C’est pas si pire, la vie à Montréal

Bonjour tout le monde ,

Après avoir traversé l’Atlantique, le courriel du prof. Amsler qui annonçait le prolongement de la mise au concours des bourses d’échange est arrivé dans ma boîte mail à Montréal, et je me suis alors dit: « C’est le moment où jamais de vous donner un écho de mon année d’échange dans la Belle Province ! » J’aimerais ainsi de tout cœur vous encourager à laisser notre beau site de Dorigny et notre chère faculté lausannoise pour aller voir ailleurs et partir !

Car partir, c’est…

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Montréal, ville de près de 2 moi d’habitants.

Découvrir une autre ville ! Pour moi, ça a été, et c’est encore, Montréal. Quand on vient d’un petit village vaudois, ça fait un grand changement que de se retrouver dans une ville de près de 2 millions d’habitants, la deuxième plus grande du Canada. Et vivre dans une ville à ce point multiculturelle est aussi nouveau pour moi: rencontrer tant de personnes venant de cultures et de traditions différentes est vraiment impressionnant.

Découvrir une autre langue ! L’anglais tout d’abord, car « at Concordia University, everything’s in English ». Mais aussi le Québécois (cf. le titre), qui n’est pas moins charmant: entre des expressions françaises venant d’un autre temps et de forts anglicismes, le mélange est beau.

Sur le balcon de notre colloc

Sur le balcon de notre colloc

Découvrir une autre saison ! Je vous l’accorde, on connaît l’hiver en Suisse, mais pas l’hiver canadien ; et on connaît la neige en Suisse, mais pas les tempêtes de neige canadiennes. C’est quand arrive le mois de janvier qu’on se rend compte à quoi servent les kilomètres de réseaux souterrains qui parcourent la ville et qui accaparaient la lumière du jour en août alors qu’il faisait encore 30°C, au lieu des -30°C qu’il peut faire en hiver.

Découvrir une autre manière d’enseigner ! Une manière beaucoup plus participative : la majeure partie des cours est constituée d’une discussion sur les textes lus ou sur un sujet précis. Et les étudiants participent vraiment ; ils n’hésitent pas à donner leur avis, à débattre, à poser des questions, ou à formuler un point de vue personnel.

Découvrir une autre manière d’étudier ! Avec moins d’heures de cours, mais plus de travail personnel. Beaucoup de « papers » (travaux écrits) à rendre, de deux formats : de petits « reflection papers » où il s’agit de donner un avis personnel et formuler une pensée invidivuelle sur un sujet donné, et de gros « final papers » de fin de semestre où on conduit une recherche.

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Le Québec, le seul endroit du monde où des panneaux « Arrêt » doivent exister.

Découvrir d’autres cours liés à la théologie ! Par exemple un cours de théologie politique, très intéressant dans le contexte québécois, tout d’abord historiquement par son histoire interconfessionnelle (catholiques-protestants) conflictuelle, mais aussi politiquement par l’actuel débat sur la « Charte des valeurs québécoises » qui demande la neutralité religieuse pour tous les fonctionnaires de l’Etat. Ou, autre expérience, un cours/stage en soins spirituels cliniques donné sur le site d’un des hôpitaux de Montréal. Aller visiter des patients, leur offrir écoute et soutien lors de moments difficiles n’est pas toujours évident, mais très enrichissant. Etre ainsi aux côtés d’un homme qui doit dire adieu à ses 58 ans de vie commune avec son épouse, avec une femme qui vient de perdre son 3e enfant, ou encore avec une patiente atteinte d’un cancer en fin de vie… Beaucoup d’expériences fortes qui engagent et interpellent. J’ai aussi eu l’opportunité de participer à un colloque intitulé « Beyond Dream-Catchers : Aboriginal Theology and Spirituality in the Canadian Context », qui m’a ouvert les yeux sur ce passé récent (encore vendredi dernier, des communautés aborigènes manifestaient pour revendiquer leur droit à l’indépendance en matière d’éducation… une manifestation passée sous silence dans la plupart des médias québécois). Cela m’a aussi fait repenser à mon expérience au Mexique, dans le village indigène « otomi », et à la ressemblance des profondes douleurs laissées par le colonialisme. La conférence du premier évêque aborigène canadien était également très intéressante, car elle abordait directement la question du christianisme aborigène.

L’église Notre-Dame dans le Vieux Montréal

L’église Notre-Dame dans le Vieux Montréal

Découvrir d’autres traditions religieuses ! Montréal et ses mille églises m’a fait récemment découvrir l’église unitarienne, une église où on ne croit rien… ou, plus précisément, où ses membres peuvent croire ce qu’ils veulent, de l’athéisme au théisme. La prochaine visite, organisée par l’aumônerie universitaire, sera chez les Quakers.

Et… plein d’autres choses encore ! La vie en collocation, l’indépendance, le Mont-Sainte-Anne, les chutes du Niagara, le patin sur des patinoires naturelles, les spécialités au sirop d’érable, ou encore la poutine, pour n’en nommer que quelques-unes.

Alors en trois mots : partez, partez, partez ! 😀

Ça en vaut la peine, et vous ne le regretterez sûrement pas !

Sur ce, je vous souhaite un bon semestre de printemps lausannois (ici, ils étaient pressés de recommencer, car le Winter Semester est déjà en route depuis le 5 janvier) et je vous envoie de gros becs depuis Montréal et la Belle Province.

Clara