Bienvenue au BFSH2

L’histoire de l’Anthropole n’est pas seulement construite de béton et d’acier. Chaque jour depuis trente ans, ce microcosme voit défiler dans ses couloirs de nombreuses personnes qui y étudient, y travaillent ou visitent simplement l’espace universitaire. Au-delà des récits architecturaux, l’édifice est marqué par quelques souvenirs, sérieux ou vaudevillesques, qui s’accumulent depuis sa conception. L’envergure du projet a nécessité un budget conséquent, du temps et de l’énergie humaine; entre les personnes impliquées dans cette longue gestation, les divergences de points de vue sont naturelles. En pleine planification du futur bâtiment, l’animation artistique, par exemple, est prioritaire aux yeux de certains, et moins à d’autres. Les débats autour du BFSH2 sont animés jusque dans les chambres cantonales, où les délais, les financements et les besoins universitaires font l’objet de longues discussions. À son inauguration, les discussions continuent, cette fois-ci dans le monde architectural.

Le bourdon du béton ?

En 1987, travailler entouré de béton brut sort de l’ordinaire, engendrant des réactions fortes de la part des utilisatrices et utilisateurs. Au point où des personnes souhaitent faire des travaux dans leurs bureaux tout neufs; l’Institut de psychologie appliquée, par le biais de son directeur, qualifie de « triste et déprimant » le mur de son secrétariat. Pour y remédier, l’Institut propose de recouvrir l’objet fautif d’un lambrissage de bois. Les architectes répondent négativement à cette demande, s’en remettant au BUD pour la décision finale. Si le béton brut devait gêner les occupantes et occupants, le décor entier de l’édifice poserait problème. Cependant, ce décor se remet parfois lui-même en cause, en se séparant abruptement de son support bétonné.

Un bâtiment qui perd ses utilisateurs, 24 heures, 30 octobre 2002
Les affiches de la colère, Nouvelle Revue de Lausanne, 9 décembre 1987
Les étudiants se heurtent à un mur, 24 heures, 9 mars 1988
L’UNIL fait peau neuve, dossier de presse, Unicom, UNIL, 6 juillet 2005
On dirait des noms pour Disneyland, Le Matin, 1er novembre 2005

À plusieurs occasions, les fauteurs de trouble sont les additions. Phénomène récurrent, la jungle des affiches prolifère par endroits pour le (dé)plaisir des résidentes et résidents; des papiers fleurissent pour défendre une cause noble, vendre un dictionnaire ou annoncer l’événement incontournable de la vie nocturne universitaire. Heureusement, le béton n’est pas l’unique animateur des lieux. D’autres créations, rêvées ou éphémères, se dévoilent dans la presse régionale. Les hauteurs monumentales du BFSH2 auraient pu se couvrir de prises de grimpe. On aurait aussi pu, en 2017, souffler les 30 bougies du bâtiment « Humense ».