Table ronde « Science Po Lausanne, et après », compte rendu

Suite à la table ronde sur « Science Po Lausanne, et après? », en voici le compte rendu. Ce compte rendu a été fait en collaboration avec COSPOL.

Contrairement aux formations au sein desquelles compétences et diplômes acquis permettent l’exercice d’une profession bien précise, celle en science politique ouvre la porte à de nombreuses perspectives professionnelles. Ces larges débouchés représentent bien entendu une richesse et une chance, mais peuvent également nourrir une certaine incertitude chez les étudiants. En effet, on observe fréquemment que les étudiants choisissent cette voie par intérêt pour la formation dispensée, mais ne savent pas encore exactement vers quel(s) secteur(s) s’orienter : dès lors, quelles portes s’ouvrent-elles après une maîtrise universitaire en science politique ou encore quelles compétences acquiert-on, et comment faudrait-il les mobiliser sur le marché du travail ? Pour répondre à ces questions, l’Institut d’études politiques, historiques et internationales (IEPHI) a organisé une table ronde entre les étudiant·e·s et des diplômé·e·s du Master en science politique de l’UNIL en collaboration avec le Réseau ALUMNIL de SSP, l’AESSP et le COSPOL. Elle visait à présenter la grande variété et l’hétérogénéité des parcours professionnels entrepris par 8 diplômés de Science politique de l’UNIL, qui, depuis la fin de leur formation académique, s’activent dans des secteurs aussi variés que l’administration, le secteur privé, les métiers du politique, les médias, l’événementiel et la recherche.
Ainsi, nous avons accueilli dans le cadre de cette table-ronde :

  1. Jeremy Repond (GICHD) [CDD]
  2. Camille Gerber (DFAE) [CDI]
  3. Alberto Mocchi (ASI) [CDI]
  4. Nathalie Grandjean (Nestlé Waters) [CDI]
  5. Talissa Rodriguez (CSP – Jet Service) [CDI]
  6. Alev Ucar (CSP – Jet Service) [CDI]
  7. Yannick Fankhauser (Grand Chelem Event) [CDI]
  8. Yassin Boughaba (Office fédéral de la statistique) [CDD]

Pour modérer le débat, nous avons fait appel à Aurélien Buffat, également diplômé en science politique, et occupant le poste de collaborateur détaché à la Présidence du Conseil d’État dans le canton de Vaud. La table ronde s’est déroulée comme ceci : dans un premier temps, chaque intervenant a été invité à se présenter en 3 minutes en indiquant l’année de l’obtention du diplôme universitaire, son parcours professionnel et l’emploi occupé aujourd’hui. Dans un second temps, la parole a été donnée au public afin de poser des questions individuelles ou transversales aux invités. Dans un souci de clarté, ce compte-rendu sera articulé comme la table ronde, en présentant d’abord les courtes biographies professionnelles des intervenants, retranscrites au discours indirect, puis en exposant un résumé des échanges qui ont suivi.

Secteur privé :

Nathalie Grandjean, Nestlé Waters, diplômée en 2007 :
Pendant ses études, elle a toujours ressenti cette ambivalence entre le privé et les relations internationales comme le montre son engagement dans l’AIESEC et l’Association Mosaïque. Elle a suivi les cours de science politique par intérêt intellectuel plus que pour un métier précis. Après l’obtention de son grade, elle a décroché un premier poste de représentante de la jeunesse suisse aux Nations-Unies. En Suisse, le bon allemand importe particulièrement, ce qui l’a amené à postuler pour un stage de marketing en Allemagne. Ayant apprécié son stage, elle s’est alors lancée dans ce domaine, en travaillant de nombreuses années dans plusieurs entreprises privées. Elle a occupé divers postes comme du développement produit, de la recherche « consommateur », de la communication ou encore de télévisuel. Elle a touché à toutes les dimensions du marketing. Depuis 2 ans, elle est « Key account manager » (responsable Grands Comptes), autrement dit elle cultive les relations entre les clients importants et l’entreprise, en proposant les produits potentiellement intéressants, conçus par les marketers. Elle y voit des parallèles avec le métier de diplomate, notamment dans le fait de négocier une solution gagnante-gagnante pour les deux parties. Bien entendu, les cours de science politique lui ont apporté beaucoup, mais aussi les activités associatives qui développent d’autres types de compétences, très recherchées sur le marché du travail, comme la collaboration et l’esprit d’équipe.

Yannick Fankhauser, FC Lausanne-Sport, diplômé en 2015 :
Suite à l’obtention de son Master, il a commencé à travailler en tant que stagiaire pour la société “Grand Chelem Event”. Cette première expérience fut décisive pour l’obtention de son poste actuel de secrétaire général du FC Lausanne-Sport (géré/abrité par Grand Chelem Event). Ce stage dans l’événementiel lui a permis de toucher à de nombreux domaines, que ce soit la communication, la logistique et l’organisation, et également de découvrir des gens d’horizons professionnels très différents — par exemple, il a travaillé avec d’anciens astronautes ou des lutteurs suisses. Ce fut un enrichissement tant professionnel que personnel. Petit à petit, du fait de son parcours de jeunesse dans le football, il est arrivé au poste de secrétaire général du FC Lausanne-Sport où il travaille maintenant depuis 2 ans. Sa fonction de secrétaire général implique de s’occuper de l’administration du club, de la communication, de la relation avec les médias et de la gestion des employés que représentent aussi les joueurs. Ce métier demande une grande polyvalence, ce que les études en science politique lui ont apporté.

Secteur administration :

Camille Gerber, Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), diplômée en 2009:
Elle a effectué trois stages avant d’arriver au DFAE. Le premier dura une année dans une ONG en Inde, où elle s’occupait de sensibiliser les enfants à l’environnement. Plus qu’une expérience professionnelle, ce fut pour elle une expérience personnelle permettant d’apprendre une autre réalité. À son retour, elle a obtenu un second stage de quelques mois au côté de la représentation suisse auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), puis un troisième de 6 mois à l’IATA (Association internationale du transport aérien) dans le secteur privé, sans avoir été convaincue par l’expérience. Elle est entrée en 2011 au DFAE, d’abord pour remplacer un employé qui était parti en congé sabbatique. Elle a alors intégré la division « Europe géographique » le temps d’une année. À la fin de ce contrat, elle a été engagée en tant que collaboratrice scientifique par la même institution, mais dans la division « Nations Unies et organisations internationales » qui s’occupe des relations entre la Suisse et l’ONU, touchant donc au domaine des relations internationales. Elle occupe ce poste depuis 5 ans et gère également des projets pour renforcer la synergie des différents acteurs de la Genève Internationale, c.-à-d. les États, le secteur privé, les ONG et le secteur académique. Elle gère également un projet sur la cartographie des ONG de la Genève internationale, auquel l’UNIL contribue.

Yassine Boughaba, Office fédéral de la statistique (OFS), diplômé en 2009:
Après son Master, il a eu l’opportunité d’être engagé comme assistant-diplômé à Lausanne pendant 5 ans. Ce poste s’articulait en deux fonctions distinctes. 50 % du temps était destiné à donner des cours et assister des enseignants et des professeurs dans la recherche et les 50 autres % étaient destinés à la réalisation de sa thèse de doctorat. Cela impliquait de corriger des copies d’examen, remplacer des professeurs, animer des séminaires et, pour ce qui est du volet « recherche », il s’agissait de recherches empiriques, d’écriture d’articles et de l’élaboration de sa thèse. Durant son Master et son doctorat, il a développé des compétences en statistiques, qui lui ont permis notamment d’être engagé par l’OFS pour la réalisation d’une enquête sur les étudiants des Hautes Écoles qu’il effectue actuellement.

Métiers du politique :

Talissa Rodriguez, Centre Social Protestant (CSP) – Jet Service, diplômée en 2012 :
Le jour de cette table ronde correspond également à son premier jour de travail au Centre Social Protestant (CSP) en tant que travailleuse sociale. Cela faisait 5 ans qu’elle travaillait dans des organisations syndicales, comme chez UNIA ou au SSP (service public). C’est à travers ces postes qu’elle a acquis le plus d’expériences. Son intérêt déjà ancien pour la question ouvrière avait d’ailleurs débouché sur un mémoire sur l’organisation, par la section neuchâteloise du syndicat UNIA, de la mobilisation pour la célébration des 20 ans de la grève des femmes de 1991. Dans ce cadre, elle a beaucoup interviewé de secrétaires syndicaux et de travailleurs qu’elle suivait pendant les permanences. Cette proximité au terrain a débouché sur une offre d’emploi, alors qu’elle rédigeait encore son mémoire. Elle a accepté cette offre tout en ayant réussi à négocier un engagement à temps partiel (40-50 %) pour concilier l’écriture du mémoire et le travail. Ensuite, elle a été engagée pour la mise en place d’une nouvelle convention collective de travail dans un commerce de détail à Neuchâtel, notamment pour la lutte contre les allongements des horaires d’ouverture des magasins, désavantageux pour les vendeuses. Elle a également participé à des négociations de convention collective de travail ou de plans sociaux et d’indemnités, et a assuré les liens avec la presse. Ensuite, elle présenta sa démission pour partir en Amérique du Sud durant 9 mois. À son retour, elle a remplacé durant 9 mois une collègue syndicaliste du service public dans la défense des employés de la ville de Lausanne, en particulier face au nouveau plan salarial — Equitas — mis en place par la Ville concernant les retraites. Son contrat s’est terminé en janvier 2018 et elle commence donc aujourd’hui au Jet Service du CSP, service de consultation sociales et juridiques pour jeunes. Parallèlement, elle écrit des articles pour le 24Heures et Le Courrier.

Alberto Mocchi, secrétaire général de la section vaudoise de l’Association suisse des infirmières et infirmiers (ASI) et président des Verts vaudois, diplômé en 2011:
Ayant obtenu son Master en Relations internationales, il a directement commencé à travailler comme coordinateur de campagne pour le parti des Verts vaudois. Ensuite, il a été engagé comme collaborateur personnel par Béatrice Métraux qui venait d’être élue conseillère d’État. Ce poste mêle différents aspects de la vie politique : la rédaction de discours, la gestion de dossiers politiques, une part de « lobbying » et le maintien du lien entre le/la ministre et les partis politiques. Il a occupé ce poste durant cinq ans, l’ayant quitté suite à son élection à la présidence des Verts vaudois. Depuis une année et demie, il travaille comme secrétaire général pour la section vaudoise de l’Association suisse des infirmières et infirmiers. Ce travail comporte plusieurs facettes : l’aspect syndical où il y a de la négociation dans le cadre de conventions collectives de travail, de la défense individuelle ou collective des membres face au non-respect de leurs droits ; l’aspect marketing lié à la promotion de la profession d’infirmière ; et enfin, l’aspect politique lié au lobbying auprès de différents décideurs. L’ensemble de ces aspects se relient à la question de conditions de travail, centrale à ses yeux.

Alev Ucar, Centre Social Protestant (CSP) — Jet Service, diplômée en 2012 :
Lors de son Master, elle s’est orientée en « Actions et mobilisations ». Elle ne visait pas un métier en particulier, mais la forte politisation de membres de sa famille l’a motivée à acquérir des outils de compréhension du monde. Pendant ses études, elle a assisté à un atelier de recherche en Master sur la migration, plus précisément sur les requérants d’asile en Suisse. Du coup, elle a été très intéressée par cette thématique et les questions autour de la précarité. Parallèlement à sa formation, elle donnait des cours bénévolement dans l’association Franc-Parler, la mettant en contact avec une population précaire très invisibilisée. Ensuite, elle a remplacé un congé maternité (un CDD) à l’EVAM comme conseillère en orientation. Son contrat terminé et ayant un pied dans le paysage social vaudois, elle a obtenu un emploi de travailleuse sociale à Jet Service au Central Social Protestant. Son secteur s’occupe de jeunes (et moins jeunes) en formation pour prévenir la marginalisation lors de la transition entre la fin de l’école obligatoire et la vie active. De fait, elle s’inscrit dans une perspective généraliste, à contre-courant d’un travail social spécialisé, partant que le CSP s’est toujours attaché à garder une vision holistique en considérant les individus et leurs problèmes dans leur globalité et complexité sociale. Par exemple, le CSP s’occupe aussi de faire remonter les problématiques du terrain aux pouvoirs politiques et prend position sur les différentes lois votées et/ou mises en œuvre. Du coup, cette combinaison entre le domaine politique, combatif, et le concret, au plus proche des personnes en situation de précarité, lui convient parfaitement.

Jeremy Repond, Policy and External Relations Officer au Geneva International Centre for Humanitarian Demining (GICHD), diplômé en 2014:
Après son Master en « orientation mondialisation », il a d’abord continué son job d’étudiant pour prendre le temps de choisir une voie idoine. Il a alors commencé par un stage à l’ONU dans le cadre d’un programme pour la protection de l’environnement. Il a ensuite effectué un second stage au Département fédéral des affaires étrangères à la division « Sécurité humaine », où il a travaillé sur les questions de désarmement humanitaire. Par la suite, il s’est trouvé 5 mois au chômage avant d’être engagé comme Chargé de programme au Centre de déminage humanitaire de Genève, partenaire stratégique du Département fédéral des affaires étrangères. Son travail consiste principalement à soutenir le travail de la Division politique et des relations extérieures du Centre, ce qui se traduit par trois tâches principales. La première vise à soutenir la position du centre au niveau multilatéral, car le domaine du désarmement humanitaire repose sur trois conventions sur lesquelles le Centre se positionne. Il doit donc participer aux conférences internationales, préparer des discours et organiser des événements pour nourrir le débat sur ce domaine. Sa seconde tâche concerne les relations extérieures : le directeur du Centre international de déminage est un diplomate suisse officialisé comme ambassadeur suisse, et M. Repond a pour tâche de le soutenir dans tout ce qui est relation extérieure, comme le partenariat avec le Département fédéral des affaires étrangères, avec les autres pays donateurs et avec les acteurs du domaine du désarmement humanitaire. Ceci se traduit par la production de notes d’information et de messages pour l’Ambassadeur lorsqu’il rencontre des collègues. Et finalement, sa troisième tâche consiste à soutenir les collaborateurs scientifiques dans leur travail, à élargir le débat et l’action du centre dans la gestion des munitions conventionnelles.

À la suite des présentations des 8 orateurs, plusieurs questions ont été posées sur divers points dont voici un résumé :

La connaissance des langues joue-t-elle un rôle important pour trouver un métier suite à un Master de science Po ?

Lorsque l’on décide d’aller travailler à la Confédération, 80 % du travail sera directement lié à l’allemand. Lorsqu’il faut écrire des documents, le français est autorisé, car il s’agit d’une des quatre langues nationales, mais le reste du travail nécessite de bonnes connaissances en allemand. L’anglais représente également toujours en atout, en particulier à Genève au sein des ONG, où il devient indispensable. Le besoin de connaître les langues importe plus lorsque l’on travaille dans un domaine international que national.

Question adressée spécifiquement à Yannick : quels sont les atouts à avoir lorsque l’on veut aller travailler dans le domaine du sport et qu’est-ce qu’un Master en science Po peut apporter dans ce milieu ?

Tout d’abord, il faut aimer le sport. Quant au Master, il permet d’acquérir une certaine méthode de travail. En science Po, on acquiert de bonnes capacités de rédaction et un bon regard critique sur ce qui nous entoure. Les connaissances du sport, contrairement à ces deux derniers points, peuvent s’acquérir hors de la faculté.

Quel peut être l’impact de l’engagement associatif sur la suite de notre carrière ?

Cela peut être mis en avant lors des entretiens d’embauche. Il ne faut pas tout miser sur ça, mais ça reste non négligeable. Au sein des associations, on apprend à travailler en groupe, à développer des relations humaines et à acquérir des soft skills. Parfois, cet engagement sera perçu comme négatif, mais cela est plutôt rare.

Peut-on vivre uniquement par son engagement politique ?

Cela reste difficile, mais un certain nombre de salariés arrivent à en vivre. Au niveau cantonal, cela reste très rare. Pour le PLR, il n’y a que trois ou quatre salariés de l’administration y arrivant. Sur le plan national, c’est différent, car tout est plus grand. Il faut déjà avoir la chance de pouvoir intégrer un parti et, pour se faire, il faut notamment pouvoir comprendre l’allemand. En soi, les salaires ne sont pas très élevés.

Au niveau des salaires, combien gagne-t-on environ après des études de science politique ?

En tant qu’assistant diplômé, on peut gagner environ 5000.- CHF par mois, ce qui reste correct. Après un doctorat, beaucoup deviennent chercheurs FNS (Fonds national suisse pour la recherche scientifique). À l’OFS, pour un collaborateur scientifique, on peut gagner entre 6000.- et 7000.-. Les études en science Po ne garantissent pas à 100 % un bon salaire. Ce sont des études qui ouvrent plusieurs opportunités de carrière, mais au vu de cette diversité, il nécessite de se perfectionner encore plus à l’extérieur de ses études, par exemple en obtenant des stages peu rémunérateurs. Quant à la différence salariale entre les sexes, les femmes semblent être moins bien payées dans le secteur privé. Si l’on travaille au sein du Canton de Vaud, la grille salariale fixe équitablement la rémunération, et l’augmente chaque année. Par contre, la Confédération a gelé les salaires entre 6000.- CHF et 9000.- CHF, dans une veine d’économie lancée par le parlement.

L’aspect humain en science politique a-t-il une grande importance ?

Suivant le domaine, nous sommes confrontés à la précarité. Il ne faut pas tomber dans l’aspect psychologisant. Les entretiens sociologiques et la compréhension sociale qui en découle peuvent aider à s’extraire d’une vision individuelle des problèmes rencontrés.

Le chômage est-il fréquent chez les étudiants qui viennent de finir un Master en science Po ?

Individuellement, cela dépend surtout du conseiller chômage. Si l’on a compris ce qu’on a fait durant nos études et qu’on ne se bloque pas sur une formation généraliste, il n’y a pas trop de raison de « tomber dans le chômage » (c.-à-d. de longue durée). Il est bien d’arriver avec un plan de ce que l’on veut faire. Ça vaut la peine d’arriver bien préparé, d’être pro actif. Il y a des outils mis à disposition dans le canton de Vaud, qui permettent de se renseigner et d’arriver avec des propositions. Parfois, les conseillers (en insertion professionnelle) ne savent pas ce qu’on fait. À l’UNIL, il y a le service d’orientation et carrières qui peut aider pour le début de la carrière professionnelle. Il y a des portails internet où l’on peut trouver des offres d’emplois et il existe également des simulations d’entretiens proposées par les psychologues du travail. Les relations peuvent être parfois difficiles avec les conseillers et il est toujours mieux de se reposer sur soi-même et sur son réseau. En cas de chômage, il ne faut pas prendre cela comme un échec, car il reste difficilement évitable. Heureusement, le chômage couvre les programmes de réinsertion professionnelle (RI).

Quelles sont les compétences que vous avez acquises durant votre Master ?

La synthèse, la capacité critique, le fait de pouvoir s’adapter à un nouveau milieu — donc la capacité d’adaptation. Il ne faut pas dramatiser et se faire confiance. On peut être sollicité pour écrire des articles, faire du lobbying. On apprend sur le tas. On acquiert aussi des capacités de rédaction, de synthèse et d’écoute grâce, par exemple, aux séminaires où l’on n’est pas toujours d’accord avec ce que disent les autres. Cela permet d’exercer une certaine ouverture d’esprit. On ressort avec un respect et une considération pour les divergences d’opinions. Cela aide dans le monde du travail, nous permet de faire le médiateur, l’intermédiaire, ce qui est très « suisse ». Cela donne également des capacités d’apprentissage. Il y a aussi l’idée que le Master permet de décoder différents types de discours et de langages, de déconstruire les concepts, de comprendre que rien n’est acquis ou immuable. Pour les métiers du politique, il est conseillé de suivre des cours d’introduction de droit, car on est souvent confronté à des textes de loi nécessitant une manière bien spécifique de réfléchir. Mais dans le monde du travail, personne ne va jamais nous demander d’expliquer tel ou tel concept. Enfin, il a été précisé que si l’on désirait passer le concours diplomatique, ce dernier serait limité aux individus n’ayant pas plus de 30 ans à partir de 2019.

Ainsi, les différentes trajectoires professionnelles des intervenants confirment la richesse et la grande variété des parcours possibles après une formation en science politique, mais déconstruisent en même temps un certain nombre d’idées reçues. Ces échanges mettent en lumière l’importance des facteurs extra-académiques comme la connaissance de langues étrangères — particulièrement l’allemand et l’anglais — et les dispositions acquises dans le cadre d’associations étudiantes ou de sa vie privée. Bien évidemment, nous dépendons aussi de la contingence des opportunités qui se présenteront à nous. Dans le cadre des questions, l’expérience du chômage a notamment été évoquée, cette dernière pouvant susciter de nombreuses craintes parmi les étudiants. Ayant été vécues par certains des intervenants, les expériences relatées par ces derniers ont, au contraire, montré qu’un passage au chômage pouvait ouvrir des opportunités, de par les programmes ou les stages proposés et la richesse des outils mis en place pour la réinsertion.

Nous aimerions remercier plus particulièrement mesdames et messieurs Mounia Bennani-Chraïbi, André Mach, Gianluca Sorrentino, Raphaël Thélin, Fiona Friedli, Oana Barsin, Juliette Montandon-Clerc, Lewis Gashaza (Co-président de COSPOL), Elio Panese (Co-président de COSPOL) et Benjamin Duffaugt (Président de l’AESSP) pour leur contribution importante à l’organisation et à la tenue de cet événement.
Hugo Da Silva Gonçalves (COSPOL), Luca Crausaz (AESSP) et Dorian Briggen (AESSP)

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