHES : Enseigner à des gens qui sont là pour être jetés ?
MARIE : Où est‐ce que vous allez chercher de pareilles idées ?
ALEX : Ici.
Silence.
Ça vous dérange un peu quand même? Vous pouvez le dire.
MARIE : Non, absolument pas. Ça m’arrive plus souvent que vous vouelez le croire de me lever le matin et d’avoir envie de venir ici, de vous retrouver tous pour vous lire des choses qui me parlent, que j’estime heureux de vous donner.
Silence.
C’est pour ça que vous voulez me faire un procès?
BEATA : Pour moi, c’est difficile de venir ici, tellement difficile que parfois mon petit‐déjeuner y passe. Vous, ça ne vous arrive jamais ? Sincèrement, entre nous soit dit ?
MARIA : Non, jamais.

Le factotum pousse la chaise de Beata ou Ches ou Alex. Il arrive à enlever une chaise.

CHES : Regardez comment on est. Le plus cruel, Madame c’est que l’on nous jette, lentement, lentement et sûrement. Pour marquer la fin du parcours, dans la déchetterie, des gens, qu’on a jamais vus, ces gens ont placé au terminus une belle femme, il la montre de sa main, à qui tant de fois moi, par exemple, j’aurais eu l’envie de faire l’amour. Mais, bon, ça, ça se dit pas. On peut pas ici parler de ça. C’est pas dans le programme et on sait pas pourquoi. Bon, je mets de côté mes envies, ça c’est pas facile du tout, alors, cette belle femme, elle est toujours présente, avec la pluie, avec le soleil, la bonne, la mauvaise lune, avec nos humeurs, souvent massacrantes. Et cette femme, bien devant nous, nous tient la main jusqu’au dernier moment. Et puis, tout d’un coup, parce que le temps passe et y en a tout plein d’autres comme nous derrière, il faut bien.
Il fait un signe comme si l’on lâche quelqu’un qui tombe, fait une grimace de désarroi, puis un signe d’aurevoir. Et une grimace d’horreur.
BEATA : Non, c’est trop horrible. Elle se cache le visage.
JENNIFER : Oui, c’est exactement ça.
ROBERTA : Ches, ça fait du bien ce que tu dis.
JENNIFER : Quel courage.
BEATA : Non, ce n’est pas comme ça. Elle sanglote. Tu joues avec nos peurs à tous.
ALEX : Un mâle Alpha qui réfléchit, c’est le signe que quelque chose doit changer.
MARIE : Ches, qui t’es‐vous pour nous parler ainsi ?
Silence.
CHES : Un être humain. Madame.
Silence.
Qui mange, qui pisse, qui va crever un jour. Comme vous. Mais, là, maintenant, cet être humain veut vivre.
Silence.
Et vous, Madame, au fond, vous êtes qui ? On ne vous connaît pas, pas vrai?
MARIE : Un bouc avant le sacrifice. Elle hurle « Bê, bê ».
BEATA, ALEX : Eh, Madame. Arrêtez.
JENNIFER : Oh, la pauvre.
Marie continue à bêler.
ROBERTA : La honte.
JENNIFER : J’espère qu’elle va pas se zigouiller devant nous.
Marie continue à bêler.
BEATA : C’’est vraiment horrible tout ça.
Marie s’arrête subitement.
Silence.
MARIE : Ah, ça va tout de suite mieux.

[…]

Lettre au dealer de ma rue – extrait

De Julie Gilbert / Une pièce créée en mars 2017 / Extrait / Plus d’infos

[…]

Tu es là en bas de mon immeuble
Et tu crèves de froid
Parce que l’hiver à Genève
Et bah c’est l’hiver
Tu grelottes dans la doudoune que tu t’es dégotté
Et tu es là dans la rue de la Navigation
Un joli nom
Navigation
Mais peut-être que tu ne sais pas ce qu’il veut dire
Peut-être que tu es anglophone
Et peut-être que c’est mieux ainsi de ne pas savoir ce qu’il veut dire
Peut-être que le mot navigation te rappellerait un peu trop violemment
ta traversée avec ces zodiac vendus par les chinois
Je ne sais pas si tu es passé par Tanger ou par Tripoli
Mamadou est passé par Tanger
Je ne peux parler que de Mamadou
A Tanger maintenant tu ne peux plus acheter ces zodiacs chinois
C’est interdit
Alors il faut les faire venir de Casablanca
C’est tout un bordel de les faire venir de Casa
Il faut les acheter par correspondance
Il faut trouver quelqu’un qui a la carte de crédit
Et les commander par correspondance
Et ensuite les gonfler sur la plage
Et puis après et bah il faut y aller
Quand tu es à Tanger
Tu traverses quand il y a la tempête
Tu as moins de risque de te faire repérer par les gardes côtes marocains
Tu montes sur ton boudin en plastique chinois
Et tu rames
Parce que oui, à ce prix-là, tu n’as pas de moteur
Tu rames dans la tempête
Et comme tu ne sais pas nager
Tu rames et tu pries que le boudin chinois t’amène de l’autre côté Tu rames comme un malade
Tu vomis et tu pries et tu rames que ce putain de boudin en plastique t’amène de l’autre côté, juste là, tu vois la côte, c’est juste là Mamadou
Je ne peux parler que de Mamadou
Mamadou a traversé trois fois
La première fois, ils ont perdu une rame, et ils n’ont jamais pu aller tout droit et les gardes côtes marocains les ont récupérés
La deuxième fois, le boudin a crevé et ils se sont accrochés aux cordages, se laissant dériver dans l’eau froide. Ils ont eu des crampes. En fait, ils sont tous morts, sauf Mamadou et un autre mec
La troisième fois, ils ont ramé et ils ont été récupérés par les gardes côtes espagnols. Et ils ont été mis en prison
Ils ont une prison au milieu de l’eau les espagnols
Je te jure que si tu parles aujourd’hui à Mamadou d’eau, il peut te cogner
C’est pas la peine de l’emmener en vacances à la mer tu vois
Bref, toi tu es là et je ne te connais pas
Je ne sais pas comment tu es arrivé en Suisse
Tu es forcément arrivé par la mer
Puisque les visas
Ça fait belle lurette que l’Europe n’en délivre plus
Tu es là tous les soirs de tous les jours de la semaine
Parce que même si tu as des pauses repas
Je ne crois pas que tu aies ton dimanche
Et d’ailleurs je me demande bien ce que tu ferais de ton dimanche
Dans les rues vides et revidées de Genève
Dans la ville morte de Calvin
Donc tu es là
Tu attends avec les autres
Tu attends l’œil ouvert
Parce que même si tout le monde sait que vous dealez
Que c’est comme un boulot quoi
Parfois les flics font des descentes
Ok. Ils le font plus pour le décorum
Pour la façade
Parce que je ne les ai jamais vus vous arrêter
Et d’ailleurs ça serait très hypocrite de vous arrêter
Alors que tout le monde sait que vous dealez
Et que tout le monde a tellement besoin que vous dealiez
Parce qu’il faut beaucoup de drogue pour supporter Genève
Beaucoup beaucoup
Beaucoup plus qu’on ne l’imagine
Donc les flics
Quand ça chauffe un peu trop à droite
Ils font semblant de « nettoyer » le quartier
Bien-sûr en Suisse aussi on utilise ce genre de vocabulaire
Nettoyer le quartier
Mais en vrai, ils ne font que passer le plumeau
Pas de karcher ici
Pas de grandes actions avec tapis rouge
De décisions décisionnelles
On est comme ça en Suisse
On reste discrets
Mais à cause de la criminalité
De la hausse exponentielle de la criminalité dans notre quartier
On a eu la réunion
Ils voulaient mettre des vidéos dans les rues de notre quartier
Alors on a eu la réunion
On a entendu les flics
On a entendu les directeurs de l’école primaire
On a entendu les parents d’élèves
On a entendu les associations des habitants de quartier
Et puis on a entendu
le représentant des dealers
Le type s’est levé et a dit « je suis le représentant des dealers »
Il y a eu un flottement
Un truc où tout à coup, on n’était plus trop sûrs si la drogue avait été brusquement légalisée Parce que la prostitution en Suisse est légale
Les prostituées payent leurs impôts
Mais non non la drogue n’a pas été légalisée
Et le type avait été mandaté par les autres dealers pour défendre les intérêts des dealers à la réunion de quartier
Et forcément il était contre les caméras
Il était absolument contre les caméras
Il a exprimé clairement à quel point les caméras allaient nuire au commerce de la drogue et donc au quartier et donc à Genève
Et on était nombreux à trouver aussi que les caméras étaient une mauvaise idée
Alors on a fait bloc avec le représentant des dealers
Mains dans la mains quoi
On a fait bloc à mort
Pour que les caméras ne passent pas
Les habitants du quartier et les dealers on s’est unis pour refuser les caméras
On a lutté contre les représentants de la ville
Et finalement
Les caméras ne sont pas passées
Alors tu es toujours là
Je ne sais toujours pas comment tu t’appelles
Si tu es toujours le même ou un autre
Et pourtant, toi, tu me connais
Tu connais mes horaires
Tu connais mon vélo
Tu connais mes enfants
Et souvent le soir quand je rentre tard
Je suis contente que tu sois là dans ma rue
Ça me rassure que tu sois là
Que tu sois là, tranquille, en train de discuter avec tes amis
Tes collègues
Et souvent tu me demandes comment ça va
Et si ça va la famille, les enfants
Et si j’ai passé une bonne soirée
Et je te réponds que ça va
Et toujours je suis un peu perturbée
Et toujours je remonte chez moi
Un peu secouée
Perplexe
Et parfois aussi
Tu joues au basket dans le préau avec mon fils
Et mon fils adore jouer avec toi
Parce que tu es super bon
Parce qu’il n’a aucun copain qui joue aussi bien que toi
Et je vous vois jouer
Et je te vois jouer
Et je vois bien que tu es heureux de jouer avec cet ado
Que ça te fait du bien
Et en même temps je sais bien qu’il y a un problème
Que j’ai un problème
Un sérieux problème
Que tu es un dealer
Et que je ne peux pas laisser mon fils trainer avec des dealers
Que je serai vraiment conne comme mère de laisser mon fils traîner avec les dealers Et quand j’en parle avec mon fils
Il ne comprend pas
Il ne voit pas le problème
Il me dit qu’ils n’y peuvent rien ces mecs s’ils doivent dealer
Que ce n’est pas de leur faute si en Suisse ils ne peuvent que dealer
Que si même moi je les réduis à juste des dealers c’est que vraiment tout est foutu Est-ce que je ne sais pas tout ce qu’ils ont traversé pour arriver là ?
Est-ce que j’ai oublié ou quoi que ce sont des gars qui ont tout quitté pour tenter leur chance ?
Est-ce que j’ai oublié ?
Et là je me dis que le programme écolier-dealer fait ses preuves
Fait grave ses preuves
Que le Département de l’Instruction Publique devrait pérenniser ce système L’étendre à toute la Suisse
Que c’est définitivement l’avenir
Et je repense à Mamadou
Mamadou qui a un fils de l’âge de mon fils à Dakar
Un fils qu’il n’a pas vu depuis 8 ans
Et je repense à Mamadou qui aime tellement mon fils
Pour qui c’est tellement important d’avoir un lien avec mon fils
Dans cette société où il n’est qu’un noir
Et qu’on ne laisserait jamais un noir s’approcher de nos enfants
Un homme noir célibataire sans papier
Un homme dont on ne sait rien
Et je pense alors à toi
A toutes ces heures que tu passes avec juste d’autres hommes comme toi
Je pense à toi qui n’a pas parlé avec un enfant depuis que tu es parti de chez toi Je pense à la longue nuit
A toutes les longues nuits que tu passes en bas de chez moi
Je pense à ta voix que j’entends de ma fenêtre
Que j’entends tous les soirs depuis mon lit
Je pense que depuis des nuits et des nuits je m’endors au son de ta voix
Mais je ne te connais pas

[…]

 

Ombres sur Molière – extrait

De Dominique Ziegler / Une pièce créée en septembre 2017 au Théâtre Alchimic de Carouge / Extrait / Plus d’infos

ACTE I
Scène 2
Molière, Madeleine, Du Croisy.

MOLIÈRE (voyant Du Croisy arriver):
Ah ! Monsieur Du Croisy, vous voilà de retour.
Vous êtes le premier membre de notre troupe
A répondre présent. Et le reste du groupe ?
Diantre ! Où se trouve-t-il ? Nous devons répéter
Le nouveau canevas que je viens d’achever.
J’avais pourtant requis que l’on arrive à l’heure.
Vous savez qu’un retard au théâtre m’écœure.

DU CROISY:
Modérez vos transports, le groupe a ses raisons.
Sa tête vibre encor de tristes oraisons.
Un ami comédien du nom de Jean Le Brave
Est mort durant la nuit, d’une infection grave.

MOLIÈRE:
Mon Dieu, j’ignorais tout de la situation.
Que ne m’a-t-on transmis cette information ?
Je l’avais bien connu dans ma prime jeunesse Et aurais pu l’aider à calmer sa détresse.

DU CROISY:
Vous n’eussiez rien pu faire et le mal trop soudain
Le prit comme l’éclair frappe en un tour de main.
Et c’est là, qu’au premier, s’ajoute un second drame :
Au cours de l’agonie, un curé on réclame ;
Pendant que femme veille, on voit le fils courir
Au prieuré voisin, d’un prêtre s’enquérir ;
Mais le saint homme dort et se plaint qu’on le gêne ;
Derrière sa lucarne, il râle et morigène.
A force d’insister, gain de cause on obtient ;
Trop tard. Quand au logis, à la fin, on parvient,
Notre ami Jean Le Brave a quitté notre monde.
Autour du trépassé l’ambiance est moribonde ;
Les enfants, jusque-là fermes et courageux,
Laissent alors monter la tristesse à leurs yeux.
De l’épouse les pleurs emplissent l’atmosphère ;
Dans la chambre il fait gris et l’on sent la misère ;
Un voisin remué par tant d’émotions,
Exige du curé d’ultimes onctions.
Mais le prêtre, indolent, ne semble en avoir cure ;
Les cuisses se grattant sous sa robe de bure,
Il dit qu’il est trop tard pour donner sacrement
Et réclame cent sous pour le déplacement.
La veuve, médusée, obtempère, docile.
Notre homme, ainsi lesté, part, prétextant concile.
Enfin, par ses amis, Jean Le Brave est porté
Jusqu’au vieux cimetière, où, sans formalité,
On le met dans un trou, dans lequel, anonymes,
Reposent les voleurs et les fauteurs de crimes.
La famille, à genoux, tend ses mains vers le ciel…

MADELEINE:
Aucun prêtre n’a fait de sermon solennel ?

DU CROISY:
Le Brave est condamné à demeurer sous terre.
Il n’a fait pénitence avant qu’on ne l’enterre ;
Il n’a pu son métier renier avant sa mort.
L’anathème est le prix à payer pour ce tort.
Molière, qu’y a-t-il, vous devenez tout pâle ?

MADELEINE:
Jamais je ne vous vis cette blancheur spectrale.
Vous semblez affecté par ce compte-rendu ;
L’enjouement de tantôt a soudain disparu.

MOLIÈRE:
J’aimerais demeurer seul avec mes pensées,
Et de l’événement tirer leçons sensées.
Instruisez les acteurs sans explications,
Que j’annule, à l’instant, nos répétitions.
Nous nous retrouverons la semaine prochaine.
Je vous donne congé.

MADELEINE:
Est-ce une quarantaine ?
Vous me semblez soudain atteint d’un mal subtil.
Vous n’avez pas l’air bien, que vous arrive-t-il ?

MOLIÈRE:
Rien.

DU CROISY:
On ne dirait pas.

MOLIÈRE:
Quittez votre inquiétude.
Mon corps se porte bien, mais la nouvelle est rude.
Il vous faut maintenant au plus vite partir.
J’ai besoin d’être seul afin de réfléchir.

DU CROISY (à Madeleine):
Adieu. Veillez sur lui.

MADELEINE:
Je sens monter sa bile.
Il lui faut se calmer et demeurer tranquille.
Je m’occupe de tout. Au-revoir mon ami.

DU CROISY:
Que ferait-il sans vous ?

MOLIÈRE:
(Du Croisy s’en va.) Décampez Du Croisy !

Scène 3
Molière, Madeleine.

MOLIÈRE:
L’existence vouée à notre art dramatique ;
Le trépas camouflé dans la noirceur cryptique ;
L’au-delà confisqué par quelque sacristain ;
Voilà de tout acteur le terrible destin.
Les moralisateurs, les corbeaux hypocrites,
Peuvent jouer du verbe et de mines confites ;
Sous le couvert divin, ils sont libres de tout,
Peuvent tricher, voler, mentir jusqu’au dégoût,
Puis vouer les acteurs aux pires gémonies
Pour couvrir leurs forfaits d’habiles amnésies.
Dame ! Ma décision est tombée à l’instant :
Quitte à me voir traité d’infâme impénitent,
Je veux sur ces bandits faire ma prochaine œuvre,
Et de son nid douillet débusquer la couleuvre.
Bonimenteurs sournois, agiles faux prêcheurs,
Vous avez confisqué le ciel pour nos malheurs ;
Vous vous nous pointez du doigt comme boucs émissaires
Pour camoufler au mieux vos abjectes affaires.
Contre vos faussetés je brandis mon talent,
Et, d’un crayon tranchant, je frappe le serpent !

MADELEINE:
Vous faites preuve là de cécité, Molière.
Votre colère aveugle est piètre conseillère.
S’attaquer aux dévots, c’est frapper au plus haut,
Chez la mère du roi, qu’ils tiennent en étau ;
Plus la reine vieillit, plus leur pouvoir est dense.
Plus froids sont les prélats, et plus on les encense.
Désormais les puissants ne sont plus les marquis
Mais ces prédicateurs jaloux de leurs acquis.
Ils ne vous laisseront les tourner en bourrique ;
Leur vertu affichée a valeur politique.

MOLIÈRE:
Je ne redoute rien, protégé par le roi.

MADELEINE:
Vous risquez de subir un profond désarroi.
Le monarque est aussi d’extraction divine ;
Son pouvoir est empreint de céleste patine.
On se chargera bien de le lui rappeler.

MOLIÈRE:
Le vrai du fallacieux il saura démêler.
Maintenant, laissez-moi. Je veux aller écrire.

MADELEINE:
Alors, sur ce plateau, on voudra vous occire.
Pourquoi pour les ennuis cet ardent appétit ?

MOLIÈRE:
Un véritable auteur jamais ne s’aplatit.
Quel que soit votre avis, j’écrirai cette pièce ;
Jamais aucun projet ne m’a tant mis en liesse.
Nous nous retrouverons aux répétitions.

MADELEINE:
Mais écoutez au moins mes réprobations.

MOLIÈRE:
J’en ai trop entendu. Il faut que je travaille.

MADELEINE:
Il y a peu, je riais. A présent je tressaille.

MOLIÈRE:
Je vous propose alors de tressaillir ailleurs.
Je n’ai guère besoin de Madeleine en pleurs.

MADELEINE:
Vous faites montre là d’une galanterie…

MOLIÈRE:
La sortie est à droite après la galerie.

MADELEINE:
Ho!
(Elle sort, furieuse.)

[…]

Le Rapport Bergier – extrait

De José Lillo / Une pièce créée en février 2015 au Théâtre Le Poche de Genève / Extrait / Plus d’infos

MAURICE

A quoi ça tient, la vie
parfois à un tampon seulement
qu’un type te mets ou pas sur tes papiers
quand tu quittes tout
boulot, voisins, patrie
quand tu laisses tout derrière toi
parce que t’as tout aux trousses
l’Etat, la patrie, tes camarades de la patrie, tes collègues, le type à la radio que tu écoutais le matin avant d’aller à tou travail te parler du beau temps qu’il fait en politique
et qui maintenant tous les matins du monde racle effroyablement sa gorge en pronoçant dans son micro un nombre incalculable de fois avec cette voix cassante que
tu ne lui connaissais pas le nom qu’à présent il te donne et les menaces qu’il fait peser
sur lui même la serveuse qui t’aguichait le soit après tes longues journées
au moment de rentrer chez toi après un dernier verre dont tu te disais
chaque vfois qu’il était le dernier qu’il était pour la route, comme on dit que tu
aurais bien raccompagné chez elle chemin faisant bras-dessus, bras-dessou
et qui maintenant levait le bras à l’unisson avec des millions d’autres
pendant que tu prenais et tes jambes à ton cou et la route seul sans elle ni aucun autre qui soit comme elle à lever le bras
tous inscrits au parit tous très soudainement apparentés à un parti
au seul parti qui reste
à la soudaine grande famille des drapeaux rouge noir blanc surgie de nulle part et n’allant à rien d’autre
dans un moment d’entrain d’exubérance nationale très peu socialisante
tous étaient du parti
bien qu’à ce moment là le seul qui soit parti
c’est toi
et ceux qui comme toi sont partis
le plus loin possible
du parti
pour n’être pas un jour de ceux qui sont partis en feu comme on dit
en fumée et en feu
à l’instar des livres auxquels déjà on l’avait bouté dès 1933
pour ne pas devenir tro tôt feu Mousieur untel
feu Madame-dont-on-a-perdu-le-nom
et la trace
et le papier par lequel était passé le tampon
par lequel on t’a débouté

La barque est pleine la barque est pleine

La barque
Quelle drôle d‘idée la barque
On n’a même pas la mer nous ici
On n’a que des lacs
Des fleuves et des rivières
Et des montagnes
Et des plaines
Avec de la place à perte de vue

C’est jamais assez plein de touriste ici maintenant
Maintenant, parfois
La barque est vide à ce qu’on croirait à les entendre se plaindre
Maintenant ils ne viennent pas assez
skier voir les feux artificiels
les blanches cimes de nos Alpes
les prés bien agencés de nos paisibles vaches
il y a tant de randonnées à faire maintenant ici
des escapades partout des escapades à faire pour s’évader
et ils ne viennent pas assez

Les peuples heureux de font pas d’histoires
Ils se tiennent tranquilles
En attendant que ça passe
Ils regardent sombrer les barques aux alentours
S’accrochent au mât de leur drapeau
Fermant les yeux quand vient la nuit
Ils dorment d’un sommeil calme
Comptant les jours qui les séparent des lendemains qui chantes
Comme des moutons pour s’endormir

Rêvent à des prairies vertes
Avec au fond des barbelés

Et derrière eux l’humanité

FELIPE

Antisémites un peu mollement ci et là comme à peu près tout le monde
un peu partout à ce moment là ou la plupart mais pas vraiment non
plus pas tous non plus loin de là et pas au point de -tu voi- pas à
ce point là non ça quand même

Il a fallu consentir à des sacrifices
Et comme partout
A des vies mutilées
Pour ça c’était pas comme maintenant
Mais en plus en beaucoup beaucoup plus organisé
Quoique Quoique

Un moment vien où c’est ou toi ou les autres
Voilà ce qu’il y a

LOLA

Joseph en 33 est venu à Genève faire un discous de paix
Un discours de paix
A Genève
En 33
A la société des nations
De Joseph Goebbels ministre de la propagande et de l’information
Du Troisième Reich
Et de la paix
Avec à la fin à Cointrin
Des bras levés
Sur le tarmac et Joseph dans l’avion
Putain mais c’est qui ces bras levés en 33 à Cointrin
Qu’est-ce que ça avait l’air à lever du bras devant le putain d’avion de ce putain de Joseph
Goebbels à Cointrin en 33

Il n’est rien arrivé à ton corps de comparable
De comparable à la paix de l’Allemagne de Joseph Goelbbels en 33
à Cointrin
A la Société des Nations

Tes cheveux n’ont pas servi à
Tu n’as pas eu à

Ton beau corps nu

Ta peau n’a pas souffert du froid exagérément
Tu n’as pas eu à

Tu n’as pas eu en 33 à passer une pancarte autour du cou avec écrit dessus avec qui tu couches pour que tout le monde le sache et te crahe à la gueule pour ça et que tu
en deviennes folle comme seules deviennent folles les filles à qui on passe des pancartes autour du cou avec écrit dessus les noms de ceux avec qui elles couchent pendant que ce putain de Joseph faisait son putain de disours avec sa putains de paix devant la putain de société des nations à Genève en 33 et que toi on te crachait dessus qu’on te traînait dans toute la ville devant les ambassades avec tes nattes
coupées tes cheveux rasés et les cracahts des tiens sur ton visage et le nom de ton amant
sur une pancarte et la foule qui te porte pour qu’on te voit bien de loin et qu’on sache
bien que c’est très précisément toi dans les rues de Berlin en 33 devenue
folle

Là où sont mes larmes
Là je suis

[…]

Baromètre

De Mali Van Valenberg / Une pièce créée en 2017 dans le cadre d’une résidence artistique à l’hôpital psychiatrique de Malévoz / Texte intégral / Plus d’infos


Elle. A l’étroit dans son jeans, debout dans ses baskets. Une canette à la main, un sac, une chemise et rien d’autre sur le dos. Elle, parmi les visiteurs, les visités, les blouses, les pyjamas, les robes à fleurs. Au milieu des parasols et des chaises en plastique, du blanc malade et des couleurs qui se la pètent, elle me repère. A l’étroit dans mon jeans, debout dans mes baskets.

ELLE

Failli ne pas te reconnaître, tu te rends compte? Faire semblant de ne pas te reconnaître, passer tout droit et t’éviter, filer en douce incognito. Un instant j’ai failli parce que j’ai eu pitié. Oui, de toi un instant et la pitié, tu comprends, c’est répugnant, alors je voulais t’éviter, t’épargner. Mais c’est passé vitesse éclair, tu as l’air paumé et je trouve ça plutôt attendrissant maintenant. On peut s’asseoir maintenant. Je t’en prie, assieds-toi, moi je m’assieds, tu vois? Je m’assieds, je me mets à l’aise, mets-toi à l’aise, je t’en prie. J’ai soif, tu en veux? De l’eau qui fait pschitt. C’est léger, ça pétille, tu devrais essayer. Te détendre un peu. Bois de l’air, des bulles, respire! On est à l’abri ici, il fait beau, tu peux sourire, il te va bien mon sourire! Il fait beau, on se sourit, on se regarde. Et on cherche, mine de rien on cherche, quelque chose, un indice, une paire de mains moites, une paupière qui palpite, une rougeur qui fait tâche, quelque chose, un indice. Tu cherches, n’est-ce pas? Qu’est-ce que tu vois? Tu ne vois rien? Un millier d’aiguilles, autant de petits trous et rien? Cette femme est translucide, on voit ses os ses poumons son cerveau et tu ne trouves rien? Suffit d’un rien parfois tu sais. Un rien suffit et ça tu sais, tu connais, on connaît, toi et moi on se reconnaît, n’est-ce pas? Dans ce rien. Dans ce grain. Une poussière, une étoile, une molécule qui se fait la malle. Une peau de banane. Un pneu dégonflé. Un robinet rouillé et ça fuit, de partout, tu perds tes eaux, te voilà incontinente, le septième continent qui ne sait plus sur quelle mer se poser. On va trouver, pas si grave, faut se détendre, il fait beau. Ça ne durera pas. Regarde! Un nuage, il arrive, ça arrive, ça arrive, ça arrive à tous, ça peut arriver, à tous, de dériver. Décaler. Décaler, c’est ça. Tu te sens décalée? Décalée par rapport à quoi? A toi? A moi? Aux pyjamas aux robes à fleurs aux blouses? Tu as un baromètre pour calculer ça? Dans quelle mer tu le plonges, ton baromètre? Ça m’intéresse. De savoir à peu près où j’en suis où tu en es, parce qu’il y a un décalage, c’est évident. Tout ce blanc entre nous, ça décale, forcément. Même si j’essaie de nous convaincre, de me convaincre, que ce n’est rien, que ça arrive, ça peut arriver, à tous, de se retrouver là, nuagée, naufragée, même si je sais que dans le fond, même dans le fond, toi et moi on se reconnaît, même si j’essaie, même si je sais, il y a quelque chose qui grince, qui n’est pas d’accord, quelque chose qui fait qu’on n’est pas tout à fait tout à fait à l’aise, ni toi, ni moi, ici, et ça se voit. Ça s’entend. C’est bruyant, ça transpire. Ça dégouline. Ça déteint sur tes joues j’en ai plein les mains, regarde! C’est dégueulasse. Tu pourrais faire attention, il faut faire attention. Faire semblant. On pourrait faire semblant, il fait beau! Et je suis coincée dans mes baskets entre deux nuages. Dégueulasse. Quasi rien sur la peau et pourtant on est lourd ici, n’est-ce pas? Il nous faut de l’air, des bulles. Trois francs cinquante la canette c’est cher mais ça fait pschitt, c’est léger, ça pétille, on achète? Respire. Respire, claque des doigts, fais quelque chose, imagine. On est en Californie à Kho Phi Phi au Guatemala du sable jusqu’au cou et la tête hors de l’eau. On y va? Tu veux? Au café de la Gare, y en a toujours un quelque part. On se retrouve comme l’autre jour et on se dit ça y est cette fois on est dehors. Mais on est déjà dehors, regarde! Le ciel, le soleil, les arbres, les oiseaux, la poussière, les fleurs, le sable, les parasols, la mer, tout ça. Regarde, il suffit de quelques pas, quelques mètres et on sort! On sort du cadre. On se décadre. On jette le baromètre. On veut? On n’a pas le droit, tu sais bien, c’est interdit, on ne peut pas, et puis on ne veut pas en sortir de là. On est à l’abri ici. Protégée surveillée. On est mal à l’aise mais à l’abri. Ici. N’est-ce pas? N’est-ce pas? Mais imaginons, on peut toujours imaginer, ça oui on a le droit, alors claque des doigts, on est à Bora Bora du sable dans la tête au café de la Gare, on commande un Perrier, un Perrier s’il vous plaît! On serait mieux, plus à l’aise, ce serait plus conforme, plus confort à la terrasse de ce café plutôt que dans cette situation, là. Pourtant ce serait le même soleil, les mêmes bulles, on serait les mêmes toi et moi à la terrasse de ce café, et je trimbalerais avec moi le même sac, et dans le sac: porte-monnaie téléphone stylo-bille pastilles bonbons tic-tacs quelques tocs cigarettes allumettes tout ce qui gratte qui brûle qui bave eczéma et cetera. Toi, peut-être un petit bout de ton passé mal digéré, que tu ressasses… Non! Je t’arrête tout de suite, on n’en parle pas, on garde ça pour soi, on ne veut rien savoir, on n’a pas envie, pas le temps de tout déballer, alors tu ranges, tu ravales. On est venue toi et moi pour se détendre. Pour boire un Perrier léger léger. C’est tout. Tout. Mais tout est contenu dans ce petit bout, petit bout qu’on n’arrive plus à planquer, petit bout de rien du tout qui dépasse de ta chemise, qui colle à mes baskets, une étiquette qui décale, qui effraie. Ça m’effraie, oui. J’ai la frousse. Faut la planquer aussi cette frousse, parce que c’est contagieux, regarde les chiens ils aboient. Un chien aboie quand il a peur, et l’autre répond, et tout le monde se met à aboyer, et tout le monde se met à avoir peur, je ne veux pas que tu aies peur, tu n’as pas peur, n’est-ce pas? De moi, je veux dire, tu n’as pas peur? Je comprendrais tu sais, parfois aussi j’ai peur de moi, mais il ne faut pas, il ne faut pas. Je t’ai fait peur? Je te fais peur? Je suis désolée de t’avoir effrayée comme ça. Maintenant tu ressens ce que je ressens quand je te regarde et que j’ai peur. Peur de toi, peur de moi, peur de moi dans tes yeux à toi. Qu’on soit ici ou ailleurs ça change tout mais ça ne change rien, tu me regardes encore comme si tu cherchais quelque chose. Quelque chose de toi dans mes yeux à moi. Si tu trouves quelque chose, dépêche-toi, prends-le, c’est le moment, le dernier moment, je compte jusqu’à cinq, à cinq c’est terminé. Cinq, quatre, trois, deux, un, pschitt! Tu peux t’en aller maintenant.

Va-t-en.

Quitter la Terre – extrait

De Joël Maillard / Une pièce créée en juin 2017 à l’Arsenic / Extrait / Plus d’infos

SÉQUENCE 2 (LEBENSRAUM EN 3D)

Une vidéo est projetée.
C’est une modélisation en 3D de l’habitat, composé de 4 compartiments.
Une caméra subjective s’y déplace.

Joëlle
L’habitat est un gigantesque cylindre, qui tourne.
La métaphore la plus parlante est celle de la machine à laver.
La force centrifuge fait office de gravité artificielle.
Et je pose la question : dans quelle circonstance faut-il mettre en place un système de gravité artificielle ?

Voici le DORTOIR.
Si on avait le temps de compter les lits, on parviendrait au chiffre 1000.
1000 lits, dont un sur deux est inoccupé.
Donc 500 individus qui se sont réveillés en même temps.
Le diamètre du cylindre est de 600 mètres. Soit à peu près 2 fois la Tour Eiffel.
Dimensions du dortoir s’il était mis à plat : 20 mètres de largeur pour 1884 mètres de longueur.
Passons le détail du calcul et annonçons un espace vital par lit d’environ 37 m2, quand même.
On remarque la présence de portes le long des 2 parois.
Celle-ci est ouverte, ça tombe bien, on découvre un 2ème compartiment.

Le JARDIN.
Il y a là un système de lumière artificielle, d’irrigation, d’arrosage, de récupération de l’eau, et des déjections pour l’engrais. On n’a pas tout-à-fait pigé comment se passe la photosynthèse, mais elle se passe.
Une sorte de permaculture semi-automatique.
Ça pousse, ça produit de l’oxygène, c’est opérationnel (en tout cas, c’est qu’il faut admettre).
Qu’est-ce qu’on va cultiver ?
Des courges, du maïs, des légumes, quelques plantes aromatiques, ou médicinales peut-être, des fruits, des baies, des cacahuètes…

Joël
Par contre il est important de relever l’impossibilité de faire chauffer ces aliments.
Crudi-végétalisme pour toutes et tous.
À relever également, l’absence de couverts, d’ustensiles, de récipients, et, plus généralement, de quelque outil que ce soit.

Joëlle
Un confort assez rudimentaire, en effet.

On repasse par le dortoir.
Et on relève au passage que la lumière est diffusée par les parois.
Parfois elle diminue jusqu’à la pénombre, mais il n’y a jamais d’obscurité totale (pour d’évidentes questions de sécurité).
On passe cette porte, et on découvre un 3ème compartiment : W-C/DOUCHES.

On voit qu’il n’y a pas de cloison. Au début ça ne doit pas être facile, mais l’adaptation rapide à de nouvelles normes d’intimité est un aspect évolutif que l’être humain a passablement développé depuis le 20e siècle. Après tout, si dans un train bondé t’es capable de téléphoner à ton ex pour l’insulter (par exemple), y a pas vraiment de raison que tu réussisses pas à faire caca en open-space.
Bref.

Le compartiment W-C/DOUCHES donne sur un 4ème compartiment, la BIBLIOTHÈQUE VIERGE.
Il y a un plafond.
C’est ici que se trouvent les seuls objets à disposition (à part les lits et les oreillers).
Il n’y en a 2, mais en quantités monstrueuses.
Des carnets vierges, 20 millions.
Des crayons, 10 millions.
Absence de gomme.

On retourne aux W-C/DOUCHES.
Si on avait suffisamment de recul, on pourrait distinguer, quelque part sur cette paroi, à 300 mètres de hauteur, au centre du disque, les contours d’une sorte de trappe.
La caméra subjective s’envole jusqu’à cette trappe.
Mais on ne peut pas voler.
La trappe est donc aussi inatteignable qu’insoupçonnable.
Il n’y a pas d’autres compartiments accessibles.
Il n’y a pas d’autres commodités.
Hormis bien sûr, de temps en temps, la diffusion de musique censée calmer les esprits.

SÉQUENCE 3 (ÉTAT DE NATURE DANS UNE MACHINE À LAVER)

Joël commence à jouer la musique pour la relaxation.

Joëlle
Dans un des 20 millions de carnets, quelqu’un écrit :
Est-ce que quelqu’un nous voit ?
L’amnésie, due sans doute à un cocktail massif de somnifère et autres drogues nécessaires à notre kidnapping, commence à se dissiper.
Mais on ne sait toujours pas ce qu’on fout là.
Peut-être qu’on a candidaté pour être ici, mais qu’on ne s’en souvient pas encore… Mais dans ce cas, on a forcément dû candidater pour autre chose, et s’être fait avoir.
Un stage de développement émotionnel ?

Je me souviens de moi dans les grandes lignes.
Tout le monde, dans les grandes lignes, se souvient de ce qu’il était, avant.
Personne, parmi nous, n’était physicien, ingénieur, mathématicien, informaticien, théoricien d’une quelconque science dure, technicien en quoi que ce soit.
Personne n’a occupé de hautes fonctions hiérarchiques (ni même postulé pour en occuper), tout le monde est plus ou moins athée, personne n’a été policier ni militaire, tout le monde a pratiqué le naturisme une fois ou l’autre, personne n’a été condamné pour des faits de violence, tout le monde est d’accord pour affirmer avoir été épargné par les démons de l’ambition, personne n’est allergique aux cucurbitacées.
Qui se ressemble s’assemble, et qui s’assemble diminue les risques d’un carnage général où tout le monde s’entretue.
Génial.
Le club des inoffensifs, a dit un type qui, si ses souvenirs sont exacts, était coach en naturopathie et en yoga du rire (d’ailleurs c’est drôle ce type il arrête pas de pleurer).
Des gens qui, avant de dormir, dormaient déjà, a dit quelqu’un d’autre.
Mais est-ce que tout cela va nous empêcher de développer des troubles mentaux ici ?

Manger cru, on commence à s’y faire. Par contre l’absence de sel, non, on ne s’y fait toujours pas.
Tout comme l’absence de chaise
d’horizon
de miroir…
(cette énumération se poursuit jusqu’à sa prochaine réplique)

Fin de la musique pour la relaxation

Joël
Alors oui, si une gravité artificielle est nécessaire, c’est que sans cet artifice, il n’y en aurait pas, de gravité.
Et les gens qui sont à 600 mètres au-dessus de moi, ils ne pourraient pas tenir avec la tête en bas, et ça, ça veut dire qu’il n’y a plus de haut et qu’il n’y a plus de bas.
Et ils ont beau ne pas être physiciens ou mathématiciens, ils vont bien finir par intégrer cette réalité, et comprendre ce qu’elle signifie, à savoir qu’ils ont quitté la Terre.

Il sort du carton un plan de la station spatiale (à l’intérieur de laquelle se trouve l’habitat).
Il le commente.

Je vous invite à considérer cette station orbitale comme gigantesque ananas, posé à l’envers, qu’on aurait coupé en 2 dans le sens de la longueur.
Ici, nous distinguons l’habitat cylindrique qu’on vient de visiter.
Le jardin, le dortoir, les wc, la bibliothèque (et son plafond).
Tout le reste, toute la machinerie est totalement inaccessible aux occupants, et entièrement automatisée.
Le système pour la rotation est là.
La partie qui tourne, c’est celle-ci, à savoir l’habitat, ainsi que cet espèce de dôme, ou de mamelle, où on devine les gigantesques réservoirs d’eau, qui contiennent tous les micros-nutriments indispensables à la bonne conservation des individus.
Il y a un système pour l’oxygène.
Là on voit des panneaux solaires.
Et là, un ingénieux système qui permet de repérer, »télécharger », et diffuser dans l’habitat le contenu sonore d’un certain type de messages : des sortes de bouteilles à la mer, que des gens sur Terre mettent en ligne à l’attention des disparus, sans avoir aucune idée de ce qu’ils sont devenus.

Silence

Oui parce qu’il faut essayer de s’imaginer le traumatisme qui les agitent quand ils prennent conscience de la situation…
Sans même parler du cosmos ou de la gravité artificielle, mais…
C’est comme si là, tout d’un coup, clac, les portes se ferment.
Et à partir de maintenant, on est tous condamnés à rester ensemble.
Et on ne sait pas pour combien de temps.
Mais on dirait bien que c’est parti pour durer.
Et peut-être même que c’est pour toujours.

Il se tait.
Joëlle est toujours en train d’énoncer les absences auxquelles, dans la station, on ne se fait pas.

Joël
Une des premières mesures qui est mise en oeuvre pour essayer de ne pas complètement perdre le nord, si j’ose dire, consiste à reprendre la main sur la perception du temps. Il y a un tour de garde permanent, où on se relaie pour compter les secondes d’après le souvenir qu’on en a. Et on fait des coches toutes les minutes (il y a des carnets entiers remplis de coches).
On compte aussi les battements de coeur, on met en commun les décomptes, on fait des moyennes.
Et on est capable de recréer approximativement les heures, et les jours.
Mais ça ne vas pas nous suffire. Alors on va commencer à s’observer. On va observer la pousse des barbes, la pousse des cheveux, la perte du sang. On va aussi regarder comment poussent les plantes.
Et à force de d’observations, de moyennes, de recoupements, de déductions, peu à peu, malgré l’absence de toute horloge, on a réapprivoisé le temps qui passe.

Joëlle
322e jour de la 2ème année.
Hier, nous avons entendu un son en provenance de la Terre.
Des gens s’adressent à nous !

[…]

Cold Blood

Cold Blood / Cinématographie de Jaco Von Dormael / Chorégraphie de Michelle Anne De Mey / Texte de Thomas Gunzig / du 9 janvier au 3 février 2018 / Théâtre de Carouge / Plus d’infos

© Julien Lambert

Les critiques :

Jeux de mains

Par Roberta Alberico
Après Kiss and Cry, Michelle Anne De Mey, Jaco Von Dormael et le collectif Kiss and Cry proposent un nouveau spectacle mêlant théâtre, performance, cinéma et nano-danse… [suite]

 

La nébuleuse du crabe

Par le groupe EW (Arnaud Gonnet et Martin Roehrich) / Théâtre de l’Usine / du 14 au 20 décembre 2017 / Plus d’infos

© EW, Théâtre de l’Usine

Les critiques :

Performance et animisme

Par Pierre-Paul Bianchi
Au Théâtre de l’Usine, le groupe EW formule une performance qui se vit comme une expérience holistique. Avec un texte opaque mais lyrique, les gestes chorégraphiés des deux danseurs parviennent à suggérer un univers de correspondances invisibles… [suite]

 

Guerrilla

Par la compagnie El Conde de Torrefiel / Théâtre de Vidy / du 8 au 9 décembre 2017 / Plus d’infos

© Luisa Guitierrez

Les critiques :

Conflits intérieurs

Par Pierre-Paul Bianchi
A Vidy, Guerrilla donne à voir la guerre intérieure, confusément maîtrisée, qui caractérise les paix apparentes des démocraties européennes. Prenant la forme d’une politique-fiction, séparant le texte de l’image scénique, cette pièce dit les tensions entre l’Histoire et l’individu, entre l’individu et lui-même… [suite]

La guerre de 2023 aura-t-elle lieu?

Par Thomas Flahaut
En trois tableaux, le groupe El Conde de Torrefiel met en scène un chœur de jeunes gens qui, par de puissants effets de réel, devient un miroir de notre monde. Guerrila tente d’imaginer le devenir de nos sociétés afin, peut-être, d’en conjurer le sort tragique… [suite]

 

La Farce de Maître Pathelin

Texte de José Pliya / D’après une farce médiévale anonyme / Création-coproduction : Le Petit Théâtre de Lausanne, L’Askéné (Suisse), Cie For (France), L’Atelier Nomade (Bénin) / Le Petit Théâtre / du 6 au 31 décembre 2017 / Plus d’infos

© Philippe Pache

Les critiques :

Du Moyen-Age en Afrique

Par Marek Chojecki
L’humour de La Farce de Maître Pathelin, écrite par un auteur anonyme de l’époque médiévale, semble rester immuable à travers les siècles. Le spectacle présenté en 2017 au Petit Théâtre de Lausanne fait toujours rire son public. Adaptée par José Pliya et mise en scène par Simone Audemars, cette pièce pour cinq acteurs et un musicien est conforme au genre qu’annonce son titre… [suite]

 

André le Magnifique

De Denis Podalydès et al. / Mise en scène d’Antony Mettler / Théâtre du Grütli / du 1er au 17 décembre 2017 / Plus d’infos

© Studio Edouard Curchod

Les critiques :

Prince de sensibilité au royaume des histrions

Par Lucien Zuchuat
Au théâtre du Grütli à Genève, Antony Mettler s’entoure de quatre comédiens pour proposer un André le Magnifique empruntant largement au vaudeville. Pierre Aucaigne éblouit en clown lunaire. Le reste, tissé d’humour épais, peine à décoller… [suite]

 

L’Avare

De Molière / Mise en scène de Ludovic Lagarde / Théâtre de Vidy / du 22 novembre au 3 décembre 2017 / Plus d’infos

© Pascal Gély

Les critiques :

Rire jaune

Par Valmir Rexhepi
C’est dans un espace encombré de caisses et d’autres boites méthodiquement rangées, un hangar, que se joue L’Avare recontextualisé par Ludovic Lagarde. Faisant du rapport à l’argent la question centrale, la mise en scène remotive les relations entre les personnages mais aussi celles qui sont établies avec les spectateurs… [suite]

 

Bienvenue

Création, chorégraphie et interprétation d’Eugénie Rebetez / Mise en scène de Martin Zimmerman / Théâtre La Grange de Dorigny / du 17 au 25 novembre 2017 / Plus d’infos

© Augustin Rebetez

Les critiques :

Le mouvement perpétuel

Par Roberta Alberico
Eugénie Rebetez pose une nouvelle fois ses valises à la Grange de Dorigny avec sa nouvelle création, Bienvenue. De la danse, du chant, de la pantomime, des instruments : elle a plus d’une corde à son arc… [suite]

 

La Dernière Bande

D’après Samuel Beckett / Avec Omar Porras / Mise en scène de Dan Jemmett / TKM / du 14 novembre au 3 décembre 2017 / Plus d’infos

© MARIO DEL CURTO

Les critiques :

À l’ombre d’un magnétophone

Par Josefa Terribilini
Dans La Dernière Bande, Omar Porras prête son théâtre et son corps à Dan Jemmett pour explorer la confrontation d’un un vieil homme avec lui-même. Une mise en scène qui démultiplie les jeux d’échos et de rythme, jusqu’à, parfois, nous perdre… [suite]

Oh les beaux gestes!

Par Coralie Gil
Omar Porras, mis en scène par Dan Jemmett, se met au service du texte beckettien La Dernière Bande jusqu’en décembre au TKM. Une pièce dans laquelle le geste est aussi vital que la parole : On connaît la précision des didascalies, indications de gestes presque chorégraphiques de Beckett… [suite]

 

Donkeyport

Par la Cie S/Z / Mise en scène de Sabine Zaalene / Petithéâtre de Sion / du 9 au 19 novembre 2017 / Plus d’infos

© Sabine Zaalene

Les critiques :

Réversibilité

Par Valmir Rexhepi
Comme cela n’est pas rare dans les spectacles contemporains, Donkeyport se situe entre plusieurs arts de la scène : théâtre, performance, projections vidéo, musique sur plateau. Une palette qui, ici, est au service d’un discours sur l’identité et l’altérité… [suite]

 

Where Do You Wanna Go Today ?

De et avec PRICE (Mathias Ringgenberg) / L’Arsenic / du 7 au 12 novembre 2017 / Plus d’infos

© Senta Simond, Jenna Carlderari

Les critiques :

Hot mess

Par Julia Cela
PRICE, le personnage inventé par Mathias Ringgenberg, est le parfait androgyne. Dans la troisième variation du projet Where Do You Wanna Go Today ? on le voit explorer par la voix et le mouvement des identités, qui renvoient toutes à l’archétype de l’icône pop… [suite]

Where do I wanna go ?

Par Laure Salathé
Adapté à chacun des lieux dans lequel il est joué, Where do you wanna go today se donne au Théâtre de l’Arsenic, à Lausanne, dans sa troisième variation. Mathias Ringgenberg y rend sensible l’évolution d’un personnage au sein de lui-même, la recherche de son identité et de ses émotions… [suite]

 

Le Direktør

D’après Lars von Trier (film) / Mise en scène d’Oscar Gómez Mata / Théâtre de Vidy / du 8 au 11 novembre 2017 / Plus d’infos

© Steeve Iuncker

Les critiques :

La servitude involontaire

Par Aurélien Maignant
Adaptation vaudevillesque d’un film plus sombre qu’il n’y paraît au premier abord, Le Direktør d’Oscar Gómez Mata est une comédie qui s’efforce de penser l’absurdité d’une société où l’autorité de plus en plus invisible rend la servitude involontaire… [suite]

Y a-t-il un directeur dans cette pièce?

Par Roberta Alberico
« How do you feel today? », « respire », « focus », « lâche prise », « enjoy life ». Des slogans typiques du management twittero-instagramesque défilent sur le flipchart d’une entreprise X au rythme d’un morceau deep-tech-house-electroclash… [suite]

 

Passion simple

D’après Annie Ernaux / Cie Émilie Charriot / Théâtre de Vidy / du 7 au 22 novembre 2017 / Plus d’infos

© Agnès Mellon

Les critiques :

De signes et de lumière

Par Josefa Terribilini
Après King Kong Théorie et Le Zoophile, Émilie Charriot termine sa trilogie de monologues debout face au public avec Passion simple, adapté du récit autofictionnel d’Annie Ernaux. Face à nous, sur un plateau nu troué de lumière, Émilie Charriot donne à ce texte son corps et sa voix… [suite]

Pénélope sans prétendant

Par Valmir Rexhepi
Un espace presque nu, habillé uniquement d’une dentelle de lumières, une passion qui se tisse et s’écoule, qui s’incarne dans la bouche, comme un creux que laisse l’absence. L’histoire d’une femme qui attend un homme… [suite]

 

Centaures, quand nous étions enfants

Texte et mise en scène de Fabrice Melquiot / Chorégraphie équestre de Camille & Manolo / Théâtre Am Stram Gram / du 3 au 5 novembre 2017 / Plus d’infos

© Martin Dutasta

Les critiques :

À cheval?

Par Basile Seppey
« Dans cette histoire on ne parle pas de la Corée du Nord, des ouragans ou des gens qui ont des taches de rousseurs, même si ce sont des sujets intéressants. » Non, l’histoire sera celle de Manolo et de Camille, couple fondateur du Théâtre du Centaure, une compagnie de théâtre équestre à Marseille… [suite]

 

À deux heures du matin

De Falk Richter / Mise en scène de Gabriel Dufay / La Grange de Dorigny / du 2 au 4 novembre 2017 / Plus d’infos

© Etienne Malapert

Les critiques :

De cri et de fureur

Par Lucien Zuchuat
À la Grange de Dorigny, Gabriel Dufay adapte À deux heures du matin, brûlot anticapitaliste signé Falk Richter. En dépit de quelques fulgurances poétiques et de traits d’humour piquants, le spectacle sauce « hardolescente », qu’on hurle deux heures durant à pleins poumons, finit par fatiguer… [suite]

Kill the Workflow

Par Coralie Gil
Jeudi 2 novembre à la Grange de Dorigny se jouait A Deux Heures du Matin, de Falk Richter mis en scène par Gabriel Dufay et joué par sept comédiens sortant de la promotion 2016 de l’école des Teintureries. Une pièce sur l’absurdité du système des grandes entreprises, sur la solitude et le sentiment de manque qu’elles génèrent… [suite]

 

La Recherche

D’après A la recherche du temps perdu de Marcel Proust / Création et mise en scène de Yves-Noël Genod / L’Arsenic / du 1er au 5 novembre 2017 / Plus d’infos

© César Vayssie

Les critiques :

Fumée blanche et masse noire

Par Ivan Garcia
Elaborée à partir du matériau proustien, la performance d’Yves-Noël Genod démontre que ce classique de la littérature peut être autant lu que vécu. Par une mise en scène sensorielle, le comédien nous fait éprouver « la marche du temps » et amène le spectateur à se questionner sur l’expérience métalittéraire qu’est La Recherche[suite]

Marcel la nuit

Par Thomas Flahaut
« On peut connaître l’œuvre de Proust de trois manières : la connaître très bien, un peu, ou pas du tout. » Déclare Yves-Noël Genod, chevelure blonde, silhouette longiligne et noueuse d’un Iggy Pop perché sur les talons hauts de bottines argentées, seul au milieu de l’obscurité de la scène dans un improbable costume de satin rouge. « Moi, je suis dans ces trois cas »… [suite]

 

Hocus Pocus

Par la Cie Philippe Saire / Le Petit Théâtre / du 25 octobre au 5 novembre 2017 / Plus d’infos

© Philippe Pache

Les critiques :

Prestidigitation

Par Julia Cela
Au Petit Théâtre, la Cie Philippe Saire remotive et réinvente, dans un spectacle à destination du jeune public, le dispositif lumineux imaginé pour Vacuum en 2015. Un pas de deux en apesanteur, où les danseurs deviennent illusionnistes… [suite]

 

Macbeth

D’après William Shakespeare / Adaptation et mise en scène de Valentin Rossier/ New Helvetic Shakespeare Company / La Grange de Dorigny / du 21 au 29 octobre 2017 / Plus d’infos

(c) Marc Vanappelghem

Les critiques :

Vapeurs de whisky

Par Ivan Garcia
Premier spectacle d’une nouvelle saison théâtrale à la Grange de Dorigny, le Macbeth de Valentin Rossier divise les spectateurs. Alors que la pièce de Shakespeare est une tragédie aux actes sanglants, cette mise en scène plonge le public dans l’univers de Valentin Rossier, un huis-clos teinté d’une fibre dostoïevskienne, dans laquelle règnent folie, ténèbres, manipulation et breuvages alcoolisés… [suite]

L’ivresse du pouvoir

Par Laure Salathé
Macbeth tue Duncan. Puis il tue Banquo. Peu à peu, sa folie prend le dessus. Il ne voit plus clair, ne fait plus la différence entre le réel et ce qu’il imagine. Dans la mise en scène de Valentin Rossier, les spectateurs voient l’action par le prisme de la folie, ne distinguant plus ce qui est du ressort de l’imagination du personnage de ce qui ne l’est pas… [suite]

 

Roméo et Juliette

Roméo et Juliette / De William Shakespeare / Mise en scène d’Omar Porras / TKM / du 19 septembre au 8 octobre 2017 / Plus d’infos

© MARIO DEL CURTO

Les critiques :

Hara-kiri

Par Aurélien Maignant
Omar Porras, directeur du TKM, ouvrait sa saison avec une mise en scène du classique Roméo et Juliette. Mais, en bon globe-trotter dramaturgique, il présente le drame shakespearien… au Japon. L’occasion de questionner notre rapport aux mythes fondateurs de notre société… [suite]

Quand Shakespeare se danse

Par Coralie Gil
La troupe d’acteurs japonais du Shizuoka Performing Art Center (dit SPAC) collabore avec le Teatro Malandro et offre un spectacle où les danses cadencent la poésie shakespearienne. Se mêlent alors l’Orient et l’Occident. Et la magie opère… [suite]

Les amants de Kyoto

Par Thomas Flahaut
Au TKM en septembre, le Teatro Malandro d’Omar Porras et les comédiens japonais du Shizuoka Performing Arts Center déplacent Roméo et Juliette dans un Japon médiévisant. Le metteur en scène tente de jouer entre les cultures occidentales et japonaises au détriment, parfois, d’une mise en dialogue des traditions théâtrales… [suite]

Amants d’un autre monde

Par Laure Salathé
Une Juliette naïve, courageuse et affectueuse, un Roméo fidèle, quoiqu’impulsif et prêt à tout par amour, une nourrice comiquement outrée, un Frère Laurent bon, doux et généreux, des parents intransigeants et la fable de l’amour interdit ; on connaît les personnages de Shakespeare et le mythe qui traverse les générations. Pourtant, Omar Porras parvient à donner à cette pièce, revisitée encore et encore, un souffle nouveau… [suite]

Les nipponeries de Maître Porras

Par Lucien Zuchuat
En ouverture de sa nouvelle saison au TKM, le plus colombien des metteurs en scène romands propose un Roméo et Juliette à la sauce japonaise. Foutraque et survolté, le spectacle réjouit plus qu’il n’emporte… [suite]

Transforme-t-on Shakespeare?

Par Pierre-Paul Bianchi
Au TKM, Omar Porras déplace le trop connu Roméo et Juliette vers le Japon. Après s’y être lui-même rendu, s’y être emparé de la langue, de certains codes visuels et culturels, il revient à Malley, en Suisse. L’aller-retour physique et artistique est bouclé – de l’Europe à l’Asie et inversement – et nous place devant un inévitable questionnement identitaire… [suite]

Estampe véronaise

Par Julia Cela
Sous la direction d’Omar Porras, Roméo et Juliette se pare des couleurs du pays du soleil levant. Une transposition légère à la plastique soignée qui adoucit le drame et fait entendre l’humour dans le texte de Shakespeare… [suite]

Shakespeare en kimono

Par Roberta Alberico
Au bal des Capulet, les acteurs nous tournent le dos et leurs masques nous font face : renversés à l’arrière de la tête, ils nous regardent avec leurs rictus tragicomiques de mort. A leur image, le spectacle se donne sous le signe de la dualité… [suite]

 

Erratiques

De Wolfram Höll / Mise en scène d’Armand Deladoëy / Le Poche / du 16 octobre au 5 novembre 2017 / Plus d’infos

© Samuel Rubio

Les critiques :

Mémoires meubles

Par Pierre-Paul Bianchi
Au Poche de Genève, Erratiques évoque les limites de l’image et du langage face à la mémoire, qui glisse avant qu’on n’ait pu la saisir. Le texte de Wolfram Höll, dans la mise en scène d’Armand Deladoëy, raconte comment c’est d’être un enfant face à de grands bouleversements… [suite]

Plongée dans les eaux troubles de l’enfance

Par Lucien Zuchuat
Dans une quête hallucinée et musicale, Wolfram Höll, jeune surdoué de la dramaturgie germanophone, rappelle par bribes une enfance berlinoise à la croisée de l’Est et de l’Ouest, des rêves de lumière et de la rudesse du béton. Au POCHE (GE), sous la direction satinée d’Armand Deladoëy, le texte se murmure dans la pénombre. Et c’est bouleversant… [suite]

 

Semelle au vent

Cie Jusqu’à m’y fondre / Texte de Mali Van Valenberg / Mise en scène d’Olivier Werner / Théâtre Les Halles à Sierre / du 11 au 15 octobre 2017/ Plus d’infos

© Patrick Van Valenberg

Les critiques :

Un conte fait théâtre

Par Basile Seppey
« Semelle au vent », estampillé « dès 7 ans », ne présuppose aucune limite d’âge supérieure chez ses spectateurs : un spectacle dépourvu de date de péremption… [suite]

Le Petit Prince valaisan

Par Joanne Vaudroz
« Papa ! Dis-moi, dis-moi, dis-moi pourquoi les larmes coulent tièdes alors que le cœur est glacé ? Papa, Papaaaaa ! Dis-moi, dis-moi, est-ce que les œufs brouillés vont se réconcilier ?… 1,2,3 Soleil… » Mais Papa n’est plus. Johannes se retrouve seul avec toutes ces questions. Le goût amer de ce début d’histoire ne deviendra qu’un mauvais souvenir car c’est à ce moment-là que l’aventure commence … [suite]

 

Perdre le nord

Texte de Christiane Thébert / conception Claude Thébert / TPR – Théâtre Populaire Romand (Hors les murs) / La Chaux-de-Fonds / 21 juin 2017

© Dorothée Thébert Filliger

Les critiques :

« Petit-Poucet rêveur, j’égrenais dans ma course / Des rimes »

Par Jehanne Denogent

Perdre le nord est une invitation à sortir des sentiers battus pour penser, rêver, questionner, imaginer la vie et ce que peut le théâtre. On s’attache à ces deux comédiens et on embarque pour un voyage poétique, qui a lieu ici et maintenant… [suite]

L’étourdi et les herbes folles

Par Laure-Elie Hoegen

Soit : les boussoles, les montres automatiques ou de luxe et les meubles immuables sont conçus pour nous soutenir dans notre quête d’orientation, de sens et d’ordre de vie dans le temps qui nous est inéluctablement imparti. C’est avec Lionel Brady et Claude Thébert que pourtant l’on s’octroie, en l’espace d’une soirée, la nécessaire liberté de guetter les herbes folles… [suite]

Interview

de Nicolas Truong, Nicolas Bouchaud et Judith Henry / Théâtre de Vidy / du 20 au 22 juin 2017 / plus d’infos

@C. Renaud Delage

Les critiques :

Le degré zéro de l’interview

Par Joanne Vaudroz

Les gens n’ont plus personne à qui parler dans ce monde où l’individu prime sur la collectivité, où l’égoïsme prime sur le partage. L’interview permet ce partage, ce besoin de s’exprimer sur soi face à quelqu’un qui vous écoute. Mais vous écoute-t-il vraiment ? Le reporter s’intéresse-t-il à vous pour vous-même ? Nicolas Truong, Nicolas Bouchaud et Judith Henry dévoilent les coulisses de l’exercice avec ses stratégies parfois perverses… [suite]

Very bat trip

Conception : Fabrice Melquiot / Réalisation : Eric Linder, Fabrice Melquiot et Pascal Moeschler / Théâtre Am Stram Gram – hors les murs dans le Bois de la Bâtie / du 8 au 11 juin / Plus d’infos

© Am Stram Gram

Les critiques :

Les ailes de l’espoir

Par Laure-Elie Hoegen

Tandis que les joggeurs invétérés et les promeneurs nocturnes peuplent le Bois de la Bâtie et se défont de leurs fureurs, nous sommes emmenés au bord du Rhône, le cœur palpitant de curiosité en quête de sensations fortes. Durant ces quelques nuits, on guette, le temps d’un spectacle, les chiroptères qui arpentent les arcades sous le Pont Butin, devenues le refuge éphémère d’une cérémonie envoûtante, comme un very bad trip[suite]

 

Quitter la terre

Par la compagnie SNAUT / Texte et mise en scène Joël Maillard / Arsenic / Du 6 au 11 juin 2017 / Plus d’infos

© Alexandre Morel – Jeanne Quattropani

Les critiques :

Guide pour sauver la Terre

Par Marek Chojecki

Comment sauver la Terre ? Une question brûlante dans le contexte actuel, à laquelle s’attaquent Joël Maillard et Joëlle Fontannaz. Explorant une solution controversée dans laquelle une partie de l’humanité doit Quitter la Terre, la compagnie SNAUT, dont le nom est un hommage à un personnage du roman Solaris écrit en 1961 par Stanislas Lem, relève le défi de faire de la science-fiction au théâtre… [suite]

Satire galactique

Par Josefa Terribilini

À la fois conférence flegmatique et drame science-fictionnel, Quitter la terre mélange les genres pour ébaucher un portrait de l’être humain risiblement touchant. Avec une nonchalance clownesque, Joël (Maillard) et Joëlle (Fontannaz) plongent dans l’imaginaire d’un vieux carton et en ressortent une question : expédiés en orbite dans une capsule spatiale, comment survivraient des hommes condamnés à vivre ensemble ?… [suite]

 

Still in paradise

Création de Yan Duyvendak et Omar Ghayatt / Théâtre de Vidy / du 6 au 10 juin 2017 / Plus d’infos

© Pierre Abensur

Les critiques :

Game, hate and paradise

Par Jehanne Denogent

Still in paradise est conçu comme un gigantesque jeu combinatoire et modulaire, multipliant les dimensions et les perspectives sur les thèmes de l’islamophobie et de la migration. Souplesse et ouverture : les spectateurs même deviennent mobiles… [suite]

Rencontres au souk

Par Artemisia Romano

Still in paradise créé par Yan Duyvendak, artiste néerlandais établi à Genève, et Omar Ghayatt, artiste égyptien vivant à Berne, est une rencontre qui émane de la nécessité urgente de se rapprocher de l’autre, de mieux se connaître et de faire dialoguer ces mondes que bien souvent tout oppose : l’Occident et le Moyen-Orient, l’inadéquation prétendument parfaite. Les deux artistes travaillent autour des multiples représentations de la différence culturelle, qu’elles soient individuelles ou collectives. Ils les entremêlent voire les entrechoquent…[suite]

 

 

You & Me

Par les Mummenschanz avec Floriana Frassetto, Christa Barrett, Kevin Blaser, Sara Hermann, Oliver Pfulg / Direction artistique : Eric Sauge / Théâtre du Jorat / du 30 mai au 4 juin / Plus d’infos

© Mummenschanz

Les critiques :

Apparitions enfantines

Par Laure-Elie Hoegen

Le soleil rose déclinant sur le champêtre Théâtre du Jorat est un cadre idéal pour le retour des Mummenschanz, teinté cette fois de romantisme, sur le thème de la rencontre et des attirances entre le You et le Me. Le public, venu en nombre dans l’abyssal espace joratien, frissonne et attend – bouche en cœur – les instants féeriques bien connus des tuyaux plissés et autres hommes pieuvres. Mais les Mummenschanz ont-il, après quarante ans de tournée, conservé leur prestige ?… [suite]

 

Printemps des compagnies

Théâtre des Osses / du 19 au 21 mai et du 25 au 27 mai 2017 / Plus d’infos

© Théâtre des Osses

Les critiques :

Un air de renouveau aux Osses

Par Laure-Elie Hoegen

Trois pièces en guise de perce-neige…de mai… [suite]

Mes albatros

Par Artemisia Romano

Le Printemps des compagnies accueille « Où on va, papa ?» une adaptation du texte tendre et poignant de l’écrivain Jean-Louis Fournier qui raconte l’histoire de Mathieu et Thomas, deux enfants différents, « deux petits oiseaux ébouriffés » qui roucoulent autrement… [suite]

 

 

La Cagnotte

De Eugène Labiche / Mise en scène Clémentine Colpin et Christian Geffroy Schlittler / L’Arsenic / du 17 au 21 mai 2017 / Plus d’infos

© Renaud Pidoux

Les critiques :

Un vaudeville à l’Arsenic ?

Par Laura Weber

La Cagnotte présentée à l’Arsenic nous plonge dans la fiction d’un projet collectif qui ambitionnerait d’adapter un classique du théâtre vaudevillesque d’Eugène Labiche. Tous formés à la scène contemporaine, les acteurs et metteurs en scène prennent le parti d’aborder une pièce étrangère à leur répertoire habituel. Ce regard neuf propose une version inattendue et vivifiante, très éloignée de la comédie originale… [suite]

Le vaudeville à l’épreuve du contemporain

Par Artemisia Romano

Clémentine Colpin et Christian Geffroy Schlittler imaginent un collectif d’artistes contemporains cherchant à s’emparer des codes du vaudeville. Ils dessinent le portrait cocasse du monde scénique contemporain et de la profession de comédien. Genres classiques et contemporains se rencontrent et, plus encore, se confondent … [suite]

 

Chekhov’s First Play

D’après Platonov d’Anton Tchekhov / Par la compagnie Dead Centre / Théâtre de Vidy / Du 17 au 20 mai 2017 / Plus d’infos

© Vidy

Les critiques :

Être Platonov

Par Marek Chojecki

Prenez vos écouteurs, asseyez-vous, votre siège vous appartient, faites comme chez vous : c’est ainsi que la compagnie Dead Centre invite à explorer la première pièce d’Anton Tchekhov, Platonov, une oeuvre complexe, proposant de riches réflexions sur le théâtre et sur nous-mêmes. Mais pas d’inquiétude : le metteur en scène est là pour nous expliquer, en direct, cette pièce « bordélique »…[suite]

Entre carte blanche et carte d’identité

Par Laure-Elie Hoegen

Le Dead Center revisite Tchekhov à la manière d’un jus multi-vitaminé et il y a de quoi enchanter chaque palais ! La génération Y est portée aux nues avec un spectacle qui se passe tout près de vos oreilles, dans des casques audio, où s’égrènent les commentaires suivis du metteur en scène sur le spectacle – ce qui amusera également les fines bouches de la méta-théâtralité… [suite]

 

Ressacs

Création de la Cie Gare Centrale (BE) / Théâtre des Marionnettes de Genève / du 16 au 21 mai 2017 / Plus d’infos

©TMG

Les critiques :

La ronde des objets

Par Jehanne Denogent

Au Théâtre des Marionnettes, les objets prennent vie et embarquent un couple dans des aventures aux rebondissements invraisemblables. Fait de bric et de broc, de trucs et de stocks, de clichés et de second degré, l’univers de la Cie Gare Centrale a de quoi déconcerter !… [suite]

 

 

 

 

 

 

Après le Déluge

De Aurélia Lüscher, Bastien Semenzato, Céline Nidegger, Guillaume Cayet / Cie Superprod / Théâtre de l’Usine / du 11 au 17 mai 2017 / Plus d’Infos

©TU

Les critiques :

Le pouvoir de l’abstention ?

Par Artemisia Romano

Une catastrophe a eu lieu, le monde est en rupture : qu’adviendra-t-il ensuite, un instant à saisir pour expérimenter de nouveaux possibles autour du vivre ensemble ? A, B et C se retrouvent tous trois confinés dans un espace exigu. Mais ils ne sont pas totalement seuls : le public est là pour décider de leur sort… [suite]

Semer la confusion

Par Margot Prod’hom

C’est dans un dispositif technique original et compliqué que se déroule Après le déluge. Cette pièce, co-écrite par Aurélia Lüscher, Céline Nidegger, Bastien Semenzato et Guillaume Cayet déploie un univers dystopique et apocalyptique dont on ignore tout. La seule chose dont on est sûr, c’est qu’il faut voter. Mais on ne sait même pas pourquoi on vote. D’ailleurs nos votes ne semblent pas avoir d’impact sur le scénario puisque tout est prévu pour nous montrer que nos décisions ne changeront rien. Alors pourquoi voter ?… [suite]

 

Antoine et Cléopâtre

De Tiago Rodrigues d’après Wiliam Shakespeare / Mise en scène Tiago Rodrigues / TPR La Chaux-de-Fonds / les 12 et 13 mai 2017 / Plus d’infos

©Magda Bizarro

Les critiques :

Tiago et Cléopâtre

Par Basile Seppey

On pourrait croire que l’histoire d’Antoine et Cléopâtre ne peut donner lieu qu’à du sensationnel. Une de ces histoires d’amour agrémentées de complots, de trahisons et de suicides. Une histoire avec des Romains en jupettes rouges, sandales et rantanplan : force batailles navales et grands sentiments. Tiago Rodrigues, l’actuel directeur artistique du Théâtre National Dona Maria II à Lisbonne pose tout au contraire une œuvre dense et mesurée, qui tout en rejouant la tragédie de Shakespeare questionne avec audace les fondements mêmes du théâtre… [suite]

 

La Ligne

Direction artistique de Jean-Baptiste Roybon / Production de la Compagnie Kokodyniack / Théâtre Saint-Gervais / du 9 au 20 mai 2017 / Plus d’infos

© Isabelle Meister

Les critiques :

Émergence d’un « nous » genevois

Par Margot Prod’hom

Aller à la rencontre des êtres humains pour faire émerger l’Humain, c’est le pari de la Compagnie Kokodyniack. Sur un plateau mis à nu, les investigateurs de La Ligne restituent fidèlement les récits et témoignages individuels qu’ils ont récoltés le long d’un parcours tracé à la règle à travers Genève, du Salève au Jura. Jean-Baptiste Roybon, le directeur artistique, en allant à la rencontre de l’autre, fait survenir quelque chose comme une essence, comme un lien qui unit les habitants d’une ville, montrant ainsi que le tout est plus que la somme des parties. Genève, c’est avant tout une communauté humaine… [suite]

Personne(s) au bout de la ligne

Par Laure-Elie Hoegen

La rencontre entre le projet artistique et le public fut salutaire… ou plutôt : les rencontres furent salutaires ! Seize personnes, en approchant La Ligne, ont parlé de leurs traversées de vie et histoires personnelles. Comme si le mouvement fluide de leur quotidien avait été tout à coup percuté et qu’il fallait laisser une trace de ce heurt. Ici, au théâtre, on ne raccroche pas la ligne… [suite]

 

MDLSX

Compagnie Motus / Avec Silvia Calderoni / Théâtre de Vidy / du 9 mai au 13 mai 2017 / Plus d’infos

©Diane Ilarias

Les critiques :

Autour du corps

Par Artemisia Romano

Dans MDLSX, Silvia Calderoni nous ouvre à son intimité, à sa quête d’identité sexuelle dans une société où l’ambivalence des genres est son combat quotidien. Au travers de sa performance, elle dénonce avec engagement, humilité mais aussi révolte sa condition d’intersexué dans un monde hétéronormé et parvient à une réappropriation totale de son corps… [suite]

L’histoire d’un corps

Par Marek Chojecki

MDLSX, un titre intrigant. Que veut-il dire ? Que va-t-on voir ici ? Un mélange entre théâtre et performance, une combinaison dont on ne sait pas trop quoi attendre. Une incertitude conforme au sujet du spectacle qui traite d’un corps androgyne et pose la question de l’intersexuation. Seule sur scène, Silvia Calderoni y répond par une mise en scène originale et une histoire touchante… [suite]

 

Ça ira (1) Fin de Louis

De et mise en scène Joël Pommerat / Comédie de Genève (Bâtiment des Forces Motrices) / 02 au 03 mai 2017/ Plus d’infos

© Elisabeth Carecchio

Les critiques :

Dans cinq ou dix ans, la réforme

Par Laure-Elie Hoegen

Quels sont ces canons qui retentissent par ces fraîches nuits de mai au cœur du Bâtiment des Forces Motrices ? La Révolution frappe aux portes et déstabilise le public genevois : l’auteur-metteur en scène Joël Pommerat et sa troupe présentent Ça ira (1) Fin de Louis et nous replongent dans les bas-fonds d’une Révolution que l’on pensait, à tort, exsangue… [suite]

 

Feu la mère de Madame et Les Boulingrin

La première de Georges Feydeau ; la seconde de Georges Courteline / Mise en scène de Jean Liermier / Théâtre de Carouge / du 02 mai au 21 mai 2017 / Plus d’infos

© Théâtre de Carouge

Les critiques :

Tempétueux vaudeville

Par Thomas Cordova

Un appartement en flammes, un chien qui hurle, le vin qui gicle, des claques qui partent : voilà la tourmente conjugale dans laquelle nous emmènent ces deux créations de début de siècle reprises aujourd’hui par Jean Liermier… [suite]

 

 

 

 

 

Les luttes intestines

Conception et mise en scène de Adrien Barazzone / Théâtre du Loup / du 29 avril au 14 mai 2017 / Plus d’infos

©Théâtre du Loup

Les critiques :

La philosophie dans l’assiette

Par Thomas Cordova

Etre ou ne pas être… en train de digérer ? Et Hamlet, l’œil torve, bras tendu, de lorgner non plus une tête de mort mais une belle assiette de porcelaine bleu turquoise – vide. Voilà peut-être ce que devrait être l’étiquette de la dramaturgie aujourd’hui. Et le bouleversement épistémologique ne s’arrête pas là. Au vu des récentes découvertes scientifiques, le cogito même est à refaire et la question posée : je mange donc je suis ?… [suite]

 

 

 

 

Les Hauts de Hurlevent

De Emily Brontë / Mise en scène Camille Giacobino / Cie Opus Luna Cie / Théâtre du Grütli / du 25 avril au 14 mai 2017 / Plus d’infos

©Théâtre du Grütli

Les critiques :

Passion et vengeance

Par Nadia Hachemi

Les fantômes de Heathcliff et Catherine, couple maudit des Hauts de Hurlevent, hantent en ce moment le théâtre du Grütli. Invoqué avec talent par Camille Giacobino, leur drame se rejoue sous nos yeux dans une mise en scène qui actualise le roman d’Emily Brontë tout en demeurant fidèle à son esprit… [suite]

 

2h14

De David Paquet / Mise en scène par François Marin / Théâtre des Osses, Fribourg / du 27 avril au 7 mai 2017 / Plus d’infos

©Mercedes Reidy

Les critiques :

Si j’avais su …

Par Céline Conus

Une farandole de personnages danse devant nos yeux, arrivant et quittant la scène sur des musiques qui leur ressemblent, ou ressemblent à la situation qui est la leur. Il y a la mère, accablée par une tristesse qui la rend presque folle, le professeur de lycée au bord du burnout, qui a perdu et le goût de vivre et le goût tout court, ainsi que quatre adolescents, traversant tous cet âge délicat à leur façon. C’est le petit monde de 2h14, de l’auteur canadien David Paquet… [suite]

 

Le Zoophile

D’Antoine Jaccoud / Mise en scène d’Émilie Charriot / du 26 avril au 3 mai 2017 / Théâtre de Vidy / Plus d’infos

© Vidy

Les critiques :

Ode à la fange

Par Josefa Terribilini

« L’amour des bêtes, il est dans l’sang, pour certains d’entre nous », répète la voix profonde de Jean-Yves Ruf. Cet amour, la nouvelle pièce d’Antoine Jaccoud et d’Émilie Charriot (créée à l’occasion du petit festival « Être bête(s) » de Vidy) nous le fait partager ; comme un monolithe entre trois murs noirs, un personnage nous adresse avec une tendresse sobre les souvenirs d’une vie avec les bêtes qu’il ne connaîtra plus. Son monde n’est pas le nôtre, ou du moins pas encore. Chez lui, les être humains sont seuls et les animaux sont tous partis. Enfin, presque… [suite]

L’homme à la peluche

Par Laure-Elie Hoegen

L’« Adieu aux bêtes », monologue d’Antoine Jaccoud publié en avril 2017, entre dans l’arène publique du Théâtre de Vidy du 26 avril au 03 mai. La pièce est mise en scène par Emilie Charriot dans le cadre du festival « être bête(s) » sous le titre « Le Zoophile ». La crainte d’un énième débat sur le véganisme s’estompe très vite et laisse place à une fiction dont le sujet touche plus profondément la question des relations entre hommes et bêtes : quid de l’Histoire de l’homme sans celle de la bête à ses côtés ?… [suite]

 

Mon chien-dieu

Texte de Douna Loup / Mise en scène de Joan Mompart / Co-production: Llum théâtre, Le Petit théâtre, L’Arsenic et le Théâtre Am Stram Gram / Le Petit théâtre / du 25 au 30 avril 2017 / Plus d’infos

© Le Petit Théâtre

Les critiques :

Espaces imaginaires

ParLaura Weber

Après Ventrosoleil (2014), Douna Loup et Joan Mompart s’allient une nouvelle fois afin de créer une pièce pour la jeunesse, Mon chien-dieu, au Petit théâtre et à l’Arsenic. Une mise en scène éthérée, faisant la part belle à l’imaginaire, met en valeur cette pièce capable de toucher une large audience, pourvu que celle-ci accepte un instant, non pas de s’abaisser, mais de s’élever au regard de l’enfant… [suite]

Les mots bleus

Par Céline Conus

Se souvient-on, adulte, de tous ces moments où notre esprit est parti chercher des réponses ailleurs que dans la vie réelle, ailleurs que dans la bouche des grandes personnes qui parfois ne savent pas expliquer ? Deux enfants perdus dans le grand bleu de leur imagination stimulée par l’ennui, au cours d’un été où il ne se passe rien. Une aventure qui se dessine au fur et à mesure d’un voyage qui se veut initiatique. Combien existe-t-il de façons d’apprendre la vie ?… [suite]

 

 

Tilt, can we start again ?

Création Cie Klangbox, concept Pascal Viglino / Le Petithéâtre de Sion / du 20 au 30 avril 2017 / Plus d’Infos

© Ribordy

Les critiques :

Les pots cassés

Par Valmir Rexhepi

Tilt est un spectacle-expérience qui… recommençons. Dans le noir, sous des lumières crépusculaires, se détachent les choses et les chairs ; comme une ambiance de Caravage, Tilt va… reprenons. Des tintements, des éclats de son et de lumière, des mots en spirale pour un spectacle pluriel, Tilt nous invite… attendez, il nous faut reprendre. Encore. Pourquoi ?… [suite]

Tilt ou la mayonnaise

Par Basile Seppey

Je connais un petit tour bien utile si, au sortir d’un théâtre, l’on vous assiège, cherchant, avides d’avis, à vous extirper une quelconque sentence sur ce que vous venez de voir : il suffit, suivant l’humeur, de répondre simplement : « ça m’a (pas, assez, beaucoup) parlé ». Vous faites ainsi comprendre à l’assaillant qu’il y a de toute façon toujours une part d’inexplicable ou d’intime à respecter chez un spectateur. C’est précisément ce qui nous porte intimement vers tel ou tel spectacle que les créateurs de Tilt, can we start again ? semblent avoir choisi d’explorer… [suite]

 

Festival Fécule 2017

Festival Fécule 2017 / du 24 avril au 6 mai 2017 / Grange de Dorigny / Plus d’infos

©Fécule

Les critiques :

Mouvements : Voyage au bout du rêve

Par Ivan Garcia

Dans ce foyer de la Grange de Dorigny plus que rempli, un voyage se prépare. C’est dans une ambiance onirique et conviviale que les comédiens et comédiennes de Mouvements vont nous faire traverser le monde en quête d’un secret bien gardé. Est-ce un rêve ? Est-ce une autre facette de la réalité ? Pour le savoir, il faut se laisser entraîner dans le mouvement des danses, des histoires et des musiques… [suite]

L’écharde : convaincre par l’art

Par Marek Chojecki

Un attentat ! Et il a eu lieu ici, près de chez nous ! L’écharde touche des problématiques actuelles liées aux médias, à la différence entre l’information et la vérité, à la médiatisation des attentats terroristes ou encore à l’éthique journalistique. Des sujets complexes et osés sous la plume d’Amina Gudzevic, étudiante à l’Université de Lausanne, présentés par la troupe non-professionnelle Avant-Garde pour le Festival des cultures universitaires, le Fécule… [suite]

 

Mourir, dormir, rêver peut-être

De Denis Maillefer et le Théâtre en flammes (CH) / Arsenic / du 25 avril au 2 mai 2017 / Plus d’infos

@ Virginie Otth

Les critiques :

Revenir à la vie

Par Margot Prod’hom

Mardi 25 avril, l’Arsenic présentait la nouvelle création de Denis Maillefer, en coproduction avec le Théâtre en flammes. Selon sa pratique artistique habituelle, le metteur en scène donne la parole à l’humain, à ce qui fait de chacun de nous des êtres profondément humains, fragiles et sensibles : la mémoire, l’affectivité, les rencontres, le quotidien. En amenant la mort – ce tabou que l’on tient à distance – sur la scène, ce sont en fait les coulisses de nos propres vies qui nous apparaissent. Faire face à la mort, c’est faire honneur à la vie… [suite]

Comme nous

Par Jérémy Berthoud

Autour de deux corps, quatre croque-morts s’installent et témoignent de leur expérience avec la mort mais aussi – et surtout – avec la vie, abordant avec simplicité, émotion et sincérité ce point de passage que nous finirons tous par franchir… [suite]

 

Peinture sur chevaux 2

De Blaise Bersinger / CPO / du 12 avril au 17 juin 2017 / Plus d’infos

© CPO

Les critiques :

Blaise et ses personnages

Par Laura Weber

Dans un espace scénique dépouillé de tout décor, un instrument, un trombone, qui sera vite déplacé hors-scène, sans aucune explication. Le ton est donné : dans Peinture sur chevaux 2 Blaise Bersinger explore différents moyens pour intriguer son public. Déroutant, ce spectacle livre une performance absurde et décalée à mi-chemin entre stand-up et improvisation… [suite]

 

 

 

 

 

Où en est la nuit ?

Mise en scène de Guillaume Béguin / Par la Compagnie de nuit comme de jour / La Comédie / du 04 avril au 9 avril 2017 / Plus d’infos

© Steeve Iuncker

Les critiques :

La nuit tombe sur l’Écosse

Par Marek Chojecki

« Le noir est clair » disent les sorcières de Macbeth. Où en est la nuit ? de Guillaume Béguin propose une adaptation libre de Macbeth de Shakespeare dans laquelle le metteur en scène nous invite à regarder le noir pour réussir à y voir un peu plus clair. Mais il arrive aussi que le noir reste noir… [suite]

 

Etudes hérétiques 1-7

Concept Antonija Livingstone et Nadia Lauro / Arsenic / du 31 mars au 1er avril 2017 / Plus d’infos

© Benny Nemerofsky Ramsay

Les critiques :

Abus de langage

Par Margot Prod’hom

La création d’Antonija Livingstone et de Nadia Lauro pour le Théâtre Garonne actuellement présentée à l’Arsenic pourrait se définir plus aisément par ce qu’elle n’est pas : ce n’est ni une danse, ni une pièce de théâtre à personnages, à intrigue, et à texte, ni une composition esthétique. C’est une performance, dit-on. Une performance de quoi ? Difficile de répondre à cette question. Une chose est sûre : ce sont les spectateurs qui réalisent une performance s’ils parviennent à rester dans la salle jusqu’à la fin de ce non-spectacle… [suite]

Salle d’attente

Par Laure-Elie Hoegen

Sus à la paresse! Les deux soirées dédiées à la pièce Études hérétiques 1-7, du 31 mars au 1er avril 2017, transforment la grande salle de l’Arsenic – Centre d’Art scénique contemporain – en un espace auto-créé et actif où le spectateur est amené à produire lui-même son spectacle. L’attente d‘un début ou d’une histoire n’est ici d’aucun secours…. [suite]

 

Ombres sur Molière

Texte et mise en scène Dominique Ziegler / La Compagnie Les Associés de l’Ombre / Théâtre La Grange de Dorigny / du 23 au 26 mars 2017 / Plus d’infos

©David Deppierraz

Les critiques :

Molière pris en otage par Tartuffe

Par Joanne Vaudroz

Molière chatouille les hommes d’Eglise en écrivant Tartuffe. Le faux dévot questionne dans son essence même l’intégrité religieuse et dérange le milieu ecclésiastique. Si cet imposteur nous est aussi bien connu aujourd’hui que son auteur ainsi que l’ « affaire » qui tourne autour de la création de cette pièce, c’est qu’il nous est peut-être impossible de dissocier le personnage des retentissements qu’il eut sur son créateur. C’est pourquoi l’écrivain, dramaturge et metteur en scène genevois Dominique Ziegler et la compagnie « Les Associés de l’Ombre » questionnent sur scène l’impact de Tartuffe sur son père, Molière… [suite]

 

Hamster Lacrymal

De Pierre Isaïe Duc et la Cie Corsaire Sanglot / TLH, Sierre / Du 30 mars au 9 avril 2017 / Plus d’infos

© TLH Sierre

Les critiques :

Ce hamster qui ne veut pas se taire

Par Kendra Simons

Dans un spectacle absurde et touchant, la Cie Corsaire Sanglot met la pensée sur scène. L’ingrédient magique en est la poésie sonore, marque de fabrique de cette compagnie, qui sera résidente au TLH pour les trois ans à venir… [suite]

Polyphonie cérébrale

Par Artemisia Romano

Mettre en scène la pensée et rendre compte de ces multiples voix intérieures qui nous habitent au quotidien : tel est le pari lancé par Pierre Isaïe Duc et la Cie Corsaire Sanglot dans Hamster Lacrymal, présenté en première au Théâtre Les Halles à Sierre… [suite]

 

 

 

Le Bal des voleurs

De Jean Anouilh / Mise en scène Robert Sandoz / Théâtre Nuithonie / du 23 au 24 mars 2017 / Plus d’infos

©Guillaume Perret

Les critiques :

Bas les masques !

Par Alicia Cuche

Dans cette proposition scénique déjantée de la comédie-ballet de Jean Anouilh, des voleurs trompent la confiance de leurs hôtes afin d’obtenir les trésors tant convoités… Mais au fait, au bal des voleurs, qui trompe qui ? Entre apparences, jeux de dupes, intrigues et passions, la vérité ne se révèle qu’à demi-mots… [suite]

 

Les Molière de Vitez : L’Ecole des femmes

De Molière / Mise en scène de Gwenaël Morin / Les Moliere de Vitez / Par le Théâtre Permanent / Théâtre Saint-Gervais / du 14 au 25 mars 2017 / Plus d’infos

©Pierre Grosbois

Les critiques :

On vocifère avec Molière

Par Margot Prod’hom

Il fallait oser : Gwenaël Morin remet en scène les quatre pièces de Molière que Vitez avait mises en scène en 1978, en les dépouillant jusqu’à ce qu’il ne reste que le texte. Parmi elles L’Ecole des femmes, premier spectacle de la tétralogie. Le Théâtre Permanent veut proposer un autre théâtre, à travers l’exagération. Une exagération qui implique aussi le risque, lorsqu’elle est poussée à l’extrême, de dépasser les limites, et de créer un sentiment de surfait… [suite]

 

Faust

De Johann Wolfgang von Goethe / Mise en scène par Darius Peyamiras / La Grange de Dorigny / du 16 au 19 mars 2017 / Plus d’infos

©Théâtre de l’Usine

Les critiques :

Le diable s’habille en ….

Par Céline Conus

« Là c’est fini. Comment interpréter tout cela ? ». Les derniers mots de Méphistophélès résonnent encore. La question se pose en effet après qu’on a assisté à ce Faust qui tisse décidément de nombreux liens avec notre présent. La mise en scène de Darius Peyamiras cherche à nous rappeler à quel point Faust nous concerne toujours aujourd’hui : œuvre ouverte au temps qui passe, sa signification et sa portée traversent les époques… [suite]

« Le Diable est donc un égoïste »

Par Alicia Cuche

Le Faust de Darius Peyamiras met en avant non seulement la déchéance du savant tourmenté mais également le destin des femmes qui peuplent la pièce de Goethe. La soif de connaissance et d’expériences est présentée dans cette mise en scène comme recherche des plaisirs de la chair… [suite]

 

 

FIRE OF EMOTIONS : THE ABYSS

De Pamina de Coulon / Théâtre de l’Usine / du 16 au 22 mars 2017 / Plus d’infos

©Théâtre de l’Usine

Les critiques :

Emancipation linguistico-réflexive

Par Margot Prod’hom

Entre performance vocale, linguistique et réflexive, le spectacle de Pamina de Coulon nous emporte dans les méandres d’une pensée non-commune, décalée qui pourtant nous touche par sa très fine perspicacité et sa tonalité optimiste. Sur le plateau, ce sont les mots qui agissent, performent, nous affectent ou nous font rire… [suite]

Manifeste pour une pensée ouverte

Par Artemisia Romano

« Le meilleur conseil que je puisse vous donner est vraiment, simplement, de me faire confiance. On va finir par retomber les quatre pattes sur la terre ferme, je vous en fais la promesse » : promesse dûment tenue par Pamina de Coulon, dans la performance The Abyss , deuxième volet de Fire of Emotions (après Genesis en 2014), présenté pour la première fois au Théâtre de l’Usine à Genève… [suite]

 

Amour et Psyché

D’après Molière / Mise en scène Omar Porras / Teatro Malandro / TKM – Théâtre Kléber-Méleau / du 14 mars au 9 avril 2017 / Plus d’infos

© Maria Del Curto

Les critiques :

Retour au mythe

Par Margot Prod’hom

Mardi 14 mars, c’est devant une salle comble que se levait le rideau sur la première création lausannoise du Teatro Malandro depuis qu’Omar Porras a repris la direction du TKM-Théâtre Kléber-Méleau. Du jeu d’acteur au dispositif scénique, en passant par l’éclairage et la pyrotechnie, Amour et Psyché nous ramène au mythe, et dévoile simultanément à nos yeux l’envers du décor, la machinerie humaine et technique qui donne vie au théâtre. Du mythe de Psyché au mythe du théâtre, sur un mode dionysiaque… [suite]

L’équilibre des surprises

Par Marek Chojecki

Un vrai travail d’équilibriste. La dernière création du Teatro Malandro propose la relecture d’une tragédie-ballet de Molière, Amour et Psyché, en cherchant à rendre accessible en 2017 ce texte peu connu qui fut représenté en 1671. Un dispositif scénique dont on peut voir les machineries, ouvert à la vue de tous, et pourtant plein de surprises… [suite]

 

Goupil

Par Les Compagnons de Pierre Ménard / Mise en scène de Nicolas Fagart / le Petit Théâtre / du 8 au 11 mars 2017 / Plus d’infos

© Les Compagnons de Pierre Ménard

Les critiques :

Rossons Renart en LSF

Par Josefa Terribilini

Au Petit Théâtre, Les Compagnons de Pierre Ménard nous offrent une réécriture multiforme et poétique du Roman de Renart. Violoncelliste chevelu à gauche, conteur virtuose à droite et duo de mimes au centre, chaque membre du quatuor se conjugue à la perfection sur la scène nue pour raconter cette histoire. Qui que l’on soit, on rit, on rêve, on imagine, et tout cela grâce à quelques notes et quelques gestes qui composent une langue complexe et simple à la fois… [suite]

Profite bien de ta ruse…

Par Jérémy Berthoud

Rejouer les aventures du Roman de Renart en mimes et en langue des signes est un pari audacieux. C’est pourtant sans peur mais avec une précision sans faille que s’y sont attelés les Compagnons de Pierre Ménard… [suite]

 

Sekunden später

De Nicole Seiler / Chorégraphie Nicole Seiler / Cie Nicole Seiler / L’Arsenic / du 7 au 12 mars 2017 / Plus d’infos

© Simon Broggi

Les critiques :

L’ombre et son contraire

Par Ivan Garcia

Sekunden später, ou Quelques secondes plus tard, si l’on traduisait, met en place une fantasmagorie de paroles, musiques et mouvements qui emmènent le spectateur au pays des ombres et de l’éphémère. Par ce spectacle sensible au premier sens du mot, Nicole Seiler fait appel au pouvoir de l’évocation pour donner vie à l’imaginaire des spectateurs… [suite]

 

Grange 25 = Art + Unil

Mise en scène générale Benjamin Knobil et Ludovic Chazaud / Projet et concept Ludovic Chazaud, Lise Michel, Marika Buffat, Dominique Hauser / Théâtre La Grange de Dorigny / du 2 au 4 mars 2017 / Plus d’infos

Les critiques :

Plein la vue

Par Marek Chojecki

19 spectacles de 10 minutes, dont 4 sont joués simultanément sur 4 scènes différentes, 5 minutes de pause entre les 2 fois 5 sessions présentées, et une collaboration entre des chercheurs de l’UNIL et des metteurs en scène. Ce n’est pas l’énoncé d’un calcul de maths, mais la formule des vingt-cinq ans de la Grange de Dorigny. Dense ? Oui ! Riche ? Oui ! Compliqué ? Finalement, pas tant que ça… [suite]

 

 

 

 

D’autres

De Tiphanie Bovay-Klameth et Alexis Rime / Mise en scène par Tiphanie Bovay-Klameth et Alain Borek / Compagnie TBK / Théâtre 2.21 / du 28 février au 12 mars 2017 / Plus d’infos

©atelierobscur

Les critiques :

Tout en douceur…

Par Jérémy Berthoud

Tendresse. Voilà un mot parmi d’autres pour qualifier D’autres où, seule en scène, Tiphanie Bovay-Klameth interprète différents personnages directement inspirés de son entourage… [suite]

« Je est un autre »

Par Ivan Garcia

Seule sur scène, la comédienne Tiphanie Bovay-Klameth fait vivre les « Autres ». Du pasteur typique de paroisse à la jeune marraine dévouée en passant par la coach de gym, elle nous fait remémorer des personnes qui ont probablement marqué notre vie et peut-être même la sienne… [suite]

 

 

 

 

38 séquences

De Marie Fourquet / Mise en scène Marie Fourquet / Cie Ad-apte / Le Reflet Théâtre de Vevey / du 3 au 5 mars 2017 / Plus d’infos

® Delphine Schacher

Les critiques :

Petit exercice de bovarysme

Par Nadia Hachemi

En ce moment au Reflet, Maria Bernasconi, figure de « la ménagère fribourgeoise de 52 ans », est au centre des préoccupations des six scénaristes sur la scène. Les auteurs de la rts la prennent pour cible d’une série télévisée en train de s’écrire sous nos yeux et ne lésinent sur aucun moyen pour la faire pleurer. L’objectif ? L’amener à « bovaryser devant sa télé» nous expliquent-ils. Un spectacle léger et égayant duquel se dégage en filigrane une critique badine de notre société connectée… [suite]

 

 

 

 

 

Rêve et folie

De Georg Trakl / Mise en scène de Claude Régy / Théâtre de Vidy / du 28 février au 4 mars 2017 / Plus d’infos

®Pascal Victor

Les critiques :

Cinquante nuances de sombre

Par Jérémy Berthoud, Céline Conus, Thomas Cordova, Jehanne Denogent, Ivan Garcia, Margot Prod’hom, Artemisia Romano, Basile Seppey, Joanne Vaudroz

Le texte qui suit est issu d’un exercice guidé de critique créative sur le spectacle de Claude Régy. Il est composé d’une sélection d’extraits de neuf propositions… [suite]

 

 

La petite casserole d’Anatole

D’après l’album d’Isabelle Carrier, adaptation et mise en scène par Cyrille Louge, conception des marionnettes par Francesca Testi / Le Reflet, théâtre de Vevey / 12 février 2017 / Plus d’infos

®Cyrille Louge

Les critiques :

Et toi, ta casserole ?

Par Kendra Simons

Avec ses marionnettes, dans un langage imagé, ce spectacle raconte l’histoire d’un petit garçon bien embêté par sa casserole. A travers le parcours d’Anatole, c’est aussi une question qui est posée au jeune public : et toi, qu’est-ce que tu as dans ta casserole ? A la fois drôle et féérique… [suite]

 

 

Pachinko

Création Aurélien Patouillard / Cie Zooscope (CH) / du 14 au 18 février 2017 / Arsenic / Plus d’infos

© D.A.

Les critiques :

Jeu de billes

Par Jehanne Denogent

À l’Arsenic, la cie Zooscope propose un jeu au fonctionnement simple. Il suffit d’oublier les règles et de laisser son imagination flotter. Une expérience pour des yeux et des esprits curieux !… [suite]

Partir !

Par Nadia Hachemi

« Tout le monde a le droit de prendre part au monde». Certes, mais tout le monde en a-t-il vraiment envie ? En ce moment, à l’Arsenic, la tension entre notre besoin de reconnaissance, d’amour et nos désirs de départ, de fuite et de repli sur soi est sous les projecteurs. Entre notre soif d’union et de séparation, que choisir ?… [suite]

 

Genesis

de et par Jean-Michel Potiron / Compagnie théâtre à tout prix / La Grange de Dorigny / du 2 au 4 février 2017 / Plus d’infos

©La Grange de Dorigny

Les critiques :

Si proches et si loin

Par Jérémy Berthoud

Dans le cadre intime d’une loge de la Grange de Dorigny, Jean-Michel Potiron convie son public pour un spectacle autour de ses projets de mise en scène. Quand théâtralité et convivialité cohabitent avec difficulté… [suite]

Le théâtre est un oiseau rebelle

Par Fanny Utiger

Dans un théâtre, mais pas dans une salle ; face à un artiste, mais qui ne joue que son propre rôle ; avec Pasolini ou Bernhard, mais avec peu de leurs mots seulement… Genesis est une pièce qui feint de ne pas l’être, sans prendre complètement le spectateur dans la supercherie, car le quatrième mur ne s’écroule jamais vraiment… [suite]

 

Il le faut. Je le veux.

de Valerio Scamuffa / Cie Lascam / Arsenic / du 31 janvier 2017 au 04 février 2017 / Plus d’infos

© Valerio Scamuffa – Anastasia Starostenko

Les critiques :

Tu raisonnes ou tu t’émotionnes ?

Par Kendra Simons

On a tous un proverbe, caché quelque part, auquel on s’accroche et qui est censé nous guider vers le bonheur. Seulement voilà, il y a comme un léger décalage entre ce proverbe et… la vie. La création de la Cie Lascam expérimente ce décalage entre mots d’ordre et vie, entre raison et ressenti… [suite]

Ecume

Par Valmir Rexhepi

Valério Scamuffa nous invite dans une réflexion sur la quête du bonheur et l’absurdité de cette quête. On entre doucement, et puis, comme pour souligner l’instabilité de la réflexion, on se perd. Peut-être trop ?… [suite]

 

Gala

De Jérôme Bel / Théâtre de Vidy / du 31 janvier au 3 février 2017 / Plus d’infos

© Théâtre de Vidy

Les critiques :

Tous à la même enseigne

Par Fanny Utiger

Au théâtre de Vidy, Jérôme Bel réunit sur scène des danseurs du quotidien ou du dimanche qui, avec un cran remarquable, livrent un spectacle qui touche autant qu’il enthousiasme. Gala a beau faire jaser nombre de balletomanes, on retrouve dans ce cadre bienveillant une certaine pureté de la danse, qui n’a que faire de l’excellence du mouvement ou de la beauté des corps… [suite]

Le gala pour tous !

Par Jonathan Hofer

Danser pour soi, danser pour les autres, avec les autres. S’approprier la musique, dans son corps entier, la faire sienne. Tout un chacun possède sa propre façon de s’exprimer à travers la danse. C’est ce tout, cette multiplicité universelle que Jérôme Bel cherche à questionner et affirmer dans sa création Gala[suite]

 

Sans Partir

de Julien Mages / Cie Julien Mages / Arsenic / du 19 au 29 janvier 2017 / Plus d’infos

© Sylvain Chabloz

Les critiques :

Délire schizophrénique en musique

Par Kendra Simons

Julien Mages présente sa nouvelle création à l’Arsenic : un monologue poétique qui dessine, en mots et en musique, l’errance – et la désespérance – d’un fou à travers la ville de Lausanne… [suite]

 

Mesure pour mesure

de William Shakespeare / mise en scène Karim Bel Kacem / Théâtre de Vidy / du 18 au 26 janvier 2017 / Plus d’infos

© Théâtre de Vidy

Les critiques :

Je vois tout, je sais tout

Par Alicia Cuche

Big Brother a investi Shakespeare : murs transparents, vidéo-surveillance, personnages espionnés et mis sur écoute. Le public voit sans être vu, entend sans être entendu. On devient témoins et jury. Et pourtant un seul point de vue est permis : prison, ou bureau du pouvoir ?… [suite]

Qui veut aller en prison ?

Par Céline Conus

Assister à une pièce de Shakespeare aujourd’hui, dans une mise en scène qu’on sait ne pas être « classique », c’est remettre encore une fois sur le tapis la question de l’actualisation. La mise en scène doit-elle actualiser les pièces ? Est-ce son rôle ? Comment doit-elle s’y prendre ? Karim Bel Kacem, au Théâtre de Vidy, explore divers moyens pour proposer une réflexion sur le pouvoir d’aujourd’hui tout en gardant sans cesse la pièce de Shakespeare au centre de ses préoccupations. Une véritable expérience, qui réconciliera certains spectateurs avec le théâtre contemporain… [suite]

 

Tokaïdo

Tokaïdo / de Fred Mudry et Pierre Mifsud / Petithéâtre de Sion / du 12 au 22 janvier 2017 / Plus d’infos

©Michael Abbet

Les critiques :

Un Japon

Par Basile Seppey

Le Japon est toujours plus ou moins à la mode. Il bénéficie d’un statut étrange, celui d’autre, de différent, de dépaysant mais sans jamais devenir inconfortable. Comme un envers d’ici, mais pas complètement. Des grandes villes aussi, mais des baguettes. Des vieux villages dans les montagnes, mais des bambous. Fred Mudry et Pierre Mifsud nous entrainent dans leur Japon, celui où ils n’ont jamais été…[suite]

 

Et jamais nous ne serons séparés

de Jon Fosse / mise en scène Andrea Novicov / Cie Angledange / du 12 au 21 janvier 2017 / Théâtre de La Grange de Dorigny / Plus d’infos

© Cie Angledange

Les critiques :

Les objets du désir

Par Josefa Terribilini

Avec Et jamais nous ne serons séparés, c’est une soirée « tout à fait ordinaire » que nous fait vivre la compagnie Angledange. Une femme qui s’ennuie et son mari adultère. C’est du moins ce qu’il semble… Simultanément présents sur la scène et pourtant si déconnectés, les personnages sont déroutants et les époques paraissent s’entrechoquer. Donnant vie avec agilité à cette tragi-comédie beckettienne de Jon Fosse, Andrea Novicov nous fait passer du gloussement au cafard dans l’indifférence rassurante des meubles d’un salon rose orangé…[suite]

Inquiétantes solitudes

Par Ivan Garcia

La solitude, nouveau mal du (XXIe) siècle ! Première pièce du Norvégien Jon Fosse, Et jamais nous ne serons séparés embarque le spectateur dans une tragédie psychologique sombre et angoissante. C’est à huis clos, dans une situation a priori banale, l’attente, qu’Andrea Novicov nous fait sentir à quel point la frontière entre réalité et imaginaire n’est pas si étanche et claire que cela[suite]

PÅG – Morning wood

création et mise en scène Christian Denisart / Compagnie Les Voyages Extraordinaires / du 10 au 15 janvier 2017 / Théâtre 2.21 / Plus d’infos

©Théâtre 2.21. Droits réservés

Les critiques :

Gravlax

Par Laura Weber

Vous ne connaissez pas Påg ?! Ce groupe suédois pourtant incontournable des années 80 ? Il n’est pas trop tard, le quatuor remonte sur scène, pour la sortie de leur dernier album Morning Wood et ils ont décidé d’entamer leur nouvelle tournée à Lausanne, au 2.21…[suite]

ABBA déchante

Par Sarah Simon

Après un accident septentrional qui leur a valu d’être bloqués dans la glace pendant dix-neuf ans, quatre sex-symbols des années 80 reviennent enfin ravir nos oreilles de leurs harmonies. Le présumé groupe suédois PÅG lance la tournée de son nouvel album « Morning Wood » avec plusieurs dates à Lausanne. Preben, Morten, Tåg et Bra sont à rencontrer au Théâtre 2.21 du 10 au 15 janvier 2017... [suite]

J’appelle mes frères

de Jonas Hassen Khemiri / mise en scène de Michèle Pralong / Le Poche (Genève) / du 9 au 29 janvier 2017 / Plus d’infos

©Samuel Rubio

Les critiques :

L’étranger

Par Thomas Cordova

Est-ce que c’est lourd, une tête à porter ? Oui, si c’est celle qu’il ne faudrait surtout pas porter. La tête du coupable. La pièce de Jonas Hassen Khemiri est centrée sur ces visages qu’un contexte de tension, un mouvement de pensée ou une attitude sociale vont mettre au banc des accusés. La mise en scène de Michèle Pralong rend sensible le climat de guerre qui exacerbe les suspicions … [suite]

 

Cette année, l’avenir est en avance

De Robert Sandoz / Mise en scène de Aude Bourrier et Carole Schafroth / Théâtre Am Stram Gram / du 16 au 18 décembre 2016 / Plus d’infos

©Am Stram Gram

Les critiques :

Et si c’était possible

Par Thomas Cordova

En tant que parents un tant soit peu préoccupés par l’éducation de votre progéniture, vous avez bien dû, un jour, vous demander comment lui expliquer l’astrophysique nucléaire et la relativité générale. « Comment faire comprendre, à ces chères têtes blondes, l’incomparable immensité du multivers des potentialités ? » Voilà une préoccupation toute normale, un tracas, hélas, bien commun… Une des solutions est de voir comment Robert Sandoz s’y prend pour vous le montrer et ça se passe sur scène… [suite]

 

 

 

En manque

Création de Vincent Macaigne / Théâtre de Vidy / du 13 au 21 décembre 2016 / Plus d’Infos

© Mathilda Olmi

Les critiques :

L’agression des néons

Par Jehanne Denogent

Au Théâtre de Vidy, Vincent Macaigne nous parle du sentiment de manque, presque physique, lié à l’absence et à la mélancolie. Le corps du spectateur est lui aussi mis à rude épreuve par cette performance, qui laisse un sentiment de colère… [suite]

Passés à tabac

Par Josefa Terribilini

« Pourquoi tout ce fracas ? ». La voix cristalline de la fillette résonne de son innocence au milieu d’un plateau désormais dévasté. Ce fracas, elle l’a vu mais elle ne le comprend pas, parce qu’il est difficile de comprendre. En manque est une anarchie à tous les niveaux, sous toutes ses formes. Détruire tout. Mais pourquoi ? Pour trouver de l’amour vivant, même s’il doit être violent, même s’il ne pourra peut-être jamais être libre. Se battre pour la vie : tel semble être le propos fort de cette performance choc qui ne professe rien et ravage tout, y compris nous… [suite]

 

Miss Poppins

The Divine Company / adaptation et mise en scène Stefania Pinnelli / Le Petit Théâtre / du 7 au 31 décembre 2016 / Plus d’infos

© Philippe Pache

Les critiques :

« Tout se transforme ! »

Par Céline Conus

Un tour de parapluie et la voilà à Lausanne, en 2016 ! La fantastique nounou aide un père et sa fille à « regarder les choses autrement », surmontant ainsi petits soucis et grandes peines, à l’aide de chansons, de danses et surtout de nombreux tours de magie entre apparitions, disparitions, multiplications, jonglage et étincelles. Le tout est plein d’enseignements et l’escale en vieille ville vaut le détour… [suite]

Le champ des possibles

Par Alice Moraz

Magique ! C’est bien l’impression que laisse Miss Poppins, spectacle basé sur le livre de Pamela Lyndon Travers et adapté par The Divine Company. Les comédiens se jouent des difficultés techniques et donnent à voir une version enchanteresse de la célèbre histoire… [suite]

 

Dada ou le décrassage des idées reçues

Mise en scène et montage de Geneviève Pasquier / Théâtre des Osses / du 8 au 23 décembre + 31 décembre 2016 / Plus d’infos

©Théâtre des Osses

Les critiques :

Le bon débarras

Par Josefa Terribilini

Dada ou le décrassage des idées reçues, c’est la démonstration qu’on peut faire une pièce de théâtre de trois bouts de ficelles et deux bouts de carton. Littéralement. Et puis, il faut aussi des acteurs pour les éparpiller, les démonter et les remonter, les découper et les recoller. Ces acteurs, ils sont trois et vous verrez, à la fin, vous les applaudirez… [suite]

Ne cherchez pas à comprendre

Par Alicia Cuche

Au Centre dramatique fribourgeois – Théâtre des Osses, Dada ou le décrassage des idées reçues amène sur scène le mouvement dada dans toute sa créativité. Geneviève Pasquier est allée puiser dans les textes de divers auteurs, notamment Hugo Ball, André Breton, Francis Picabia, ou Guillaume Apollinaire. Le résultat est un spectacle riche en idées et facilement accessible, dont l’on revient avec des questionnements plein la tête. Un joli voyage d’une heure quinze… [suite]

 

Cercle

De Alexandre Chollier / Mise en scène de Jean-Louis Johannides / Théâtre du Loup, Genève / du 07 au 18 décembre 2017 / Plus d’infos

© Christian Lutz

Les critiques :

Une histoire de globe

Par Thomas Cordova

Voir une carte, avouez-le, c’est toujours assez étonnant. Mais non, pas Google Maps… Je vous parle de ces cartes qui respirent un air poussiéreux. De celles qui vous donnent envie d’habiter les régions qu’elles montrent d’une façon assez particulière. Une façon bien à elles qui convoque notre esprit et le pousse à faire le voyage. Et nous voilà investissant ces lignes, ces tracés, de toute notre imagination… [suite]

 

Combat

Performance de Sonia Rickli Performance Company / Théâtre les Halles à Sierre / du 8 au 18 décembre 2016 / Plus d’infos

© TLH SIerre

Les critiques :

Un déplacement avantageux

Par Basile Seppey

J’étais finalement bien content de m’être déplacé jusqu’à Sierre pour ce spectacle. Je l’avoue, au début, j’étais un poil tiède à l’idée de voir quelque chose sur le patois et les modzons. Le mot « performance », dans le programme me rassurant un petit peu, je décidai de risquer le voyage. Et bien m’en a pris, figurez-vous, parce que oui, il y avait du patois, mais pas que… [suite]

 

La conquête de l’inutile

Mise en scène de Oscar Gómez Mata / Cie Alakran / Arsenic / du 7 au 11 décembre 2016 / Plus d’infos

© Javier Marquerie Bueno

Les critiques :

Débauche

Par Valmir Rexhepi

Oscar Gómez Mata et la compagnie Alakran nous amènent aux portes de l’inutile, là où le sens semble s’être enfui mais où paradoxalement il est le plus présent. Enthousiaste, bruyant et brillant, le spectacle fait mouche… [suite]

De l’utilité de l’inutile

Par Nadia Hachemi

« Effort maximum, résultat minimum ». Comment mieux représenter la figure de l’Enthousiaste ? Un drôle de personnage qui, en ce moment, à l’Arsenic, fait l’objet des explorations et expérimentations de la Compagnie L’Alakran. Le plus étonnant ? Son goût de l’inutile. Et si c’était précisément l’inutilité de son objet qui rend l’Enthousiasme essentiel ? Élan désintéressé, il nous empêche de sombrer dans les abîmes du Désespoir… [suite]

 

Nino

De Rébecca Déraspe / mise en scène de Yvan Rihs / POCHE Genève / du 05 décembre 2016 au 29 janvier 2017 / Plus d’infos

®Samuel Rubio

Les critiques :

Mère avec contestation

Par Thomas Cordova

Quel est le rapport entre être enceinte et préparer son suicide ? Ou plutôt : est-ce que devenir mère, c’est nécessairement enterrer une femme ? Non, non, non ! Mettre au monde pour tirer une révérence ? Rébecca Déraspe s’attaque à cette problématique avec piquant et nous dresse le portrait de toutes les mères qui ont oublié d’être femmes… [suite]

 

La Comédie des erreurs

William Shakespeare / mise en scène de Matthias Urban / TKM- Théâtre Kléber-Méleau, Lausanne / du 1 au 22 décembre 2016 / Plus d’infos

©Mario Del Curto

©Mario Del Curto

Les critiques :

« Shakespeare, ça déchire ! »

Par Céline Conus

Le metteur en scène suisse Matthias Urban relève avec brio le défi que constitue la mise en scène d’un auteur classique. Revisitée, entre théâtre et comédie musicale, la pièce de Shakespeare n’en conserve pas moins son esprit et son but : faire (beaucoup) rire !… [suite]

On demande l’original … et la copie conforme

Par Alice Moraz

Dans un décor simple mais protéiforme, le metteur en scène lausannois Matthias Urban propose une version moderne de La Comédie des erreurs. Pièce de jeunesse de Shakespeare qui prouve que l’on ne peut se fier à ce que l’on voit, elle prend vie sur le plateau grâce à six comédiens qui passent sans difficultés d’un personnage à l’autre… [suite]

 

Holes & Hills

De et par Julia Perazzini / Arsenic / du 26 au 30 novembre / Plus d’infos

© Simon Letellier

© Simon Letellier

Les critiques :

Des masques, des figures

Par Nadia Hachemi

Entre le visage que l’on donne à voir au monde et le vrai, celui qui – toujours mouvant et en construction – se cache derrière cette façade, un creux. En ce moment, à l’Arsenic, Julia Perazzini imite et fait tomber les masques, tentant de soulever un pan de voile, à la recherche de la part d’insaisissable qui forme l’identité… [suite]

En (a)pesanteur

Par Jérémy Berthoud

Comme le disait Démocrite, «tout ce qui existe dans la nature est le fruit du hasard et de la nécessité». Comme le performe Julia Perazzini, chaque vie se forme de trous et de collines, de Holes et de Hills… [suite]

 

Dom Juan

De Molière / mise en scène de Jean-François Sivadier / Théâtre de Vidy / du 23 novembre au 3 décembre 2016 / Plus d’infos

®Brigitte Enguerand

®Brigitte Enguerand

Les critiques :

Ô le beau raisonnement !

Par Alicia Cuche

Grâce à une scénographie originale et osée, ainsi qu’à un jeu d’acteurs clownesque, la troupe de Jean-François Sivadier donne de l’ampleur au texte de Molière, bien que le choix d’une diction rapide et essoufflée en complique l’appropriation. Préparez-vous à vous à franchir les frontières entre salle, scène et coulisses… [suite]

 

Morb(y)des

De Sébastien David / mise en scène Manon Krüttli / Poche, Genève / du 21 novembre au 29 janvier 2017 / Plus d’infos

®Samuel Rubio

®Samuel Rubio

Les critiques :

Poésie d’égout

Par Kendra Simons

Une pièce qui nous fait descendre au demi sous-sol, pour aller dans le trou, voir ce qui se cache dans les égouts symboliques des laissés-pour-compte par la société. Y vivent deux sœurs qui tentent de ne pas voir les immondices, chacune à sa manière. En filigrane du monstrueux se dessine une poésie de la fragilité. Un spectacle qui marque… [suite]

Exister dans un monde qui nous efface

Par Sarah Simon

« Salut bande de Freaks ! ». Montréal. Deux sœurs tentent d’échapper à l’ennui. L’une se gave de télé-réalité et de junk food, l’autre est rêveuse et essaie désespérément de communiquer avec le monde extérieur. La pièce nous embarque dans un voyage virtuel, entre rêve, réalité et hallucinations, questionnant ainsi des angoisses qui sont profondément contemporaines… [suite]

 

Ivanov

De et mis en scène par Emilie Charriot, d’après Anton Tchekhov/ par la Cie Emilie Charriot / Arsenic / du 22 au 27 novembre 2016 / Plus d’infos

©Nora Rupp

©Nora Rupp

Les critiques :

Traces

Par Josefa Terribilini

Le vide, le brut, c’est la tragédie de l’existence, à l’image du plateau de l’Ivanov d’Emilie Charriot. L’espace est creux et sombre, seulement taché d’éclairage blême. Les constructions sont effacées : pas de décors, pas de coulisses. Simplement quelques acteurs en noir ou blanc qui parlent et hantent une scène qui les dévore de son néant. Ils essaient, avec leurs mots, de la remplir, cette scène. Et puis ils sortent. Ou meurent… [suite]

Jeu de lumières

Par Valmir Rexhepi

Grâce à une mise en scène épurée, Emilie Charriot invite à voir la pièce de Tchekhov autrement. Ivanov n’est plus au centre, quelque chose d’autre alors se dit, une expérience de la dynamique des relations, des « je t’aime moi non plus ». La lumière, comme une loupe ou un télescope nous amène à la rencontre d’êtres qui s’attirent et se rejettent… [suite]

 

Adishatz (Adieu)

Conception et interprétation de Jonathan Capdevielle / Théâtre les Halles à Sierre / du 17 au 18 novembre 2016 / Plus d’infos

©TLH Sierre

©TLH Sierre

Les critiques :

Un autoportrait

Par Basile Seppey

Adishatz (Adieu) est un autoportrait chanté à la fois exigeant et libéré, une mise à nu hardie qui requiert un réel engagement de la part du public : une fois la glace brisée, au confluent de nos mémoires musicales, se raconte une histoire, toute simple, toute vraie… [suite]

If I run away?

Par Joanne Vaudroz

Lentement, d’un pas nonchalant, la mine renfrognée, les traits du visage crispés comme s’il portait le poids du monde sur ses épaules, l’artiste entre en scène et sort un micro de sa poche. Il se met à chanter. « Life is a mystery ; Everyone must stand alone ; I hear you call my name ; And it feels like home ; When you call my name it’s like a little prayer… » Cet air de Madonna (Like a Prayer, 1989) n’est que l’un des nombreux titres de son répertoire. Jonathan Capdevielle se met à nu dans Adishatz (Adieu)[suite]

 

Stück Plastik

De Marius von Mayenburg / mise en scène de Gianni Schneider / Théâtre de la Grange de Dorigny / du 17 au 26 novembre 2016 / Plus d‘infos

©La Grange de Dorigny

©La Grange de Dorigny

Les critiques :

Exploitation

Par Valmir Rexhepi

Dans un salon tout à fait bourgeois, des personnages plus ou moins distingués cherchent dans l’autre le maître ou l’esclave. Ici, la famille devient le microcosme de l’exploitation ; le foyer, le lieu des luttes… [suite]

Künstlich

Par Laura Weber

Comment mettre en lumière les travers humains, sans être pour autant trop catégorique ? Mise en scène par Gianni Schneider, la pièce de Marius von Mayenburg questionne la possibilité qu’a le théâtre d’explorer les relations entre les hommes et sonde dans un microcosme familial les rapports humains, tout en interrogeant la pertinence même de son propre discours… [suite]

 

Histoire d’un merle blanc

D’Alfred de Musset / mise en scène d’Anne Bourgeois / Théâtre Equilibre Nuithonie, Fribourg / du 16 au 19 novembre 2016 / Plus d’infos

©Clémence Cardot

©Clémence Cardot

Les critiques :

Un spectacle de haut vol

Par Céline Conus

Avez-vous déjà vu un merle blanc ? Qu’est-ce que ce drôle d’oiseau peut bien nous apprendre sur nous, notre rapport aux autres, ou plus radicalement sur la finalité de nos vies, nos destinées ? Pour le savoir, courez vous trouver une place dans la volière et laissez-vous conter L’Histoire d’un Merle blanc[suite]

Connais-toi toi-même

Par Alicia Cuche

Avec Histoire d’un merle blanc, une adaptation scénique de la nouvelle d’Alfred de Musset, Anne Bourgeois et Stéphanie Tesson nous amènent à reconsidérer nos propres déceptions dans notre quête identitaire. Car qui ne s’est jamais senti « merle blanc » dans un monde de merles noirs ?… [suite]

 

Unité modèle

De Guillaume Corbeil / Mise en scène de Manon Krüttli / du 14 novembre 2016 au 29 janvier 2017 / POCHE Genève / Plus d’infos

®Samuel Rubio

®Samuel Rubio

Les critiques :

Entre soupe betterave-tofu-ananas et sorbet glacé aux baies de Gobi

Par Thomas Cordova

Unité modèle, c’est de la haute couture labélisée Roche-Bobois, du vent en poupe Pop, de la technicolore luminothérapique, du rap français biodégradable et équitable… Un conseil : accrochez-vous la coiffure… [suite]

 

What if They Went to Moscow

D’après Les trois sœurs de Tchekhov / mise en scène de Christiane Jatahy / Théâtre Populaire Romand / du 12 au 13 novembre 2016 / Plus d’infos

©TPR

©TPR

Les critiques :

Identité

Par Valmir Rexhepi

Les trois sœurs voudraient partir à Moscou afin de changer, sortir de leur torpeur. La question de la possibilité même de devenir quelqu’un d’autre est concrètement prise en charge par un dispositif scénique qui exploite les échappées possibles des personnages de théâtre par le cinéma… [suite]

 

Landru

Mise en scène de Yoann Pencolé – Cie Zusvex / Théâtre des Marionnettes de Genève / du 4 au 13 novembre 2016 / Plus d’infos

© Diana Gandra

© Diana Gandra

Les critiques :

Mais où sont passés les corps ?

Par Jehanne Denogent

Où sont passés les corps des victimes de Landru ? Enterrés dans le jardin ? Réduits en farine pour en faire des gâteaux ? Envoyés dans l’espace à l’aide de la répulsion terrestre ? En 1921, l’affaire Landru enflamma Paris et attisa les hypothèses les plus folles. Aujourd’hui, la compagnie Zusvex recourt aux marionnettes pour exploiter l’imaginaire débridé que suscite un fait divers à l’allure de conte… [suite]

Aller-retour

Par Valmir Rexhepi

D’une cour de justice au début du XXe siècle aux planches du Théâtre des Marionnettes de Genève aujourd’hui, le procès de Henri Désiré Landru conserve ses aspects spectaculaires et mystérieux. Mesdames et messieurs les jurés, voici les faits … [suite]

 

Le chant du cygne

D’Anton Tchekhov / mise en scène Robert Bouvier / Théâtre du Passage / du 2 au 6 novembre / Plus d’infos

©Fabien Queloz

©Fabien Queloz

Les critiques :

Coup de projecteur à l’intérieur du théâtre

Par Alice Moraz

La Cie du Passage adapte Le chant du cygne, fantaisie courte d’Anton Tchekhov portant sur le théâtre. Le spectacle insère dans l’œuvre originale des scènes qui révèlent les secrets et coutumes des comédiens, ces artistes à la folie douce… [suite]

Du début à la fin

Par Jonathan Hofer

La création de Robert Bouvier et de la Compagnie du Passage est une tempête. Un fracas entre ténèbres et lumière, le choc de la jeunesse et de la vieillesse, du silence et du vacarme… [suite]

 

1985…2045

De Katy Hernan et Barbara Schlitter / par la Compagnie Kajibi Express / du 2 au 20 novembre 2016 / au Petit Théâtre / Plus d’infos

© Philippe Pache

© Philippe Pache

Les critiques :

Un vent de changement

Par Jérémy Berthoud

Entre 1985 et aujourd’hui, entre l’enfance des parents et celle de leurs enfants, il y a quand même un monde. Et que dire des 30 ans à venir ? En 2045, vivrons-nous sur Mars avec les ours polaires ? Le temps passe vite au Petit Théâtre… [suite]

Expérimenter le temps qui passe…

Par Kendra Simons

Combinant dialogue avec le public et expérimentation scénique, Katy, Barbara et Valerio font réfléchir les enfants et leurs parents à tout ce qui peut changer en trente ans. Entre 1985 et 2045, on se trouve pris dans une machine à jouer avec le temps, à travers une mise en scène qui fait rire tout le public… [suite]

 

Karamazov

D’après Les Frères Karamazov de Fédor Dostoïevski / mise en scène de Jean Bellorini / Théâtre de Carouge / du 1 au 13 novembre 2016 / Plus d’infos

© Victor Tonelli

© Victor Tonelli

Les critiques :

Médusés sur radeaux

Par Valmir Rexhepi

Le temps du roman fait place au temps du théâtre sans accroc, comme par magie. Fiodor et ces fils sont à la dérive ; vont-ils toucher terre ?… [suite]

 

Voyage à Tokyo

Mise en scène Dorian Rossel / TPR / du 27 au 30 octobre 2016 / Plus d’infos

© Carole Parodi

© Carole Parodi

Les critiques :

Le vide qui est plein

Par Kendra Simons

[Le TPR accueille ce week-end la Cie STT (SuperTropTop) pour Voyage à Tokyo. Dorian Rossel, qui pratique beaucoup l’adaptation (roman, BD, cinéma), avait déjà exploré la culture japonaise en adaptant au théâtre le manga Quartier lointain en 2009. Il transpose cette fois au théâtre le film de Yasujirō Ozu (Voyage à Tokyo, 1953). Zoom au cœur de ce voyage… [suite]

 

Le Dieu du carnage

de Yasmina Reza / mise en scène de Georges Guerreio / par Baraka et Helvetic Shakespeare Company / du 22 au 29 octobre 2016 / au Théâtre de la Grange de Dorigny / Plus d’infos

© Marc Vanappelghem

© Marc Vanappelghem

Les critiques :

Conflit de désintérêt

Par Fanny Utiger

Un cordial entretien entre deux couples, une querelle d’enfants à régler… mais tant de non-dits, d’incidents de discours et d’egos mal dressés que toute cordialité s’effrite, au risque d’une explosion de tempéraments peu glorieuse. A la Grange de Dorigny, la production de l’Helvetic Shakespeare Company fait honneur au délectable huis-clos de Yasmina Reza…[suite]

 

Carnage domestique

Par Laura Weber

Que laisse présager ce titre évoquant un mystérieux démiurge instigateur de la loi du plus fort ? Les règles du vivre ensemble permettent-elles, malgré cette sourde présence, de maintenir des relations paisibles et raisonnées entre tout un chacun ? L’avènement de la bienséance sociale n’est peut-être pas parvenu à contrer les desseins de cette puissante divinité. Le Dieu du carnage n’a peut-être jamais été aussi acharné que dans le salon du couple Houllié… [suite]

 

 

Fête du Théâtre

Genève / du 11 au 16 octobre 2016

page_accueil2

Les critiques :

À la vie, à la scène ( pour Juste après ou juste avant?)

Par Jérémy Berthoud

Situé au bord de l’Arve, le théâtre de la Parfumerie accueille du 4 au 23 octobre la compagnie 100% acrylique et son Juste après ou juste avant?, création haute en couleur mélangeant avec allégresse scène, coulisses et vie réelle… [suite]

Émulsion verdienne à la sauce moléculaire (pour Bouffons de l’opéra)

Par Alice Moraz

Le metteur en scène franco-américain Benjamin Knobil présente au cœur du café-restaurant l’Alhambar, un vaudeville inspiré de La Traviata de Verdi : une opérette moderne et pleine de saveurs qui parle cuisine et amour… [suite]

Les solitudes d’appartement (pour Appartiamentum. Nous vous invitons à nous inviter à vous inviter chez vous)

Par Ivan Garcia

Un numéro de l’avenue de France, interphone 5-1, un immeuble comme les autres dans un quartier genevois. Avec les autres invités, on boit un peu de tisane et on discute dans le hall en attendant qu’à l’étage, nos hôtes aient fini de préparer la soupe à la courge. Puis, c’est l’heure, on peut monter. On arrive devant la porte et on sonne. C’est alors que tout commence… [suite]

Horizon travail (pour Velours avoine)

Par Valmir Rexhepi

Chanter le travail, sa recherche, les désillusions qui l’accompagnent : le projet se donne dans le charme exigu et intime du Saltimbanque, sur des airs disco-futuristes des années huitante… [suite]

 

Suzette

Texte et mise en scène de Fabrice Melquiot / avec Emmanuelle Destremau, Simon Aeschimann, Alain Frey, Vincent Hänni, Louis Lavedan, Nicolas Rossier et Gabriel Bonnefoy / Théâtre Am Stram Gram / du 27 septembre au 18 octobre 2016 / Plus d’infos

©Elisabeth Carecchio

©Elisabeth Carecchio

Les critiques :

Le cerveau qui pousse

Par Valmir Rexhepi

Suzette grandit vite : de sa naissance à ses vingt ans, nous sommes invités à grandir avec elle… [suite]

 

 

Nouveau monde

de Cie Post Tenebras Lux / Dramaturgie : Claire Deutsch, Raphaël Heyer / Théâtre de l’Usine, Genève / du 13 au 19 octobre 2016 / Plus d’infos

nouveaumonde-5263

Les critiques :

Le chaos de Luanda : quand l’absurdité du monde veut sa place sur scène.

Par Alicia Cuche

Nouveau Monde se veut une réflexion sur le chaos africain qui voit une ville riche devenir la capitale des pauvres. C’est également un regard critique sur les investisseurs étrangers et l’utopisme européen d’un Angola économiquement et socialement fleurissant… [suite]

 

Empire

de Milo Rau / avec Ramo Ali, Akillas Karazissis, Rami Khalaf et Maia Morgenstern / Théâtre de Vidy / du 5 au 8 octobre 2016 / Plus d’infos

©Marc Stephan

©Marc Stephan

Les critiques :

Chair en canon

Par Jérémy Berthoud

Après The Civil Wars et The Dark ages, le metteur en scène Milo Rau présente Empire, dernier volet d’une trilogie consacrée à l’Europe. Dans ce dernier opus, l’accent est mis sur la quête d’une identité européenne commune, polyglotte et pluriculturelle… [suite]

D’infanticides patries

Par Fanny Utiger

Bien malchanceux sont les enfants de Médée qui ne peuvent échapper aux fatales griffes de leur mère. Sont-ils mieux lotis, les peuples qui, sous l’autorité de quelque violent despote, risquent leur vie en leur patrie même ? Rami, Maia, Ramo et Akillas en réchappèrent. Milo Rau leur cède la parole… [suite]

Le documentaire ouvert

Par Basile Seppey

Milo Rau, avec Empire, clôt sa trilogie européenne, du 5 au 8 octobre 2016 au Théâtre de Vidy. Cet ultime volet est un écrin, celui d’une rencontre avec quatre comédiens au parcours atypique qui, à travers une série d’anecdotes personnelles, brossent avec une simplicité désarmante le portrait en creux de notre Europe… [suite]

Différentes langues pour une même voix

Par Joanne Vaudroz

La dernière pièce du metteur en scène alémanique Milo Rau, dont on qualifie volontiers la production de théâtre documentaire, clôt la trilogie initiée en 2014 par The Civil Wars et poursuivie en 2015 par The Dark Ages. Cette dernière création garde le même principe que les précédentes : elle se fonde sur les récits de personnes aux biographies similaires malgré leurs cultures différentes. Ces parcours de vie sont utilisés comme matière première pour la trame de la pièce… [suite]

 

Les petites filles aux allumettes

Textes et mises en scène de Antoine Jaccoud, Joël Maillard et Philippe Vuilleumier / Par la Compagnie Léon / Théâtre 2.21 / du 12 au 15 octobre 2016 / Plus d’infos

©la Cie Léon

©la Cie Léon

Les critiques :

Hors-champ

Par Valmir Rexhepi

Le conte danois La petite fille aux allumettes paru au milieu du XIXe siècle est repris par la Compagnie Léon pour une triple réécriture scénique. Ne pas jouer le texte, mais ce qu’il y a autour, dans le hors-champ des mots, de la narration… [suite]

 

La Boucherie de Job

De Fausto Paravidino / mise en scène de Hervé Loichemol / du 4 au 21 octobre 2016 / La Comédie (Genève) / Plus d’infos

© Marc Vanappelghem

© Marc Vanappelghem

Les critiques :

Tableau d’un monde en faillite

Par Émilie Roch

Entre la chambre froide d’une petite boucherie de quartier et les portes d’une grande banque se joue la parabole de Job, réactualisée à l’heure du libéralisme. Dans la pièce de Fausto Paravidino mise en scène sur les planches de la Comédie de Genève par son actuel directeur, Hervé Loichemol, Job prend les traits d’un patriarche bon et aimant, dont le commerce sur le déclin fait exploser le noyau familial. Un drame poignant, où tragique et burlesque s’entremêlent…[suite]

Dans le monde, un juste et deux clowns

Par Ivan Garcia

Et si de la volonté de faire le Bien émergeait le Mal ? C’est l’interrogation qu’Hervé Loichemol a voulu saisir en donnant une nouvelle vie à La Boucherie de Job, de l’auteur italien Fausto Paravidino, dans laquelle le Job biblique est devenu un Job du monde contemporain. En somme, un honnête homme obligé de subir les misères du monde auxquelles son propre fils n’est pas parfaitement étranger…[suite]

 

Chapeau, le costume!

De Victorien Kissling, Alain Mettral et Daniel Cornu / mise en scène Yasmine Saegesser / Théâtre du Jorat / 26 juin 2016 / plus d’infos

Les critiques :

©ACCV

©ACCV

Un pan de terroir sur les planches du Jorat

Par Emilie Roch

Dimanche dernier, à Mézières, mille spectateurs ont fait un bond dans le passé lors de la représentation de Chapeau, le costume !, un spectacle théâtral de danses folkloriques et chants du Pays de Vaud en costumes traditionnels créé à l’occasion du centenaire de l’ACCV (l’Association Cantonale du Costume Vaudois). Le costume de travail, le costume du dimanche, le costume montagnard … [suite]

« Ce merveilleux pays, où tout peut arriver… »

Par Marie Reymond

Quelle place doit-on donner aux traditions aujourd’hui ? Que vient faire le costume Vaudois au XXIe siècle ? Que peut nous apprendre l’Histoire sur notre identité… et sur demain ? Ce spectacle présente différentes facettes du folklore vaudois : art choral, danse et musique traditionnelles, mêlés dans une intrigue qui nous ramène aux origines de l’Association Cantonale des Costumes Vaudois. … [suite]

Orphelins

De Dennis Kelly / mise en scène Chloé Dabert / TPR / le 31 mai 2016 / plus d’infos

© Bruno Robin

© Bruno Robin

Les critiques :

Défendre la veuve et l’orphelin?

Par Luc Siegenthaler

Mais qui a été victime de quoi ? Au milieu des non-dits et des silences d’une famille banale sommeillent des conflits domestiques que les personnages refoulent, dissimulent le plus longtemps possible, jusqu’à ce que le drame surgisse et transforme les victimes en bourreaux. Les spectateurs assis tout autour de la scène plongent leur regard dans un appartement sans parois … [suite]

Finir en beauté

De et par Mohamed El Khatib / Théâtre de Vidy / du 28 au 29 mai 2016 / plus d’infos

©Mohamed El Khatib

©Mohamed El Khatib

Les critiques :

Bravo, mes condoléances

Par Valmir Rexhepi

Finir en beauté, c’est commencer dans le doute. L’intimité crue de Mohamed El Khatib nous vole au visage, on ne peut rien faire pour l’éviter. Tant mieux. Sous le chapiteau du théâtre de Vidy, assis sur des tabourets dans une atmosphère qui se veut intime, on attend, nous autres spectateurs venus pour Finir en beauté. … [suite]

Présentation de saison

De Lionel Chiuch / mise en scène de Lionel Chiuch et Frédéric Polier / Théâtre du Grütli / Du 24 mai au 12 juin 2016 / plus d’infos

©Johanna Heather Anselmo

©Johanna Heather Anselmo

Les critiques :

Pourquoi le théâtre

Par Marie Reymond

Qu’est-ce que le théâtre aujourd’hui ? Vaste question qu’aborde Présentation de saison. Plusieurs personnages – un directeur de théâtre, un médiateur, quelques artistes – se retrouvent pour la présentation de saison. Peu avant la conférence, tout ce petit monde des arts de la scène, qui peine à s’entendre sur le bien-fondé de ses pratiques, les décortique au moyen d’une série de métaphores. … [suite]

Petit exercice d’herméneutique

Par Nadia Hachemi

Ce soir au théâtre, c’est la panique ! La présentation de saison débutera d’une minute à l’autre et tout semble mal tourner. Dans cette pièce sur les coulisses de l’art, les spectateurs sont entrainés dans une véritable dramatisation des questions que pose l’acte de représentation. Un spectacle dont l’absurde n’a rien à envier aux pièces de Ionesco. … [suite]

Place

Création pluridisciplinaire de La Section Lopez / mise en scène et écriture Adina Secretan / Arsenic / du 20 au 26 mai / plus d’infos

©Sylvain Chabloz

©Sylvain Chabloz

Les critiques :

Loups encoquillés

Par Julia Cela

Faites Place au discours schizophrène de l’habitant citadin, entre paranoïa démographique et culpabilité bien pensante. Librement inspiré de la Poétique de l’Espace de Gaston Bachelard, cette performance punk et muette questionne le droit à l’espace, géographique comme social. Le texte en gros et gras défile en fond de scène. Blanc sur noir. … [suite]

ECRIRE !

Par Jehanne Denogent

Le spectacle Place, actuellement à l’Arsenic, propose une expérience profondément dérangeante. A déconseiller à ceux qui cherchent au théâtre un moyen de s’évader de la réalité . Quelle tâche difficile de prendre la plume après Place! Il ne semble n’y avoir plus aucune conviction, plus aucune légitimité sur laquelle m’appuyer. … [suite]

Taxi-Dancers

De et par Marie-Caroline Hominal / Théâtre de Vidy / du 20 au 29 mai 2016 / plus d’infos

©DR

©DR

Les critiques :

Sensualité chorégraphiée

Par Elisa Picci

Marie-Caroline Hominal ressuscite une pratique datant des années 1920-1930 : celle des Taxi-Dancers, soit des femmes qui, en échange d’un peu d’argent, devenaient la cavalière d’un homme le temps d’une danse. Le spectateur se retrouve plongé dans une ambiance intimiste, où les corps se touchent et s’enlacent le temps d’une chanson. … [suite]

Rencontres par le toucher

Par Amandine Rosset

Marie-Caroline Hominal nous fait découvrir en ce moment au Théâtre de Vidy les « Taxi-Dancers », très à la mode dans les années folles. Le spectacle, interprété avec lenteur et profondeur, raconte la reviviscence par trois jeunes femmes nostalgiques des moments forts vécus dans un club désormais déchu, au travers de danses variées et de touchers évocateurs. … [suite]

Fresque

Sur une idée de Marius Schaffter & Jérôme Stünzi / par le collectif Old Masters / Théâtre de l’Usine / du 19 au 25 mai 2016 / plus d’infos

©DR

©DR

Les critiques :

Contemplation et création

Par Deborah Strebel

Contemplation, dialogue et verdicts hésitants. Tel est le programme proposé par le collectif Old Masters en ce moment au Théâtre de l’Usine. De l’observation d’une esquisse aux débats sur sa conception, Fresque dévoile les coulisses de l’élaboration d’une œuvre avec une douce lenteur. Le jeune collectif Old Masters, lauréat du prix Premio en 2015, se passionne pour la thématique de la création. … [suite]

« C’est la maison de mon esprit »

Par Fanny Utiger

L’art ne cesse de s’interroger lui-même. Sur la scène du Théâtre de l’Usine Fresque le questionne, le triture, et se joue d’un public qui en reste parfois déconcerté. Étagères jaunâtres faussement symétriques sur un plateau irradié des rayons d’un nid de néons. On se croirait en Allemagne de l’Est. Ou devant un projet Ikea inachevé. En haut de cette structure, une caisse de contre-plaqué … [suite]

Tiramisù

Création de la Compagnie Mezza-Luna / mise en scène Dominique Bourquin / CPO / du 19 au 20 mai 2016 / plus d’infos

©Bussard

©Bussard

Les critiques :

La vie, la mort, les petits bonheurs, tout ça.

Par Sabrina Roh

C’est fleuri, coloré, chantant. Ça ne parle pourtant pas que de bonheur, ce « salopard » qui arrive sans qu’on y soit préparé. Tiramisù n’est pas la recette d’un gâteau mais celle de la vie. Une sympathique balade qui manque peut-être de relief. Entre les fleurs, le mobilier et les vêtements des comédiens, on a toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. … [suite]

Eraritjaritjaka

Inspiré des observations d’Elias Canetti / mise en scène Heiner Goebbels / Théâtre de Vidy / du 17 au 21 mai 2016 / plus d’infos

©Marco Del Curto

©Marco Del Curto

Les critiques :

Quelle heure est-il ?

Par Jehanne Denogent

Il faut quelques minutes pour déchiffrer le titre Eraritjaritjaka. Avec malice, la pièce de Heiner Goebbels se joue aussi de nos montres. Il est 20h. Le public est installé. Entre 20h et 21h25, nous allons vivre une expérience temporelle déconcertante, mais ça, nous ne le savons pas encore. Pour l’instant, chacun s’est arrangé, avec plus ou moins de succès, pour arriver à l’heure au théâtre de Vidy. … [suite]

Black out

Par la compagnie Philippe Saire / Le Reflet / du 12 au 15 mai 2016 / plus d’infos

©PhilippeWeissbrodt

©PhilippeWeissbrodt

Les critiques :

Sable mouvant

Par Deborah Strebel

A l’occasion de la fête de la danse, le théâtre veveysan le Reflet accueille le célèbre spectacle Black out de la Cie Philippe Saire. Joué plus d’une centaine de fois dans de nombreux pays, cette courte performance en noir et blanc aux effluves de caoutchouc est un chef d’œuvre de clair-obscur. … [suite]

Poésie de la matière

Par Valmir Rexhepi

Trois corps se livrent à l’écriture de l’espace, au fond d’une fosse qui se donne pour nous comme une page. Œuvre à l’œuvre, Black out perturbe nos manières de voir, expérimenter, vivre le spectacle. Les sièges avaient disparu. Pour le coup, on se retrouvait en petit comité autour d’une fosse, un trou carré de quelque deux mètres de fond. … [suite]

La Ballade du mouton noir

Par le collectif Opus 89 Collectif / Equilibre-Nuithonie / du 11 au 21 mai 2016 / plus d’infos

©Oups 89 Collectif

©Opus 89 Collectif

Les critiques :

Les Nuithoniens débattent

Par Nadia Hachemi

Quelle est la voie vers un monde meilleur ? Doit-on aller la chercher dans le passé, dépoussiérant le vieux mythe du « bon sauvage » ? Assurément pas, selon Joséphine de Weck et son collectif Opus 89. Le changement c’est ici et maintenant. Dans un spectacle qui suscite tant le rire que la réflexion, toutes les potentialités du dispositif théâtral sont exploitées dans une optique engagée. … [suite]

Collages et utopies

Par Josefa Terriblini

La Ballade du mouton noir, c’est l’exhortation d’une jeunesse qui refuse d’être la « génération de la dépendance ». Un cri unanime, touchant dans sa pureté, décousu dans sa formulation. Ils sont cinq et ils cherchent les Nuithoniens. Ainsi débute l’expérience. Il s’agit bien d’une expérience, puisque les personnages (ou comédiens, la frontière est rapidement éradiquée) se livrent à une quête sur plusieurs niveaux … [suite]

Les Reines

De Normand Chaurette / mise en scène Zoé Reverdin / Théâtre du Grütli / du 19 avril au 8 mai 2016 / plus d’infos

©Isabelle Meister

©Isabelle Meister

Les critiques :

« Game of thrones » au féminin

Par Emilie Roch

« Etes-vous la reine d’Angleterre ? », demande la reine Elisabeth à deux reprises à Isabelle, fille du comte de Warwick, lorsque celle-ci tarde à lui obéir. « Non » ne peut qu’admettre la jeune noble à contrecœur. « Pas encore », ajoute-t-elle la seconde fois, après l’annonce de la mort du roi. Telle est l’ambiance qui règne au château royal londonien, un soir d’hiver de l’an 1483, et sur la scène du Grütli ces jours-ci. … [suite]

La Mort-Marraine

Librement adapté du conte des frères Grimm par Anne Quesemand / Cie Mezza-Luna / Le Petit Théâtre / du 27 avril au 1er mai 2016 / plus d’infos

©Claude Bussard

©Claude Bussard

Les critiques :

Qui vivra mourra

Par Waqas Mirza

Heidi Kipfer revêt sa redingote noire, et fait sienne la yourte du Petit-Théâtre le temps d’une heure enchanteresse. Ce conte des frères Grimm réactualisé laisse bouche-bée tous ses invités. « Il faut qu’on soit tout devant pour avoir la meilleure place ! ». Étonnant enthousiasme d’un petit chérubin à l’entrée, pour un spectacle intitulé La Mort-Marraine. … [suite]

De l’éternelle mort la sereine ironie

Par Fanny Utiger

Dédramatiser la mort ne semble point être chose facile, encore moins lorsqu’il s’agit de s’adresser à de jeunes enfants. La Compagnie Mezza Luna relève pourtant le défi avec justesse, et une bonne dose d’ironie. Dans une contrée lointaine, et en des temps inconnus, un cordonnier pleure son épouse disparue. Un malheur n’arrivant jamais seul, l’homme ne trouve pas de parrain ni de marraine pour leur dernier enfant … [suite]

L’Opéra de quat’sous

Mise en scène Joan Mompart / Théâtre Equilibre Nuithonie / du 26 au 27 avril 2016 / plus d’infos

©Carole Parodi

©Carole Parodi

Les critiques :

« Gardez-vous bien de jeter la pierre aux opprimés »

Par Luc Siegenthaler

Mais qui sont au juste les oppresseurs dans L’Opéra de quat’sous ? M. Peachum ? Mackie ? Brown ?… Ou les spectateurs ? Créé en 1928, L’Opéra de quat’sous est toujours aussi éclatant. Souhaitant que le spectateur garde un esprit critique face à ce qu’il voit et qu’il ne se sente pas submergé par les émotions, Brecht multiplie dans ses pièces les effets de distanciation … [suite]

Bérénice

De Jean Racine / mise en scène Olivier Chapelet / Théâtre du Passage / 22 avril 2016 / plus d’infos

©Raoul Gilibert

©Raoul Gilibert

Les critiques :

Passage en silence

Par Waqas Mirza

Pour un soir seulement, l’histoire tragique du triangle amoureux antique s’installe à Neuchâtel. Sans laisser d’impressionnantes traces, elle ne fait que passer, dans tous les sens du terme. « Je vous rappelle juste que c’est une langue ancienne, et que pour réussir à faire des alexandrins, l’auteur devait déplacer des mots pour faire rimer les vers.. » … [suite]

Ta façon de mentir

Par Catherine Delmar et Alain Guerry / Théâtre 2.21 / du 19 avril au 1er mai 2016 / plus d’infos

©Casolo Atelier obscur

©Casolo Atelier obscur

Les critiques :

Dialogue de sourds

Par Camille Logoz

Catherine et Alain. Deux prénoms fortement sexués qui d’emblée, révèlent le fossé entre les genres mis en scène – ou en œuvre – dans ce spectacle. Un homme, qui prend énormément de place, maladroit, qui veut mieux faire mais qui ne sait pas comment s’y prendre. Il se voit et se sent prédateur sexuel. Il ne peut pas s’en empêcher. … [suite]

Petite psychanalyse entre amis

Par Nadia Hachemi

Alain et Catherine ne sont pas épanouis. Dès leur rencontre, ils ont retrouvé chez l’autre les marques de leur propre dénuement. Sur scène, ils vont tenter d’avancer ensemble pour améliorer leur vie. Un homme et une femme, Alain et Catherine, déambulent sur la scène éclairée tandis que les spectateurs s’installent. Puis tous deux s’immobilisent. … [suite]

Sugungga

Conception YoungSoon Cho Jacquet / par la Cie Nuna / Le Petit Théâtre / du 13 au 24 avril 2016 / plus d’infos

©Philippe Pache

©Philippe Pache

Les critiques :

Gongs de Yodel

Par Waqas Mirza

Le Petit Théâtre de Lausanne continue sa saison sur une voie résolument contemporaine, et propose une création expérimentale de la compagnie Nuna. « Avez-vous déjà lu le conte Sugungga? », me demande-t-on en me proposant un petit livret illustré qui contient le célèbre pansori coréen, classé au Patrimoine immatériel de l’humanité. Sept pansoris ancestraux sont définitivement perdus. … [suite]

Les lapins heureux yodlent

Par Marie Reymond

Comment évoque-t-on une histoire sans utiliser la parole ? Comment Sugungga, conte issu de la tradition coréenne ancestrale du pansori (art du récit chanté accompagné d’un tambour), peut-il nous parler sans qu’un mot ne soit prononcé ? Dans le café du théâtre, peu avant que le spectacle ne commence, les adultes sont entourés des enfants qu’ils accompagnent. Ils lisent l’histoire de Sugungga[suite]

Figaro divorce

D’Ödön von Horváth / mise en scène Christophe Rauck / TKM / du 14 au 24 avril 2016 / plus d’infos

©Simon Gosselin

©Simon Gosselin

Les critiques :

L’intemporel Figaro

Par Elisa Picci

Avec sa nouvelle mise en scène, Christophe Rauck redonne vie à l’emblématique personnage de Figaro, grâce au texte du dramaturge de langue allemande Ödön von Horváth. Avec une pièce écrite en 1936, le metteur en scène nous montre pourtant que les thèmes abordés sont d’une actualité déconcertante. Le Mariage de Figaro de Beaumarchais s’arrête au seuil de la Révolution française. … [suite]

Figaro en contre-plongée

Par Josefa Terribilini

« Depuis ce fameux mariage de Figaro je suis un tout autre homme ». Le ton est donné d’entrée de jeu. Plus d’idéalisme, plus de pétillants ballets d’intrigues ni de virevoltants domestiques. Avec Horváth, Figaro est devenu un petit bourgeois égocentrique, le Comte et la Comtesse émigrent et sombrent, et la Révolution se fait individualisme. … [suite]

La Suppliante

De Bastien Fournier / mise en scène Marine Billon / par la Compagnie du Homard / TLH (Sierre) / du 14 au 24 avril 2016 / plus d’infos

©Elie Romero

©Elie Romero

Les critiques :

Soi-même comme l’autre ?

Par Suzanne Crettex

Que faire de la misère quand elle apparaît sous les traits d’une jeune mère, quand elle dort devant notre porte, et quand elle est hors-la-loi ? Fermer les yeux, tourner la tête ?… Ces questions que pose La Suppliante nous rappellent aussi que la responsabilité politique rejoint intimement la responsabilité individuelle. … [suite]

Femme non-rééducable

De Stefano Massini / traduction Pietro Pizzuti / mise en scène Dominique de Rivaz / Théâtre des Osses / du 14 au 24 avril 2016 / plus d’infos

©Catherine Meyer

©Catherine Meyer

Les critiques :

La force de l’écrit

Par Camille Logoz

Dominique de Rivaz et Dominique Bourquin se saisissent du texte de Stefano Massini pour donner corps et voix à la figure d’Anna Politkovskaïa, militante et reporter russe ayant couvert la guerre de Tchétchénie sans demi-mots, avec la volonté de révéler l’atrocité du conflit et la souffrance des populations. La matière du texte est fournie par les carnets, articles, mémoires etc. … [suite]

« Le sang, la neige. »

Par Fanny Utiger

La vie d’Anna Politkovskaïa, femme non rééducable, est représentée et contée sur scène. Ce « mémorandum théâtral » rend hommage et justice au destin d’une journaliste engagée tout entière pour la liberté. Dans une Russie autoritaire et corrompue, ou en Tchétchénie, « terre de personne », Anna Politkovskaïa, journaliste militante, se bat pour les droits de l’Homme. … [suite]

CTRL-X

De Pauline Peyrade / mise en scène Cyril Teste / Le Poche / du 11 avril au 1er mai 2016 / plus d’infos

©Samuel Rubio

©Samuel Rubio

Les critiques :

Vous avez 1 nouvelle notification

Par Josefa Terribilini

Ida. Lit. Chambre. Blanche. Vin. Rouge. M&M’s. Sonnerie. Téléphone. SMS. E-mail. Ecran. Ecran. Ecran. Une nuit dans le nuage informatique d’une jeune femme cernée de buildings, c’est ce à quoi nous invite le texte frappant de réalisme que signe l’auteure et dramaturge Pauline Peyrade. Comme un cycle continuellement redémarré, cette nuit-là semble à la fois se dérouler en un clic … [suite]

De l’autre côté de l’écran

Par Luc Siegenthaler

« Il a vu. Il m’a vue, moi ». Tel est le souhait le plus cher d’Ida : se mettre en scène virtuellement pour se faire voir et être aimée. La mise en scène de Cyril Teste présente l’envers des écrans : une réalité monotone, sombre, complexe, qui ne s’appréhende pas avec des « like ». Dans Ctrl-X, le spectateur est plongé dans un univers désenchanté … [suite]

$.T.O.r.M.

D’après Théorème de Pier Paolo Pasolini/ mise en scène Vincent Bonillo / Cie Voix Publique / La Grange de Dorigny / du 11 au 17 avril 2016 / plus d’infos

©Pénélope Henriod

©Pénélope Henriod

Les critiques :

Du silence aux cris

Par Nadia Hachemi

Quand l’univers du metteur en scène Vincent Bonillo, connu pour ses âpres critiques de la société contemporaine, rencontre celui de Pasolini, un spectacle des plus décapants est à prévoir. Une attente qui ne sera pas déçue! Dans une atmosphère pesante où règnent les non-dits, un jeune homme d’une beauté spectaculaire arrive en grand fracas, chamboulant des personnages aliénés et vides … [suite]

Quiétude apparente pour tempête intérieure

Par Deborah Strebel

Après s’être intéressé au bonheur dans sa dernière création, la Compagnie Voix Publique revient avec une adaptation libre de Théorème de Pier Paolo Pasolini. Exprimant l’essence des interrogations pasoliniennes au sujet de la bourgeoisie, $.T.O.r.M. est un spectacle épuré traitant de dévorantes agitations intérieures. Dans un espace entièrement blanc, six personnages sont assis au fond de la scène. … [suite]

La Mélopée du petit barbare

De Julien Mages / mise en scène Julien Mages / Cie Julien Mages / Arsenic / du 8 au 14 avril 2016 / plus d’infos

©Sylvain Chabloz

©Sylvain Chabloz

Les critiques :

Les intrus de nos songes

Par Nadia Hachemi

Entre le sommeil et l’éveil, l’onirique et le cauchemardesque, ce spectacle prend la forme d’un songe. Le personnage s’élance, fuyant ou poursuivant des bribes de son passé. Tiraillé entre l’univers familier de l’enfance et celui plus incertain de la mort, le jeune homme est perdu. Heureusement, l’intruse qui hante son sommeil le guide. La salle s’assombrit complètement. … [suite]

Le dit d’Igor Cierda

Par la compagnie eohem / Petithéâtre / du 8 au 16 avril 2016 / plus d’infos

©DR

©DR

Les critiques :

Igor ne parle pas mais dit

Par Sabrina Roh

La musique, la musique « contre » la danse, la danse sans la musique, la danse avec la musique. Des tableaux. Les tableaux d’une vie. La vie d’Igor. Les percussions ouvrent le bal. Dans le fond, la danseuse, à moitié dans l’obscurité, reste immobile. C’est que la musique crée une atmosphère un peu inquiétante. Cependant, quelques chaleureux accents orientaux se font déjà entendre. … [suite]

Chronique poétique d’une mort annoncée

Par Suzanne Crettex

Igor Cierda… Le nom sonne doux, tout en évoquant un personnage tiré d’un roman de Garcia Marquez. A qui, il faut le dire, le spectacle emprunte un peu de son « réalisme magique ». Un rythme grave de percussions qui semble provenir des tréfonds de la terre, des murs bruts au béton épais, une salle voûtée en pierres apparentes, un corps immobile dans la pénombre ; ainsi commence la pièce. … [suite]

La grenouille avait raison

De James Thierrée / Théâtre de Carouge / du 5 avril au 8 mai 2016 / plus d’infos

©Hughes Anhes

©Hughes Anhes

Les critiques :

Fléchir

Par Valmir Rexhepi

James Thierrée, nous conduit jusqu’à l’ouverture, sous l’arbre. Personne n’est en retard. Personne n’est à l’heure non plus. Il n’y a plus de temps, si ce n’est celui, onirique, qui coule par plaisir, parfois par remous. Nous voilà tombés dans le trou. J’étais dans un rêve. Dans l’hémicycle aux sièges drapés de rouge, d’autres personnes prennent place. … [suite]

Une libellule sur un cerceau

Par Jehanne Denogent

Avez-vous déjà vu … une nymphe qui se transforme en otarie ? Une pile d’assiettes qui ne dégringole jamais ? Un paillasson rampant ou une fille dont le corps forme plus de mots que le dico ? Bientôt, oui ! Sans le remarquer, quelque part entre la porte d’entrée, le billet déchiré ou le moelleux du siège, je suis tombée dans un monde magique. … [suite]

Sans peau

Texte et mise en scène Pierre Lepori / Théâtre 2.21 / du 29 mars au 3 avril / plus d’infos

©dfhn

©dfhn

Les critiques :

Sur les cendres d’un grand incendie

Par Deborah Strebel

Après une longue carrière en tant que critique théâtral à la RSI et à la RTS, Pierre Lepori passe avec excellence de la théorie à la pratique en mettant en scène une adaptation de son premier roman Sans peau. Une poignante histoire qui questionne les notions de culpabilité et de pardon. Issu d’une famille de pompiers, Samuel (Pierre-Antoine Dubey) est paradoxalement devenu pyromane. … [suite]

Prométhée pyromane

Par Valmir Rexhepi

C’est son roman ; c’est aussi sa première pièce. Pierre Lepori allume une folie, Sans peau, un spectacle qui nous marque au fer rouge. Il y a d’abord une voix. L’air vibre dans le noir, plein des mots de Carlo (Jean-Luc Borgeat). Puis quelque chose s’allume, chatoie dans un coin ; une flamme dont la pâle lueur suffit pourtant à sculpter dans la masse noire une forme grise … [suite]

George Dandin et La Jalousie du Barbouillé

De Molière / mise en scène Hervé Pierre / par la troupe de la Comédie-Française / Le Reflet / le 20 mars 2016 / plus d’infos

©Lot

©Lot

Les critiques :

Les épreuves d’un mari trompé

Par Deborah Strebel

Le dimanche 20 mars 2016, la troupe de la Comédie-Française a un fait une halte au théâtre Le Reflet pour une représentation de George Dandin suivie de La Jalousie du Barbouillé. Dans les deux cas, il était question d’adultère et de mariage arrangé entre deux classes sociales : sur un mode classique et sérieux d’abord, puis plus rapide et déjanté. … [suite]

Deux faces de la farce

Par Amandine Rosset

La Comédie Française était de passage à Vevey pour une représentation exceptionnelle. Les huit comédiens sont passés de l’histoire de George Dandin, dans une mise en scène classique, à celle de son double grotesque le Barbouillé, sur un mode beaucoup plus libre, où les interprètes ont pu jouer avec le public et même intégrer de l’actualité veveysanne toute fraîche. … [suite]

La Mouette

D’Anton Tchekhov / mise en scène Thomas Ostermeier / Théâtre de Vidy / du 26 février au 13 mars 2016 / plus d’infos

©Arno Declair

©Arno Declair

Les critiques :

Immersion

Par Camille Logoz

Thomas Ostermeier présente à Vidy une interprétation riche et sensible de La Mouette de Tchekhov. Une perspective sur le monde actuel, une temporalité appesantie et un humour sincère donnent le ton à cette pièce aux étranges accents de justesse et de familiarité. Sur scène, l’espace est tantôt hermétiquement clos, tantôt grand ouvert, incluant le public. … [suite]

De Tchekhov et au-delà

Par Suzanne Crettex

Il fallait oser faire apparaître des personnages tchekhoviens, tout droit sortis de la campagne russe, sur des chansons des Doors ou de Velvet Underground. Leur faire lire des passages d’un des derniers Houellebecq. Et surtout, faire allusion à Daesch et aux réfugiés politiques syriens tout en gardant à l’esprit que La Mouette avait été jouée pour la première fois un 17 octobre 1896 … [suite]

De l’envol à la chute

Par Nadia Hachemi

Le théâtre. Son glamour et ses périls. Les vocations et désillusions qu’il suscite. Que représenter et comment ? Actuellement à Vidy l’art dramatique est le centre de tous les conflits. L’attente. C’est ainsi que cette pièce s’élance dans un préambule ultra contemporain où dialoguent deux personnages avant le début d’une pièce enchâssée. Cette entrée en matière étrange annonce d’emblée la tonalité … [suite]

Niveaux de gris

Par Fanny Utiger

D’une histoire tragi-comique dans laquelle on ne voit pas grand chose si ce n’est l’ennui de personnages déprimés, Thomas Ostermeier questionne et triture le théâtre dans une pièce au flou riche et passionnant. Vautrés sur des bancs, ils attendent, désœuvrés, dans un grand cube gris, pareil à un bunker ou au fond d’un immense garage. … [suite]

Faire du moderne avec des Anciens

Par Waqas Mirza

Quand Ostermeier met en scène La Mouette d’Anton Tchekhov au théâtre de Vidy, c’est l’occasion de retrouvailles fructueuses. Réunion de connaisseurs: d’abord, celle d’un metteur en scène avec une troupe francophone qu’il a dirigée dans Les Revenants en 2013; ensuite, celle d’une actrice, Valérie Dréville, qui joue le rôle d’Irina … [suite]

Recyclage et autres petites philosophies suspectes

Conception Katy Hernan et Adrien Rupp / par la Compagnie Zooscope / Théâtre St-Gervais / du 15 au 26 mars 2016 / plus d’infos

©Sylvain Chabloz

©Sylvain Chabloz

Les critiques :

Théâtre vert

Par Julia Cela

La Compagnie Zooscope propose un spectacle écologique, où les costumes, la musique, les lumières et des bouts de vie de chacun des comédiens sont recyclés en une pièce aussi inédite que le personnage qui la porte : le tout premier plancton de l’histoire de l’art vivant. J’aime bien pouvoir choisir mon siège au théâtre. Quand le placement est libre, je suis toujours un peu en avance. … [suite]

Les Fondateurs font des enfants

Conception de Zoé Cadotsch et Julien Basler / Le Petit Théâtre / du 16 au 20 mars 2016 / plus d’infos

©Laurent Nicolas

©Laurent Nicolas

Les critiques :

À l’épreuve de la récréation

Par Valmir Rexhepi

La compagnie « Les fondateurs » s’arrête sur les planches du Petit Théâtre pour livrer une performance toute en simplicité. Mais simple ne rime pas avec facile. Proposée déjà durant la saison 2013/2014 au Théâtre de l’Usine, au Théâtre de la Bavette à Monthey et au TLH de Sierre, la pièce Les fondateurs font des enfants resurgit en ce printemps timide au pied de la cathédrale de Lausanne. … [suite]

Gonflés à bloc

Par Waqas Mirza

La compagnie « Les fondateurs » met la patience des petits à l’épreuve. Sur une scène sans décor peuplée par des acteurs, la pression monte petit à petit. Avec de nombreux éclats… de ballons, de rire, et parfois pire. Pleine à craquer, la salle intime du Petit Théâtre lausannois en ce mercredi après-midi. Pendant que le jeune public prend place sur ses longs bancs rouges, … [suite]

Nous sommes repus mais pas repentis

À partir de Déjeuner chez Wittgenstein de Thomas Bernhard / mise en scène Séverine Chavrier / Théâtre de Vidy / du 9 au 20 mars 2016 / plus d’infos

©Samuel Rubio

©Samuel Rubio

Les critiques :

Je déteste Wagner

Par Julia Cela

De retour de l’asile psychiatrique Steinhof, Ludwig Wittgenstein partage un premier repas avec ses sœurs dans la maison familiale. Nous sommes repus mais pas repentis est un spectacle où l’expérience esthétique élégante et brutale fait entendre avec brio le texte de Thomas Bernhard. En regardant le plateau, on s’imagine une boîte à musique. … [suite]

Fiasco sous haute tension

Par Camille Logoz

Séverine Chavrier monte à Vidy sa version de Déjeuner chez Wittgenstein. Ce texte de Thomas Bernhard met en scène le retour à la maison du philosophe pour un repas de famille après un séjour à Steinhof, hôpital psychiatrique aux abords de Vienne. Un spectacle saturé, entre farce et maladie, qui se nourrit des travers exacerbés de ses personnages pour créer un huis clos oppressant. … [suite]

Sallinger

De Bernard-Marie Koltès / mise en scène Sandra Gaudin / La Grange de Dorigny / du 10 au 12 mars 2016 / plus d’infos

©Julie Masson

©Julie Masson

Les critiques :

Du rire aux larmes

Par Deborah Strebel

La compagnie Un air de rien s’est intéressée pour la première fois à un texte de théâtre : celui de Sallinger, écrit par Bernard-Marie Koltès. Au sein de cette pièce tragique, elle injecte de petites doses d’humour. Juste de quoi alléger le discours cynique de l’auteur sans en altérer le piquant. Devant un rideau ocre fermé, une brochette de personnages s’aligne. … [suite]

Impertinence

Par Valmir Rexhepi

Puissant et rythmé, Sallinger est une balle chevrotine, un obus explosif, une grenade incendiaire qui nous saute à la figure sans crier gare. Sandra Gaudin tient la barre. À bord, les comédiens de la compagnie Un Air de Rien s’affairent pour aborder la pièce écrite par Koltès à la fin des années septante. Après plusieurs créations, la metteuse en scène et sa compagnie partent pour la première fois à la conquête d’un texte de théâtre … [suite]

Blanche/Katrina

De Fabrice Gorgerat / mise en scène Fabrice Gorgerat / par la Compagnie Jours tranquilles / L’Arsenic / du 4 au 13 mars 2016 / plus d’infos

©Philippe Weissbrodt

©Philippe Weissbrodt

Les critiques :

Du désir au cimetière

Par Nadia Hachemi

Cinquante ans après le débarquement de Blanche à l’arrêt « cimetière » de la ligne de tramway « Désir », La Nouvelle-Orléans est à nouveau envahie : Katrina. Simple coïncidence ? Fabrice Gorgerat n’est pas dupe ! Le spectacle ouvre l’enquête. Dans la relation d’amour et de haine qui lie l’homme à la terre comme elle liait entre eux les héros de Tennessee Williams, … [suite]

On va tout dallasser Pamela !

Création et mise en scène Marielle Pinsard / Théâtre de Vidy / du 4 au 13 mars 2016 / plus d’infos

©Marielle Pinsard

©Marielle Pinsard

Les critiques :

Petit précis d’une drague à l’africaine

Par Jehanne Denogent

La température du chapiteau s’élève de quelques degrés au théâtre de Vidy avec On va tout dallasser Pamela ! : un lexique savoureux et haut en couleur de la séduction à l’africaine Dallasser : expression d’origine sénégalaise signifiant fêter, s’amuser, crâner en soirée – Le rythme est annoncé, celui d’un spectacle cadencé, énergique, festif. … [suite]

« Faut pas me chauffer le rognon ! »

Par Elisa Picci

On va tout dallasser Pamela ! analyse la façon de draguer dans les pays d’Afrique francophone. Pour ce faire, sept personnages racontent leur rapport à la séduction en fonction de leur lieu d’origine. Adresses au public, danses, chants, tout est mis en œuvre pour plonger le spectateur dans une ambiance entièrement africaine. … [suite]

Claptrap

Conception Marion Duval / interprétation Marion Duval et Marco Berrettini / Théâtre de l’Usine (TU) / du 4 au 9 mars 2016 / plus d’infos

©Dorothée Thébert Filliger

©Dorothée Thébert Filliger

Les critiques :

Persodiens

Par Valmir Rexhepi

Quand commence le spectacle ? S’achève-t-il ? Claptrap floute avec insistance et entrain la frontière entre fiction et réalité. Marion Duval et Marco Berretini nous attendent devant le rideau gris tandis que nous prenons place, plus ou moins bruyamment, sur les différents niveaux de gradins, enjambant les chaises, nous excusant, pardon, oui, désolé, merci, ce n’est rien. … [suite]

C’est pour de vrai

Par Sabrina Roh

Marion et Marco s’aiment. Pour passer encore plus de temps ensemble et célébrer leur relation, ils ont écrit une pièce à la hauteur de leur amour. Ça donne Claptrap, une magnifique histoire d’amour, une véritable célébration des sentiments entre un homme et une femme, une ode à la sincérité. En fait non, ce n’est pas ça. Je vous mens. Mais comment pouvez-vous en être certain ? … [suite]

Cupidon est malade

De Pauline Sales / mis en scène Jean Bellorini / Le Théâtre du Passage / 21 février 2016 / plus d’infos

©Elisabeth Careccio

©Elisabeth Careccio

Les critiques :

L’amour expliqué aux enfants

Par Elisa Picci

S’inspirant du Songe d’une nuit d’été de William Shakespeare, Pauline Sales cible sa pièce sur des questions très actuelles comme l’amour, le désamour, le remariage ou encore le divorce. Instruments de musique, terrain de football, pot de confiture et philtre d’amour de Cupidon, un mélange d’éléments simples et efficaces pour expliquer aux enfants les péripéties amoureuses de leurs parents. … [suite]

Jouer sur le terrain de Cupidon

Par Emilie Roch

Librement inspiré du Songe d’une nuit d’été de Shakespeare, Cupidon est malade aborde avec fraîcheur et originalité le thème du divorce et du remariage à travers le point de vue des enfants. « Un mariage est une bonne journée pour enterrer une hache de guerre », déclare Lysandre à sa toute nouvelle épouse Hermia, un peu attristée dans sa robe blanche en tulle. … [suite]

Imaginer les lézards heureux

D’après le roman L’Île des condamnés de Stig Dagerman / mise en scène Ludovic Chazaud / par la Cie Jeanne Föhn / Théâtre La Grange de Dorigny / du 16 au 20 février 2016 / plus d’infos

©Francesca Palazzi

©Francesca Palazzi

Les critiques :

L’impossibilité de l’île

Par Suzanne Crettex

« Rester debout mais à quel prix ? Sacrifier son instinct et ses envies. » Comme dans la chanson d’Etienne Daho, ces cinq naufragés, interprétés par les membres de la compagnie Jeanne Föhn, sont au « dernier jour du reste de [leur] vie ». Une ambiance de condamnation à mort imminente qui sert de cadre à une interrogation un peu confuse sur l’absurdité et la liberté. … [suite]

Condamnés à leur liberté

Par Josefa Terribilini

« À quoi sert le désir de révolte quand on ne se révolte pas alors qu’on est rassasié ? » La culpabilité de l’Homme est au centre du questionnement sans fin de cette production de la Cie Jeanne Föhn, adaptée d’un roman de Stig Dagerman. Sur une île déserte, cinq naufragés et un papillon marin tournent et retournent la question de la liberté … [suite]

Piccoli Sentimenti

Conception Antonio Catalano et Alain Moreau / écriture, marionnette et mise en scène Alain Moreau / Le Reflet (Vevey) / du 13 au 14 février 2016 / plus d’infos

©Melisa Stein

©Melisa Stein

Les critiques :

Les grands sentiments d’une petite marionnette

Par Amandine Rosset

La troupe belge du TOF théâtre propose en ce moment à Vevey un voyage dans un univers rempli de surprises et de poésie. A travers une histoire très simple racontée sans un mot, le public découvre une petite marionnette à l’aspect bien particulier, qui explore le monde en éprouvant de nombreux sentiments. Dès leur entrée dans la salle, les spectateurs ont les sens en éveil. … [suite]

Du vent… des fantômes

D’Eve Bonfanti et Yves Hunstad / TKM / du 9 au 14 février 2016 / plus d’infos

©Olivier Garros

©Olivier Garros

Les critiques :

Le vide de l’absolu ou le spectacle paléontologique

Par Josefa Terribilini

La petite dame du premier rang a vu juste : « c’est le monde à l’envers ! ». Dans ce deuxième volet de La Trilogie sur le théâtre (que l’on peut d’ailleurs voir sans avoir assisté au précédent), les belges Eve Bonfanti et Yves Hunstad imaginent un spectacle à rebours des attentes qui sans cesse surprend, déconcerte, stimule. Baignés dans la lumière crue d’une scène en préparation, … [suite]

Mais d’ailleurs le théâtre, c’est quoi ?

Par Sabrina Roh

Avec le deuxième volet de La Trilogie sur le théâtre, Eve Bonfanti et Yves Hunstad continuent leur voyage dans les abîmes du théâtre. Alors que l’on se demandait dans La Tragédie comique, pourquoi venir au théâtre et pourquoi en faire, ce sont les prémices d’une pièce qui sont dévoilées dans Du vent… des fantômes. Tout ce qui se passe en amont de la représentation mais qui n’est jamais montré. … [suite]

La Tragédie comique

De Yves Hunstad et Eve Bonfanti / mise en scène Eve Bonfanti / TKM / du 2 au 7 février 2016 / plus d’infos

©Olivier Garros

©Olivier Garros

Les critiques :

Ai-je bien fait de venir ?

Par Jonathan Hofer

La question intervient dès les premières paroles sur le plateau. A la fin du spectacle, tout le monde sait que Yves Hunstad est bien le seul à la poser. Le premier amour de la Fabrique imaginaire entame la trilogie sur le théâtre à Kléber-Méleau. Et si la suite est au goût de l’entrée, c’est un véritable banquet qui s’annonce ! Il est tout seul, ils sont un, il est deux. … [suite]

L’illusion véritable d’une tragédie comique

Par Suzanne Crettex

Avec La Tragédie comique, Yves Hunstad – seul présent sur scène – et Eve Bonfanti nous emmènent dans une création époustouflante, au rythme de mises en abymes, de jeux de miroirs, de paradoxes. Un théâtre dans le théâtre dans la plus pure tradition baroque pour interroger la vanité et la nécessité fondamentale de continuer à raconter des histoires. … [suite]

NEONS, never ever, Oh ! Noisy Shadows & Vacuum

Concept, chorégraphie, texte de Philippe Saire / par la Compagnie Philippe Saire / TLH / le 30 janvier 2016 / plus d’infos

©THL

©TLH

Les critiques :

Des images en mouvement

Par Justine Favre

Deux hommes sur scène, pour deux pièces dansées, toutes deux conceptualisées et chorégraphiées par Philippe Saire. C’est ce que proposait le Théâtre des Halles ce 30 janvier 2016. L’équipe de Vacuum (2015) et NEONS never ever, Oh ! Noisy Shadows (2014), en tournée dans toute la Suisse et bientôt de passage à Paris, a bien fait de s’arrêter dans la petite ville valaisanne. … [suite]

Marla, portrait d’une femme joyeuse

Ecrit et mis en scène par Denis Maillefer / L’Arsenic / du 28 janvier au 7 février 2016 / plus d’infos

©Virginie Otth

Les critiques :

Au bonheur du sexe

Par Elisa Picci

Marla est une jeune femme de 25 ans, escort girl, qui « aime le sexe, aime jouir et faire jouir ». Le public fait connaissance avec cette personnalité tout à fait fascinante grâce à la plume de Denis Maillefer et l’interprétation de Magali Heu. Le spectacle présente une profonde réflexion sur le rapport de l’individu au corps et au sexe, par le témoignage à la fois drôle et lucide de Marla. … [suite]

Regardez-moi

Par Camille Logoz

Marla. Un prénom féminin, annoncé d’entrée de jeu, martelé, dans lequel tient aussi le sujet du spectacle : une jeune femme indépendante, libre d’avoir choisi la prostitution, un travail qui lui correspond ; un rôle, une performance, une image à entretenir, maintenir, soigner. Un outil. Mais aussi une zone de flou, une existence qu’on estompe, un statut auquel on refuse droits, respect et considération. … [suite]

Le Sorelle Macaluso

Texte et mise en scène Emma Dante / La Comédie (Genève) / du 26 au 31 janvier 2016 / plus d’infos

©Carmine Maringola

©Carmine Maringola

Les critiques :

Passi d’Angelo

Par Julia Cela

Une pièce pour se rappeler, peut-être, la force de l’amour qui soude une famille. Plongé dans une intimité complice, on suit, en voyeur attendri, les souvenirs de sept sœurs : des scènes intimes, de joie franche, de tendresse ou de douleur, tissées sur une trame chorégraphique gracieuse, comme des pas d’ange. … [suite]

Le Conte d’hiver

De William Shakespeare / mise en scène Frédéric Polier / Théâtre du Grütli / du 26 janvier au 14 février 2016 / plus d’infos

©Théâtre du Grütli

©Théâtre du Grütli

Les critiques :

Fait divers

Par Jonathan Hofer

Un roi, une reine, de la jalousie, un ours meurtrier, un bandit de grand chemin, des bergers et de la musique. Vous l’aurez compris, la troupe de l’Atelier Sphinx donne à voir dans son interprétation du Conte d’hiver de Shakespeare un spectacle au contenu des plus hétéroclites. A l’occasion du 400e anniversaire de la mort de Shakespeare, le théâtre du Grütli et l’Atelier Sphinx, emmenés par Frédéric Polier, s’attaquent au Conte d’hiver. … [suite]

Langages universels

Par Marie Reymond

Ce qu’il y a de surprenant avec Shakespeare, c’est que malgré les siècles qui nous séparent de son époque et le nombre incalculable de représentations auxquelles ses pièces ont donné lieu, on ne se lasse pas de voir et revoir ses oeuvres. Ce Conte d’hiver en particulier est une invitation au partage de l’expérience humaine universelle. Cela commence avec les instruments. … [suite]

La vie que je t’ai donnée

De Luigi Pirandello / mise en scène Jean Lermier / Théâtre de Carouge / du 26 janvier au 14 février / plus d’infos

©M.D. Curto

©M.D. Curto

Les critiques :

Entre vie et mort

Par Jonathan Hofer

Comment réagir face à la mort d’un fils ? Et s’il continuait à vivre à travers sa mère, s’il ne s’agissait, finalement, que d’un second don de vie ? Ou alors faut-il se laisser mourir avec lui ? « Se martyriser, se consoler, s’apaiser. Oui, c’est bien cela la mort ». Entre vie et mort, clarté et ténèbres, pleurs et rire, Jean Lermier donne à voir un spectacle construit dialectiquement. … [suite]

Citizien Jobs

De Jean-François Peyret / avec Jos Houben / Théâtre de Vidy / du 19 au 29 janvier 2016 / plus d’infos

©Maella Mickaelle Maréchal

©Maella Mickaelle Maréchal

Les critiques :

« Apple » à la réflexion

Par Deborah Strebel

Jean-François Peyret a voulu disséquer le mythe de Steve Jobs. Pour cela, il a eu recours aux talents comiques et poétiques de Jos Houben. En résulte une pièce où rire et réflexion se mêlent dans une évocation biographique libre d’un feu cyberboss milliardaire. La scène est vide, seuls quelques points blancs sont inscrits sur le sol. … [suite]

« Connect the dots »

Par Simon Falquet

C’est un spectacle plus sérieux qu’il n’en a l’air, et plus drôle que ce qu’on pourrait attendre d’un tel sujet. À Vidy, Jean-François Peyret réécrit le mythe de Steve Jobs, de la naissance à la montée aux Cieux, et Jos Houben lui donne vie avec un humour merveilleux d’ingéniosité et de lucidité. Je dois me confesser : je n’avais pas trop trop envie d’y aller. … [suite]

Te haré invencible con mi derrota

D’Angélica Liddell / par Angélica Liddell, compagnie Atra Bilis Teatro / Théâtre Saint-Gervais / du 19 au 23 janvier 2016 / plus d’infos

©Susana Paiva

©Susana Paiva

Les critiques :

Pisser dans un violon(celle)

Par Luc Siegenthaler

La défaite exprimée par Angélica Liddell sur scène dans Te haré invencible con mi derrota ne laisse pas le spectateur invincible. Elle le tourmente, l’épuise, l’exténue. Jusqu’à la catharsis. Etranges correspondances qu’établit sur scène Angélica Liddell avec Jacqueline du Pré, prodige britannique du violoncelle des années soixante, morte à 42 ans de la sclérose en plaques. … [suite]

Du spiritisme rock’n’roll

Par Deborah Strebel

Angélica Liddell interprète pour la première fois en Suisse son spectacle Te haré invencible con mi derrota, créé en 2009. Une époustouflante et très intense tentative de dialogue avec l’au-delà. Frissons et envoûtement garantis. En 2009, Angélica Liddell, alors âgée de 42 ans, s’intéresse au destin tragique de la violoncelliste Jacqueline Du Pré, décédée en 1987 – à l’âge de 42 ans. … [suite]

Dans la mer il y a des crocodiles

D’après Fabio Geda / mise en scène Isabelle Loyse Gremaud / Théâtre des Osses / du 15 au 31 janvier 2016 / plus d’infos

©Jonas Haenggi

©Jonas Haenggi

Les critiques :

Du récit à la scène : un voyage difficile

Par Lauriane Pointet

Après les spectacles Eldorado ou Une Enéide, la question de la migration est à nouveau au cœur de la programmation théâtrale romande avec Dans la mer il y a des crocodiles, une adaptation du livre éponyme de Fabio Geda présentée jusqu’à fin janvier au Théâtre des Osses. Dans la mer il y a des crocodiles, c’est avant tout l’histoire vraie d’Enaiatollah Akbari, parti d’Afghanistan à 10 ans … [suite]

L’enfant courage

Par Chantal Zumwald

De l’Afghanistan à Turin, en passant par l’Iran, la Turquie et la Grèce, un jeune garçon clandestin lutte pour sa survie durant cinq années. Ce récit de vie poignant et véridique évoque le courage et la foi d’un jeune héros inattendu, Enaiatollah Akbari, âgé d’environ dix ans lors de son départ. L’histoire de Dans la mer il y a des crocodiles est un récit de vie recueilli par l’écrivain italien Fabio Geda … [suite]

Les Aventures de Huckleberry Finn – Part one

D’après le roman de Mark Twain / adaptation et mise en scène Yvan Rihs / TPR / du 12 au 15 janvier 2016 / plus d’infos

©Yvan Rihs et Camille Mermet

©Yvan Rihs et Camille Mermet

Les critiques :

Théâtre à Narnia

Par Simon Falquet

Arriver en train à La Chaux-de-Fonds comme on entre à Narnia, passant en l’espace d’un tunnel du stratus vaudois à un paysage féérique de sapins et de neige. C’est déjà une belle aventure, et peut-être le meilleur conditionnement pour le spectacle présenté actuellement au Théâtre populaire romand : Les Aventures de Huckleberry Finn – Part one. … [suite]

Les critiques :

Un jeu d’enfants

Par Jonathan Hofer

« AVERTISSEMENT : Quiconque essaiera de trouver un sens à ce récit sera poursuivi ; quiconque essaiera d’y trouver une morale sera banni ; quiconque essaiera d’y trouver une intrigue sera fusillé. Par ordre de l’auteur. » C’est sur cette épigraphe que commence la représentation, un voyage entre le pays de l’enfance et le Mississippi. … [suite]

Plan Cul

Concept, jeu et musique de Philippe Wicht Böse Wicht Zone / l’Arsenic / du 12 au 17 janvier 2016 / plus d’infos

© Böse Wicht Zone

© Böse Wicht Zone

Les critiques :

« I’m super horny tonight »

Par Sabrina Roh

Il y a plusieurs façons d’aimer le sexe, selon le personnage hautement sensuel et très peu pudique qu’incarne Philippe Wicht dans Plan Cul, sa dernière performance créée à l’Arsenic. Si certains aiment l’acte quand il est sauvage, ou d’autres quand l’ambiance est romantique, il y en a qui optent plutôt pour du sexe radical, sans chichis. … [suite]

Rapports

Par Josefa Terribilini

« J’ai rien senti », chuchote Philippe Wicht. Et pourtant, cette performance ne laisse pas indifférent. Dans PLAN CUL, qu’il conceptualise et interprète, l’artiste nous fait crûment parcourir tous les sentiments contradictoires constitutifs de ce genre de rencontres au travers une série de sons, de lumières et de mouvements qui souvent nous emmènent loin dans son propos, mais nous dérangent parfois. … [suite]

Sauvage : Opéra de Chambre

De Dominique Lehmann (musique) et Pierre Louis Péclat (livret) / mise en scène Hélène Cattin / Théâtre de la Grange de Dorigny / du 8 au 10, puis du 15 au 17 janvier 2016 / plus d’infos

©Lauren Pasche

©Lauren Pasche

Les critiques :

Pulsions sauvages

Par Emilie Roch

Impudique et effrontée, la mystérieuse Liaraca se divertit à gratter la fine couche de bienséance qui régit les rapports entre quatre amis de la bonne société. Sauvage : Opéra de Chambre donne à voir et à entendre le choc entre un monde « primitif » incarné par Liaraca, libre de toute convention sociale, et les membres d’un monde civilisé, empêtrés dans leurs jugements de valeur. … [suite]

Civilités et sauvagerie

Par Amandine Rosset

Comment réagir face à la sauvagerie ? Est-ce que tout le monde n’aurait pas une part sauvage au fond de lui-même ? Et finalement, qu’est-ce que la sauvagerie ? Voilà les questions que soulève l’opéra tragicomique repris par Hélène Cattin. La metteure en scène Hélène Cattin s’est lancé le défi de diriger sa première pièce musicale. … [suite]

Tiempos

De et par Danièle Chevrolet et José-Manuel Ruiz / cie Les Héros Fourbus / Petithéâtre de Sion / du 26 décembre 2015 au 3 janvier 2016 / plus d’infos

©Michaël Abbet

©Michaël Abbet

Les critiques :

Nostalgie et travail du temps

Par Chantal Zumwald

Difficile démarche que d’expliquer ce qu’est le temps. C’est pourtant le défi que s’est lancé la compagnie valaisanne des Héros Fourbus, créée en 2007. Danièle Chevrolet et José-Manuel Ruiz, accompagnés d’une musique originale de Stéphane Albelda jouée en live par Fanny Hugo, ont choisi d’illustrer ce temps qui passe à l’aide de marionnettes de bois articulées, qu’ils ont créées eux-mêmes aidés de Christophe Kiss. … [suite]

Cette année Noël est annulé

Carte blanche à Robert Sandoz / Laboratoire spontané du Théâtre Am Stram Gram / du 15 au 20 décembre 2015 / plus d’infos

©Elisabeth Carecchio

©Elisabeth Carecchio

Les critiques :

Et le Vent volera Noël

Par Waqas Mirza

Le directeur du théâtre Am Stram Gram Fabrice Melquiot a mis le metteur en scène Robert Sandoz à l’épreuve en lui imposant le titre d’un spectacle à monter pendant les fêtes : “Cette année Noël est annulé”. Défi relevé à cent à l’heure. Un trio d’improvisateurs comiques, dont Sandoz lui-même, divertit les enfants pendant une heure, et parvient même à leur enseigner deux ou trois choses. … [suite]

Les coulisses à l’honneur

Par Lauriane Pointet

Créer en une semaine un « spectacle pour enfants de qualité », telle était la mission donnée à Robert Sandoz dans le cadre des laboratoires spontanés du théâtre enfance et jeunesse Am Stram Gram à Genève. Le metteur en scène a relevé le défi avec ses deux comparses Adrien Gygax et Ernesto Morales. … [suite]

Wild West Women

De Caroline Le Forestier / par Le Théâtre de l’Ecrou et Solentiname / mise en scène Augustin Bécard / Théâtre de La Grange de Dorigny / du 10 au 12 décembre 2015 / plus d’infos

©RAP

©RAP

Les critiques :

Pionnières d’hier et d’aujourd’hui

Par Chantal Zumwald

Dans un monde de pionniers, aux Etats-unis, en 1851, trois femmes asservies de différentes façons brisent leurs liens avec un passé douloureux pour se jeter dans l’inconnu, avec la liberté et l’espoir d’une vie meilleure comme seules forces, au milieu d’un monde hostile, farouchement dirigé par des hommes avides de domination. … [suite]

Emancipation trail

Par Fanny Utiger

Sur l’Oregon trail, émancipation genrée et générique. Ou comment trois femmes dépoussièrent le western et se font une place dans un monde qui souvent n’en a laissé qu’aux hommes. Charlotte, jeune esclave noire exploitée, violentée, violée par son maître, à la recherche du fils qu’on lui a retiré. Rose, réprimée par un mari qu’elle n’a pas choisi et qui lui reproche sa vivacité intellectuelle comme sa soif d’apprendre et de lire. … [suite]

 

Orthodhoxes

Écrit et mis en scène par Casimir M. Admonk / TU –Théâtre de l’Usine / du 10 au 16 décembre 2015 / plus d’infos

©TU

©TU

Les critiques :

On n’est plus des enfants

Par Léa Giotto

Une pesanteur artificielle évoquant tour à tour la chute ou l’ascension. Ou les deux à la fois. Ou aucun des deux. Les corps se balancent au bout d’un fil, l’œil est absent et l’allure folle. La transposition d’un texte poétique sur scène sans aucun passage du texte en question, voici ce qui est offert au spectateur. Celui-ci doit être prêt à s’approcher, de plus en plus, encore un peu, pour aller directement au ressenti. … [suite]

En suspens

Par Laura Weber

Composé de chorégraphies aériennes, Ohrtodhoxes se développe par une succession de scènes en lévitation. Mais l’équilibre de ce ballet aérien se révèle précaire, et pointe la crainte d’un vacillement. Pour sa première création théâtrale, Casimir M. Admonk compose une pièce pour le moins déroutante. … [suite]

 

Une Énéide

D’après L’Énéide de Virgile / conception et mise en scène Sandra Amodio / texte et adaptation Sébastien Grosset / La Grange de Dorigny / du 3 au 5 décembre 2015 / plus d’infos

©Hélène Tobler

©Hélène Tobler

Les critiques :

L’épopée des invisibles

Par Emilie Roch

La metteure en scène Sandra Amodio a vu un parallèle entre l’épopée d’Enée, célèbre héros virgilien, contraint de fuir sa Troie natale par la voie maritime, et le destin de millions de migrants qui, tous les jours, risquent leur vie en mer dans l’espoir d’une vie meilleure. De la rencontre de l’antique Enéide et d’une réalité contemporaine est né un spectacle soucieux de donner un corps et une voix à ceux qui forment cette masse indistincte et déshumanisée que nous relaient les médias. … [suite]

Bienvenue aux Enfers

Par Suzanne Crettex

« Toute une foule se ruait et venait se répandre sur la rive : des femmes, des hommes, les corps des héros magnanimes, des fils, des filles […] Mais le sombre passeur prend les uns, puis les autres ». Récité par une voix off, cet extrait de L’Enéide de Virgile fait étrangement écho « au récit de milliers de migrants qui échouent au large de Lampedusa et aux frontières de l’Europe » … [suite]

 

La damnation de Faustino

Écrit et mis en scène par Claude-Inga Barbey / par la compagnie Sans Scrupules avec le concours de Séverine Bujard, Yvonne Städler, Patrick Lapp, Rémi Rauzier / Théâtre St-Gervais/ du 1er au 19 décembre 2015 / plus d’infos

©Isabelle Meister

©Isabelle Meister

Les critiques :

À gorge déployée

Par Valmir Rexhepi

Faustino arrive sur terre pour traquer l’espoir et en priver le monde, pour le compte d’une compagnie d’assurance démoniaque. Une pièce toute en rires… En cette fin d’année 2015, Claude-Inga Barbey nous propose une pièce qui, dès les premiers instants de jeu, veut tirer sur la fibre comique : La damnation de Faustino. … [suite]

 

On ne badine pas avec l’amour

D’Alfred de Musset / mise en scène Anne Schwaller / TKM / du 1er au 23 décembre 2015 / plus d’infos

©Mario del Curto

©Mario del Curto

Les critiques :

Et soudain, c’est le drame

Par Lauriane Pointet

Camille et Perdican étaient destinés à s’aimer… mais lorsqu’ils se retrouvent après des années de séparation, l’orgueil s’invite à la fête et l’amour devient un jeu dangereux. Le grand classique de Musset est à savourer jusqu’à fin décembre sur les planches du théâtre Kléber-Méleau. … [suite]

Je suis venu te dire que je m’en vais

Par Waqas Mirza

La mise en scène d’Anne Schwaler capture parfaitement les aspects comiques de la pièce de Musset. En résultent de nombreuses scènes particulièrement divertissantes. Après l’euphorie d’une première heure hilarante, le rythme s’essouffle pourtant. « Je connais les femmes, il faut leur jeter de la poudre aux yeux! » s’exclame d’un ton confiant le baron. … [suite]

 

Rentrer au volcan

Création et mise en scène Augustin Rebetez / Théâtre de Vidy / du 27 novembre au 11 décembre 2015 / plus d’infos

©Augustin Rebetez

©Augustin Rebetez

Les critiques :

Au-delà du réel

Par Elisa Picci

Avec Rentrer au volcan, Augustin Rebetez nous invite à entrer dans un monde à la fois sombre et poétique, où le réalisme ne trouve plus aucune place : les corps humains se disloquent et les décors prennent vie. Un mélange de performances tant vocales que physiques dans un univers archaïque, étrange et parfois teinté d’humour. … [suite]

Sombre fabrique à rêves

Par Simon Falquet

Augustin Rebetez rentre au théâtre avec une patte artistique déjà éprouvée. Sa première création, Rentrer au volcan, croise la musique, la danse et la performance dans un univers infernal peuplé de démons masqués et d’installations grotesques. J’ai beaucoup ri durant le spectacle. … [suite]

 

Le nozze di Figaro

De Wolfgang Amadeus Mozart, à partir du livret de Lorenzo da Ponte / mise en scène Galin Stoev / direction musicale Alexis Kossenko / Théâtre du Reflet (Vevey) / 24 novembre 2015 / plus d’infos

©Richard Dugovic

©Richard Dugovic

Les critiques :

Une « trop » folle journée de noces

Par Waqas Mirza

Galin Stoev met en scène les Noces de Figaro de Mozart. Un amant qui saute du balcon, un mari cocu lui-même adultère, un fiancé jaloux au service de son rival… Cet opéra-bouffe déroule une série infinie de situations incongrues qui se laissent copieusement dévorer. Difficile de quitter le théâtre du Reflet sans ressentir un trop-plein d’émotions. … [suite]

Tel est pris qui croyait prendre

Par Marie Reymond

Figaro et Susanna s’aiment ; ils vont se marier. Seulement voilà : leur seigneur le Comte s’intéresse d’un peu trop près à Susanna. Les amoureux mettent tout en place pour venir à bout de l’audacieux. Tout ne se passe pas comme l’avaient prévu les deux intrigants, et plus d’un personnage sera pris alors qu’il croyait prendre. … [suite]

 

Tristesse animal noir

D’Anja Hilling / mise en scène Collectif Sur un Malentendu / L’Arsenic / du 23 au 29 novembre 2015 / plus d’infos

©Nicolas di Meo

©Nicolas di Meo

Les critiques :

Un cauchemar à la belle étoile

Par Amandine Rosset

Lundi, les six jeunes comédiens du Collectif Sur un Malentendu présentaient Tristesse animal noir, une histoire vraisemblable, dramatique et emprunte d’ironie et de folie qui pose la question du deuil et du choc post-traumatique. La pièce parle de l’expérience d’un groupe d’amis avant, pendant et après le drame qui changera leur vie. … [suite]

Théâtre ardent

Par Valmir Rexhepi

Six personnages vont passer par les flammes, certains vont en ressortir, carbonisés au-dedans comme au-dehors. Six comédiens se partagent la scène pour nous livrer une pièce au titre énigmatique dont on n’essayera pas de percer le mystère : Tristesse animal noir, composée par Anja Hilling, en allemand, puis traduite en français avec le concours de Silvia Berutti-Ronelt en collaboration avec Jean-Claude Berutti. … [suite]

 

El Triunfo de La Libertad

De La Ribot, Juan Dominguez et Juan Loriente / Théâtre de Vidy / du 20 au 21 novembre 2015 / plus d’infos

©Gregory Batardon

©Gregory Batardon

Les critiques :

Pourquoi viens-tu au théâtre ce soir ?

Par Simon Falquet

J’étais d’accord avec mon collègue Basile en sortant voir la pluie à la fin du spectacle. Mais avant de vous expliquer sur quoi nous étions d’accord, laissez-moi vous parler du couple qui vient au même moment nous demander un briquet. Je les félicite d’avoir fait partie du groupe des courageux qui ont décidé de rester jusqu’au bout. Ils n’ont pas tout à fait décidé, finalement, ils nous confient qu’ils étaient surtout coincés dans les rangs du fond. … [suite]

 

Mamma Helvetia (un rapport familial)

Un projet de Georg Scharegg et Theater Chur / mise en scène Georg Scharegg / La Grange de Dorigny / du 20 au 22 novembre 2015 / plus d’infos

©B. Faessler

©B. Faessler

Les critiques :

La Suisse, une famille pas comme les autres

Par Deborah Strebel

Qu’est-ce que la Suisse ? Un petit pays au milieu de l’Europe, reconnu pour sa démocratie et ses banques ? Et si c’était une grande famille ? Georg Scharegg et sa troupe ont mené l’enquête. Pendant un an, ils ont parcouru tout le pays, des endroits les plus reculés aux plus urbanisés. Mamma Helvetia est le fruit de leurs recherches. … [suite]

Intra-muros Helevetiae

Par Fanny Utiger

Tout y est, ou presque. Voyage, avec Mamma Helvetia, dans la Suisse, la belle et la moins belle, entre l’appréhension de son avenir et le souci du respect de ses traditions. « D’abord je me sens Lausannoise, puis Vaudoise, puis francophone… et enfin je me sens Suisse », dit une des actrices, Lausannoise le temps seulement de quelques déclarations. … [suite]

 

Werther!

D’après Les Souffrances du jeune Werther de Johann Wolfgang von Goethe / mise en scène Nicolas Stemann / Théâtre de Vidy / du 19 au 29 novembre 2015 / plus d’infos

©Krafft Angerer

©Krafft Angerer

Les critiques :

L’amoureux fait son show

Par Sabrina Roh

Le metteur en scène Nicolas Stemann et le comédien Philippe Hochmair proposent à Vidy une version bilingue de Werther !, spectacle créé en Allemagne en 1997. Voilà presque vingt ans qu’ils donnent à voir leur lecture des Souffrances du jeune Werther de Goethe. Un tour de force dans lequel l’amoureux égocentrique paraît bien plus égocentrique qu’amoureux. Werther aime Lotte. … [suite]

 

Autour d’Aloïse

De Sébastien Ribaux / mise en scène Sébastien Ribaux / Théâtre 2.21 / du 17 au 29 novembre 2015 / plus d’infos

©Sophie Pasquet-Racine

©Sophie Pasquet-Racine

Les critiques :

Plurielle

Par Valmir Rexhepi

Sébastien Ribaux nous mène à la rencontre d’Aloïse Corbaz. Mais Aloïse est multiple, insaisissable. Alors on reste autour, pour ne pas trop la brusquer, pour qu’elle ose sa folie devant nous. Il est de ces rencontres heureuses qui se font au hasard d’un regard. Sébastien Ribaux frôle Aloïse Corbaz, vêtue de mots, de peintures, de dessins. Peut-être bien qu’elle le bouscule un peu, toute suspendue qu’elle est sur les murs de la collection de l’Art brut … [suite]

Du dessin à la scène

Par Deborah Strebel

Sébastien Ribaux présente un spectacle autour d’Aloïse Corbaz, artiste suisse emblématique de l’art brut. Sa vie et son œuvre picturale sont évoquées avec délicatesse et poésie non pas dans une logique linéaire mais dans un hypnotique mouvement tourbillonnant. Aloïse Corbaz (1886-1964) est née à Lausanne. Une fois sa scolarité terminée, elle devient couturière. Elle aime un prêtre défroqué. Cette passion fait scandale. … [suite]

 

Conférence de choses – L’intégrale

De François Gremaud / avec Pierre Mifsud / 2b company / L’Arsenic / 15 novembre 2015 / plus d’infos

©2b company

©2b company

Les critiques :

Associations libres

Par Nadia Hachemi

A quel esprit brillant devons nous donc l’invention de la poubelle ? Comment les comètes se forment-elles ? Où peut-on trouver des pissoires pour femmes ? Tant de questions que vous ne vous êtes jamais posées mais dont Conférence de choses vous donnera la réponse. Un dimanche matin à l’Arsenic, 10h, une salle remplie de poufs auxquels font face une table et une chaise. … [suite]

De choses à d’autres

Par Justine Favre

Imaginée en 2013 par François Gremaud, coécrite et jouée par le comédien Pierre Mifsud, la version intégrale de Conférence de choses a eu lieu ce dimanche 15 novembre au théâtre de l’Arsenic, après neuf représentations partielles de précisément 53.333 minutes chacune dans divers lieux de la région lausannoise. « Tu crois qu’on va réussir à rester toute la durée du spectacle? » … [suite]

 

Intrigue et amour

De Friedrich Schiller / mise en scène Yves Beaunesne / TPR (La Chaux-de-Fond) / 14 novembre 2015 / en tournée jusqu’en mars 2016 / plus d’infos

©Guy Delahaye

©Guy Delahaye

Les critiques :

Schiller rajeuni

Par Laura Weber

Figure de proue du romantisme allemand, Friedrich von Schiller écrivait en 1784 Intrigue et amour, pièce subversive à l’encontre de l’ordre social et du pouvoir tyrannique. Aujourd’hui, malgré les décennies qui nous séparent de cette période, le cri révolutionnaire de Schiller n’a pas perdu de sa vigueur, notamment grâce à sa remarquable mise en scène par Yves Beaunesne. … [suite]

Mise à jour

Par Léa Giotto

Remettre au goût du jour une œuvre phare du romantisme révolutionnaire allemand, voici le projet ambitieux de Yves Beausnesne. Mais la question se pose : est-il possible, en 2015, de faire résonner des questions de 1784 ? Se révolter contre un système qu’il jugeait corrompu et obscurantiste au travers d’une histoire d’amour impossible. … [suite]

Schiller rajeuni

Par Laura Weber

Intrigue et amour / de Friedrich Schiller / mise en scène Yves Beaunesne / TPR (La Chaux-de-Fond) / 14 novembre 2015 / en tournée jusqu’en mars 2016 / plus d’infos

©Guy Delahaye

©Guy Delahaye

Figure de proue du romantisme allemand, Friedrich von Schiller écrivait en 1784 Intrigue et amour, pièce subversive à l’encontre de l’ordre social et du pouvoir tyrannique. Aujourd’hui, malgré les décennies qui nous séparent de cette période, le cri révolutionnaire de Schiller n’a pas perdu de sa vigueur, notamment grâce à sa remarquable mise en scène par Yves Beaunesne.

Ferdinand, fils du puissant et corrompu Comte Président Von Walter, s’éprend d’une jeune fille, Louise Miller, issue d’une classe plus modeste. Aussi pur et sublime que soit leur amour, il sera pourtant mis en péril par le père de Ferdinand, usant des moyens les plus perfides pour séparer les deux amants provenant de deux rangs sociaux différents. Dans ce drame, l’auteur révèle les mécanismes insidieux de la tyrannie et son influence jusque dans la sphère de l’intime. En 1784, un vent de révolte souffle sur l’Europe pour une jeune génération en proie au mal-être. Friedrich von Schiller en cristallise dans Intrigue et amour les enjeux tant politiques que sentimentaux. L’auteur allemand sera, d’ailleurs, nommé « citoyen d’honneur » par l’Assemblée législative française, créée peu après la Révolution.

Néanmoins se pose le problème de l’actualisation d’une telle œuvre. Aussi admirable que soit cette pièce, sa forme ne correspond plus nécessairement au goût du public actuel. Une méfiance envers les stéréotypes des œuvres romantiques s’est établie au gré des décennies et l’on redoute parfois de la part de ce courant une effusion de sentiments trop prononcée, un accent excessif mis sur le pathétique. Pourtant, Yves Beaunesne parvient à contourner ce problème grâce à une habile réécriture résolument « moderne ». Les dialogues sont revisités par le metteur en scène et la traductrice Marion Bernède ; de nombreuses répliques en langage courant sont insérées afin de désamorcer le pathétique et d’apporter plus de légèreté et de comique dans cette pièce dramatique. Ce dispositif se révèle d’une grande efficacité, sans pour autant entraver au propos principal de la pièce.

Un autre décalage s’opère entre la pièce et sa mise en scène ; lors de la représentation, tout le dispositif théâtral est perceptible par le spectateur. La métathéâtralité est particulièrement investie : les coulisses sont visibles depuis les gradins et on peut y apercevoir les acteurs déambuler avant leurs entrées en scène, les spots lumineux sont ajustés entre chaque acte sous les yeux du public, tout comme les changements de costume. En outre, sur la droite de la scène se trouvent plusieurs rangs de pantins articulés qui invitent sans doute le spectateur à s’interroger sur le dispositif de mise en abyme du jeu théâtral. De cette sorte, une prise de distance est visuellement installée avec le drame joué au même moment.

Un décalage entre l’œuvre romantique du XVIIIe siècle et son adaptation moderne qui donne une nouvelle force à Intrigue et Amour.

 

Les Acteurs de bonne foi

De Marivaux / mise en scène Geneviève Pasquier et Nicolas Rossier / Théâtre des Osses / du 14 novembre au 8 décembre 2015 / plus d’infos

©Carole Parodi

©Carole Parodi

Les critiques :

Quand l’amour (se) joue

Par Emilie Roch

Après L’Illusion comique de Corneille qui avait ouvert avec éclat la saison 2014-2015 du Théâtre des Osses, le duo formé par les co-directeurs du Centre dramatique fribourgeois, Geneviève Pasquier et Nicolas Rossier, renouvelle son aventure dans le registre comique classique avec une pétillante adaptation d’une pièce en un acte de Marivaux, Les Acteurs de bonne foi. … [suite]

Pour folâtrer et rire

Par Josefa Terribilini

Geneviève Pasquier et Nicolas Rossier poursuivent leur exploration du théâtre dans le théâtre ; après l’épique Illusion comique cornélienne, c’est une jolie comédie de Marivaux qu’ils choisissent de revisiter. Fresque paysanne dans la paille d’une écurie, ça pétille, ça tambourine, ça danse, ça rit, c’est exutoire. « Ils font semblant de faire semblant ! » s’exclame Blaise entre deux bégaiements. … [suite]

Frères ennemis (La Thébaïde)

De Jean Racine / mise en scène Cédric Dorier / La Grange de Dorigny / du 11 au 15 novembre 2015 / plus d’infos

©Alan Humerose

©Alan Humerose

Les critiques :

Macbook, mini-bar et mère maudite

Par Waqas Mirza

Cédric Dorier lève la poussière sur la famille maudite des Labdacides et insuffle à la tragédie du Grand Siècle une tonalité de série-télé. Deux frères ennemis se déchirent sur un plateau où la tension entre classique et moderne est artistement exploitée. Par un jeu habile d’anachronismes, la compagnie Les Célébrants prouve que l’œuvre de Racine a su rester intemporelle. … [suite]

Frères, je nous hais

Par Justine Favre

Cédric Dorier, familier des adaptations mais aussi des créations novatrices, présente en ce moment à La Grange de Dorigny la Thébaïde, première tragédie de Racine. Faisant le choix audacieux (d’aucuns diront étonnant) de suivre strictement le texte de l’auteur dans sa forme classique tout en transposant la scène dans un contexte contemporain indéterminé, le metteur en scène a parié sur la plasticité et la portée universelle de l’œuvre, la modelant de telle sorte qu’elle nous touche malgré l’archaïsme de la langue de l’époque de Louis XIV. … [suite]

Sul concetto di volto nel figlio di Dio

De Romeo Castellucci / mise en scène Romeo Castellucci / Théâtre de Vidy / du 11 au 15 novembre 2015 / plus d’infos

SulConcettoDiVoltoNelFiglioDiDio_MG_4526@ Klaus LefebvreMG_4441

Les critiques :

« Ecce homo » ou l’expérience-limite de Castellucci

Par Suzanne Crettex

Réunir sur une même scène les humeurs les plus dégradantes du corps humain et un visage monumental du Christ, peint par Antonello da Messina au XVe siècle, c’est à ne pas s’y méprendre, interroger les valeurs de notre culture occidentale et, par là même, du théâtre. Et si, après tout, le Christ était tout près de notre misère ; bien plus près que ce que l’on pense ? Avec Sul concetto di volto nel figlio di Dio (Sur le concept du visage du fils de Dieu), présenté à Avignon en 2011, c’est une création absolument déroutante que nous propose Romeo Castellucci … [suite]

Lorenzaccio

D’Alfred de Musset / mise en scène Catherine Marnas / La Comédie (Genève) / du 10 au 14 novembre 2015 / plus d’infos

©Pierre Grosbois

©Pierre Grosbois

Les critiques :

De la perdition à la révolution

Par Sabrina Roh

Après Lignes de faille, la metteuse en scène Catherine Marnas revient à la Comédie de Genève en s’attaquant à un chef-d’œuvre de la littérature romantique. Avec Lorenzaccio, elle signe une mise en scène qui traduit toute la complexité du héros, tout en renforçant la signification du geste de ce dernier contre une société avilie. Qu’on se le dise franchement, la lecture de Lorenzaccio n’est pas de tout repos. … [suite]

Quand le drame romantique devient politique

Par Lauriane Pointet

Est-il possible de renverser un pouvoir tyrannique pour établir à la place une République ? La question n’est pas propre à l’actualité, puisqu’elle était déjà au cœur de la pièce de Musset. Catherine Marmas en propose une version dépoussiérée et riche en interprétations. Remettre au goût du jour le drame de Musset, voilà l’ambition de Catherine Marnas. … [suite]

 

 

L’Histoire du soldat

De Charles-Ferdinand Ramuz / musique d’Igor Stravinsky / par le Teatro Malandro / mise en scène Omar Porras / Théâtre Le Reflet (Vevey) / du 7 au 8 novembre 2015 / plus d’infos

©Elisabeth Carecchio

©Elisabeth Carecchio

Les critiques :

Explosive et poétique descente aux enfers

Par Emilie Roch

A l’occasion de ses 25 ans, le Teatro Malandro, compagnie fondée par Omar Porras, s’invite dans les salles de Suisse romande et de France pour rejouer son interprétation exceptionnelle de L’Histoire du soldat, créée en 2003 au Théâtre Am Stram Gram à Genève. La scénographie haute en couleurs des frères Porras offre une deuxième et vigoureuse jeunesse à cette pièce musico-théâtrale, née de la complicité entre Ramuz et Stravinsky en 1918. … [suite]

Carnaval militaire

Par Camille Logoz
Omar Porras et sa troupe Teatro Malandro reprennent à leur sauce L’Histoire du soldat de C.-F. Ramuz et Igor Stravinski, en l’assaisonnant des éléments qui font depuis toujours le succès de leur théâtre festif et claironnant : masques, mimes et confettis. Le Diable fait sursauter à chacune de ses entrées, apparaissant dans une explosion sonore, un embrasement et un nuage de fumée. … [suite]

 

Bataille

Concept et interprétation de Delgado Fuchs et Clédat & Petitpierre / L’Arsenic / du 4 au 8 novembre 2015 / plus d’infos

©Arya Dil

©Arya Dil

Les critiques :

Mouvements

Par Valmir Rexhepi

Deux armures et deux buissons se déplacent sur la scène. Ça fait du bruit, de la musique, des images. Bataille appelle l’œuvre d’Uccello (la Bataille de San Romano) au risque souvent de n’être lu qu’à travers cet angle. Pourtant, il y a autre chose, une grammaire du corps, une syntaxe du mouvement qui émerge durant la performance. Un langage singulier qui, au-delà de son lien au tableau, peut se faire comprendre. … [suite]

Ça (s’) épuise, une armure

Par Fanny Utiger

Que feraient-ils, les chevaliers de San Romano, s’ils avaient quartier libre dans le tableau d’Uccello ? Dans Bataille, deux d’entre eux sont livrés à eux-mêmes et s’occupent pour une heure… Dieu sait ce qui est passé par la tête de celui qui un jour se dit que les chevaliers batailleraient en armure, cette cinquantaine de kilos de métal leur garantissant au combat autant de discrétion que de praticité. … [suite]

 

Je suis Antigone

De Ella / par la compagnie Lunatik / mise en scène Jean-Luc Borgeat et Elphie Pambu / Petithéâtre / du 5 au 15 novembre 2015 / plus d’infos

©David Gaudin

©David Gaudin

Les critiques :

Antigone, post-scriptum

Par Suzanne Crettex

Nous qui croyions en être quittes avec la petite Antigone, morte dans son tombeau avec Hémon à ses pieds, laissant Créon seul à attendre la mort dans son palais comme un tyran ; nous avions tort. Désormais, c’est aux Enfers que la fille d’Œdipe cherche le repos, et qu’elle revit avec Créon une dernière et éternelle confrontation. Après Vêtir ceux qui sont nus de Luigi Pirandello, Jean-Luc Borgeat revient sur la scène du Petithéâtre de Sion avec la compagnie Lunatik. … [suite]

L’enfer c’est les nôtres

Par Josefa Terribilini

Créon et Antigone se retrouvent dans les Enfers pour reprendre et peut-être achever leur confrontation acharnée. Deux figures, deux paroles animées par des logiques qui leur sont propres, revisitées sur un pied d’égalité. Dans un non-lieu et un non-temps, dans une froideur feutrée, c’est avec une remarquable finesse que la compagnie Lunatik réétudie un mythe où Justice, Devoir et Famille sont autant de notions qui s’entrechoquent et se troublent. … [suite]

 

Silencio

De Julien Schmutz et Robert Sandoz / mise en scène Julien Schmutz / par Le Magnifique Théâtre / Equilibre-Nuithonie / du 3 au 14 novembre 2015 / plus d’infos

©Guillaume Perret

©Guillaume Perret

Les critiques :

Les grotesques fantômes du futur

Par Nadia Hachemi

Creuser le passé, déterrer les morts pour comprendre son présent et se projeter vers le futur. Silencio est une pièce hantée, remplie de fantômes dansants. Récit bizarre d’une descendance maudite dans lequel la jouissance de la vie et l’horreur de la mort se superposent dans un spectacle d’une drôlerie macabre et grinçante. Conter. Dire la vie, la mort aussi : tel est le rôle de Silencio, un inquiétant personnage élégamment habillé et coiffé d’un chapeau haut de forme. … [suite]

La voix du silence

Par Chantal Zumwald

Un Français, descendant d’Indiens Kuna et atteint de la maladie de Creutzfeldt-Jakob est hanté par des rêves récurrents. Il décide de partir à la recherche de sa mère décédée, pour un peu de moelle osseuse. Son voyage va l’amener dans le cimetière français de Catoun, dans la forêt panaméenne. Ambiance peu rassurante sur le plateau de Nuithonie : cimetière, crânes, croix, dans une atmosphère brumeuse digne des landes du Devonshire qui rappelle le fameux Chien des Baskerville[suite]

 

Je m’appelle Jack

De Sandra Korol / par la Cie Face Public / Mise en scène Michel Toman / Le Petit Théâtre / du 28 octobre au 15 novembre 2015 / plus d’infos

©Philippe Pache

©Philippe Pache

Les critiques :

Rencontre avec soi-même

Par Laura Weber

Dans Je m’appelle Jack, la « vérité vraie du dedans » d’un individu se détermine grâce à une distinction simple, et cela depuis des temps immémoriaux : une vérité « rose facile » pour les filles, « bleu compliquée » pour les garçons. Et tout semble aller très bien comme ça. Mais que se passera-t-il lorsque l’héroïne de la pièce, Elie, se révoltera contre la couleur de sa vérité, chamboulant ainsi cette catégorisation ancestrale bipartite ? Je m’appelle Jack termine un cycle entamé par l’auteure Sandra Korol en 2011. … [suite]

Où est Jack?

Par Léa Giotto

Explorer l’écart entre qui l’on croit être, qui les autres pensent que nous sommes et qui l’on est vraiment. Voici le projet ambitieux initié par l’auteure Sandra Korol avec Je m’appelle Jack, une pièce autour de la question délicate des identités de genre et conseillée dès 7 ans. Elie a enfin perdu sa dernière dent de lait. Dans son monde, c’est l’événement le plus important d’une vie. C’est le jour où l’on quitte l’enfance pour se confronter à qui l’on est vraiment. … [suite]

 

Shake

D’après La nuit des rois / de William Shakespeare / mise en scène Dan Jemmett / Théâtre de Carouge / du 27 octobre au 15 novembre / plus d’infos

©Mario del Curto

©Mario del Curto

Les critiques :

Une comédie qui secoue

Par Alice Moraz

C’est une pièce de Shakespeare complètement métamorphosée et bien loin des conventions du théâtre élisabéthain que présente la mise en scène de Dan Jemmett. Musique, danse et plaisanteries font de Shake une comédie débridée et remise au goût du jour. Viola aime Orsino qui aime Olivia qui est tombée amoureuse de Viola travestie en garçon… Cette chaîne amoureuse trouve une issue heureuse grâce au retour de Sébastien, le frère jumeau de Viola qui avait fait naufrage avec elle sur les côtes de l’Illyrie, et dont s’éprend Olivia, trompée par la ressemblance qu’il a avec sa sœur. … [suite]

Shakespeare: agiter avant emploi

Par Elisa Picci

S’inspirant de La Nuit des Rois de Shakespeare, Dan Jemmett propose une mise en scène teintée de l’humour shakespearien et modernisée pour le public d’aujourd’hui. Des personnages sur-vitaminés, de la musique qui swingue, un décor unique, tout est réuni pour nous embarquer dans une illusion originale. L’intrigue reste fidèle à celle de La Nuit des Rois: après avoir été séparée de son frère jumeau Sébastien à cause d’un naufrage, Viola se retrouve à la cour du duc Orsino où elle se déguise en garçon pour pouvoir s’intégrer. … [suite]

 

Sound of Music

Sound of Music / Mise en scène Yan Duyvendak / Théâtre de Vidy / du 27 au 31 octobre 2015 / plus d’infos

©Sébastien Monachon

©Sébastien Monachon

Les critiques :

All right, good night ?

Par Luc Siegenthaler

Des danseurs vêtus pour la plupart de costumes brillants exécutent des chorégraphies sur scène. Ils chantent en souriant le leitmotiv du spectacle « All right, good night ». Le spectacle passé, le spectateur est-il vraiment apaisé ? Dans Sound of Music, il est saisi d’un étrange sentiment d’inquiétude. Tout ce qui compose une comédie musicale est bien là : des danseurs jeunes et séduisants, des musiques joyeuses rappelant les plus grands airs de Broadway, des chorégraphies souples, légères et chaleureuses. [suite]

Une musique en demi-teinte

Par Jonathan Hofer

Et si nous parlions de la fin ? Celle du spectacle ? Non, la vôtre, la mienne : la fin de l’Homme. Ah non ! pas un mardi soir après huit heure de travail. Et si je vous la chante ? Alors là, ça change tout ! Yan Duyvendak signe, dans sa dernière création, une comédie musicale façon Broadway tout à fait saisissant. Avec l’aide de Christophe Fiat, Olivier Dubois et Andrea Cera – pour le texte, la chorégraphie et la musique – le néerlandais aborde tous les sujets : guerre, climat, propriété intellectuelle, suicide, … [suite]

 

Le voyage d’Alice en Suisse

De Lukas Bärfuss / traduction Hélène Mauler et René Zahnd / mise en scène Gian Manuel Rau / La Grange de Dorigny / du 22 au 25 et du 29 au 31 octobre 2015 / plus d’infos

©Martin Reeve

©Martin Reeve

Les critiques :

La mort comme dernière liberté

Par Lauriane Pointet

Un voyage en Suisse sans billet de retour : si Alice se rend à Zurich, c’est bien dans l’idée de pouvoir y bénéficier de l’aide au suicide. Un sujet difficile mais toujours actuel, traité avec beaucoup de subtilité par la Compagnie Camastral. Ce n’est pas souvent que l’on sort d’un spectacle avec un goût pâteux dans la bouche, et le cœur légèrement retourné. C’est pourtant ce qui s’est produit en ouverture de saison du théâtre de la Grange de Dorigny. … [suite]

 

La Cerisaie

D’Anton Tchekhov / par la Cie du Passage et Cie G. Bouillon / Théâtre du Passage (Neuchâtel) / du 22 au 25 octobre 2015 / plus d’infos

©Cosimo Terlizzi

©Cosimo Terlizzi

Les critiques :

Une maison de fous

Par Camille Logoz

Sur un territoire qu’elle refuse d’abandonner, une famille à l’avenir incertain lutte pour préserver son ordinaire des effets de l’aliénation. À trop essayer de rester maîtres de leurs terres et d’eux-mêmes, ses membres finissent par perdre la face et la tête. Un drame, apparemment, mais que les protagonistes vivent comme un doux délire fantastique. La Cerisaie raconte les derniers jours passés par une famille aristocrate et leurs domestiques sur leurs terres en Russie. Sans moyens pour rembourser les intérêts, ils sont contraints à vendre le domaine familial avant la fin de l’été. … [suite]

À la lumière des regards

Par Marie Reymond

Une famille russe voit son domaine menacé de vente si elle ne trouve pas un moyen de rembourser les intérêts de ses dettes. Réunis pour la première fois depuis des années, ses membres sont amenés à revisiter leur passé lié au domaine dans un processus de deuil. Aidés par l’utilisation de la lumière, les spectateurs sont happés dans les introspections des différents personnages, que l’on suit avec passion. Dans cette mise en scène, le personnage principal, c’est la demeure elle-même. … [suite]

 

FriScènes 2015

Festival international de théâtre Friscènes / Nouveau Monde (Fribourg) / du 19 au 25 octobre 2015 / plus d’infos

Friscenes

Les critiques :

La Cantatrice Chauve

Le comique du rien

Par Nadia Hachemi
Comédie de l’identité et du non-sens de la vie sociale, La Cantatrice Chauve de Ionesco ne rime à rien. La Compagnie Vol de Nuit, une troupe d’amateurs bourrée de talent, en présente une mise en scène qui exploite pleinement toute la drôlerie de cette anti-pièce farcesque. Un couple très british attend ses amis qui arriveront à l’improviste en échangeant des banalités. Non-sens ? Ne vous en formalisez pas, la pièce n’ira pas en s’éclaircissant ! … [suite]

L’absurde au sommet de son art

Par Lauriane Pointet
Quatre chaises miniatures, deux lampes, une porte qui s’ouvre sur rien : il n’en faut pas plus à la Compagnie Vol de Nuit pour proposer une mise en scène dynamique et efficace du grand classique du théâtre de l’absurde. Difficile de résumer une pièce aussi insaisissable que La Cantatrice chauve ! Inspiré par l’absurdité des dialogues et des situations dans les manuels d’enseignement de l’anglais, Ionesco propose dans son texte une réflexion sur la vacuité du langage et le non-sens des expressions de la langue courante. … [suite]

Un Roi se meurt

Un roi, la mort et la musique

Par Lauriane Pointet
La compagnie du Théâtre de l’intérieur propose une adaptation sans complexe, intelligente et efficace de la pièce de Ionesco. Des personnages qui se trémoussent sur scène sur une musique disco et dans un déluge de confettis, avant même que les spectateurs ne soient entrés dans la salle, cela peut surprendre. D’autant plus quand la pièce s’intitule Un roi se meurt et qu’il s’agit, comme l’indique clairement le titre, d’une adaptation de la célèbre pièce Le roi se meurt d’Eugène Ionesco. … [suite]

FreeScènes

Dürrenmatt hors des murs

Par Emilie Roch
Quitter la salle et emmener les spectateurs dans les rues de Fribourg pour déambuler au fil de l’œuvre de Dürrenmatt : voilà le défi lancé par le festival FriScènes dans le cadre du projet « FreeScènes », relevé par deux troupes locales. Une cour d’école, le couloir d’un collège, un salon de coiffure, autant de lieux inattendus où se déroulent les « FreeScènes », créations expérimentales et hors compétition du festival. … [suite]

The Shrink’s Cabinet

Keep Calm and Savour

Par Josefa Terribilini
Assister à une confrontation entre la sulfureuse Marilyn et la reine d’Angleterre ? à la rencontre exceptionnelle de Sigmund Freud avec Tarzan ? à un débat physico-politique opposant Albert Einstein à Fidel Castro ? Vous en rêviez ? La compagnie des Caretakers l’a fait ! Dans cette nouvelle comédie cosignée par Marco Battaglia et Jack R. Williams, une tablée de personnages hauts en couleur nous embarque dans un monde british et onirique, et tout cela en un seul repas. Un petit régal ! … [suite]

File d’attente

Par Valmir Rexhepi
The Shrink’s Cabinet nous conduit dans l’univers institutionnalisé du repas de famille.Sur fond de morale, l’histoire peine à prendre. On y arrive, c’est bientôt Noël, ses repas, ses foies gras, ses dindes, champagne, rouge, blanc, dessert, fromage, encore un coup de blanc ?, dis merci à grand-mère, encore une tranche ? Tu n’as rien mangé… On ne sait pas de quoi sera fait le jour à venir, mais pour le soir du repas Noël, aucun doute, on s’y attend. … [suite]

Ephémère

Envisager les voix

Par Valmir Rexhepi
Dans la nuit, des voix se rencontrent, par radios interposées. Elles s’entendent, s’écoutent, s’imaginent. Ephémère propose, avec une rare poésie, de voir l’effet des voix, d’écouter le contact des corps. Dans une main statique, un verre s’allume. De part et d’autre de la scène, des colonnes de radios jettent des voix. Prise d’antenne. C’est Ephémère, création de Geoffroy Mathieu, interprétée par trois comédiens du Théâtre de l’Aurore. L’histoire se déroule sur les ondes : les personnages sont d’abord des voix qui se donnent par les appareils. … [suite]

Le Café des Voyageurs

La quadrature du cercle

Par Alice Moraz
Présenté au festival FriScènes, Le Café des Voyageurs exploite pleinement les possibilités du langage et de la voix pour servir une pièce qui oscille entre le rire et la folie tragique. Une femme (jouée par un acteur masculin) au milieu d’un cercle blanc au sol. Autour d’elle son majordome, Robert, dessine le plan de son appartement, dont il effacera ou rajoutera des pièces au fur et à mesure de la performance. … [suite]

Porte de Montreuil

Les vieux potes qui expliquent tout

Par Chantal Zumwald
Grands éclats de rires dans la salle de FriScènes ce vendredi soir : d’une énorme malle à jouets s’échappent deux potes, pas toujours très éclairés, mais qui pourtant font tout pour le paraître, souvent par le bluff. Qui n’a jamais rêvé d’un immense coffre à jouets ? Celui qui trônait au centre de la scène de Porte de Montreuil sortait de l’ordinaire par sa dimension « extra large », capable de contenir une dizaine d’hommes, si ce n’est plus. Mais il n’en contenait que deux, et pas n’importe lesquels. … [suite]

 

La Suisse et la mort

Conception et interprétation FUR compagnie / Théâtre de l’Usine / du 15 au 21 octobre 2015 / plus d’infos

©Théâtre de l'Usine

©Théâtre de l’Usine

Les critiques :

La Suisse en quelques clichés

Par Deborah Strebel

Conçue et interprétée par la FUR compagnie, La Suisse et la mort est une revue satirique parcourant une série de sujets intimement liés à l’Helvétie. Dès l’entrée dans la salle, le spectateur est immergé dans un univers cent pour cent suisse. Alors que six comédiens se tiennent face au public avec une pomme sur la tête, une odeur de fondue au fromage se répand peu à peu. Cette spécialité culinaire helvétique est préparée en direct. … [suite]

Dérangements

Par Valmir Rexhepi

Dégagé de toute intrigue, La Suisse et la mort se donne sur le mode de ces châteaux composés de pièces en enfilade. L’architecture, tout comme le titre, est difficile à cerner, mais on avance. Sans le souci de la continuité, on passe d’une scène à l’autre. Le banal devient surprenant, le quotidien captivant, l’ordinaire dérangeant. Issus de la Manufacture (Haute École de Théâtre de Suisse Romande ), c’est sur la scène du Théâtre de l’Usine que les comédiens Agathe Hazard-Raboud, Jérôme Chapuis, Julien Jacquérioz, Piera Bellato, Rébecca Balestra, Simon Romang se retrouvent pour fabriquer La Suisse et la mort. … [suite]

 

Love on the (méga) byte

Texte et mise en scène Benjamin Knobil / composition et piano Lee Maddeford / Théâtre 2.21 / du 14 au 18 octobre 2015 / plus d’infos

©Atelier Obscur Julie Casolo

©Atelier Obscur Julie Casolo

 

Les critiques :

#La complainte burlesque de la e-machine

Par Sabrina Roh

Se jouant des frontières entre musique et théâtre, la Compagnie 5/4 s’embarque dans un vaudeville chanté où la technologie s’en mêle. Love on the (méga) byte, un spectacle méga drôle ? To be continued… Fin du spectacle, les masques sont tombés. Dominatrix découvre l’identité live d’Hackman et se rend compte qu’elle a en fait couché avec Mégabyte. Ce dernier, policier de son métier, est prêt à fuir avec un trader corrompu. To be continued ? … [suite]

Un vaudeville qui cherche son rythme

Par Josefa Terribilini

Trois voix humaines et une voix électronique. Mais cette dernière ne contaminerait-elle pas les trois premières ? Internet a-t-il définitivement transformé les relations sociales, au point d’y devenir lui-même un protagoniste omniprésent ? Voilà la thématique que cette opérette aux accents grivois se donne pour mission d’explorer, en désordre et en chanson. Lee Maddeford, compositeur d’origine américaine et adepte de théâtre, s’allie à Benjamin Knobil, auteur et dramaturge vaudois, pour signer cette toute nouvelle création de la compagnie lausannoise 5/4. … [suite]

 

Clôture de l’amour

De Pascal Rambert / avec Stanislas Nordey et Audrey Bonnet / Théâtre de Vidy / du 30 septembre au 4 octobre 2015 / plus d’infos

©Marc Domage

©Marc Domage

Les critiques :

Vivarium de l’amour

Par Fanny Utiger

La scène de la salle Charles Apothéloz devient pour quelques heures le ring du combat viscéral d’un homme et d’une femme au crépuscule de leur amour. Un texte cru et sophistiqué, un jeu d’acteurs puissant, un réseau allusif complexe font la richesse de cette pièce et des échos qu’elle provoque en chacun. Gymnase désert, terrain vide, lumière glacée. Un homme et une femme débarquent. … [suite]

De l’élasticité du discours amoureux

Par Camille Logoz

Clôture de l’amour est une pièce désormais célèbre pour sa forme élémentaire et pourtant nouvelle : un personnage parle tandis que l’autre se tait, les rapports s’inversant à mi-spectacle. Un texte avec lequel Pascal Rambert déstabilise l’ordre du familier et de l’étranger, faisant s’articuler les niveaux du drame personnel et de l’histoire universelle. Il trouve le moyen pour le faire dans une langue qui se tort et se tend dans une pénible exploration de l’amour et de la rupture, à la recherche de mots pour les exprimer. … [suite]

Un amour obsolète

Par Emilie Roch

Propulsés face au constat irrévocable que l’amour n’est pas fait pour durer toujours, deux amants de longue date expriment leur désarroi au sein d’une bouleversante scène de rupture signée Pascal Rambert. Comme un téléphone ou un ordinateur portables, l’amour entre Stan et Audrey est arrivé au terme de sa durée d’utilisation. « Nous sommes des appareils amoureux sophistiqués à programmation courte et nous ne le savions pas ». … [suite]

 

Münchhausen ?

De Fabrice Melquiot / mise en scène Joan Mompart / Théâtre Am Stram Gram/ du 29 septembre au 18 octobre/ plus d’infos

©Elisabeth Carecch

©Elisabeth Carecch

Les critiques :

Love from Gibraltar

Par Julia Cela

Moi, Son seul pote, Elle et l’Inconnu au bataillon deviennent les héros des aventures contées par le fantôme du Baron de Münchhausen, narrateur de ses exploits : un grand voyage ponctué de flatulences qui s’échappent du Baron, comme les histoires qu’il n’a pas le temps de raconter. Les cheveux en houppette dégarnie, un sourire tranquille sur le visage, le Baron de Münchhausen regarde les spectateurs s’installer : il attend la pleine attention de son auditoire. … [suite]

 

Répétition

De Pascal Rambert / Mise en scène Pascal Rambert / Théâtre de Vidy / du 6 au 9 octobre 2015 / plus d’infos

©Marc Domage

©Marc Domage

Les critiques :

Brève histoire de la pêche à la ligne

Par Simon Falquet

Le spectateur est souvent quelque chose de très simple. Depuis sa place, il suit des yeux le jeu des acteurs et n’a qu’une seule véritable exigence. Il faut qu’il puisse rentrer chez lui avec sa phrase ou son mot, un petit bout capté dans l’instant précis qu’il aura reconnu comme le coeur du propos. Il n’y a pas de place déterminée, ce cœur peut battre à l’ouverture, comme l’annonce d’un thème, ou dans un centre de symétrie au milieu du spectacle, ou bien souvent à la fin, en point culminant d’une longue ascension. … [suite]

Un goût de vertige sur fond de mondes possibles

Par Suzanne Crettex

Répétition, la dernière pièce de Pascal Rambert, emmène le spectateur sur une scène de théâtre, pour suivre le quotidien d’un groupe de quatre vieux amis qui avaient fait leur idéal de la scène. Sur fond de dispute et de règlements de compte, ils liquident tout ce à quoi ils ne veulent plus croire. Depuis la grande salle du théâtre de Vidy, regardez la scène prête pour la représentation. Qu’y voit-on? Une salle de gymnastique bordée de part et d’autre de deux panneaux blancs, un panier de basketball auquel manque le filet. … [suite]

 

La possible impossible maison

De Forced Entertainment / Traduction française Aurélie Cotillard / Mise en scène Tim Etchells / Théâtre de Vidy / du 6 au 15 octobre 2015 / plus d’infos

©Vlatka Horvat

©Vlatka Horvat

Les critiques :

Regard d’enfant

Par Valmir Rexhepi

Entrer dans une maison, puis sortir. Dans l’intervalle, une quête. C’est le programme auquel le spectateur est invité dans La possible impossible maison. Mais on ne sait quand on est entré et si l’on est sorti. Ingénieux, immersif, le spectacle touche bien au-delà du public visé. Venu de l’autre côté de la Manche, le premier spectacle pour enfant du collectif Forced Entertainment est transposé à Vidy dans la langue de Molière. … [suite]

Alain au pays des merveilles

Par Waqas Mirza

Faite de projections sur des cartons et de bruitages artisanaux qui accompagnent une intrigue saugrenue, la nouvelle pièce signée Forced Entertainment enchante les petits autant qu’elle interloque les grands. Un spectacle farfelu « fait-main ». “Ca fait quoi comme bruit, un trou?”Aucun, répondrait toute personne saine d’esprit. Aussi ne s’attendrait-on jamais à s’entendre poser une telle question au beau milieu d’une pièce de théâtre dédiée à la petite enfance. … [suite]

 

Le Noshow

Mise en scène Alexandre Fecteau / Equilibre-Nuithonie/ Du 7 au 10 octobre 2015

©Renaud Philippe ©Cath Langlois

©Renaud Philippe ©Cath Langlois

Les critiques :

Cartes sur table

Par Elisa Picci

Le Noshow, c’est un jeu avec des isoloirs, une billetterie secrète, une bataille de marshmallows et des coups de téléphone en plein spectacle. Mais ce sont aussi des acteurs à l’accent chantant, des conceptions sonores et vidéos originales et surtout une véritable réflexion sur le théâtre et les tristes constats que cela implique. Alexandre Fecteau et ses comédiens issus du collectif Nous sommes ici (fondé en 2008) et de la troupe DuBunker (fondé en 2005) présentent pour la première fois en Suisse Le Noshow, … [suite]

Le théâtre est-il une bataille de marshmallows ?

Par Alice Moraz

Combien est-on prêt à payer spontanément pour un spectacle ? Les subventions financent-elles les artistes ou les spectateurs ? La difficulté de gagner sa vie en faisant du théâtre ou en travaillant dans le monde artistique est-elle une fatalité ? Le NoShow, un non-spectacle québécois spectaculaire, coproduction du Collectif Nous Sommes Ici et du Théâtre DuBunker, aborde tout cela et bien plus encore. Le spectacle s’ouvre sur une Assemblée Générale extraordinaire mais seuls quatre des sept membres prévus sont présents. … [suite]

D’acier

De Silvia Avallone / mise en scène Robert Sandoz / Théâtre du Loup / du 6 au 18 octobre 2015 / plus d’infos

©Guillaume Perret

©Guillaume Perret

Les critiques :

Tra sogno e realtà

Par Deborah Strebel

Adapté du premier roman de Silvia Avallone, D’acier dresse, avec une beauté saisissante, le portrait d’une jeunesse italienne tiraillée entre ses désirs et ses désillusions. Née en 1984, Silvia Avallone a passé une partie de son adolescence à Piombino, ville industrielle toscane. C’est aussi le lieu dans lequel se déroule le récit de son premier roman, D’acier. Paru en 2010, cet ouvrage lui a valu des prix en Italie et en France. … [suite]

Le désenchantement adolescent

Par Nadia Hachemi

Une aciérie qui surplombe la ville, mortelle et pourtant nécessaire. Au large d’une plage insalubre, « Elba », l’île de tous les fantasmes, réceptacle des désirs d’évasion de personnages adolescents. Dans D’acier, la dure réalité se dresse pourtant comme un mur sous les yeux d’un groupe de jeunes désemparés. Le spectateur lui-même ne peut que sentir son ombre glaçante planer au-dessus de lui. … [suite]

 

Mademoiselle Werner

De Claude Bourgeyx / mise en scène Yann Mercanton / CPO / du 01 au 04 octobre 2015 / plus d’infos

©Fabian Sbarro

©Fabian Sbarro

Les critiques :

La cocasserie de l’ennui

Par Nadia Hachemi

Dramatiser le banal, le transfigurer par l’humour et le fantasme pour l’alléger et l’animer : Mademoiselle Werner est une pièce aussi dérangeante que réjouissante dans son extravagance, qui ne peut qu’ébranler le spectateur.
Après avoir mis en scène en 2004 le roman de Claude Bourgeyx Les petites fêlures, Yann Mercanton continue sur la même lancée en s’attelant au deuxième volet de ce texte qui se concentre sur la fille de l’héroïne, Mademoiselle Werner. … [suite]

 

Home-Made

de Magali Tosato / mise en scène Magali Tosato / Théâtre de Vidy / du 22 septembre au 4 octobre 2015 / Plus d’infos

©Samuel Rubio

©Samuel Rubio

Les critiques :

Un produit du terroir suisse

Par Jonathan Hofer

« Regardez comme il est mignon ! » ; « N’est-il pas adorable mon fi-fils ? » ; « Le portrait craché de sa maman ! ». Entre traumas de l’enfance et doux souvenirs, le spectacle Home-Made interroge la place de notre passé : comment puis-je me débarrasser du poids de mon éducation pour devenir quelqu’un ? La jeune Magali Tosato signe sa quatrième mise en scène dans le spectacle Home-Made, actuellement au théâtre de Vidy. … [suite]

Soif d’identité

Par Elisa Picci

Avec Home-Made, Magali Tosato offre une remise en question de tous les fondements qui façonnent de manière générale l’être humain. L’enfance, la famille, le cadre social et surtout la mère deviennent soudain de profonds sujets de réflexion. Une mise en scène qui ne laisse pas de marbre et invite à repenser certains concepts fondamentaux. Cette pièce est inspirée du roman de Fritz Zorn, Mars : le protagoniste, un richissime Zurichois, apprend qu’il est condamné par un cancer en phase terminale. … [suite]

 

Oblomov

d’Ivan Gontcharov / mise en scène de Dorian Rossel / du 1er au 12 septembre 2015 (relâche le 7 septembre) / Théâtre de l’Orangerie / plus d’infos

 © Théâtre de l'Orangerie

© Théâtre de l’Orangerie

Les critiques :

Mon lit, mon refuge

Par Deborah Strebel

Spectacle profond et rythmé, ponctué par de jolis moments d’humour, « Oblomov » présente le prototype du paresseux, grand adepte de la sieste et roi de la procrastination. Après avoir été jouée à plusieurs reprises l’année passée en Suisse, au forum de Meyrin et au Théâtre Kleber-Méleau, l’adaptation par Dorian Rossel du célèbre roman de mœurs d’Ivan Gontcharov paru en 1859 est partie en tournée en France. … [suite]

 

La Maladie de la famille M

de Fausto Paravidino / mise en scène Andrea Novicov / du 14 au 25 juillet 2015 / Théâtre de l’Orangerie / plus d’infos

© Théâtre de l'Orangerie

© Théâtre de l’Orangerie

Les critiques :

Troubles de communication

Par Deborah Strebel

Tragi-comédie contemporaine avec ces personnages drôles bien qu’un peu abîmés, La maladie de la famille M impressionne par la subtilité de son texte. Les compagnies Superprod, Jeanne Föhn et Angledange en proposent une délicate et rafraîchissante mise en scène. Luigi, vieille homme vulnérable et veuf dont la mémoire flanche peu à peu, vit avec ses trois enfants … [suite]

 

Un Tramway nommé désir

de Tennessee Williams / mise en scène Zoé Reverdin / du 23 juin au 11 juillet 2015 / Théâtre de l’Orangerie / plus d’infos

© Marc Vanappelghem

© Marc Vanappelghem

Les critiques :

« L’antidote contre la mort, c’est le désir! »

Par Noémie Desarzens

La reprise, par la genevoise Zoé Reverdin, de la pièce de Tennessee Williams créée en 1947 à Broadway signe l’ouverture estivale du Théâtre de l’Orangerie, dans un cadre tout à fait charmant. Un climat saisissant qui entraîne son public dans une atmosphère de brutalité animale. Sur scène, une construction métallique marque les contours de l’étroit deux pièces de Stanley et Stella. … [suite]

Quelque chose en nous de Blanche DuBois

Par Frédéric Guignard

La production genevoise d’Un tramway nommé Désir, présentée au théâtre de l’Orangerie cet été, fait le pari de refuser l’identification totale entre comédiens et personnages. Sous la direction de Zoé Reverdin, les acteurs prennent plaisir à révéler la primauté de leur jeu sur les personnages qu’ils incarnent, avant d’être emportés par cette tragédie domestique, grâce à eux sublimée. … [suite]

33 tours et quelques secondes

conception Lina Majdalanie et Rabih Mroué / du 13 au 14 juin 2015 / Théâtre de Vidy / plus d’infos

© Louis Sarmad

© Louis Sarmad

Les critiques :

Entre fiction et imaginaire : portrait du Liban contemporain

Par Noémie Desarzens

  • Entre fiction et imaginaire : portrait du Liban contemporain

    Comment rendre compte de l’absence sur scène ? C’est à ce défi que répond le spectacle 33 tours et quelques secondes. Dans le creux laissé par le suicide d’un certain Diyaa Yamout, jeune libanais de 28 ans, se dresse un portrait de la société contemporaine libanaise et de ses multiples facettes. Sur le plateau, aucune ... suite

Votre ami Diyaa s’est suicidé (j’aime; commenter; partager)

Par Lucas Morëel

  • Votre ami Diyaa s’est suicidé (j’aime ; commenter ; partager)

    Cette pièce originale vous emmène dans un voyage sur la toile. Plus précisément, sur le mur Facebook de Diyaa Yamout. « Vous avez de nouvelles notifications. » « N’oubliez pas de relever vos messages vocaux » « La révolution 2.0 a commencé, allez-vous participer à cet événement ? » Une fois installés au cœur d’un ... suite

Nid de coucou

d’après Ken Kesey / par le Footsbarn Theatre / du 11 au 12 juin 2015 / Théâtre du Jorat / plus d’infos

© Jean-Pierre Estournet

© Jean-Pierre Estournet

Les critiques :

L’oiseau en cage rêvera des nuages

Par Deborah Strebel
Théâtre itinérant, le Footsbarn Theatre s’arrête deux soirs à la Grange sublime pour proposer une originale et festive version carnavalesque de Vol au-dessus d’un nid de coucou. Fondé en 1971 au sein de la grange de la famille Foot, dans la région des Cornouailles, le Footsbarn Theatre se produit aussi bien en salle que sous … [suite]

La loi de McMurphy, un souffle de liberté

Par Cecilia Galindo
Pour deux jours, Randle McMurphy vient semer le trouble au Théâtre du Jorat, transformé pour l’occasion en hôpital psychiatrique. L’idée peut sembler glaçante, mais les personnages de Nid de coucou, incarnés par les comédiens de la troupe franco-anglaise du Footsbarn Theatre, ont su apporter un peu de joie et de chaleur dans cette atmosphère stérilisée. … [suite]

 

Cheer Leader

création du Think Tank Theatre / mise en scène de Karim Bel Kacem / co-mise en scène et chorégraphie Maud Blandel / du 2 au 13 juin 2015 / Théâtre Saint-Gervais / plus d’infos

© François Blin

© François Blin

Les critiques :

La face cachée des majorettes

Par Deborah Strebel

  • La face cachée des majorettes

    Spectacle bilingue (espagnol, anglais), Cheer Leader dévoile poétiquement les Pom Pom girls en coulisse. Dans une semi-obscurité, cinq jeunes femmes vêtues du même costume bleu et blanc sont assises en rond et effectuent une série de mouvements. Toutes tiennent des pompons dans leurs deux mains. En effleurant le sol, ces boules argentées provoquent de doux ... suite

Evanescent, -e, adj.

Par Jehanne Denogent

     

    Comme on choisit sa pizza

    par la compagnie Outrebise / mise en scène Maude Lançon / du 2 juin au 14 juin 2015 / Théâtre 2.21 / plus d’infos / en tournée jusqu’au 4 juillet

    © Jeanne Quattropani

    © Jeanne Quattropani

    Les critiques :

    Un seul spectateur

    Par Laura Weber

    • Un seul spectateur

      En tout, Maude Lançon propose très exactement 8 426 880 mises en scène possibles, elle les a comptées elle-même. Car Comme on choisit sa pizza est une pièce rigoureuse, (dé)construite à partir de huit grands types de choix contenant respectivement entre quatre et vingt options soigneusement retranscrites par un diagramme sur le mur. Ce protocole ... suite

    Chacun sa cuisine

    Par Léa Giotto

    • Chacun sa cuisine

      Une comédienne, un spectateur, une représentation unique. L’équation semble facile. Or elle s’avère relever d’un calcul presque irréalisable. Entre un spectateur, guidé dans un processus très précis mais qui a tous les choix en mains pour emmener la performance où il le souhaite, et une artiste qui a préparé minutieusement une multitude d’options mais qui ... suite

     

    Tair

    de Fabrice Melquiot / d’après un poème de Philippe Jaccottet / du 2 au 7 juin / Théâtre Am Stram Gram / plus d’infos

     © Elisabeth Carecchio

    © Elisabeth Carecchio

    Les critiques :

    Les mots font corps

    Par Jonas Guyot

    • Les mots font corps

      Comment mettre en mouvement un poème ? C’est le défi que s’est lancé Fabrice Melquiot accompagné par deux acrobates et un musicien. En reprenant les trois questions principales posées par un poème de Philippe Jaccottet, le metteur en scène et son équipe livrent un triptyque poético-acrobatique qui enchantera petits et grands. Cinq jours, c’est le ... suite

    Poème tu étais, poésie tu redeviendras

    Par Nicolas Joray

    • Poème tu étais, poésie tu redeviendras

      Incorporer un poème, au sens propre. Pour ce « Laboratoire Spontané », Fabrice Melquiot se fait le metteur en corps de Oiseaux, fleurs et fruits de Philippe Jaccottet. Ici, les mots s’effacent pour laisser place aux notes de musique, aux pas de danse et aux numéros de cirque. Entre profondeurs et hauteurs, légèreté et sérieux, ... suite

     

    Festival Le Printemps des compagnies

    Le Printemps des compagnies / du 22 au 31 mai 2015 / Théâtre des Osses (Fribourg) / plus d’infos

    Le Printemps des compagnies

    Les critiques :

    Ouvertures livresques (Ma Solange, comment t’écrire mon désastre et L’Interrogatoire)

    Par Nicolas Joray

    • Ouvertures livresques

      Place à « la création d’aujourd’hui » au Théâtre des Osses ! Sur les planches du centre dramatique fribourgeois, des livres : objets emblématiques de deux des spectacles donnant le coup d’envoi à cette première édition du Printemps Des Compagnies. D’un côté, quatre comédiennes se font les porte-voix modulables d’un ouvrage de Noëlle Renaude – ... suite

    Éclairés jusqu’aux Osses (Le jour où j’ai tué un chat , Ma Solange, comment t’écrire mon désastre et Zazous Zaz)

    Par Nicolas Joray

    • Eclairés jusqu’aux Osses

      Restobar, Studio, Atelier de construction : le festival qui se tient au Théâtre des Osses se targue d’investir « tous les lieux possibles » du centre dramatique fribourgeois. En ce dimanche, les lieux semblent programmatiques des spectacles qui s’y déroulent. Au menu : spectacle musical divertissant, épisode hilarant, agencement de listes épatant. Lumière tamisée. Il ... suite

    Quand Chessex subit l’interrogatoire (L’Interrogatoire)

    Par Jonathan Hofer

    • Quand Chessex subit l’interrogatoire

      Les lumières s’éteignent, l’Ogre raisonne et résonne. Pendant près d’une heure et demi, la confrontation fait rage, elle bouscule, elle chamboule. Le décor se déchire. Laisse place à la nudité, au rire, à la haine, au vide. La voix profonde séduit tout de suite. Le physique, d’une ressemblance frappante avec celui de l’auteur, impressionne par ... suite

    Les brumes du soi et de l’Histoire (Les Ogres et Y penser sans cesse)

    Par Nicolas Joray

    • Les brumes du soi et de l’Histoire

      Vendredi soir : voici venue la seconde salve de spectacles en ce dernier week-end du Printemps Des Compagnies. Parmi ceux-ci, tant Les Ogres de Anna Van Brée que Y penser sans cesse mis en scène par Nalini Selvadorey tentent une rencontre entre un soi et un moment de l’Histoire. Pour le premier, la Seconde Guerre ... suite

    Une pensée pour eux (Y penser sans cesse)

    Par Jonathan Hofer

    • Une pensée pour eux

      Dépaysé, meurtri, abandonné. Grandir dans un pays qui n’est pas le sien, dans une langue qui n’est pas la sienne. Y penser sans cesse s’ancre dans un paysage berlinois et, comme les stolpersteine, le texte fait ressurgir les mémoires des victimes de la guerre. Moitié supérieure d’un visage noir, robe noire, pieds nus, éclairages sous ... suite

    Hilarant choc de civilisations (Röstigraben)

    Par Deborah Strebel

    • Hilarant choc de civilisations

      Le festival « Le Printemps des Compagnies » a proposé à deux reprises un joyeux dîner-spectacle dominical. Alors que sur scène on essaie tant bien que mal de franchir la « Röstigraben », dans la salle on déguste justement une assiette de röstis. Comédie en deux actes, le premier d’une durée d’un quart d’heure et ... suite

    Le juste prix (Haute-Autriche)

    Par Deborah Strebel

    • Le juste prix

      Haute-Autriche présente un couple dont la vie est régie par la société de consommation. Leur bonheur préconçu tend à s’effriter avec l’arrivée d’un enfant. Assis côte à côte, Heinz et Anni semblent hypnotisés. Silencieux, ils observent droit devant eux et sont traversés par une série de sentiments que leurs expressions et gestuelles laissent parfaitement entrevoir. ... suite

    Déjà l’automne des compagnies (Röstigraben, Ma Solange, comment te décrire mon désastre et Haute-Autriche)

    Par Nicolas Joray

    • Déjà l’automne des compagnies

      En ce dimanche soir, le rideau tombe sur la première édition du Printemps des Compagnies. Cette journée de clôture a vu défiler notamment trois spectacles instituant chacun un rapport aux identités : jouant avec elles, pour le premier ; les multipliant, pour le second ; s’interrogeant sur leur oppression, pour le dernier. Drôle, riche et ... suite

     

    Comme il vous plaira

    de Shakespeare / mise en scène Camille Giacobino / du 26 mai au 14 juin 2015 / Théâtre du Grütli / plus d’infos

    © Théâtre du Grütli

    © Théâtre du Grütli

    Les critiques :

    Peace & Love

    Par Deborah Strebel

    • Peace & Love

      Camille Giacobino met pour la première fois en scène un texte classique. Son choix s’est porté sur la pièce de Shakespeare Comme il vous plaira. Une belle actualisation de cette comédie pastorale, portée par des personnages hauts en couleur et interprétés avec brio et énergie. Un tapis de feuilles mortes recouvre le plateau. Aux abords ... suite

    « Partons, non vers l’exil, mais vers la liberté ! » : exploration du désir et de la passion amoureuse

    Par Noémie Desarzens

     

    Parlement

    composition et mise en scène Joris Lacoste / du 27 au 29 mai 2015 / Théâtre de Vidy / plus d’infos

    © Huma Rosentalski

    © Huma Rosentalski

    Les critiques :

    Jouer avec les mots

    Par Sabrina Roh

    • Jouer avec les mots

      C’est dans une farandole de mots et de sons que le public du Théâtre de Vidy a été emporté mercredi 27 mai. Dans un solo d’une heure, Parlement propose une immersion dans la matérialité de la langue ainsi qu’une prise de distance par rapport au pouvoir de la parole. Une expérience intense et réussie. Bababa. ... suite

    Paroles morcelées, culture fragmentée

    Par Luc Siegenthaler

    • Paroles morcelées, culture fragmentée

      « Dans toutes les langues, jouer avec les mots est un passe-temps fort agréable, à la portée de tout le monde ». Joris Lacoste ne joue pas avec les mots : il les caresse, les maltraite et les questionne. Dès les premières secondes de Parlement, une pluralité de discours, d’extraits de dialogues et de monologues ... suite

     

    Abymes

    texte et mise en scène d’Audrey Cavelius / du 19 au 24 mai 2015 / Théâtre Arsenic / plus d’infos

    © Julie Masson

    © Julie Masson

    Les critiques :

    Dans le rêve éveillé, « je est un autre, l’autre c’est moi »

    Par Laura Pallù

    • Dans le rêve éveillé, « je est un autre, l’autre c’est moi »

      L’esprit est comme une machine à traverser le temps qui nous permet de voyager dans le passé et le futur. Grâce à l’imagination, on devient créateurs de notre destin, en changeant les événements vécus et en fabriquant de possibles développements pour l’avenir. Dans les rêves éveillés tout est possible, car notre psyché est vaste et ... suite

    Réveillons-nous!

    Par Chantal Zumwald

    • Réveillons-nous!

      Avec Abymes, NoNameCompany offre un diptyque composé de « Living Gallery » et de « La poétique de l’autre », deux spectacles complémentaires présentés sur deux scènes différentes. Ces deux tableaux riches et fantasques flirtent avec les motifs de l’illusion et de la désillusion, de la solitude et de la mort. L’héroïne est un soi ... suite

     

    Viande, morceaux choisis

    d’après une idée de Thierry Jorand et Marcel Mühlestein / mise en scène Corinne Müller et Eric Jeanmonod / du 16 au 31 mai 2015 / Théâtre du Loup / plus d’infos

    © Elisa Larvego

    © Elisa Larvego

    Les critiques :

    Manger moins pour manger mieux

    Par Deborah Strebel

    • Manger moins pour manger mieux

      Passionné par son métier, Francis vit son dernier jour de boucher avant de léguer son affaire à Guy, son beau-fils. Cette émouvante transmission sera l’occasion de réfléchir autour de nos habitudes alimentaires. Viande, morceaux choisis ne cherche pas à condamner définitivement le régime carné mais vise à sensibiliser le public, en douceur, sur la consommation ... suite

    Ne pas sang faire

    Par Lucas Morëel

    • Ne pas sang faire

      Les départs à la retraite ont toujours un goût aigre-doux. Et là… ça manque d’herbe. C’est Francis qui le dit. Et Francis, la viande, il connaît. C’est son métier. Enfin… c’était. Parce qu’aujourd’hui, c’est son dernier jour à Francis. Alors le collectif du Loup vous invite à l’accompagner jusqu’au bout du voyage. Mais attention, ça ... suite

     

    L’âne et le ruisseau

    d’Alfred de Musset / mise en scène Christian Geffroy Schlittler / du 12 au 23 mai 2015 / Théâtre Saint-Gervais / plus d’infos

     © Isabelle Meister

    © Isabelle Meister

    Les critiques :

    L’amour hésitant

    Par Nicolas Joray

    • L’amour hésitant

      Temps étendu entre les répliques, musique jazz au tempo lent, absence de montée d’énergie significative dans le rythme général : au risque d’agacer ou d’ennuyer, hésitation et lenteur sont déclinées de multiples manières sur la scène du Théâtre Saint-Gervais. Le style était annoncé : « la tragi-comédie de l’amour prend des allures de songe étrange ... suite

    L’amour est un ruisseau tumultueux

    Par Jonas Parson

    • L’amour est un ruisseau tumultueux

      Deux couples sur le point de se marier, des hésitations, des relations floues, agrémentées de stratagèmes et quiproquos: la dernière pièce, posthume, de Musset, est une comédie qui nous parle de cette réticence à s’engager. Pièce de salon, elle devient entre les mains de Christian Geffroy Schlittler, qui poursuit ici son travail de réappropriation des ... suite

     

    Constellation*Cendrillon

    Conception et mise en scène Laurent Gachoud / Cie de l’Oranger/ les 7 et 8 mai 2015 / Equilibre-Nuithonie / plus d’infos

    © Nuithonie

    © Nuithonie

    Les critiques :

    Il était une fois une thérapie

    Par Maëlle Andrey

    • Il était une fois une thérapie

      Imposant une thérapie familiale à Cendrillon, la nouvelle création de Laurent Gachoud et de la compagnie de l’Oranger revisite de façon contemporaine le célèbre conte inscrit dans nos mémoire par Perrault, les frères Grimm et Walt Disney. Elle en propose une lecture inédite, luminescente et poétique. « Une inspiration, une expiration. Une inspiration, une expiration ... suite

    Cendrillon tu nais, Cendrillon tu resteras

    Par Chantal Zumwald

    • Cendrillon tu nais, Cendrillon tu resteras

      Laurent Gachoud, prince-metteur-en-scène-thérapeute-dramaturge et géobiologue revisite, avec Constellation Cendrillon, l’illustre conte issu de la tradition orale napolitaine recueilli par Giambattista Basile au XVIe siècle et adapté ensuite par Perrault et par les frères Grimm. Défiant le temps, l’animateur de blanc vêtu tente de soulager, avec la complicité du spectateur et de Wikipedia, l’âme tourmentée d’une ... suite

     

    Les Bonnes

    de Jean Genet / mise en scène David Fauvel / du 6 au 8 mai 2015 / Théâtre du Crochetan / plus d’infos

    © Théâtre du Crochetan

    Les critiques :

    Plaisir fiévreux des petits jeux cruels

    Par Alice Bottarelli

    • Plaisir fiévreux des petits jeux cruels

      Sont-elles folles, ou lucides dans leur révolte secrète ? Claire et Solange s’engagent tout entières dans un jeu pernicieux, qui leur permet d’affirmer leur dignité de femmes, tout en se couvrant d’humiliations. Dans une ambiance troublante où tout sur scène semble fait de plastique rose et de substances collantes, les deux bonnes s’amusent à se ... suite

     

    Riquet

    d’Antoine Herniotte / d’après Charles Perrault / mise en scène Laurent Brethome / du 5 au 10 mai / Théâtre Am Stram Gram / plus d’infos

    © Elisabeth Carecchio

    Les critiques :

    Une belle mocheté!

    Par Jonathan Hofer

    • Une belle mocheté!

      Que faire quand on est moche mais très intelligent ? La réponse paraît évidente : il faut s’autoproclamer « prince de la nuit » ! Fermer les yeux, ne plus vivre du regard des autres et danser toute la journée. Adapté du conte de Perrault par Antoine Herniotte, Riquet raconte l’histoire d’un prince et de ... suite

    Quand l’amour offre la liberté

    Par Jonas Parson

    • Quand l’amour offre la liberté

      Deux royaumes voisins, un prince dont la laideur n’a d’égal que son esprit, deux princesses, l’une belle et l’autre intelligente, des fées: au premier abord, tout semble rester fidèle au conte de Perrault. Mais rapidement la pièce s’écarte du conte, pour affirmer avec force l’amour et l’ouverture contre une uniformité des beautés et des intelligences. ... suite

     

    La Bibliothèque

    par la Cie EnVol / mise en scène Diana Fontannaz / du 2 au 3 mai 2015 / Théâtre du Jorat / plus d’infos

    © Chantal Dervey

    Les critiques :

    Si les nouvelles technologies pouvaient réaliser les rêves d’enfant

    Par Alice Bottarelli

    • Si les nouvelles technologies pouvaient réaliser les rêves d’enfant

      Dans le cadre lui-même enchanteur du théâtre du Jorat, la compagnie EnVol tente de nous emmener vers les cieux du rêve éveillé, par le biais de dispositifs techniques aussi spectaculaires qu’imposants – voire écrasants. La pièce repose principalement sur ces prouesses : projections sur d’immenses écrans qui entourent la scène, objets animés d’une vie propre ... suite

     

    Farniente

    mise en scène de Sandra Gaudin / du 5 au 10 mai 2015 / CPO / plus d’infos / en tournée jusqu’au 14 juin 2015

    © Cie Un Air de Rien

    © Cie Un Air de Rien

    Les critiques :

    Le sable, le soleil et le pouvoir d’achat

    Par Laura Weber

    • Le sable, le soleil et le pouvoir d’achat

      Pourquoi part-on en vacances, finalement ? Sandra Gaudin engage, avec la compagnie vaudoise Un air de rien, un examen approfondi sur les congés payés. Derrière le repos promis par chaque départ en vacances se cachent des réalités économiques et sociales moins excitantes. Lors de l’entrée en salle, les spectateurs se retrouvent face à un vacancier ... suite

    Un air de rien

    Par Léa Giotto

    • Un air de rien

      Qui sommes-nous lorsque, n’ayant plus d’obligations, nous pouvons enfin profiter de ces quelques jours de vacances desquels nous avons tant rêvé ? La troupe Un Air de Rien se propose de questionner, sur un ton léger et décalé, notre rapport aux vacances en ce qu’elles constituent un phénomène social particulièrement illustratif de notre irrationalité. Au ... suite

     

    Les Particules élémentaires

    d’après Michel Houellebecq / mise en scène Julien Gosselin / du 29 avril au 1er mai 2015 / Théâtre de Vidy / plus d’infos

    © Simon Gosselin

    © Simon Gosselin

    Les critiques :

    Particules anthropoïdes

    Par Deborah Strebel

    • Particules anthropoïdes

      Créée en 2013, Les Particules élémentaires est la première adaptation théâtrale française du deuxième roman de Michel Houellebecq paru en 1998. A moins de trente ans, le metteur en scène Julien Gosselin a pris le pari fou de s’attaquer à l’un des plus sulfureux et talentueux écrivains encore en vie. Cette réjouissante et scrupuleuse transposition ... suite

    Particules meurtrières

    Par Chantal Zumwald

    • Particules meurtrières

      «Si vous pouviez lécher mon coeur, vous seriez empoisonné» : la formule, issue de Shoah de Claude Lanzmann, a donné son nom au collectif SVPLM dirigé par Julien Gosselin. Il l’a souvent entendue dans la bouche du directeur de l’Ecole professionnelle supérieure d’art dramatique de Lille, dans laquelle il a été formé. Créé en 2009, ... suite

     

    Festival Fécule 2015

    Festival Fécule 2015 / du 20 avril au 3 mai 2015 / Grange de Dorigny / plus d’infos

    © Fécule 2015

    © Fécule 2015

    Les critiques :

    The Forest of Athens : Songe d’une soirée de printemps, ou As You Like Shakespeare

    Par Alice Bottarelli

    • Songe d’une nuit de printemps, ou As You Like Shakespeare

      Vous croyiez connaître vos classiques, maîtriser Shakespeare sur le bout du doigt ? Et pourtant un doute vous saisit : le grand homme aurait-il vraiment écrit cette comédie déjantée et décalée, où les fées sont addicts à l’opium, où les sorcières mijotent des potions improbables et cumulent des fiascos innombrables, où un acteur ivre et ... suite

    DH2 : Deux impros pour un dénouement

    Par Deborah Strebel

    • Deux impros pour un dénouement

      Le Pool d’Improvisation du Poly quitte les auditoires de l’EPFL pour envahir deux soirs de suite le théâtre de la Grange de Dorigny. Bonne humeur et belle énergie sont au rendez-vous. Le Pool d’Improvisation du Poly (P.I.P.) propose cette année deux soirées dans le cadre du festival des cultures universitaires Fécule et clôt ainsi la ... suite

    Macbeth et The Forest of Athens : Shakespeare au Fécule

    Par Frédéric Guignard

    • Shakespeare au Fécule

      En matière de théâtre, il semblerait que seules deux choses soient indépassables: la dichotomie entre tragédie et comédie, qui n’a guère été que reformulée au travers des siècles – et Shakespeare. C’est en tout cas ce que semble confirmer le Fécule (Festival des cultures universitaires), et en particulier les toujours féconds étudiants-comédiens en langue et ... suite

     

    Pas grand-chose plutôt que rien

    texte et mise en scène Joël Maillard / du 28 avril au 3 mai 2015 / Arsenic / plus d’infos / en tournée jusqu’au 17 mai 2015

     © SNAUT

    © SNAUT

    Les critiques :

    Être ou ne pas être

    Par Nicolas Joray

    • Être ou ne pas être

      Des écouteurs suspendus au plafond amorcent une descente : on veut nous faire entendre un discours sur la décroissance. Finalement non, marche arrière. Terminer le spectacle par un poème, plutôt ? Jouant avec les possibles, Joël Maillard met en scène la contingence. La première chose qui frappe est la configuration inhabituelle du lieu : une ... suite

    • Survivre ensemble

      Par Josefa Terribilini

      Une critique sur le texte de la pièce:
      Quitter la Terre / De Joël Maillard / Pièce créée en juin 2017 à l’Arsenic / Plus d’infos

      Imaginer des décennies d’humanité avec seulement deux personnages, c’est le principe de la ... suite

    • Satire galactique

      Par Josefa Terribilini

      Quitter la terre / Par la compagnie SNAUT / Texte et mise en scène Joël Maillard / Arsenic / Du 6 au 11 juin 2017 / Plus d’infos

      À la fois conférence flegmatique et drame science-fictionnel, Quitter la terre mélange les genres pour ébaucher un portrait de l’être humain risiblement touchant. Avec ... suite

    • Les solitudes d’appartement

      Par Ivan Garcia

      Appartiamentum « Nous vous invitons à nous inviter à vous inviter chez vous » / de Joël Maillard / mise en scène Camille Mermet, Aline Papin et Cédric Simon / production du Théâtre populaire romand (La Chaux-de-fonds) / Fête du Théâtre / Genève / le 16 octobre 2016.

      garciasuite

    • Hors-champ

      Par Valmir Rexhepi

      Les petites filles aux allumettes / textes et mises en scène de Antoine Jaccoud, Joël Maillard et Philippe Vuilleumier / Par la Compagnie Léon / Théâtre 2.21 / du 12 au 15 octobre 2016 / Plus d’infos

      Le conte danois La petite fille aux allumettes paru au milieu du XIXe siècle est repris par ... suite

    Faites votre choix

    Par Jonas Guyot

    • Faites votre choix

      Après Rien voir et Ne plus rien dire, Joël Maillard explore une nouvelle fois l’univers du Rien. En s’appropriant les codes de la publicité et le vote comme principe de la démocratie, le metteur en scène interroge l’impact que ces choix quotidiens peuvent avoir sur le monde. En entrant dans la salle de théâtre, le ... suite

     

    20’000 lieues sous les mers

    d’après Jules Verne / par la Cie Imaginaire Théâtre / mise en scène Sydney Bernard / le 26 avril 2015 / Théâtre du Passage / plus d’infos

    © Cie Imaginaire Théâtre

    © Cie Imaginaire Théâtre

    Les critiques :

    Dans les profondeurs de l’imaginaire

    Par Camille Logoz

    • Dans les profondeurs de l’imaginaire

      Un professeur qui fait parler ses vieux fossiles, un bureau qui se transforme en sous-marin : c’est dans un monde fantastique qui défie les frontières du réel qu’entraîne cette conférence à laquelle le jeune public est solennellement invité. Du grand spectacle. L’expérience commence dans le foyer : des panneaux officiels indiquent l’entrée de la salle ... suite

    Plongeon au cœur d’une fantastique féérie

    Par Elisa Picci

    • Plongeon au cœur d’une fantastique féérie

      Sydney Bernard propose dans son adaptation du texte de Jules Verne Vingt Mille Lieues sous les mers un fantastique voyage à bord du Nautilus. Un spectacle époustouflant qui mêle le texte original de 1869 à des effets de sons et de lumières fantastiques. Une mise en scène qui ravira à coup sûr les petits comme ... suite

     

    BiT

    par la Cie Maguy Marin / conception Maguy Marin / du 22 au 24 avril 2015 / Théâtre de Vidy / plus d’infos

    © Didier Grappe

    © Didier Grappe

    Les critiques :

    Farandole de vies

    Par Chantal Zumwald

    • Farandole de vies

      La danseuse et chorégraphe française Maguy Marin propose pour quelques jours sa dernière composition, BIT, au public lausannois. Elle se dit ici surtout influencée par les tableaux très rythmiques de Paul Klee. Cette performance très applaudie, composée avec des moyens très simples, fascine et surprend en hypnotisant le spectateur du début à la fin. Après ... suite

    • Si j’avais su …

      Par Céline Conus

      2h14 / De David Paquet / Mise en scène par François Marin / Théâtre des Osses, Fribourg / du 27 avril au 7 mai 2017 / Plus d’infos

      Une farandole de personnages danse devant nos yeux, arrivant et quittant la scène sur des musiques qui leur ressemblent, ou ressemblent à la situation ... suite

     

    Les arbres pleurent-ils aussi?

    par la Cie Fabienne Berger / du 25 avril au 2 mai 2015 / Equilibre-Nuithonie / plus d’infos / en tournée jusqu’au 8 mai 2015

    © Mario del Curto

    © Mario del Curto

    Les critiques :

    Correspondances

    Par Nicolas Joray

    • Correspondances

      On peine d’abord à distinguer les éléments qui se balancent, à moins d’un mètre du plateau : il s’agit des têtes des danseuses suspendues par les pieds. Ces chauves-souris humaines tiennent dans leurs mains ce qui semble être des portables, qui les éclairent. À Nuithonie se mêlent et s’emmêlent nature et industrie. Le son des ... suite

    La vie secrète des Arbres

    Par Chantal Zumwald

    • La vie secrète des Arbres

      Performer et chorégraphe née à Lausanne, Fabienne Berger propose des spectacles issus de son expérience en danse classique et en Modern Jazz, enrichis de techniques orientales et de yoga, qui influencent son rapport au mouvement, introduisant, par exemple, dans son travail, la notion de « transfert de poids ». Elle crée sa propre compagnie en ... suite

     

    Orlando ou l’impatience

    de Olivier Py / mise en scène Olivier Py/ du 23 au 26 avril 2015 / Comédie de Genève / plus d’infos

    © Christophe Raynaud de Lage

    © Christophe Raynaud de Lage

    Les critiques :

    L’Impatience à bout

    Par Léa Giotto

    • L’Impatience à bout

      Questionner le théâtre au travers du théâtre et en faire une métaphore du rapport au monde : voici l’ambitieux projet qu’Olivier Py, directeur du Festival d’Avignon, propose dans Orlando ou l’Impatience présenté à la Comédie de Genève jusqu’au 26 avril. Afin de conduire le spectateur dans les dédales de sa réflexion sur le théâtre et ... suite

    Le théâtre en mouvement

    Par Laura Weber

    • Le théâtre en mouvement

      Olivier Py, directeur du festival d’Avignon depuis 2013, présente à Genève une comédie qui raconte le parcours d’Orlando, un jeune homme à la recherche de son père. Le spectateur est emporté avec le protagoniste dans une quête effrénée où chaque père potentiel incarne un théâtre possible. Car si Orlando ou l’impatience est parsemé de réflexions ... suite

     

    Le Dératiseur de Hamelin

    de Nicolas Yazgi / mise en scène Julie Burnier et Frédéric Ozier / du 22 avril au 10 mai 2015 / Petit Théâtre de Lausanne / plus d’infos

    © Sylvain Chabloz

    © Sylvain Chabloz

    Les critiques :

    Opé-RAT rock

    Par Maëlle Andrey

    • Opé-RAT rock

      C’est « interpellée par l’injustice et la cruauté de la légende ancestrale du Joueur de flûte de Hamelin » que la compagnie vaudoise Pied de Biche choisit de se servir du fort potentiel de réinterprétation du mythe, en le transformant en un extraordinaire conte musical. Les cloches d’Hamelin sonnent. Plusieurs petites maisons « distordues ... suite

     

    La Visite de la vieille dame

    de Friedrich Dürrenmatt / mise en scène Omar Porras / du 17 avril au 9 mai 2015 / Théâtre de Carouge / plus d’infos / en tournée jusqu’au 24 mai 2015

    © Marc Vanappelghem

    © Marc Vanappelghem

    Les critiques :

    Parade fatale

    Par Camille Logoz

    • Parade fatale

      C’est une formidable mascarade que nous offre Omar Porras pour sa troisième création de La Visite de la vieille dame, à Genève. Cet increvable succès, bardé de couleurs, entraîne le public dans une danse macabre, qui jusqu’au bout ne perdra rien de sa festivité. Cette réussite était-elle programmée, au vu de l’écho international rencontré par ... suite

    Meurtre au bal masqué

    Par Cecilia Galindo

    • Meurtre au bal masqué

      Au Théâtre de Carouge, Omar Porras et sa compagnie Teatro Malandro créent pour la troisième fois La Visite de la vieille damela plus connue des pièces helvétiques. Masques, décor de carton, visions oniriques et mélodies folkloriques : la touche Porras renforce le grotesque du texte de Dürrenmatt et joue avec une théâtralité assumée. Des feuilles ... suite

    • Quand le drame romantique devient politique

      Par Lauriane Pointet

      Laurenzaccio / d’Alfred de Musset / mise en scène Catherine Marnas / La Comédie (Genève) / du 10 au 14 novembre 2015 / plus d’infos

      Est-il possible de renverser un pouvoir tyrannique pour établir à la place une République ? La question n’est pas propre à l’actualité, puisqu’elle était déjà ... suite

     

    C’est peut-être

    Conception, écriture et jeu Geneviève Guhl et Sophie Solo /du 16 au 26 avril 2015 / Petithéâtre de Sion / plus d’infos

    © Michael Abbet

    © Michael Abbet

    Les critiques :

    Chefs d’œuvres oubliés

    Par Joanna Bravo Carmona

    • Chefs d’œuvres oubliés

      L’oiseau blanc qui vole dans le ciel tombe parfois dans l’oubli et cède le pas aux bêtes qui laissent leur trace sur le sol : c’est par cette image que Geneviève Guhl (Cie L’ascenseur à poissons) et Sophie Solo (Cie In Verso) témoignent de la disparition d’œuvres sublimes, emportées par le temps, tombées dans l’oubli. ... suite

    Trésors négligés

    Par Deborah Strebel

    • Trésors négligés

      Après avoir collaboré sur trois spectacles, Geneviève Guhl et Sophie Solo reviennent présenter à Sion une pièce autour des œuvres oubliées, dans un cadre intimiste à l’image du café-théâtre. Poésie, sincérité et nostalgie sont au rendez-vous. Le spectacle s’ouvre sur quelques douces notes de musique, échappées d’une guitare sèche. Personne n’est sur scène mais le ... suite

     

    Othello

    de Shakespeare / mise en scène d’Eric Salama /du 15 au 30 avril 2015 / Théâtre St-Gervais à Genève / plus d’infos

    © Isabelle Meister

    © Isabelle Meister

    Les critiques :

    Une épidémie de jaloux

    Par Anaïs Gasser

    • Une épidémie de jaloux

      Pour son cinquième spectacle en résidence au Théâtre Saint-Gervais, Eric Salama choisit de revisiter Othello, un grand mythe shakespearien dont il souhaite démontrer l’actualité et la pertinence. Au moyen d’une distribution réduite, le metteur en scène resserre l’intrigue à l’essentiel : la jalousie, l’altérité, et toutes les conséquences de l’aveuglement. Bien connue, l’histoire d’Othello est ... suite

    Ô jalousie, quand tu nous tiens!

    Par Joanna Bravo Carmona

    • Ô jalousie, quand tu nous tiens !

      Quatre ans après avoir proposé Hamlet au Théâtre d’été de l’Orangerie, Eric Salama visite à nouveau le répertoire shakespearien en proposant une adaptation d’Othello, dont l’intrigue se resserre autour de cinq protagonistes. Avec sa Compagnie 94, le metteur en scène genevois met l’accent sur les passions irrationnelles et contagieuses qui font naître chez le plus ... suite

     

    En attendant Godot

    de Samuel Beckett / mise en scène Jean Lambert-wild, Marcel Bozonnet et Lorenzo Malaguerra / 1er avril 2015 / Théâtre du Passage / plus d’infos

    EN ATTENDANT GODOT

    © Tristan Jeanne-Valès

    Les critiques :

    Deux hobos africains ont rendez-vous avec Godot

    Par Deborah Strebel

    • Deux hobos africains ont rendez-vous avec Godot

      Jean Lambert-wild, Marcel Bozonnet et Lorenzo Malaguerra proposent une exotique relecture d’un grand classique du théâtre de l’absurde sous l’angle de l’exil. La salle est comble, la lumière s’éteint peu à peu, faisant taire les derniers bavardages du public neuchâtelois. Une quinte de toux retentit, suivie de quelques grognements, un doux éclairage révèle alors un ... suite

     

    Le Moche

    de Marius von Mayenburg / mise en scène Nathalie Sandoz / du 24 au 31 mars 2015 / Théâtre du Passage / plus d’infos

    © Guillaume Perret

    © Guillaume Perret

    Les critiques :

    Visage trouvé, identités troublées

    Par Nicolas Joray

    • Visage trouvé, identités troublées

      Après Jérémy Fischer et Trois hommes dans un bateau sans oublier le chien, la compagnie neuchâteloise De facto s’empare d’un texte de Marius von Mayenburg, et explore les sables mouvants de la notion d’identité. Situé derrière une paroi de plastique ressemblant furieusement à une vitre de douche destinée à flouter les corps, Lette appuie sa ... suite

    Une beauté fracassante

    Par Elisa Picci

    • Une beauté fracassante

      Nathalie Sandoz propose dans sa mise en scène du Moche une comédie originale où les questions portant sur les standards de beauté et la lutte pour le succès s’entrecroisent joyeusement. Derrière l’humour se cache aussi une réflexion profonde sur les diktats de beauté qui régissent notre société.

      suite

     

    Berthollet

    de Charles-Ferdinand Ramuz / mise en scène Mathieu Bertholet / du 26 au 28 mars 2015 / La Grange de Dorigny / plus d’infos

    © PA Bertholet

    © PA Bertholet

    Les critiques :

    Les gestes du boucher

    Par Anaïs Gasser

    • Les gestes du boucher

      Premier volet de la trilogie ramuzienne créée par Mathieu Bertholet dans le cadre de sa résidence en terre valaisanne, Berthollet est l’adaptation théâtrale d’une nouvelle de l’écrivain vaudois. Le lent ballet quasi mécanique exécuté par les acteurs, leurs voix profondes qui racontent les événements, traduisent la détresse terriblement cruelle et pourtant banale d’un boucher de ... suite

    Lorsque les maux et les mots font corps

    Par Joanna Bravo Carmona

    • Lorsque les maux et les mots font corps

      Que feriez-vous si vous vous retrouviez seul(e) au monde ? Directeur artistique et metteur en scène de la compagnie MuFuThe créée en en 2008, le Valaisan Mathieu Bertholet propose dans une transposition scénique de Berthollet, nouvelle écrite en 1910 par Charles-Ferdinand Ramuz, un regard singulier sur une oeuvre régionale, aux modes d’expression multiples et aux ... suite

    • Rossons Renart en LSF

      Par Josefa Terribilini

      Goupil / Par Les Compagnons de Pierre Ménard / Mise en scène de Nicolas Fagart / le Petit Théâtre / du 8 au 11 mars 2017 / Plus d’infos

      Au Petit Théâtre, Les Compagnons de Pierre Ménard nous offrent une réécriture multiforme et poétique du Roman de Renart. Violoncelliste chevelu à gauche, ... suite

     

    Gulliver

    d’après Voyage à Lilliput de Jonathan Swift / mise en scène Karim bel Kacem et Adrien Kuenzy / du 18 au 29 mars 2015 / Le Petit Théâtre (Lausanne) / plus d’infos

    VISUEL_GULLIVER

    © Petit théâtre

    Les critiques :

    Gulliver à huis-clos

    Par Maryke Oosterhoff

    • Gulliver à huis-clos

      « À mi-chemin entre théâtre et cinéma » annonce le programme du Petit Théâtre. S’agirait-il d’un énième spectacle aux multiples effets de projection ? Non. Ici c’est la mise en scène elle-même qui relève d’effets de montage, soutenus notamment par une création sonore parfaitement maîtrisée. Pour le deuxième volet de leur trilogie « pièces de ... suite

     

    Julia

    d’après August Strindberg / mise en scène Christiane Jatahy / du 25 au 26 mars 2015/ Théâtre Populaire Romand (la Chaux-de-Fonds) / plus d’infos

    © David Pacheco

    © David Pacheco

    Les critiques :

    L’espace d’un soir

    Par Cecilia Galindo

    • L’espace d’un soir

      Réécriture brésilienne de Mademoiselle Julie de Strindberg, Julia raconte le rapport tumultueux et charnel entre une jeune fille blanche des beaux quartiers de Rio et un domestique noir issu des favelas. Dans cette mise en scène actuelle, Christiane Jatahy et la Cie Vertice de teatro explorent différents espaces et superposent film et théâtre. Captivant et ... suite

    Des champs aux favelas

    Par Nicolas Joray

    • Des champs aux favelas

      Julia s’en est allée. Les applaudissements jaillissent alors qu’apparaît le générique du spectacle, projeté sur deux panneaux mobiles. Comme dans un film, la musique des violons accompagne ce tomber de rideau cinématographique. Sur les planches du TPR, Julia a bel et bien vacillé entre théâtre et cinéma. Scènes projetées (par exemple de l’eau bleue troublée ... suite

     

    Le Manuscrit des chiens III

    d’après Jon Fosse / mise en scène Guillaume Béguin / du 20 au 22 mars 2015 / Théâtre Am Stram Gram / plus d’infos / en tournée jusqu’au 10 mai 2015

     © Pablo Fernandez

    © Pablo Fernandez

    Les critiques :

    Un chien mélancolique ?

    Par Luc Siegenthaler

    • Un chien mélancolique?

      Qui n’a jamais été bercé par des histoires peuplées d’animaux parlants ? Guillaume Béguin dans Le Manuscrit des Chiens III au Théâtre Am Stram Gram à Genève nous invite à en retrouver à bord du Fou de Bassan, un bateau étrangement familier, tout comme les problèmes de ses passagers canins. « Si on prenait un ... suite

    Des chiens ou des hommes

    Par Nicolas Joray

    • Des chiens ou des hommes

      Le chien de bateau Haktor est le compagnon du capitaine Phosphore. Mais voilà que le cours de sa longue vie est troublé par l’arrivée d’une plus jeune créature : Loliletta. Jonglant entre récit et théâtre, le spectacle présenté à Am Stram Gram thématise la peur d’être remplacé. Des toilettes à moité cachées par un paravent. ... suite

     

    Saga

    conception et mise en scène Jonathan Capdevielle / du 18 au 20 mars 2015 / Théâtre de l’Arsenic / plus d’infos

    © Estelle Hanania

    © Estelle Hanania

    Les critiques :

    Sagacité de gosse

    Par Alice Bottarelli

    • Sagacité de gosse

      Jonathan Capdevielle renoue avec le gamin qu’il était, à la fois sauvageon libre et imaginatif, à la fois petit être chétif et sans cesse bousculé par ses proches. Saga est un patchwork d’épisodes familiaux plus ou moins romancés, qui adviennent par fragments révélateurs de tout un monde, dont il nous fait partager le souvenir. Ces ... suite

     

    Le Chat du Rabbin

    d’après la bande dessinée de Joann Sfar / mise en scène Sarah Marcuse / du 19 au 22 mars 2015 / Grange de Dorigny / plus d’infos / en tournée jusqu’au 18 juin 2015

    © Dominique Vallès

    © Dominique Vallès

    Les critiques :

    Donner sa langue au chat

    Par Maëlle Andrey

    Un chat menteur pas tant que ça

    Par Chantal Zumwald

    • Un chat menteur – pas tant que ça

      2002 : sortie du premier album de la bande dessinée Le Chat du Rabbin par Joann Sfar ; 2004 : première adaptation théâtrale par Camille Nahum ; 2011 : sortie d’un long métrage du même titre, réalisé par l’auteur (César du meilleur film en 2012) ; 2015 : le Chat réapparaît et contribue au soutien ... suite

     

    Röstigraben

    d’Antoine Jaccoud et Guy Krneta / mise en scène Nicolas Rossier / du 17 au 19 mars 2015 / Equilibre-Nuithonie / plus d’infos / en tournée jusqu’au 31 mai 2015

    rösti 1

    © Nuithonie

    Les critiques :

    Se nourrir de théâtre

    Par Maëlle Andrey

    • Se nourrir de théâtre

      Après le succès de sa première saison en 2014, le Midi théâtre ! revient avec un menu alléchant. La recette est simple : trouvez un théâtre attaché à un restaurant, placez-y de bons comédiens et parsemez-y un public réceptif, ajoutez une pointe de convivialité, un brin de comédie, une pincée d’humour. Laissez mijoter. Servez le ... suite

    « Vous êtes la mandoline venue de Suisse alémanique pour m’envoûter!»

    Par Noémie Desarzens

    • « Vous êtes la mandoline venue de Suisse alémanique pour m’envoûter ! »

      Grüezi mitenand ! Röstigraben propose une expérience théâtrale bilingue – entre Romandie et Suisse alémanique – qui nous confronte avec humour et dérision à nos propres clichés sur nos concitoyens. La formule du théâtre à midi : une expérience étonnante et conviviale. Alors que les gens s’assoient à table, vont commander un verre de vin ... suite

     

    Jadis

    d’Emmanuel Dorand / mise en scène Hassane Kassi Kouyaté / du 11 au 15 mars 2015 / Equilibre-Nuithonie / plus d’infos

    © Nuithonie

    © Nuithonie

    Les critiques :

    Jadis raconte

    Par Maëlle Andrey

    • Jadis raconte

      « Jadis c’est qui ? Ben… Jadis, c’est moi. Jadis raconte. Jadis interprète les légendes de la mythologie antique »annonce Emmanuel Dorand, avec sa belle voix de conteur. Jadis c’est un personnage, mais c’est aussi ce merveilleux monologue intimiste, captivant et intemporel qui se joue en ce moment au Théâtre de Nuithonie, à Villars-sur-Glâne. Dans ... suite

     

     

    Les Clowns

    texte et mise en scène François Cervantes / du 13 au 15 mars 2015 / Grange de Dorigny / plus d’infos

    © Raynaud de Lage

    © Raynaud de Lage

    Les critiques :

    Le Roi Lear a un gros nez rouge

    Par Maëlle Andrey

    • Le Roi Lear a un gros nez rouge

      La Compagnie L’Entreprise, venue tout droit de Marseille, cherche « un langage théâtral qui traverse les frontières et parle directement aux spectateurs ». Dans Les Clowns, Arletti, Zig et Le Boudu jouent au Roi Lear. Un savoureux mélange qui jongle entre la « haute culture littéraire » de Shakespeare et la culture populaire à laquelle ... suite

    Le roi Rire

    Par Nicolas Joray

    • Le roi Rire

      Trois clowns tentent de jouer à eux seuls une œuvre de Shakespeare, et la partie n’est pas gagnée d’avance. Mais ce qui est sûr, c’est que ces trois clowns jouent avec une œuvre de Shakespeare. Un jeu poétique et comique. Rencontré dans une grotte, le Boudu devient le nouveau compagnon de route de Zig et ... suite

     

    Le jour où j’ai tué un chat

    de Laetitia Barras / du 10 au 22 mars 2015 / Théâtre 2.21 / plus d’infos

    © Cie überrunter

    © Cie ÜBERRUNTER 

    Les critiques :

    Confessions entre collègues

    Par Jonas Guyot

    • Confessions entre collègues

      Après Peanuts, la compagnie Überrunter revient avec un nouveau spectacle qui s’intéresse au conflit qui peut naître entre l’épanouissement de la vie personnelle et la part toujours plus grandissante de la vie professionnelle. Avec humour et poésie, les quatre protagonistes de cette fable des Temps modernes confessent leurs petits plaisirs, leurs frustrations et leurs désirs ... suite

    A la poursuite du bonheur

    Par Camille Logoz

    • A la poursuite du bonheur

      La Cie Überrunter présente du 11 au 22 mars 2015 au Théâtre 2.21 de Lausanne un drôle de concert. Si le spectacle se veut un hymne aux petits plaisirs qui forment notre quotidien, le cadre dystopique où naît la parole des personnages empêche pourtant de s’abandonner complètement à ce flux d’optimisme. Sur scène, trois femmes ... suite

     

    Le Fantasme de l’échec

    par la Cie Fenil Hirsute / création Véronique Bettencourt / du 10 au 21 mars 2015 / Théâtre Saint-Gervais / plus d’infos

    © Louise Kelh

    © Louise Kelh

    Les critiques :

    Enquête sur le fil

    Par Deborah Strebel

    • Enquête sur le fil

      Le fantasme de l’échec explore les notions de consécration et d’insuccès dans le milieu artistique. En mettant bout à bout des extraits d’interviews, drôles ou poignants et en y ajoutant des instants joués et chantés, la compagnie Fenil Hirsute nous concocte un joyeux bazar poétique aux allures de documentaire. Solange Dulac ouvre sa conférence en ... suite

    Tout commence par le doute

    Par Jehanne Denogent

    • Tout commence par le doute

      Dans une création documentaire et autobiographique, Véronique Bettencourt, alias Solange, réfléchit, rêve, fantasme, chante, imagine, se souvient, interroge, filme, récite et joue les interrogations d’une artiste sur les artistes. Auspice ironique pour une pièce intitulée Le Fantasme de l’échec, trois spectatrices quittent la salle après cinq minutes, remarquant s’être trompées de spectacle. Elles sont obligées, ... suite

     

    Vernissage

    de Václav Havel / mise en scène Matthias Urban / du 26 février au 7 mars 2015 / Grange de Dorigny / en tournée jusqu’au 28 mars 2015

    © Fabrice Ducrest

    © Fabrice Ducrest

    Les critiques :

    Des amis qui vous veulent du bien?

    Par Cecilia Galindo

    • Des amis qui vous veulent du bien?

      Un couple de proches vous invite dans leur appartement pour passer une soirée entre amis. Rien de plus normal. Excepté lorsque le couple en question se mêle de votre vie privée et exhibe la sienne au point d’instaurer un malaise étouffant. Avec Vernissage de Václav Havel, Matthias Urban propose un spectacle plaisant et imagé qui ... suite

    Sous le vernis

    Par Maëlle Andrey

    • Sous le vernis

      Avec une mise en scène contemporaine de la comédie en un unique acte Vernissage de Václav Havel, le metteur en scène lausannois Matthias Urban et trois remarquables comédiens réactualisent le texte avec intelligence, poésie et délicatesse. La question de l’homme, du changement perpétuel et des apparences, souvent trompeuses, est soulevée. Sous un vernis laqué, clinquant ... suite

    En mettre plein la vue pour exister

    Par Deborah Strebel

    • En mettre plein la vue pour exister

      Présenté par la Compagnie Générale de Théâtre (CGT), Vernissage démontre que les amis ne nous veulent pas forcément que du bien. Ce spectacle drôle et oppressant à la fois, aux tonalités eighties, clôt brillamment les trois saisons de résidence du metteur en scène Matthias Urban à la Grange de Dorigny. Un homme et une femme ... suite

    Invitation comique

    Par Camille Logoz

    • Invitation comique

      Véra et Michael convient leur meilleur ami au vernissage de leur nouvelle décoration d’intérieur ; ce vernissage, c’est aussi celui de la nouvelle vie que les amis de Ferdinand souhaitent lui imposer, ou celui qu’ils apposent à leur vie de couple et qui se craquèle au fil du spectacle… Car la soirée tourne mal. L’intrigue ... suite

     

    Mademoiselle Julie

    d’Auguste Strindberg / mise en scène Gian Manuel Rau / du 24 février au 15 mars 2015 /Théâtre de Carouge / plus d’infos / en tournée jusqu’au 29 mars 2015

    © Mario del Curto (Théâtre Carouge)

    © Mario del Curto (Théâtre Carouge)

    Les critiques :

    Silence bruyant

    Par Luc Siegenthaler

    • Silence bruyant

      « Mademoiselle est folle, complètement folle ». De même est la mise en scène de Mademoiselle Julie par Gian Manuel Rau au Théâtre de Carouge, déséquilibrant sans cesse les repères du spectateur à travers un questionnement identitaire sans bornes. « Ce sujet va faire du bruit » avait prévenu Strindberg. Ecrite en 1888, cette pièce ... suite

    • Kill the Workflow

      Par Coralie Gil

      Une critique sur le spectacle:
      À deux heures du matin / de Falk Richter / Mise en scène de Gabriel Dufay / La Grange de Dorigny / du 2 au 4 novembre 2017 / Plus d’infos

      Jeudi 2 novembre à la Grange de Dorigny se jouait « A Deux Heures du Matin », de Falk ... suite

    • « C’est la maison de mon esprit »

      Par Fanny Utiger

      Fresque / sur une idée de Marius Schaffter & Jérôme Stünzi / par le collectif Old Masters / Théâtre de l’Usine / du 19 au 25 mai 2016 / plus d’infos

      L’art ne cesse de s’interroger lui-même. Sur la scène du Théâtre de l’Usine Fresque le questionne, le triture, et ... suite

    • Fiasco sous haute tension

      Par Camille Logoz

      Nous sommes repus mais pas repentis / à partir de Déjeuner chez Wittgenstein de Thomas Bernhard / mise en scène Séverine Chavrier / Théâtre de Vidy / du 9 au 20 mars 2016 / plus d’infos

      Séverine Chavrier monte à Vidy sa version de Déjeuner chez Wittgenstein. Ce texte de ... suite

    • Je déteste Wagner

      Par Julia Cela

      Nous sommes repus mais pas repentis / à partir de Déjeuner chez Wittgenstein de Thomas Bernhard / mise en scène Séverine Chavrier / Théâtre de Vidy / du 9 au 20 mars 2016 / plus d’infos

      De retour de l’asile psychiatrique Steinhof, Ludwig Wittgenstein partage un premier repas avec ses ... suite

    Eau écarlate

    Par Frédéric Guignard

    • Eau écarlate

      Une femme, un homme et une autre femme : l’éternel conflit amoureux prend dans Mademoiselle Julie des allures de tragédie grecque mâtinée de boue naturaliste. C’est que la saleté est en l’homme, même harmonieusement mise en scène par Gian Manuel Rau, qui livre une représentation saisissante de la médiocrité et de la grandeur.Il y a ... suite

     

    Affabulation

    de Pier Paolo Pasolini / mise en scène Stanislas Nordey / du 3 au 13 mars 2015 / Théâtre de Vidy / plus d’infos

    © Samuel Rubio

    © Samuel Rubio

     

    Les critiques :

    Rejeter le rejeton

    Par Deborah Strebel

    • Rejeter le rejeton

      Stanislas Nordey présente à Vidy sa cinquième mise en scène d’une pièce pasolinienne. Mythe d’Œdipe inversé, Affabulation traite d’un père, qui, à la suite d’un rêve, part en guerre contre son fils. Immergé dans un noir complet, le public voit naître une douce lumière tamisée. Une ombre surgit, celle de Sophocle. Le dramaturge vient en ... suite

    Un écrin pour la langue

    Par Jonathan Hofer

     

    Janine Rhapsodie

    d’après Molière / texte et mise en scène Julien Mages / du 5 au 15 mars 2015 / Théâtre L’Arsenic / plus d’infos / en tournée jusqu’au 8 novembre 2015

    © Sylvain Chabloz

    © Sylvain Chabloz

    Les critiques :

    En quête de la vérité

    Par Elisa Picci
    Janine Rhapsodie, spectacle écrit et mis en scène par Julien Mages, est inspiré du Misanthrope de Molière. Il présente toutefois non pas un, mais une misanthrope. Caractéristique originale qui met en évidence le fait que la quête de la vérité, d’une vérité, est tout à fait transposable d’un homme à une femme. Car c’est bien … [suite]

    La vérité à tout prix

    Par Cecilia Galindo
    Après Ballade en orage créée Théâtre de Vidy en 2013, Julien Mages présente Janine Rhapsodie à l’Arsenic, l’histoire d’une misanthrope qui ne supporte plus les faux-semblants et les manières de ses congénères. Un texte riche pour un spectacle comico-tragique, surprenant et parfois insaisissable.« Janine, vous avez pas vu Janine ? », demande une jeune femme … [suite]

    La post-modernité n’a pas eu lieu

    Par Lucas Morëel
    La mythologie est universelle et intemporelle, dit-on. Et Molière a sans doute participé à l’élaboration d’une mythologie française. Mais si Julien Mages nous propose une adaptation du Misanthrope dans Janine Rhapsodie, elle n’est peut-être pas, contrairement à ce qu’il prétend, une actualisation. Julien Mages, ancien élève de la Manufacture (HETSR) et dramaturge expérimenté – il … [suite]

     

    Une Femme

    de Philippe Myniana / mise en scène Marcial Di Fonzo Bo / du 3 au 7 mars 2015 / Comédie de Genève / plus d’infos

    © Christophe Raynaud de Lage

    © Christophe Raynaud de Lage

    Les critiques :

    Forêt de cris

    Par Sabrina Roh

    • Forêt de cris

      Les fantômes du passé ressurgissent à la Comédie de Genève. Jusqu’au 7 mars 2015, Marcial Di Fonzo Bo y présente sa mise en scène d’Une Femme, texte écrit par Philippe Myniana. Un voyage oppressant à travers les souvenirs, dont la mise en scène excessive peine à rendre justice à une écriture pourtant subtilement tendue entre ... suite

     

    Monsieur, Blanchette et le Loup

    d’après Alphonse Daudet / texte et mise en scène José Pliya / du 4 au 15 mars 2015 / Petit Théâtre de Lausanne / plus d’infos

    © Danielle Vendé

    © Danielle Vendé

    Les critiques :

    Une chèvre exotique

    Par Maëlle Andrey

    • Une chèvre exotique

      « Dans le paradis qu’a été mon enfance, La chèvre de Monsieur Seguin a été la première histoire qui m’a fait toucher du doigt, inconsciemment, confusément, le sens du tragique… » : José Pliya, auteur et metteur en scène de Monsieur, Blanchette et le Loup revisite avec humour, délicatesse, poésie et profondeur la célèbre nouvelle ... suite

    • L’enfant courage

      Par Chantal Zumwald

      Dans la mer il y a des crocodiles / d’après Fabio Geda / mise en scène Isabelle Loyse Gremaud / Théâtre des Osses / du 15 au 31 janvier 2016 / plus d’infos

      De l’Afghanistan à Turin, en passant par l’Iran, la Turquie et la Grèce, un jeune garçon clandestin lutte pour ... suite

    «Moi c’est Blanchette, la vache de Monsieur!»

    Par Noémie Desarzens

    • «Moi c’est Blanchette, la vache de Monsieur!»

      Gardée captive dans la maison de son maître, l’immaculée Blanchette commence à s’ennuyer. Pour la protéger, Monsieur lui fait croire qu’elle est une vache. Lorsqu’elle se rend compte que ce sont des mensonges (ou carabistouilles), la petite chèvre préfère affronter le monde extérieur plutôt que de rester cloîtrée. « Il est bizarre le monsieur », ... suite

     

    La Paranoïa

    de Rafael Spregelburd / mise en scène Frédéric Polier / du 3 au 22 mars / Théâtre du Grütli / plus d’infos

     © Théâtre du Grütli

    © Théâtre du Grütli

    Les critiques :

    Quand le Grütli converse avec les extraterrestres

    Par Jonathan Hofer

    • Quand le Grütli converse avec les extraterrestres

      La Paranoïa? Une fiction dans la fiction de la fiction où vous, spectateur, assistez à l’histoire dans l’histoire, de l’Histoire… L’équipe de Frédéric Polier nous donne ici à voir une pièce des plus particulières. Pour faire court : Paranoïa, c’est l’histoire de cinq personnages – un colonel, un astronaute, un physicien théorique, une écrivain – ... suite

     

     

    Les Histoires d’A-Andromaque

    d’après Jean Racine / mise en scène Alexandre Doublet / Théâtre Les Halles (Sierre) / du 3 au 7 mars 2015 / plus d’infos / en tournée jusqu’au 15 mars 2015

     © Dorothée Thébert Filliger

    © Dorothée Thébert Filliger

    Les critiques :

    cl-A-ssique Andromaque

    Par Jehanne Denogent

    • cl-A-ssique Andromaque

      Dans Les Histoires d’A-Andromaque, Alexandre Doublet fait revivre les vers de Racine dans toute leur force tragique. Après l’Arsenic et le Théâtre de Vevey, c’est aux Halles de Sierre qu’il dépose son décor whitecube pour une Andromaque brute et classique. Les histoires d’A Les histoires d’amour Les histoires d’amour finissent mal Les histoires d’amour finissent ... suite

     

    Blockbuster

    par k7 Productions / mise en scène Tomas Gonzalez / du 10 au 15 février 2015 / Théâtre 2.21 / plus d’infos / en tournée jusqu’au 14 avril 2015

    © Francesca Palazzi

    © Francesca Palazzi

    Les critiques :

    Hollywood à petit budget, pour de grands effets

    Par Cecilia Galindo

    • Hollywood à petit budget, pour de grands effets

      Avec son dernier projet Blockbuster, le jeune metteur en scène lausannois Tomas Gonzalez et son équipe explorent les grosses productions cinématographiques qui ont marqué les esprits. En pleine nature, dans les étoiles ou au milieu d’une grande ville, les spectateurs redécouvrent ces images connues avec un regard autre. Un condensé du cinéma drôle, frais et ... suite

    • Si les nouvelles technologies pouvaient réaliser les rêves d’enfant

      Dans le cadre lui-même enchanteur du théâtre du Jorat, la compagnie EnVol tente de nous emmener vers les cieux du rêve éveillé, par le biais de dispositifs techniques aussi spectaculaires qu’imposants – voire écrasants. La pièce repose principalement sur ces prouesses : projections sur d’immenses écrans qui entourent la scène, objets animés d’une vie propre ... suite

    Du cinéma (en mieux)

    Par Nicolas Joray

    • Du cinéma (en mieux)

      Faisant feu de divers contenus et formes issus du cinéma, l’équipe de k7 Productions donne naissance à un univers où l’ironie jaillit du mariage réussi entre rire et sérieux. Pour son projet Blockbuster, le metteur en scène Tomas Gonzalez dit vouloir aborder « l’aventure et ses mythes, la science-fiction et ses redéfinitions de l’être humain, ... suite

     

    Chambre d’Amis

    d’Antoine Jaccoud / par les Cies Selma 95 (CH) et Futur 3 (D) / du 10 février au 1er mars 2015 / Théâtres des Osses / plus d’infos / en tournée jusqu’au 26 avril 2015

    © Meyer (Les Osses)

    © Meyer (Les Osses)

    Les critiques :

    Zweisprachige amitié

    Par Maëlle Andrey

    • Zweisprachige amitié

      « Les amis sont rares et précieux » avance Thomas, l’un des quatre personnages, citant Aristote. Chambre d’Amis est un projet original, bilingue franco-allemand, traitant de la grande et complexe question de l’amitié. La pièce, dont le texte a été écrit pour l’occasion par Antoine Jaccoud, est elle-même née d’une véritable amitié entre la comédienne ... suite

     

     

    Comme toi-même

    conception et mise en scène Olivia Seigne et Alexandre Vogel / du 5 au 13 février 2015 / Théâtre Les Halles (Sierre) / plus d’infos / en tournée jusqu’au 27 février 2015

    © Les Halles

    © Les Halles

    Les critiques :

    Une fille au masculin, un garçon au féminin

    Par Deborah Strebel

    • Une fille au masculin, un garçon au féminin

      Troisième projet du collectif StoGramm, Comme toi-même présente élégamment la quête identitaire d’un intersexe. Voyage non-linaire dans le vécu d’un jeune adulte, des souvenirs d’antan à aujourd’hui, le spectacle éblouit par l’audace du choix de son sujet et par l’immense délicatesse avec laquelle il le développe. Le public prend place sur deux gradins dans un ... suite

    XXY

    Par Jehanne Denogent

    • XXY

      Etre homme. Etre femme. Se sentir homme ou femme. Olivia Seigne et Alexandre Vogel mettent en scène le destin amoureux d’un cas limite, celui d’un(e) hermaphrodite. En parler avec finesse et pudeur mais sans tabou, surtout. « L’océan Vaste étendue entourée d’ocres Oscillant entre la crainte de décevoir et l’amertume de l’espoir Ne croyant plus ... suite

     

    La Voix du peuple

    par la Cie Les Débiteurs / mise en scène Jérôme Junod / du 27 au 31 janvier 2015 / La Grange de Dorigny / plus d’infos

    © Léandre Duggan

    © Léandre Duggan

    Les critiques :

    Citoyens suisses: vos voix comptent!

    Par Maëlle Andrey

    • Citoyens suisses: vos voix comptent!

      C’est une Suisse un peu chauvine, désireuse (malgré les déchéances de la société occidentale) de défendre son héritage, son identité et surtout sa liberté d’expression, qui se dévoile sur scène, à travers des témoignages malicieusement amoncelés dans La Voix du peuple. Entre religion, nudité, armée, maraudage de noix, arnaques, immigration, salades, terrorisme, impôts et pollution… ... suite

    Le peuple romand sur scène

    Par Amandine Rosset

    • Le peuple romand sur scène

      Le projet de Jérôme Junod est simple : laisser la scène au peuple vaudois en sélectionnant des textes dans dix ans d’archives du courrier des lecteurs du quotidien 24heures. La pièce est constituée par les avis, les remerciements ou les coups de gueule de la population sur différentes actualités. Entre gravité et humour, le public ... suite

     

    Le Roi Lear

    de William Shakespeare / mise en scène Hervé Loichemol / du 20 janvier au 7 février 2015 / Comédie de Genève / plus d’infos

    © Marc Vanappelghem

    © Marc Vanappelghem

    Les critiques :

    La querelle des anciens et des modernes

    Par Nicolas Joray

    • La querelle des anciens et des modernes

      Pour sa première mise en scène d’un texte de Shakespeare, Hervé Loichemol, directeur de la comédie de Genève, nous donne à voir entre les murs de son théâtre un conflit entre le désuet et le nouveau, qui s’articule jusque dans la scénographie du spectacle. L’ancienne génération contre la nouvelle. Le Roi Lear vieillissant contre deux ... suite

    L’éclipse d’un roi

    Par Deborah Strebel

    • L’éclipse d’un roi

      Pour la première fois, Hervé Loichemol monte une pièce de William Shakespeare. Sur un plateau tournant, un roi Lear perdu mais pas gâteux assiste impuissant à son propre déclin, au cœur de saignants conflits générationnels. L’une des plus grandes tragédies shakespeariennes, Le Roi Lear, continue d’être présente sur les scènes romandes. Après Marielle Pinsard et ... suite

     

    La Trilogie de Belgrade

    de Biljana Srbljanovic / mise en scène Véronique Ros de la Grange / du 20 janvier au 8 février 2015 / Théâtre du Grütli / plus d’infos

    © Isabelle Meister

    Les critiques:

    Un aller simple

    Par Jonas Guyot

    • Un aller simple

      A l’âge de 26 ans, Biljana Srbljanovic écrit sa première pièce dramatique, La Trilogie de Belgrade. Ce texte qui la révéla en 1996 sur la scène européenne est mis en scène au Théâtre du Grütli par Véronique Ros de la Grange. Musique et pas de danse rythment ce triptyque tragi-comique sur la perte de repère ... suite

    • Du désir au cimetière

      Par Nadia Hachemi

      Blanche/Katrina / de Fabrice Gorgerat / mise en scène Fabrice Gorgerat / par la Compagnie Jours tranquilles / L’Arsenic / du 4 au 13 mars 2016 / plus d’infos

      Cinquante ans après le débarquement de Blanche à l’arrêt « cimetière » de la ligne de tramway « Désir », La Nouvelle-Orléans est à nouveau envahie : ... suite

     

    L’Avare

    de Molière / mise en scène Gianni Schneider / du 9 janvier au 1er février 2015 / Théâtre de Carouge / plus d’infos / en tournée jusqu’au 12 février 2015

    © Aline Paley (Théâtre de Carouge)

    Les critiques :

    Amour en mer, avare amer

    Par Cecilia Galindo

    • Amour en mer, avare amer

      Sous des airs de croisière, L’Avare de Molière dans la relecture que propose ici Gianni Schneider est transposé en pleine mer, dans un contexte qui nous est proche. Une mise en scène originale qui fonctionne et n’enlève rien au comique de la pièce. Les rideaux s’ouvrent sur un décor maritime: sur le plateau s’érige la ... suite

     

    Le Spectateur spectaculaire

    réalisation et interprétation Martin Schick et Viviane Pavillon / du 9 au 11 janvier 2015 / Théâtre L’Arsenic / plus d’infos

    © Arsenic

    Les critiques :

    Du spectacle contre le spectaculaire

    Par Laura Pallù

    • Du spectacle contre le spectaculaire

      Le metteur en scène Martin Schick exprime dans ce spectacle, réalisé et joué avec Viviane Pavillon, son souci de trouver un contact plus direct avec le spectateur. Ou comment établir une relation possible entre spectacle et spectateur : « Spectacle, autrefois tu faisais du tout pour me plaire, maintenant tu es moche. Et tu le ... suite

    • Y a-t-il un directeur dans cette pièce ?

      Par Roberta Alberico

      Une critique sur le spectacle :
      Le Direktør / D’après Lars von Trier (film) / Mise en scène d’Oscar Gómez Mata / Théâtre de Vidy / du 8 au 11 novembre 2017 / Plus d’infos

      « How do you feel today? », « respire », « focus », « lâche prise », « enjoy life ». Des slogans typiques ... suite

    • À cheval ?

      Par Basile Seppey

      Une critique sur le spectacle:
      Centaures, quand nous étions enfants / Texte et mise en scène de Fabrice Melquiot / Chorégraphie équestre de Camille & Manolo / Théâtre Am Stram Gram / du 3 au 5 novembre 2017 / Plus d’infos

      « Dans cette histoire on ne parle pas de la Corée du ... suite

    • Estampe véronaise

      Par Julia Cela

      Une critique sur le spectacle :
      Roméo et Juliette / De William Shakespeare / Mise en scène d’Omar Porras / TKM / du 19 septembre au 8 octobre 2017 / Plus d’infos

      Sous la direction d’Omar Porras, Roméo et Juliette se pare des couleurs du pays du soleil levant. Une transposition légère ... suite

    • Les amants de Kyoto

      Par Thomas Flahaut

      Une critique sur le spectacle :
      Roméo et Juliette / De William Shakespeare / Mise en scène d’Omar Porras / TKM / du 19 septembre au 8 octobre 2017 / Plus d’infos

      Au TKM en septembre, le Teatro Malandro d’Omar Porras et les comédiens japonais du Shizuoka Performing Arts Center déplacent Roméo ... suite

    • Game, hate and paradise

      Par Jehanne Denogent

      Still in paradise / Création de Yan Duyvendak et Omar Ghayatt / Théâtre de Vidy / du 6 au 10 juin 2017 / Plus d’infos

      Still in paradise est conçu comme un gigantesque jeu combinatoire et modulaire, multipliant les dimensions et les perspectives sur les thèmes de l’islamophobie et de ... suite

    • Du silence aux cris

      Par Nadia Hachemi

      $.T .O.r.M. / d’après Théorème de Pier Paolo Pasolini/ mise en scène Vincent Bonillo / Cie Voix Publique / La Grange de Dorigny / du 11 au 17 avril 2016 / plus d’infos

      Quand l’univers du metteur en scène Vincent Bonillo, connu pour ses âpres critiques de la société contemporaine, rencontre ... suite

    • Brève histoire de la pêche à la ligne

      Par Simon Falquet

      Répétition / de Pascal Rambert / mise en scène Pascal Rambert / Théâtre de Vidy / du 6 au 9 octobre 2015 / plus d’infos

      Le spectateur est souvent quelque chose de très simple. Depuis sa place, il suit des yeux le jeu des acteurs et n’a qu’une seule véritable exigence. Il faut ... suite

    • Si les nouvelles technologies pouvaient réaliser les rêves d’enfant

      Dans le cadre lui-même enchanteur du théâtre du Jorat, la compagnie EnVol tente de nous emmener vers les cieux du rêve éveillé, par le biais de dispositifs techniques aussi spectaculaires qu’imposants – voire écrasants. La pièce repose principalement sur ces prouesses : projections sur d’immenses écrans qui entourent la scène, objets animés d’une vie propre ... suite

     

    Le Théâtre sauvage

    conception et mise en scène Guillaume Béguin / du 8 janvier au 1er février 2015 / Théâtre de Vidy / plus d’infos / en tournée jusqu’au 7 février 2015

    © Julie Masson

    Les critiques :

    Sauvagerie et conscience de soi : une violente confrontation

    Par Noémie Desarzens

    • Sauvagerie et conscience de soi : une violente confrontation

      Meurtres. Cris. Pleurs. Rires. Douleurs. Cannibalisme. Il faut s’accrocher pour réussir à supporter la violence de la nouvelle création de Guillaume Béguin Le Théâtre sauvage. L’expérience ne laisse néanmoins pas indifférent. Après Le Baiser et la morsure, créé l’an dernier à l’Arsenic et repris dans les prochains jours à Vidy, Le Théâtre sauvage montre que ... suite

    L’Échappée

    par la Cie Interlope, d’Anne-Frédérique Rochat / mise en scène Olivier Périat / Théâtre 2.21 / du 6 au 18 janvier 2015 / plus d’infos

    © Lola Lehmann

    © Lola Lehmann

    Les critiques :

    Entre meurtre et flirt

    Par Deborah Strebel

    • Entre meurtre et flirt

      L’Échappée présente la rencontre de trois orphelins quelque peu dérangés. Ingrid désirant en finir avec la vie se rapproche de Simon, tueur en devenir. Ensemble, ils parviennent à sceller un pacte. Mais rien ne se déroulera comme prévu. Réunissant des antihéros désespérés et attachants sur fond de variété française, ce spectacle n’est que faussement léger. ... suite

     

     

    My Dinner with André

    tg STAN, de KOE / de et avec Damiaan De Schrijver et Peter Van den Eede / texte d’André Gregory et Wallace Shawn d’après le scénario de l’adaptation de Louis Malle (1981) / du 17 au 20 décembre 2014 / Théâtre St-Gervais / plus d’infos

    © Koen De Waal

    Les critiques :

    Un dîner parfait

    Par Maryke Oosterhoff

    • Un dîner parfait

      Durant 3h30, deux acteurs flamands reprennent en français et sans metteur en scène les rôles de deux metteurs en scène américains qui avaient joué pour un réalisateur français leur propre rôle dans une adaptation cinématographique d’une discussion sur la mort, le mysticisme et l’art, développée dans les années 70 lors d’un stage de théâtre expérimental. ... suite

    Quatre plats + deux acteurs irrésistibles = un rire assuré

    Par Jehanne Denogent

    • Quatre plats + deux acteurs irrésistibles = un rire assuré

      Aller au restaurant ? Ou au théâtre ? Un dilemme pour le public que Tg Stan résout en combinant les deux. Les deux acteurs truculents présentent un repas exceptionnellement banal, sérieusement hilarant. A voir absolument ! En entrée, trois téléviseurs montrant l’arrivée de Wallace au restaurant où il a rendez-vous avec son ami de longue ... suite

     

    Faust I

    de Johann Wolfgang von Goethe / mise en scène Nicolas Stemann /du 12 au 14 décembre 2014 / Comédie de Genève / plus d’infos

    © Krafft Angerer

    Les critiques :

    Un monument ébranlé

    Par Jehanne Denogent

    • Un monument ébranlé

      Rien ne semble faire obstacle à sa démesure : non content de s’en prendre au Faust de Goethe, Nicolas Stemann s’appuie sur des acteurs talentueux pour détraquer avec puissance et malice les enjeux de ce monument de la littérature dramatique. « Ô vous dont le secours me fut souvent utile, donnez-moi vos conseils pour un cas ... suite

     

    Les artistes de la contrefaçon

    de Christian Geffroy Schlittler (Agence Louis-François Pinagot) / du 10 au 14 décembre 2014 / Le Théâtre du Loup / plus d’infos

    Copyright : Marie Jeanson

    Les critiques :

    Laboratoire en miroir : imiter pour comprendre

    Par Deborah Strebel

    • Laboratoire en miroir : imiter pour comprendre

      Quatre comédiens copient fidèlement de célèbres scènes issues du répertoire cinématographique et théâtral contemporain. Contrefaçon respectueuse, cette démarche vise à comprendre comment surgit une émotion. Galerie de différents types d’esthétiques récentes plus que réelle force de proposition sur le pathos, le spectacle présente néanmoins un alléchant assortiment. Plongé dans le noir, le public entend des ... suite

    La reproductibilité du théâtre, entre répétition et différence

    Par Laura Pallù

    • La reproductibilité du théâtre, entre répétition et différence

      Les artistes de la contrefaçon est une expérimentation théâtrale qui se propose de copier et de reproduire à l’identique les scènes les plus imprégnées de pathos de la création contemporaine. On assiste donc à des extraits de Danzón de Pina Bausch et Scènes de la vie conjugale de Bergman, à une ingurgitation de lasagnes issue ... suite

    Scrooge et les fantômes

    d’après Charles Dickens / conception David Deppierraz et Laurence Iseli / mise en scène Laurence Iseli / du 3 au 31 décembre 2014 / Le Petit Théâtre / plus d’infos / en tournée jusqu’au 1er février 2015

    © Pénélope Henriod

    Les critiques :

    La mécanique des valeurs

    Par Nicolas Joray

    • La mécanique des valeurs

      Fixées au sol sur des rouages géants, les parois du décor de Scrooge et les fantômes pivotent, apportant sur scène ou emportant en coulisses les personnages de cette fable inspirée par l’univers de Dickens. Une mécanique bien huilée au service d’une ode à la magie de Noël. Scrooge est un vieillard qui, à force ... suite

    • Du silence aux cris

      Par Nadia Hachemi

      $.T .O.r.M. / d’après Théorème de Pier Paolo Pasolini/ mise en scène Vincent Bonillo / Cie Voix Publique / La Grange de Dorigny / du 11 au 17 avril 2016 / plus d’infos

      Quand l’univers du metteur en scène Vincent Bonillo, connu pour ses âpres critiques de la société contemporaine, rencontre ... suite

    • Citoyens suisses: vos voix comptent!

      C’est une Suisse un peu chauvine, désireuse (malgré les déchéances de la société occidentale) de défendre son héritage, son identité et surtout sa liberté d’expression, qui se dévoile sur scène, à travers des témoignages malicieusement amoncelés dans La Voix du peuple. Entre religion, nudité, armée, maraudage de noix, arnaques, immigration, salades, terrorisme, impôts et pollution… ... suite

    Conte de Noël : la magie de Dickens

    Par Noémie Desarzens

    • Conte de Noël : la magie de Dickens

      Scrooge Ebenezer, une « vieille noix » aigrie par la vie, ne trouve d’autres sujets de réjouissance que ceux que lui procure son argent. A la veille de Noël, des fantômes l’entraînent dans un voyage fantastique, qui lui fait prendre conscience des dysfonctionnements dans sa vie manière de vivre. Serions-nous tous et toutes des sortes ... suite

     

    Das Weisse vom Ei (Une Île flottante)

    D’après La Poudre aux yeux d’Eugène Labiche / mise en scène Christoph Marthaler / du 28 novembre au 17 décembre 2014 / Théâtre de Vidy / plus d’infos

    Copyright : Simon Hallstrom

    Les critiques :

    Quand le vernis craquèle

    Par Deborah Strebel

    • Quand le vernis craquèle

      Deux familles, l’une parlant français, l’autre suisse-allemand, se rencontrent pour marier leurs enfants : en s’inspirant d’une comédie de Labiche, Christoph Marthaler propose un spectacle insolite et décalé mêlant slapstick et musique. Sur une musique exotique évoquant des sonorités polynésiennes ou hawaïennes, les huit personnages arrivent en file indienne devant le rideau fermé. Alignés face ... suite

    • L’impossibilité de l’île

      Par Suzanne Crettex

      Imaginer les lézards heureux / d’après le roman L’Île des condamnés de Stig Dagerman / mise en scène Ludovic Chazaud / par la Cie Jeanne Föhn / Théâtre La Grange de Dorigny / du 16 au 20 février 2016 / plus d’infos

      « Rester debout mais à quel prix ? Sacrifier son ... suite

    Un dessert qui réserve des surprises

    Par Suzanne Balharry

    • Un dessert qui réserve des surprises

      Marthaler déploie son goût pour le détournement dans Das Weisse vom Ei, créé au Theater Basel en 2013. Il déconstruit méticuleusement une farce de Labiche, y insère des interludes désopilants et tartine le tout d’une ironie aigre-douce. Le temps est déréglé, les répliques ne s’enchaînent rigoureusement pas, et la mécanique du vaudeville cède la place ... suite