Voyage de Guillaume Klauser au Rwanda

Chers amis lecteurs,

Si on m’a proposé de participer à un séminaire de formation pour animateurs et responsables de jeunes en Eglise durant l’été 2017, c’est parce que je suis moniteur de catéchisme dans mon Eglise, mais également parce qu’en tant qu’étudiant en Théologie aspirant à devenir pasteur, le thème du séminaire avait quelque chose de tout particulièrement pertinent.

J’ai donc eu la chance de représenter l’Eglise Réformée Evangélique Neuchâteloise à ce séminaire international de formation organisé par la Cevaa-Communauté d’Eglises en Mission. Ainsi j’ai retrouvé à Kigali une septantaine de jeunes (et moins jeunes) représentants des Eglises membres de cette communauté d’Eglises.

Un voyage comme celui que j’ai vécu, avec les rencontres que cela implique, marque, décape, ouvre l’esprit, fait pleurer, interroge… C’est quelques-unes de ces émotions que je voudrais essayer de partager avec vous.

Nous formions une équipe de cinq suisses, représentants d’Eglises réformées romandes. La dizaine d’heures que nous avons passé à voyager nous a tout d’abord permis d’un peu mieux nous connaître. Nous ne nous étions vus qu’une seule fois pour préparer ce voyage. Je n’avais jamais fait un voyage avec tant de kilomètres au compteur. C’est si difficile je trouve de comprendre réellement, de mentalement prendre conscience de la distance parcourue. Toujours est-il que nous débarquions le vendredi 11 août de cette année dans le petit aéroport de Kigali, capitale du Rwanda. Le transport jusqu’au quartier paroissial d’Isano m’a paru irréaliste, complétement déroutant. Je n’avais pas encore voyagé dans ma tête, et il a fallu très rapidement se rendre compte de l’incapacité totale à être en prise avec ce qui se passait physiquement autour de moi. Il fallait se laisser guider puisque à ce moment tous mes repères n’avaient plus aucune validité.

Nous entrions alors dans le weekend précédant le séminaire à proprement parler, weekend où les arrivées se succédaient et durant lequel nous avons pu apprendre à nous connaître. Je ne résiste pas à l’envie d’énumérer la liste des pays représentés : Polynésie française, Maroc, Bénin, Togo, Ghana, Côte d’Ivoire, Sénégal, Cameroun, Congo-Brazzaville, Centrafrique, Afrique du Sud, Zambie, Lesotho, Madagascar, Maurice, Mozambique, France, Italie, Suisse et bien sûr Rwanda.

Dès le premier jour sur place, nous avons été plongés dans la réalité d’un pays qui, 23 ans après, est toujours au sortir du génocide. C’est un pays dont on sent très concrètement qu’il se reconstruit encore aujourd’hui. Notre première activité a donc été de découvrir l’histoire du Rwanda par l’un des angles de vue possibles : la visite de l’un des Mémoriaux du génocide, situé à Kigali. Il y a assez de sites internet et de livres décrivant l’horreur qui a plongé le Rwanda dans le chaos au début de l’année 1994 pour que je ne m’attarde sur l’histoire rwandaise dans son détail. C’était si particulier de se dire que la majorité des gens que nous côtoyions avait vécu ces « 100 jours durant lesquels seul le diable était à l’œuvre dans la nuit complète et ininterrompue », pour citer une pasteure rwandaise que certains d’entre nous ont la chance d’entendre raconter son passé, douloureux à ce niveau. Le témoignage direct, pour le coup au détour d’une bouchée de pommes de terre ou de banane, est plus marquant que tout, surtout lorsque la personne qui raconte nous est devenue proche après plusieurs jours d’échanges. Je reviendrai donc au long du mois sur ce qui se vit au Rwanda, puisque la vie y est profondément « post-génocidaire ». Cette visite nous a unis pour la première fois dans la prière, autour d’une tombe. Démunis et brisés par la réalité de ce génocide d’une violence inimaginable, de tant de sang innocent encore frais, nous ne pouvions que nous tourner vers Dieu et lui remettre le Rwanda, les Rwandaises et les Rwandais.

Venons-en au lundi, premier jour de notre séminaire. Durant tout notre séjour, j’ai découvert la place importante du cérémoniel. Cette première matinée y a été exclusivement consacrée : Nous avons eu la chance d’entendre plusieurs discours, comme par exemple celui du pasteur André Karamaga, secrétaire général du Conseil des Eglises de Toute l’Afrique (CETA) et celui de M. le Président de l’EPR, le Révérend Docteur Pascal Bataringaya. La chorale de la paroisse du lieu était également là pour nous accueillir.

Il s’agit maintenant de dire quelques mots de la Cevaa-Communauté d’Eglises en mission, organisme organisateur du séminaire, grâce auquel tout cela a été possible. La Cevaa-Communauté d’Eglises en mission est, comme son nom l’indique, une communauté d’Eglises, qui est née d’une réflexion sur le sens de la mission après la décolonisation. En effet, si jusque-là la mission de faisait principalement du Nord au Sud, il s’agissait dans les années 1970 de savoir s’il était encore pertinent voire permis d’utiliser le mot même de « mission ». Plutôt que de supprimer la notion de « mission » (car elle est bel et bien tirée de l’Evangile), il fut décidé de la redéfinir : il s’agit désormais de prioriser le partage évangélique ainsi que les connaissances de chacun et de mettre en commun les forces pour évangéliser et peut-être même avant tout « s’évangéliser » les uns les autres. C’est comme cela que différentes Eglises, en particulier celles créées par la Société des Missions Evangéliques de Paris, se sont unies en la Cevaa-Communauté d’Eglises en mission, auparavant Communauté Evangélique d’Action Apostolique, CEVAA.

Voici ce que nous pouvons lire sur le site de la Cevaa :

La Cevaa est une Communauté d’Eglises protestantes en Mission, créée en 1971 à Paris. Elle regroupe actuellement 35 Eglises protestantes réparties dans 24 pays en Afrique, en Amérique Latine, en Europe, dans l’Océan Indien et dans le Pacifique.

Partager, c’est parler de Dieu. Il aime et partage sans condition. La mission naît de ce partage. A la Cevaa, la foi est vécue en dialogue avec nos voisins d’autres religions. La relation avec l’autre, l’ouverture, l’écoute, sont les raisons d’être de la Cevaa et les moteurs de son action. La Cevaa agit, nourrie de cette rencontre avec le voisin. La vie communautaire est un don de Dieu. Nos différences sont un signe de sa plénitude. Nous avons besoin les uns des autres pour nous encourager dans les soucis et les joies, pour louer et célébrer, pour prier et porter ensemble notre espérance.

Ce site est très bien fait, je le recommande pour qui veut en savoir plus:

http://www.cevaa.org/qui-sommes-nous/la-cevaa-1/partager-agir-temoigner

Demain d’accord, aujourd’hui d’abord

Le but de mon voyage au Rwanda était bel et bien d’assister à un séminaire de formation. Le thème, précis, conviait les représentants des Eglises membres de la Cevaa à réfléchir à l’articulation de la jeunesse, de l’Evangile et de la culture dans notre monde en mutation. En soi, dans notre « monde en mutation », les conférences auraient techniquement pu se diffuser par vidéoconférence. De quoi économiser le prix des billets d’avion, et un tas de tracasseries administratives et logistiques. Cependant, le logo de la Cevaa, représentant un humain formé par deux mains qui le protègent, montre que nous avons besoin des autres pour nous construire. C’est que le véritable partage, celui par lequel nous rencontrons l’autre au travers de son regard, c’est un partage qui rend véritablement efficace le slogan «Jeunesse dans l’Eglise: demain d’accord mais aujourd’hui d’abord ».

Témoigner humblement du caractère unique du Christ

Mais parlons un peu du contenu du séminaire. Comme je l’ai déjà dit, le lundi était consacré à la cérémonie d’ouverture, ainsi qu’à une présentation de la Cevaa. Nous avons ensuite enchaîné le mardi avec un atelier intitulé « Vivre sa foi avec les autres », animé par le pasteur Jean-Luc Blanc, du DEFAP (DM français). Voici ce que j’écrivais à ma copine le jour même :

« …puis le temps des activités, par le pasteur Blanc. C’est un Français qui a vécu toute une partie de son ministère au Maroc et qui connaît donc de près le monde musulman. Le thème était le dialogue interreligieux… Sujet difficile et clivant. Mais ça s’est bien passé. Difficile toutefois de parler de tolérance quand certains participants savent que leurs concitoyens meurent sous boko haram pas très loin de chez eux… »

En général, après une introduction au sujet, le plus souvent tirée de son expérience de vie, l’orateur présentait une méthode d’animation. L’objectif était double : que nous puissions échanger autour d’un sujet, mais également que nous repartions chacune et chacun dans nos Eglises respectives en apportant de nouvelles manières d’envisager un texte ou une problématique. C’est donc avec plusieurs méthodes que nous réfléchissions en petits groupes. Sur le sujet du dialogue islamo- chrétien, j’ai pris conscience de beaucoup de choses. L’une est l’existence d’un nombre incalculable de personnes « charnières » : des musulmans croyant en Christ. Non pas des personnes doutant de leur foi et se rapprochant de plus en plus du christianisme, non ! Des musulmans convaincus qui ont une forte foi en Jésus le Christ. Ces cas nous montrent qu’il y a des points de rencontre possibles. J’aime beaucoup ce que dit le DEFAP sur le sujet :

« Confiants dans le message de l’Evangile, nous sommes appelés à dialoguer de façon authentique avec les personnes appartenant à d’autre religions ou celles qui n’en ont aucune, à pratiquer l’hospitalité et à témoigner humblement auprès d’elles le caractère unique du Christ »

J’aime particulièrement la dernière partie… pratiquer l’hospitalité et témoigner humblement auprès d’elles le caractère unique du Christ… c’est être accueillant, dans une ouverture qui n’est possible que grâce à la joie profonde et la confiance que Dieu met dans nos cœurs. C’est aussi reconnaître notre juste place dans le monde, si vaste, des humains, c’est-à-dire rester humbles face à celui, celle qui croise notre route. « Témoigner humblement » me rappelle que c’est par ma vie entière que je peux espérer témoigner du Christ, et non à coups arrogants d’arguments faciles et inauthentiques. Témoigner du caractère unique du Christ, c’est ne pas tomber dans un syncrétisme ou un relativisme qui efface toute particularité et la force de la Bonne Nouvelle.

Une stratégie pour les jeunes

Durant ce séminaire, une large plage de temps était dévolue à l’évaluation et à l’actualisation de la « stratégie jeunesse de la Cevaa ». Depuis quelques années, la Cevaa-Communauté d’Eglises en mission veut valoriser « le développement et l’épanouissement des jeunes de notre Communauté d’action et de partage (tant sur le plan spirituel, moral et intellectuel que physique) », selon l’introduction à la stratégie jeunesse signée en 2012. Des discussions passionnantes qui nous permettent de fixer des objectifs clairs pour concrétiser quelques axes tels que celui de consolider l’engagement des jeunes au sein de la Cevaa, celui de favoriser au sein de celle-ci des rencontres de partage et de réflexion entre jeunes encourageant leur formation à la justice et à la paix, et d’autres objectifs qu’il s’agissait de concrétiser par des moyens que nous devions inventer.

L’ambiance était toujours au rendez- vous, et le partage s’élargissait souvent bien au-delà de ce qui nous était demandé. Parfois nous nous heurtions à des incompréhensions, de fond ou de méthode. J’avais été prévenu avant le voyage que l’animation de groupe allait me dérouter. L’efficacité que je recherchais dans le partage en groupe trahissait mon mode de pensée « à la suisse ». Là encore, il s’agissait de lâcher du lest et être à l’écoute de la façon de fonctionner de l’autre.

Des événements et des sorties ont aussi agrémenté la semaine de séminaire. L’une des sorties a été la visite de l’un des parcs nationaux. Il s’agissait du parc Akagera, immense réserve naturelle d’un millier de km2 environ. C’est dans nos petits bus que nous l’avons traversé, ambiance garantie malgré un mal de dos assez prononcé après quelques heures de route, ou plutôt de « piste ». Rencontre sympathique avec des zèbres, des antilopes, des gazelles, un phacochère, un bel éléphant… nous avons raté le lion et les girafes, au grand dam de certains.

Les paysages étaient véritablement à coupe le souffle : passage de la plaine à la savane, rivière où barbotaient crocodiles et hippopotames à l’allure tranquille… Et toujours ces collines et montagnes qui se succèdent. Au début du parcours, il se faisait sentir comme une forme de recueillement face à ce monde merveilleux que, pour beaucoup, nous découvrions pour la première fois.

J’ai aussi envie de raconter ce que j’ai vécu après le séminaire. En effet, sous l’impulsion de notre référente au DM-Echange et mission, les cinq représentants des Eglises réformées romandes que nous étions avons souhaité prolonger de deux jours notre séjour au Rwanda. Nous avons donc été pris en charge par l’Eglise Presbytérienne au Rwanda, après les difficiles aurevoirs à nos amis de la Cevaa, pour deux jours de visites qui allaient constituer des moments inoubliables. Nous étions alors loin de nous douter de ce qui nous attendait… La première visite fut celle du groupe scolaire Runda Isonga, l’une des six écoles de l’Eglise. Nous pensions que les visites d’écoles se dérouleraient sans trop de chamboulement : avec notre suissitude, « nous ne voulions pas déranger » ! Eh bien il a fallu rapidement se rendre compte que le sens de l’accueil est bien plus prononcé chez eux que chez nous et que nous ne pourrions pas passer inaperçu !

 

 

Si nous pensions seulement que nous allions être reçus ainsi ! Tous les élèves présents étaient rassemblés pour nous souhaiter la bienvenue, en chantant et en dansant. En chœur, ils chantaient : « Bienvenue, nous sommes contents, nous sommes joyeux de vous accueillir » ! Quelle émotion ! Ils ont vraiment sorti le grand jeu. Les discours se sont ensuite suivis : M. le directeur du groupe scolaire, M. le ministre responsable des écoles de l’Eglise, Mme la pasteure de l’école… Discours tournés vers nous pour nous présenter le groupe scolaire, les différentes classes présentes, la situation de l’école par rapport aux autres établissements de l’Eglise, mais aussi tournés vers les écoliers pour leur dire qui nous étions, d’où nous venions et… ce que nous représentions. Voici un point dont nous ignorions l’importance jusque-là : si nous étions si bien reçus, c’est aussi parce que nous étions considérés comme une délégation du DM- Echange et mission, qui a financé une part de l’infrastructure actuelle. Ainsi, notre présence prenait un double sens : nous étions là d’une part pour la visite de groupes scolaires, qui représentent une un pan de l’Eglise ainsi qu’un aspect de l’éducation des enfants rwandais, et d’autre part en tant que représentants des donateurs et collaborateurs qui ont permis un pas dans l’amélioration des conditions d’enseignement.

Une fois les enfants rentrés dans leurs classes respectives, nous avons pu faire le tour de tout le domaine scolaire, accompagnés, en plus des personnes que j’ai mentionné plus haut, du représentant de l’association des parents d’élèves et de trois enseignants. Au programme : visite des classes, visite d’une citerne dont la réalisation a été possible grâce au DM, et témoignages des doyens des élèves. Ces derniers nous ont raconté à quel point le pavement en béton des salles de classe avait constitué une révolution : auparavant, le sol était en terre battue, et les élèves devaient aller chercher de l’eau pour « calmer la poussière » avant de commencer la classe. Le temps perdu à cela était considérable. Une autre amélioration de qualité fut l’installation de fenêtres vitrées. Avant cela, la classe se protégeait de la pluie et des tempêtes de vent par d’épais volets en bois, ce qui la plongeait dans l’obscurité. La visite se termina avec une invitation à manger dans la maison de la pasteure de l’école.

Mais pas le temps de chômer : le programme est chargé et nous reprenons la route, qui d’ailleurs devient de plus en plus campagnarde. Ces trajets sont en eux-mêmes des voyages à part entière, tant il y a à voir et à observer. Nous arrivons ensuite au lieu d’une seconde école. Dans ce nouvel endroit aussi, les élèves et les enseignants sont là pour nous accueillir en chantant, et ce sous un soleil de plomb. Nous apprenons par la suite qu’ils nous ont attendu pendant un moment, ce qui a dû être assez pénible. Là encore, discours et témoignages ainsi qu’une visite du site. Nous sommes invités après cela dans une grande salle avec estrade. Sur cette dernière se trouve une table à laquelle nous sommes conviés, après nous être servi de nourriture. Impossible à décrire les sentiments qui nous traversent à ce moment-là, peut-être un mélange de reconnaissance, d’émerveillement et de gêne dû au malaise de manger « au-dessus » du corps enseignant.

Le contact avec les enfants n’a pas été triste non plus ! Etre encerclé par une centaine de gosses dont le but ultime est de vous toucher comme s’ils pourraient ensuite mourir en paix, cela aà quelque chose d’un peu particulier. On se sent idole, ce qui n’est pas très agréable. On se sent un peu idiot aussi, on ne comprend pas.

Le jour d’après fut d’un autre style. Après cet accueil triomphal dans les écoles, nous avons vécu un moment très fort au CPAJ, Centre Presbytérien d’Amour des Jeunes. Il s’agit d’une structure permettant l’accueil de jeunes de la rue, ou de jeunes en difficultés familiales. C’est une réalité pour beaucoup, suite au génocide de 1994.

Pour moi, cette visite au CPAJ était assez émotionnelle, l’Aumônerie de Jeunesse de notre paroisse s’y étant rendue en 2013 lors de son voyage de partage au Rwanda, pour la réalisation duquel j’ai participé à plusieurs actions de financement, comme par exemple la pièce de théâtre « Le Prix des rêves » écrite et mise en scène par Maëlle Bader. J’ai donc eu un plaisir immense à découvrir ce lieu si particulier et si important pour beaucoup de jeunes.

Au CPAJ, les jeunes sont libres de venir et/ou de repartir. Certains viennent au repas mais dorment à l’extérieur, d’autres profitent des dortoirs pour échapper à la rue… Les jeunes sont là pour un temps donné, ils savent qu’ils ne peuvent pas rester éternellement. Ils bénéficient donc d’un endroit où ils sont accueillis, où ils peuvent se nourrir, dormir, et où l’on s’occupe d’eux. Ils sont aussi scolarisés, chose des plus importante, le centre leur fournissant le matériel scolaire.

Nous avons eu la chance de rencontrer Fabrice de Joffrey, un vaudois envoyé du DM au CPAJ. Il travaille là pour un total de treize mois, qui sont d’ailleurs bientôt écoulés. C’était beau de pouvoir prendre du temps avec lui, de connaître son point de vue sur la situation au Rwanda. Nous avons, suivant sa demande, amené de Suisse trois grosses valises d’habits, de jeux et de matériel scolaire pour les enfants du CPAJ. Je vous invite vraiment à lire ses lettres de nouvelles. Il écrit d’une manière très touchante. Voici la troisième, parue dernièrement : https://www.dmr.ch/data/documents/envoyes/LN_deJoffrey_3.pdf

Il y parle notamment de la situation de la cuisine du centre, que j’ai eu l’occasion de visiter. Vous pourrez voir dans sa lettre une photo de l’état actuel des lieux. Il est urgent de créer une nouvelle cuisine ainsi qu’un réfectoire. Je me permets de mettre le lien qu’il indique pour le financement du projet :

https://igive2.help/projects/une-cuisine-pour-les-enfants-de-la-rue-a-kigalirwanda/ J’ai vu de mes yeux la pénibilité du travail qu’il est nécessaire d’accomplir actuellement pour nourrir ces jeunes : travailler dans un endroit presque fermé avec des fourneaux à bois crachant fumée et suie à la tête des cuisiniers, les fourneaux sommaires sont très énergivores (la quantité de bois nécessaire à leur fonctionnement est énorme), déplacer les plats entre la cuisine et un auvent distant de plusieurs dizaines de mètres, et ce par tous les temps… Enfin bref, je suis convaincu du bienfondé de la nécessité de nouvelles infrastructures. Je ne peux qu’encourager à soutenir le nouveau projet !

(Sur le site, également quelques magnifiques photos reflétant bien la vie au CPAJ)

J’aimerais aussi souhaiter le meilleur à Fabrice pour le temps qui lui reste à passer au CPAJ, ainsi que le succès de cette entreprise. On pense bien à toi depuis ici !

Le CPAJ accueille donc des jeunes, mais propose aussi à des personnes sans formation de suivre des cours, en vue de leur (ré)insertion dans le domaine professionnel. Nous avons donc également eu la chance de rencontrer des personnes suivant des cours de couture et de coiffure.

Difficile de savoir comment conclure le récit de ce que nous avons vécu lors de ces deux jours. Nous avons fait une plongée dans le monde de l’éducation, clé de voûte du projet d’un pays en reconstruction. C’était édifiant, et je suis admiratif du travail qui est fourni dans ce domaine par tous ses acteurs. Vive la jeunesse et vive le Rwanda.

J’ai essayé quant à moi de vous montrer quelques aspects de ce voyage si riche humainement. Merci de m’avoir lu jusque-là ! Je suis
bien sûr à disposition si des questions
viennent à votre esprit !

Fraternellement, Guillaume Klauser

Mon expérience à Fribourg

Ce qui m’a mené là-bas

J’avais décidé d’étudier à l’université avant de savoir quoi y étudier. L’uni Fribourg m’a tout de suite tapé dans l’œil. L’université à taille humaine, la jolie ville pas trop grande, la promesse du recteur « À Fribourg, vous avez un nom et un prénom ».

Dans la chapelle de l’Université Miséricorde.

Ensuite, choisir une faculté. Une foule d’idées me traverse l’esprit : sciences de l’éducation, musicologie, espagnol, anglais, maths ? Et pourquoi pas théologie ? C’est finalement ce choix qui paraît le plus pertinent et intéressant à long terme. Au début, je pense combiner théologie et psychologie, mais j’abandonnerai en chemin la psycho, sous prétexte que les sujets à l’interne de la théologie sont déjà assez variés entre eux. Au début, je pense étudier en bilingue français-allemand – à Fribourg c’est possible. J’abandonne hélas vite cette option-là… en me disant que les études en français sont déjà bien assez accaparantes.

Les profs

Je peux parler de n’importe quel prof de Fribourg (ou presque), je dis à chaque fois « c’est mon Prof préféré ». Bon, les professeurs en général sont des personnes brillantes, on le sait bien. Mais quand même.

Une chose que j’apprécie spécialement à Fribourg, c’est la foi des professeurs et leur envie de la transmettre autour d’eux et notamment à nous les étudiants.

Les étudiants

Des jeunes, des vieux, des hommes, des femmes, des religieux, des laïcs, des mères de famille… Mes amis non-théologiens s’étonnent de voir la variété de mes amis théologiens (surtout les différences d’âges) !

Célébration d’un anniversaire pendant les cours

Mon meilleur souvenir

Chaque année, les étudiants organisent une « Semaine Interdisciplinaire » : trois à cinq jours de conférences sur un thème choisi. Lieux, orateurs, sujet, publicité : tout est organisé par une équipe d’étudiants. J’ai participé à l’organisation de cet événement durant ma deuxième année et c’était une expérience excellente. La dernière soirée fut particulièrement fantastique : nous avions organisé une fête en partenariat avec un café-bar en ville et un DJ. Danser entre étudiants et profs reste un magnifique souvenir. (Soit dit en passant… la terrasse du café du Belvédère est un endroit à visiter absolument si vous passez à Fribourg !)

Fameuse soirée entre théologiens.

Mon choix de venir à Genève et Lausanne

Après le Bachelor à Fribourg en théologie catholique, j’ai déménagé à Genève et Lausanne pour y étudier le Master.

Ce sont d’abord mes perspectives professionnelles qui m’ont conduite à choisir Genève-Lausanne pour le Master. Ensuite, pour la vie et tout domaine d’étude en général, je suis d’avis qu’étudier à différentes écoles est utile voire nécessaire. Pour la théologie, j’aurais tendance à dire que c’est incontournable. Pour moi qui ai grandi et reçu la foi dans une communauté mennonite, étudier la théologie catholique puis réformée est un enrichissement exceptionnel.

 

Pauline Sommer

Mon semestre dans la Cité Eternelle

Le Château Saint-Ange, à deux pas de chez moi

Il est difficile de rédiger un article pour résumer mon expérience de 5 mois à Rome à la Facoltà Valdese di Teologia, car même si 5 mois ça peut paraître très court, il peut s’en passer des choses ! Plutôt que de vous faire un compte rendu détaillé de tout ce que j’ai pu y voir, de toutes les rencontres que j’ai pu faire, des moments de joie ou de prise de tête, de ce que j’y ai appris, etc., je préfère vous faire part de l’expérience unique de décentrement qu’est un semestre d’études à l’étranger. Le décentrement, voilà le mot-clé dans lequel tous les aspects de mon séjour en Italie trouvent un écho. Alors oui, Rome est très certainement décentrée géographiquement de l’Europe, surtout par rapport à Lausanne. Mais plus qu’un décentrement géographique, ces 5 mois ont été l’occasion de vivre également un décentrement culturel, intellectuel, spirituel et personnel.
Lire la suite

Au-delà du Röstigraben

Mon envie d’étudier une partie du Master en milieu germanophone était déjà présente pendant le bachelor. Zurich m’a séduite, d’une part par sa proximité géographique – je pouvais ainsi y étudier tout en revenant à Lausanne quand bon me semblait, et avoir la possibilité de créer des amitiés sans crainte de séparation dramatique à l’issue de l’échange. D’autre part, j’avais l’envie d’approcher ce mystérieux schwiitzertüttsch et de mieux connaître cet « au-delà » de mon cher pays.

Zurich depuis le Uetliberg

Zurich depuis le Uetliberg

Lire la suite

J’ai vraiment vécu à Paris

A mon retour de mon semestre à Paris à l’automne 2013, j’ai dû écrire un petit compte-rendu. Seul hic, syndrome de la page blanche. Comment est-ce possible ? Comment peut-on rester muet alors qu’on a 5 mois de vie dans lesquels on peut piocher ? Mon voyage serait-il un échec ? Mais finalement, plus je réfléchis et plus je comprends mon blocage. Lorsque je me retourne vers Paris je n’ai qu’un quotidien à raconter.

Vue sur les toits de Paris

Vue sur les toits de Paris

Lire la suite

Deux Vaudois chez les Vaudois

Lors d'une retraite à Ecumene, en dehors de la ville.

Lors d’une retraite à Ecumene, en dehors de la ville.

Voilà un peu plus d’un mois que nous sommes revenus de notre séjour d’un semestre à la Facoltà valdese di Teologia de Rome. Ne vous méprenez pas, cette faculté « vaudoise » n’est pas une enclave de notre beau canton de Vaud ; les valdesi, « vaudois » du Piémont, sont, avec les méthodistes et les batistes, les protestants historiques en Italie. Ils ne sont pas très nombreux, mais ils sont présents et ils ont une faculté de théologie pour tout le pays : la Facoltà valdese de Rome.

Chacun de nous avait la volonté de faire un séjour à l’étranger durant nos études, pour des raisons différentes, que nous avons finalement combinées dans ce projet : « faire l’expérience d’une église minoritaire, qui contraste avec le protestantisme vaudois dans lequel je suis plongé depuis petit » pour Sylvain, et « expérimenter une autre manière de faire de la théologie » pour Alice. Et pour les deux, un fort désir de faire un séjour en Italie, ce pays qui nous a toujours attiré car il était synonyme de retour aux racines pour Alice, et d’amour de l’italien pour Sylvain. En plus de cela, c’était l’occasion parfaite pour vivre notre première expérience de vie en commun !

Lire la suite

C’est pas si pire, la vie à Montréal

Bonjour tout le monde ,

Après avoir traversé l’Atlantique, le courriel du prof. Amsler qui annonçait le prolongement de la mise au concours des bourses d’échange est arrivé dans ma boîte mail à Montréal, et je me suis alors dit: « C’est le moment où jamais de vous donner un écho de mon année d’échange dans la Belle Province ! » J’aimerais ainsi de tout cœur vous encourager à laisser notre beau site de Dorigny et notre chère faculté lausannoise pour aller voir ailleurs et partir !

Car partir, c’est…

Montreal1

Montréal, ville de près de 2 moi d’habitants.

Découvrir une autre ville ! Pour moi, ça a été, et c’est encore, Montréal. Quand on vient d’un petit village vaudois, ça fait un grand changement que de se retrouver dans une ville de près de 2 millions d’habitants, la deuxième plus grande du Canada. Et vivre dans une ville à ce point multiculturelle est aussi nouveau pour moi: rencontrer tant de personnes venant de cultures et de traditions différentes est vraiment impressionnant.

Lire la suite

« Une année en Allemagne ? Ben t’es courageuse ! »

La fameuse Johanneskirche au centre de la vielle ville.

La fameuse Johanneskirche au centre de la vielle ville.

C’était pas tout à fait les commentaires que j’ai reçus mais ça en approchait. Je vais tenter de vous prouver que l’idée de partir était une idée super ! Göttingen, est une petite ville, à peu près de la taille de Lausanne, mais toute plate. Les vélos sont partout ce qui peu même parfois être plus dangereux que de croiser des voitures … j’ai eu en une année heureusement un seul accident ! Pourquoi suis-je partie loin de nos montagnes, de notre beau lac et de la petite famille des théologiens lausannois pour découvrir (oh étrange) une faculté avec des centaines de membres (entre 100 à 200) ? L’aventure, voir du pays, découvrir la théologie réputée de l’Allemagne, changer d’horizon, apprendre à connaître d’autres étudiants dans le monde qui étudient théologie, voilà ce qui m’a motivé et je n’ai pas été déçue !

Lire la suite