Au-delà du Röstigraben

Mon envie d’étudier une partie du Master en milieu germanophone était déjà présente pendant le bachelor. Zurich m’a séduite, d’une part par sa proximité géographique – je pouvais ainsi y étudier tout en revenant à Lausanne quand bon me semblait, et avoir la possibilité de créer des amitiés sans crainte de séparation dramatique à l’issue de l’échange. D’autre part, j’avais l’envie d’approcher ce mystérieux schwiitzertüttsch et de mieux connaître cet « au-delà » de mon cher pays.

Zurich depuis le Uetliberg

Zurich depuis le Uetliberg

J’ai eu la chance de recevoir (pour une durée de 2 semestres) la bourse d’études proposée chaque année par la faculté de théologie de Zürich à un étudiant romand. Ainsi, j’ai trouvé (après moult recherches !) une jolie chambre dans une vieille maison de la « Côte d’Or », avec vue directe sur le lac – qui aurait cru qu’une telle beauté puisse être meilleur marché qu’une colocation en ville de Zurich !

Bien que le nombre d’étudiants en théologie soit plus élevé à Zurich, l’ambiance de la faculté n’en est pas moins intimiste et tout étudiant nouveau ou de passage est le bienvenu. En effet, la faculté (de théologie + sciences des religions) ne se trouve pas dans le bâtiment principal de l’Université, mais dans l’ancien cloître du Grossmünster où prêchait Zwingli. Quel charme.

Grillades au bord du lac

Grillades au bord du lac

Les cours m’ont bien plu ; j’ai parfois eu de la peine à bien les comprendre même jusqu’à la fin de mon séjour, mais cela m’a encouragée à faire plus de recherches personnelles pour compenser. J’ai suivi principalement des cours en éthique et systématique et ai été très enthousiasmée par le choix de cours à mes yeux large et varié, ainsi que par la qualité des professeurs et l’intérêt des thèmes. En systématique, l’herméneutique représente une branche en elle-même, ce qui m’a beaucoup réjouie (et en passant, je pense que ça serait très enrichissant pour nos études romandes…)

Les étudiants zurichois sont très friands de grandes conversations théologiques pendant les pauses de midi ou entre les cours. J’avoue que ça n’a pas été facile pour moi qui étais (et suis toujours !) complètement larguée avec cette théologie en suisse-allemand 😉

Pendant l’intersemestre, j’ai eu la chance de trouver un stage avec un pasteur-aumônier en EMS, à Stäfa. J’ai eu un très bon contact avec lui. Il semblait bien confiant, car je me suis retrouvée à faire des visites seule sans jamais être allée avec lui (et sans les cours de théologie pratique de Neuchâtel). J’ai rencontré de très belles personnes et vécu une expérience enrichissante malgré la courte durée de ce stage.

Kreuzgangfest

Kreuzgangfest

Le deuxième semestre était presque comme un deuxième échange : autres cours, autres profs, autre colocataire, parfois autres étudiants aussi, car comme vous le constatez, les étudiants bougent beaucoup. En juin 2014, j’ai terminé ce séjour zürichois avec un grand stress pour les examens qui heureusement se sont bien passés. Le tout a été couronné par la traditionnelle « Kreuzgangfest » des étudiants en théologie et sciences des religions de Zurich, qui a lieu dans la cour intérieure de la faculté. Repas, bières, discours, déguisement selon le thème, musique et danse : plus tard dans la soirée le lieu s’est transformé en discothèque digne de ce nom où les danseurs étaient tant profs qu’assistants ou étudiants.

Après deux semestres à Zurich, je ne peux pas dire que je suis devenue bilingue 😉 Mais je suis contente de mon amélioration en allemand, des contacts créés, et d’avoir vécu une approche quand même un peu différente de la théologie.

Tschüüss zäme

Cécile