Interfak. Automne 2013 – Bâle (23.10)

C’est un long trajet pour aller de Lausanne à Bâle. Le réveil à 4:30 du matin est de rigueur pour réussir à arriver à l’heure au rendez-vous donné pour les théologiens suisses à la gare principale. Mais cela n’empêche rien ! Une bonne dose de café, un peu de travail pour le trajet et voilà on y est ! Bâle : ville de la réforme où Karl Barth est à l’honneur ; ville universitaire avec les différentes sections dispersées à travers les vieux bâtiments et les petites rues de la vieille ville.

Quesaquo l’Interfak ? Une réunion semestrielle ayant pour but de favoriser l’échange entre les différentes faculté de théologies suisses, toutes confessions confondues. C’est depuis ce lieu qu’a émergé le projet du “Think Tank Theology“, car en ce qui concerne l’interfak, l’idée est principalement de présenter la faculté hôtesse du semestre.

Heureusement, la barrière de la langue n’est pas un obstacle insurmontable. Les groupes de discussions se créent et nous sommes agréablement surpris de voir que la francophonie sait bien se représenter : quatre lausannois, deux genevois et un ex-lausannois convertit à Bern ! Un effort pour la langue va dans les deux sens. ; on évite de s’isoler trop dans le confort linguistique et on communique comme on peut avec notre allemand / suisse-allemand respectif, avec le soutiens de quelques mots en anglais.

C’est un gros programme qui attend les différents participants de cette journée. Après l’apéro de bienvenue et le deuxième café de la journée, on enchaine directement avec le mot de bienvenue du doyen de la faculté, prof en histoire de l’église et la présentation du nouveau logo de la faculté. Le programme est serré, pas beaucoup de temps pour souffler!

Première activité de la journée : le choix entre suivre un cours de dogmatique sur deux heures autours de la question de la crucifixion, ou de visiter le Greischsfeld-Frey Institut (à vos souhaits!) On est touriste, alors autant profiter de bouger un peu ! Direction l’Institut.

Nous sommes accompagnés par le doyen qui est également le directeur de l’institut. Nous voilà dans la bibliothèque, entourés de très vieux livres, parmi les premiers à avoir été imprimé durant le temps de la Réforme.
On peut y trouver quelques curiosités. Outre l’ancienneté de certains livres, on peut également être surpris par leur composition ! À l’époque on n’achetait pas de livre relié, mais des feuillets et c’était à l’acheteur de finaliser son propre livre. Voilà qui nous permet de nous retrouver face à une belle originalité : L’institution chrétienne de Calvin couplée à une traduction en lingua franca du Coran, avec une préface de Luther et mise à l’index par l’église catholique à cause des commentaires protestants qui se trouvent à l’intérieur. Ou encore, par exemple, des livres dont les couvertures sont faîtes de partitions de musiques où de livrets comptables ! Le “recycling“ avant l’heure ! On peut également admirer les magnifiques “fermoirs“ des livres, des verrous de métal qui maintiennent le livre fermé.

On quitte les vieux ouvrages pour nous diriger vers un cours de Théologie Pratique. La question de la théologie en post-modernité : le rejet de toute systématisation absolutisante, la réalité du pluralisme, l’importance du questionnement existentiel individuel « Qui suis-je ? », la fin des grandes dogmatiques ; une réalité bien différente dans laquelle la théologie doit pouvoir se placer et avancer. Voilà une manière bien différente de présenter la théologie pratique que dans les eaux romandes !

C’est l’heure d’aller manger. Etant donné que les bâtiments ne sont pas rassemblés au même endroit, on doit traverser différentes rues avant d’arriver à la “Menza“.

Après le repas c’est l’heure de la réunion des délégués de l’Interfak. On établit qu’elle sera la prochaine faculté à accueillir le semestre prochain et l’année suivante : Zürich pour le semestre de printemps 2014, Genève pour le semestre d’automne 2014.
Ensuite se suit un tour de table de l’état des différentes facultés Suisse

Une fois la réunion terminée, nous partons pour une lecture d’un prof en Science des religions qui nous a montré comment on peut chercher du religieux là où on ne le penserait pas forcement : Positivisme, romantisme, humanisme. Tout un champ, en dialogue avec l’histoire de l’art est encore à couvrir au sein de la science des religions.

Après une petite pause nous allons suivre le dernier cours proposé par la faculté : nous avons le choix entre l’oecuménisme extra-européen et une étude en ancien testament sur une tablette phénicienne. Le cours étant donné par H.-P. Mathys, qui donne en ce moment des cours aux 2ème et 3ème bachelores romand, la curiosité l’emporte sur l’oecuménisme. Et on l’a pas regretté. Avoir la présentation des fêtes de beuveries entre hommes au 15ème s. avant notre ère n’a pas de prix ! Les dieux du panthéon proche-oriental n’ont rien à envier aux jeunes de notre génération. Il faut croire que la “murge“ est une tradition universelle. Et qui c’est qui récupère ? Les femmes !

Il reste encore une “Podiumsitzung“ entre deux profs de la faculté avant le temps de recueillement qui clôt la journée.

La journée fût longue est riche, et il est temps de s’en retourner vers les lointaines contrées vaudoises.

La prochaine à Zürich !

Ci-joint, un PDF contenant quelques informations sur les différentes facultés de Suisse:
Données interfak délégué